Afghanistan: le G7 condamne l'interdiction aux femmes de travailler pour les ONG

Des femmes afghanes manifestent pour leurs droits à l'occasion de la Journée internationale de la femme, à Kaboul, le 8 mars 2023. (Photo, AFP)
Des femmes afghanes manifestent pour leurs droits à l'occasion de la Journée internationale de la femme, à Kaboul, le 8 mars 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 18 avril 2023

Afghanistan: le G7 condamne l'interdiction aux femmes de travailler pour les ONG

  • Depuis leur reprise du pouvoir en août 2021, les talibans à l'interprétation austère de l'islam ont multiplié les mesures liberticides à l'encontre des femmes
  • En décembre, une nouvelle mesure est venue restreindre les libertés des Afghanes, avec l'interdiction de travailler pour les organisations non gouvernementales nationales comme étrangères

KARUIZAWA: Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont exigé mardi "l'annulation immédiate" de l'interdiction faite par le gouvernement taliban aux femmes afghanes de travailler pour des ONG et les Nations unies, provoquant de vives réactions de la part des dirigeants afghans.

"Nous demandons l'annulation immédiate des décisions inacceptables qui restreignent les droits de l'Homme et les libertés fondamentales, notamment les dernières interdictions faites aux femmes afghanes de travailler pour les ONG et les Nations unies", ont déclaré les hauts diplomates du G7 dans un communiqué publié à l'issue de deux jours de discussions au Japon.

Les ministres ont également dénoncé les "violations systématiques des droits des femmes et des jeunes filles et la discrimination à l'encontre des membres des minorités religieuses et ethniques" commises par les autorités talibanes.

Depuis leur reprise du pouvoir en août 2021, les talibans à l'interprétation austère de l'islam ont multiplié les mesures liberticides à l'encontre des femmes.

Les portes des écoles secondaires sont fermées aux adolescentes, les jeunes filles ont interdiction de fréquenter les universités et les parcs leur sont inaccessibles.

Elles ont aussi été exclues de nombreux emplois publics, ou sont payées une misère pour rester à la maison et n'ont pas le droit de voyager sans être accompagnées d'un parent masculin. Elles doivent en outre se couvrir intégralement lorsqu'elles sortent de chez elles.

«Affaires intérieures»

"Les pays étrangers ne devraient pas s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Afghanistan", a condamné le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, auprès de l’AFP.

"Les principes et les lois qui sont appliqués ou sont en cours d'application en Afghanistan ne sont pas l'affaire des autres pays mais celle des Afghans", a-t-il ajouté.

Les pays étrangers "devraient étudier et suivre de près la situation en Afghanistan" avant de faire de tels commentaires, a-t-il jugé.

"Ils devraient être en contact avec nous et prendre ensuite position", a-t-il souligné, faisant ainsi allusion à l'engagement diplomatique que la plupart des pays ont interrompu lorsque les talibans ont chassé le gouvernement soutenu par les Etats-Unis après 20 ans de guerre.

Dans un rare communiqué publié à la veille de la fête musulmane de l'Aïd al-Fitr, le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, a également appelé la communauté internationale à ne pas se mêler des affaires afghanes.

"L'Afghanistan souhaite entretenir des relations positives avec ses voisins, les pays islamiques et le reste du monde, sur la base d'échanges mutuels et dans le cadre des principes islamiques", a déclaré M. Akhundzada.

"L'Afghanistan ne veut pas s'immiscer dans les affaires intérieures des autres pays et insiste pour que les autres pays ne s'immiscent pas dans ses affaires intérieures", a-t-il insisté.

L'interdiction faite aux Afghanes de travailler au sein des différentes missions de l'ONU a provoqué le courroux de l'organisation mondiale, qui s'est dite obligée de faire un "choix affreux" quant à la poursuite de ses opérations en Afghanistan.

L'ONU explique qu'elle ne peut se conformer à cette interdiction "illégale" au regard du droit international et de la Charte des Nations unies.

Quelque 3 900 personnes travaillent pour l'ONU en Afghanistan dont 3 300 nationaux, selon l'organisation. Environ 600 femmes font partie de ces employés, dont près de 400 Afghanes, au rôle essentiel pour mener à bien ses missions dans ce pays en proie à l'une des pires crises humanitaires au monde.

Il n'est en effet pas permis dans la société afghane, profondément conservatrice et patriarcale, à une femme de parler à un homme qui n'est pas un proche parent. Une femme bénéficiaire d'aide ne peut donc entrer en contact qu'avec une autre femme.


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.


Le chef du Pentagone va s'expliquer sur la guerre en Iran devant les députés américains

 Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
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  • Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains soient régulièrement informés
  • Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début d'un conflit qui s'enlise, malgré un cessez-le-feu prolongé par Donald Trump.

Le chef du Pentagone, très critiqué par l'opposition démocrate, fera face aux questions des membres de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants aux côtés de Dan Caine, le chef d'état-major américain.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains d'entre-eux soient régulièrement informés avec des renseignements classés secret défense.

Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate, alors que les conséquences économiques de la guerre se font sentir dans le monde entier et jusque dans l'opinion américaine avec une hausse des prix à la pompe.

"Le ministre Hegseth va enfin se présenter devant la Commission des forces armées de la Chambre cette semaine, a salué la députée démocrate Maggie Goodlander. Il est temps qu'il réponde d'une guerre lancée par choix".

Donald Trump et son gouvernement ont multiplié les déclarations contradictoires sur les buts de guerre de Washington et sur les manières de mettre fin au conflit.

Demande d'enquête 

Les négociations pour y mettre fin piétinent, alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines. En attendant, Téhéran exerce un quasi-blocage de la navigation au détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que Washington a mis en place un blocus des ports iraniens.

La marine américaine a déployé trois de ses porte-avions dans la région, une première depuis plus de vingt ans.

La conduite de la guerre par Pete Hegseth irrite depuis le début les élus de l'opposition démocrate, qui ont lancé six procédures visant à le démettre de ses fonctions, sans réel espoir d'y parvenir.

Nombre de parlementaires, y compris des républicains, regrettent aussi que l'exécutif américain n'ait pas consulté davantage le Congrès avant de déclencher ce conflit, alors que la Constitution exige son accord pour formellement "déclarer" la guerre.

Les démocrates ont plusieurs fois échoué à faire passer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump en Iran.

Plus d'une dizaine d'entre eux ont aussi demandé la semaine dernière l'ouverture d'une "enquête formelle et immédiate" sur la mort de six soldats américains au Koweït dans les premiers jours du conflit, estimant que le ministre a "induit le public en erreur sur les circonstances de l'attaque".

Au total, 13 militaires américains ont été tués depuis le 28 février, et 400 ont été blessés.

Explosion du budget 

Les parlementaires pourraient aussi interroger Pete Hegseth sur le coût de la guerre, tant d'un point de vue strictement budgétaire que sur l'utilisation à grande échelle de missiles aux stocks limités, certains craignant un épuisement critique d'armements stratégiques.

L'audition porte officiellement sur la demande de l'exécutif américain d'augmenter de 42% le budget américain de la défense, déjà faramineux, pour le porter à 1.500 milliards de dollars en 2027, l'équivalent du produit intérieur brut (PIB) de l'Indonésie ou des Pays-Bas.

L'audition de mercredi pourrait aussi porter sur la vague de départ dans les plus hauts postes du Pentagone, ou sur l'utilisation de l’intelligence artificielle au sein des forces armées.

L'entreprise Anthropic est en conflit avec le ministère de la Défense pour avoir refusé que ses outils d'IA soient utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.