La communauté arabe d’Israël confrontée à une recrudescence sans précédent de la criminalité

La police israélienne patrouille dans une rue de Tel-Aviv, le 15 avril 2023. (AFP)
La police israélienne patrouille dans une rue de Tel-Aviv, le 15 avril 2023. (AFP)
Short Url
Publié le Mardi 18 avril 2023

La communauté arabe d’Israël confrontée à une recrudescence sans précédent de la criminalité

  • La police israélienne fait l’objet de violentes critiques, car elle ne parvient pas à endiguer la criminalité qui frappe la population arabe
  • Certains experts israéliens spécialisés dans la sécurité estiment que le Shin Bet (Service de sécurité intérieure israélien) devrait s’impliquer dans la lutte contre le crime organisé

RAMALLAH: La police israélienne fait l’objet de violentes critiques, car elle ne parvient pas à endiguer la criminalité qui frappe la population arabe.

La communauté arabe d’Israël compte 1,7 million de personnes. Elle souffre d’une recrudescence sans précédent de la criminalité, ce qui suscite l’inquiétude des Arabes quant aux intentions et à la capacité de la police israélienne à lutter contre ce fléau.

Des groupes criminels organisés ont tué cinquante et un Arabes depuis le début de l’année en Galilée, dans le Triangle et dans le Néguev.

On assiste à un bras de fer interminable entre les Arabes qui vivent en Israël et la police: les premiers accusent la police israélienne d’être incapable d’endiguer la criminalité, tandis que cette dernière reproche à la communauté arabe son manque de coopération et son refus de fournir des informations sur l’identité des suspects.

Lors de sa campagne électorale, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s’est engagé à soutenir la police et à éradiquer la violence qui frappe la communauté arabe. Dans un contexte de recrudescence de la criminalité, d’imminents officiers de police avancent que le ministre et l’inspecteur général de la police israélienne, Kobi Shabtai, doivent désormais prendre les choses en main et constituer un organisme pour résoudre ce problème.

Près de 33% de crimes ont été élucidés en 2021, contre 21% seulement en 2022. Pour l’année en cours, trois homicides seulement ont été traités sur un total de quarante-huit.

En comparaison, en 2020, 68% des crimes commis dans la communauté juive ont été élucidés. Ce chiffre a atteint 78% en 2021 et à 70% en 2022.

Les données de la police indiquent que cinq cent dix-huit Arabes qui vivaient en Israël ont été tués entre 2018 et le début de l’année 2023. Ces chiffres correspondent à cent quatre homicides en moyenne par an.

Le directeur stratégique de l’Institut Givat Habiba et expert de la société arabe en Israël, Mohammed Darawsheh, explique à Arab News que le nombre d’Arabes victimes d’homicides a doublé par rapport à l’année dernière; ils représentent 17% de la population d’Israël.

La police fait preuve de clémence à l’égard des organisations criminelles qui trouvent ainsi un environnement propice à leur expansion, explique M. Darawsheh.

«La police réprime les Arabes qui manifestent et s’abstient de protéger les citoyens contre la criminalité qui s’envenime», s’inquiète-t-il.

«Je préfère que mon fils passe la soirée dans un café d’une ville juive plutôt que dans une ville arabe. Ici, il risque d’être blessé accidentellement par balle. Ces incidents sont monnaie courante.»

Pour M. Darawsheh, ouvrir un commerce n’est même pas une chose envisageable. Les gangsters revendiqueraient leur part des bénéfices de l’entreprise.

Il affirme que la criminalité organisée est responsable de 90% des meurtres.

Aux yeux des experts arabes, le crime organisé reste le défi le plus important auquel leur communauté se trouve confrontée.

Certains hommes d’affaires arabes ont été contraints de quitter l’endroit où ils travaillaient en raison de la criminalité pour s’installer dans des villes où cohabitent des Arabes et des Israéliens.

Jalal Banna est un analyste politique originaire de Kufur Yassif, en Galilée. Il explique à Arab News que «si un Arabe brandit son arme contre un Juif ou contre un représentant de l’État, il sera poursuivi en justice pour atteinte à la sécurité et emprisonné pendant vingt ans. En revanche, l’Arabe qui utilise une arme contre un concitoyen ne sera pas détenu quelques jours ou quelques semaines; c’est la sanction maximale qu’il encourt».

«La police ne souhaite pas éradiquer la criminalité, bien qu’elle dispose des moyens nécessaires pour le faire.»

Certains experts israéliens spécialisés dans la sécurité estiment que le Shin Bet (Service de sécurité intérieure israélien, NDLR) devrait s’impliquer dans la lutte contre le crime organisé compte tenu des capacités avancées dont il dispose en matière de technologie, d’information et d’expérience.

Toutefois, certains dirigeants de la communauté arabe d’Israël sont peu favorables à cette proposition. Ils estiment que la police se soucie peu des crimes qui font des victimes parmi les Arabes et qu’elle n’intervient que lorsque la communauté juive est menacée.

De son côté, la police israélienne prétend que les Arabes refusent de fournir les informations qui permettraient d’identifier leurs concitoyens susceptibles d’avoir commis des crimes.

Le crime organisé évolue aujourd’hui; il s’étend vers les villes mixtes israélo-arabes. Cette situation pose désormais une menace stratégique à la communauté juive.

Selon M. Banna, les Arabes d’Israël accusent des «forces souterraines» d’être à l’origine des crimes.

«La société arabe offre un terrain fertile pour les crimes, notamment les crimes organisés», conclut-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran doit «conclure un accord» avec les Etats-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne

L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
Short Url
  • L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit"
  • Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui"

PARIS: L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne", a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui", a-t-il écrit.

"L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les Etats-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir", a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des "échanges économiques" entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".

"En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens", s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.


Le Royaume-Uni déploie un système anti-drones au Koweït

Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Short Url
  • "Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique
  • Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement

LONDRES: Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne.

"Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique.

Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement.

"Le Premier ministre a commencé par condamner l'attaque de drone nocturne irresponsable contre une raffinerie de pétrole koweïtienne", a indiqué Downing Street dans un compte rendu de l'entretien téléphonique entre M. Starmer et le prince héritier du Koweït.

"Ils ont discuté du déploiement du système de défense aérienne britannique Rapid Sentry au Koweït, qui protégera le personnel et les intérêts koweïtiens et britanniques dans la région, tout en évitant une escalade du conflit", a ajouté le communiqué de Downing Street.

Les pays du Golfe, dont le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient, visés par des frappes iraniennes en représailles aux attaques lancées par les États-Unis et Israël le 28 février.


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Short Url
  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com