RDC: Plus de 150 morts en deux semaines en Ituri, selon l'ONU

Des personnes marchent sur la route principale de Bukiringi le 7 janvier 2022, sous le contrôle des miliciens de la Force de Résistance Patriotique de l'Ituri (FRPI) où des milliers de personnes déplacées se sont réfugiées pour échapper aux attaques d'hommes armés dans le sud de la province de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (Photo, AFP).
Des personnes marchent sur la route principale de Bukiringi le 7 janvier 2022, sous le contrôle des miliciens de la Force de Résistance Patriotique de l'Ituri (FRPI) où des milliers de personnes déplacées se sont réfugiées pour échapper aux attaques d'hommes armés dans le sud de la province de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 19 avril 2023

RDC: Plus de 150 morts en deux semaines en Ituri, selon l'ONU

  • Dans son dernier rapport trimestriel, fin mars, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres chiffrait à 485 le nombre de civils tués depuis début décembre dans cette province
  • Depuis le début du mois, la localité de Komanda en territoire d'Irumu «est devenue le refuge de milliers de personnes fuyant l'insécurité généralisée» dans la chefferie (regroupement de villages) de Walese Vonkutu

KINSHASA: Les massacres continuent en Ituri, province du nord-est de la République démocratique du Congo où plus de 150 civils ont été tués depuis début avril, a déploré mardi le Bureau de coordination humanitaire de l'ONU (OCHA).

Dans son dernier rapport trimestriel, fin mars, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres chiffrait à 485 le nombre de civils tués depuis début décembre dans cette province riche en or et en proie aux violences de plusieurs groupes armés.

Parmi eux figurent la milice Codeco (Coopérative pour le développement du Congo) qui dit défendre la tribu Lendu et la milice rivale Zaïre qui dit protéger les Hema. La province est aussi la cible d'attaques des ADF (Forces démocratiques alliées) affiliées au groupe djihadiste Etat islamique.

Durant les deux premières semaines d'avril, l'OCHA-RDC note une "persistance des attaques contre les civils dans trois territoires distincts" (Djugu, Irumu, Mambasa) où, selon des sources humanitaires et les autorités locales, "des attaques armées ont fait environ 150 morts".

Depuis le début du mois, la localité de Komanda en territoire d'Irumu "est devenue le refuge de milliers de personnes fuyant l'insécurité généralisée" dans la chefferie (regroupement de villages) de Walese Vonkutu, ajoute OCHA.

Le bureau de coordination humanitaire de l'ONU signale aussi des attaques contre les infrastructures de base, notamment contre le centre de santé de Rimba (territoire de Mahagi), "saccagé le 12 avril par des éléments armés".

"La situation sécuritaire en Ituri reste très préoccupante en raison des attaques qui se poursuivent contre les civils. Ces attaques laissent les communautés dans un grand besoin d'aide et de protection", a commenté à New York Stéphane Dujarric, porte-parole du chef de l'ONU, Antonio Guterres.

Il a notamment précisé que sur les plus de 150 morts depuis début avril plus de 55 civils avaient été tués et d'autres blessés en une seule journée vendredi dans le territoire Djugu, citant des chiffres des autorités locales.

Assurant de la volonté de l'ONU et de ces partenaires d'aider les populations dans une province où 1,6 million de personnes ont dû fuir leurs maisons, il a noté que "la distribution de l'aide pouvait être retardée dans les zones touchées par les récentes attaques".

"Les autorités doivent renforcer les mesures de protection des civils", a-t-il plaidé.

Après une décennie d'accalmie, le conflit meurtrier entre Hema et Lendu a repris fin 2017, provoquant la fuite de plus d’un million et demi de personnes et la mort de plusieurs milliers d'autres.

Comme la province voisine du Nord-Kivu, l'Ituri est depuis près de deux ans sous "état de siège", une mesure exceptionnelle qui a remplacé l'administration civile par la police et l'armée mais qui n'est pas parvenue à stopper les violences.


Trump annonce une "opération majeure" contre l'Iran et appelle à un renversement du pouvoir

De la fumée s’élève après une explosion suite à l’attaque préventive d’Israël contre l’Iran, à Téhéran le 28 février 2026. (WANA via Reuters)
De la fumée s’élève après une explosion suite à l’attaque préventive d’Israël contre l’Iran, à Téhéran le 28 février 2026. (WANA via Reuters)
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  • Donald Trump annonce le lancement par les États-Unis d’« opérations de combat majeures » contre l’Iran, visant missiles, marine et industrie militaire, et appelle les Iraniens à « s’emparer du pouvoir »
  • Le président met en garde les Américains sur les risques de pertes et menace les forces iraniennes de « mort certaine » si elles ne déposent pas les armes, tout en affirmant que l’Iran ne possédera jamais l’arme nucléaire

ETATS-UNIS: Donald Trump a annoncé samedi que les Etats-Unis avaient lancé des "opérations de combat majeures" contre l'Iran et appelé le peuple iranien à "s'emparer" du pouvoir.

Dans un message vidéo diffusé sur sa plateforme Truth social, le président américain, qui passe le week-end en Floride, a esquissé les objectifs de l'opération: "Nous allons détruire leurs missiles et raser leur industrie de missiles."

"Nous allons réduire à néant leur marine", a-t-il ajouté, coiffé d'une casquette blanche siglée USA et s'exprimant derrière un pupitre portant le sceau présidentiel américain, avec en fond des drapeaux et un rideau de couleur bleu marine.

"Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant des menaces imminentes venues du régime iranien", a-t-il justifié.

Au peuple iranien, le dirigeant républicain a lancé: "L'heure de votre liberté est à portée de main".

"Lorsque nous aurons fini, emparez-vous du pouvoir", a-t-il encore dit aux Iraniens, en affirmant: "ce sera probablement votre seule chance en plusieurs générations."

Donald Trump les a avertis que l'opération en cours serait de grande ampleur: "Restez à l'abri. Ne quittez pas vos maisons. Il est très dangereux de sortir. Des bombes vont tomber partout".

- "Mort certaine" -

A l'intention des Américains, le président, qui n'a pas mentionné dans sa déclaration une quelconque autorisation du Congrès pour l'opération en cours, a averti: "De courageux héros américains pourraient laisser leurs vies et nous pourrions avoir des pertes."

"Ils n'auront jamais d'arme nucléaire", a-t-il encore dit à propos des dirigeants iraniens, assurant que Téhéran avait "rejeté toutes les occasions" de renoncer à la bombe atomique dans les discussions menées avec les Etats-Unis.

Selon lui, l'Iran tentait de "reconstruire" son programme nucléaire, visé par des frappes américaines l'an dernier, et voulait "développer des missiles à longue portée" qui auraient été à terme capable d'atteindre le territoire américain.

"Aux membres des Gardiens de la révolution islamique, aux forces armées, et à toute la police, je dis aujourd'hui que vous devez déposer les armes et avoir une immunité totale ou, dans le cas contraire, faire face à une mort certaine", a menacé le milliardaire de 79 ans.

Donald Trump a jugé que l'Iran s'était rendu coupable de "terrorisme de masse" à plusieurs reprises depuis la révolution islamique de 1979 et a asséné: "Nous ne le tolérerons plus".

Le président américain semblait préparer les esprits des Américains à une opération militaire contre l'Iran depuis quelques jours, en parallèle du processus diplomatique.

Ses émissaires ont tenu jeudi des pourparlers indirects avec l'Iran à Genève.

L'armée américaine avait amassé depuis plusieurs semaines des moyens militaires très importants dans le Golfe.


Israël annonce avoir lancé une "frappe préventive" sur l'Iran

Un panache de fumée s’élève après une explosion signalée à Téhéran, le 28 février 2026. (AFP)
Un panache de fumée s’élève après une explosion signalée à Téhéran, le 28 février 2026. (AFP)
De la fumée s’élève après une explosion suite à l’attaque préventive d’Israël contre l’Iran, à Téhéran le 28 février 2026. (WANA via Reuters)
De la fumée s’élève après une explosion suite à l’attaque préventive d’Israël contre l’Iran, à Téhéran le 28 février 2026. (WANA via Reuters)
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  • Israël annonce une « frappe préventive » contre l’Iran et place le pays en état d’alerte maximale
  • Sirènes à Jérusalem et message d’« alerte extrêmement grave » envoyé à la population ; état d’urgence décrété à l’échelle nationale

JERUSALEM: Le ministère de la Défense israélien a annoncé samedi matin avoir lancé une "frappe préventive" sur l'Iran alors que les sirènes d'alerte retentissent à Jérusalem et que les habitants du pays sont prévenus sur leurs téléphones d'une "alerte extrêmement grave".

"L'Etat d'Israël a lancé une frappe préventive contre l'Iran. Le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré un état d'urgence spécial et immédiat dans tout le pays", indique un communiqué de son ministère. 

Deux panaches d'une épaisse fumée ont été observés samedi matin dans deux quartiers différents de Téhéran par des journalistes de l'AFP après un vrombissement.

L'agence de presse Isna indique qu'un des panaches se dégage des alentours du quartier Pasteur, où se trouve notamment la résidence du guide suprême et la présidence, situés dans le centre de Téhéran.


Trump mécontent de l'Iran malgré une percée selon le médiateur omanais

Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump quitte la salle de réception diplomatique pour monter à bord de Marine One depuis la pelouse sud de la Maison-Blanche, vendredi 27 février 2026, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump se dit mécontent des négociations avec l’Iran et n’exclut pas des frappes, tout en affirmant n’avoir pris aucune décision finale, malgré un important déploiement militaire américain au Moyen-Orient
  • Le médiateur omanais Badr Albusaidi annonce une percée : l’Iran accepterait de ne pas stocker d’uranium enrichi, tandis que Washington exige toujours l’arrêt total de l’enrichissement

WASHINGTON: Donald Trump tient le monde en haleine: il a affiché vendredi son mécontentement envers l'Iran, mais dit n'avoir pas pris de "décision finale" sur d'éventuelles frappes, alors que le médiateur omanais s'est targué d'une percée dans les négociations pour éviter la guerre.

Le président américain a déclaré à des journalistes "ne pas être très content de la manière des Iraniens de négocier", au lendemain d'une troisième session de pourparlers à Genève sous médiation omanaise.

Mais "nous n'avons pas pris (de) décision finale" sur de possibles frappes, a-t-il déclaré, sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient, le plus important depuis des décennies, et de craintes d'un embrasement régional en cas d'attaque américaine.

Le chef de la diplomatie omanaise a cependant assuré vendredi qu'une percée avait eu lieu, affirmant que l'Iran avait accepté de ne pas stocker d'uranium enrichi.

"C'est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l'argument de l'enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l'absence de stockage", a expliqué Badr Albusaidi sur la chaîne américaine CBS.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait exigé que l'Iran n'effectue "aucun enrichissement" d'uranium. "Vous n'avez pas besoin d'enrichir quand vous avez autant de pétrole", a-t-il déclaré à la presse lors d'un déplacement au Texas (sud).

- Porte-avions déployés -

Dans ce contexte de tensions, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël - leur allié, et ennemi juré de l'Iran - en raison "de risques pour leur sécurité".

Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, se rendra lundi en Israël - que l'Iran avait frappé en juin en riposte à une attaque israélienne sur son territoire -, a annoncé le département d'Etat.

Les Etats-Unis ont dépêché dans la région deux porte-avions dont le Gerald Ford, le plus grand au monde, attendu au large d'Israël après avoir quitté jeudi la Crète.

Washington a également inscrit vendredi l'Iran sur sa liste noire de pays pratiquant "des détentions injustifiées", et appelé les ressortissants américains s'y trouvant à "partir immédiatement".

Dans le centre de Téhéran, tout en disant préférer éviter la guerre et souhaiter la levée des sanctions internationales qui asphyxient l'économie iranienne, Hamid Beiranvand, un employé de 42 ans, affirme qu'"il ne faut faire aucune concession" aux Américains.

Accusant Téhéran - qui dément - de vouloir se doter de la bombe atomique, les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d'aborder.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé vendredi les Etats-Unis à éviter "toute exigence excessive", tempérant l'optimisme qu'il avait affiché la veille à l'issue des pourparlers.

- Risque d'aggravation "rapide" -

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Volker Türk, s'est dit "extrêmement inquiet du risque d'escalade militaire régionale".

Le Royaume-Uni et le Canada ont dit retirer une partie de leur personnel diplomatique de Tel-Aviv, le centre économique d'Israël où la plupart des pays ont leur ambassade, par mesure de précaution.

Pékin et Ottawa ont tous deux appelé leurs ressortissants à évacuer l'Iran, tandis que Londres a retiré le personnel de son ambassade à Téhéran.

Le ministre iranien Abbas Araghchi s'était prévalu jeudi de "très bons progrès" dans les discussions avec les Etats-Unis.

Une prochaine session doit se tenir "très bientôt", après des discussions "entre équipes techniques" lundi à Vienne en Autriche, assistées "d'experts" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), avait-il ajouté.

"La paix est à portée de main", a même assuré vendredi sur X l'Omanais Badr Busaidi, disant s'être entretenu à Washington avec le vice-président JD Vance.

Donald Trump avait lancé le 19 février un ultimatum de "10 à 15 jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait recourir à la force.

Les deux pays avaient repris des pourparlers l'année dernière, interrompus par la guerre israélo-iranienne de 12 jours en juin à laquelle Washington s'était brièvement joint.

Les nouvelles tensions sont apparues après la répression dans le sang, en janvier, d'un vaste mouvement de contestation d'Iraniens, auxquels Donald Trump avait promis de venir "en aide".