France: les chiens guides d'aveugles encore souvent refusés dans les lieux publics

Cette photo prise le 13 août 2018 à Paris montre le sprinter français aveugle Timothée Adolphe, alias Guépard blanc, posant avec son chien-guide Jappeloup. (Photo, AFP)
Cette photo prise le 13 août 2018 à Paris montre le sprinter français aveugle Timothée Adolphe, alias Guépard blanc, posant avec son chien-guide Jappeloup. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 22 avril 2023

France: les chiens guides d'aveugles encore souvent refusés dans les lieux publics

  • Depuis 1987, l'accès des chiens guides et d'assistance dans tous les lieux qui accueillent du public est inscrit dans la loi
  • Commerces, restaurants, transports... L'Association nationale des maîtres de chiens guides a recensé l'an dernier 93 refus d'accès à des personnes accompagnées de leur chien guide, dans tous les secteurs d'activité

PARIS: "Mon chien, c'est mes yeux": les chiens guides d'aveugles ou d'assistance aux personnes handicapées sont encore trop souvent refusés dans les commerces ou les transports en France, par méconnaissance de la loi qui prévoit leur présence, déplorent les associations du secteur.

"J'ai pris un chien pour élargir mon horizon. Depuis qu'il est entré dans ma vie, j'ose davantage sortir", explique à l'AFP Lucy Huet, formatrice et déficiente visuelle. Commentaire hostile d'un vigile à l'entrée d'un supermarché, refus d'un employé de la laisser entrer avec son chien à la piscine: cette habitante de Strasbourg (est) de 34 ans a toutefois fait face à plusieurs déconvenues ces dernières années.

"Je pense que c'est une question de personne mais c'est énervant, on s'est battu pour des lois pour une inclusion de nos chiens", souligne-t-elle.

Depuis 1987, l'accès des chiens guides et d'assistance dans tous les lieux qui accueillent du public est inscrit dans la loi.

Commerces, restaurants, transports... L'Association nationale des maîtres de chiens guides a recensé l'an dernier 93 refus d'accès à des personnes accompagnées de leur chien guide, dans tous les secteurs d'activité.

"C'est surtout dû à une méconnaissance de la loi", selon Stéphane Boutemy, directeur de l'association qui réalise des médiations avec les établissements signalés par des personnes en situation de handicap.

Ce nombre, comparable à celui de la période d'avant Covid, est vraisemblablement inférieur à la réalité car les incidents ne sont pas toujours signalés.

Méconnaissance 

"Aujourd'hui, on peut prendre la parole sur ces sujets, notamment sur les réseaux sociaux, la société y prête une meilleure attention", relève néanmoins Bruno Gendron, président de la Fédération des aveugles de France.

En mars, deux cas de refus d'accès ont été relayés sur internet et dans les médias, suscitant l'indignation. Anthony Martins-Misse, entrepreneur et judoka paralympique, a dénoncé un chauffeur Uber, qui a refusé de le prendre en charge avec son chien guide, un accrochage qui a ensuite dégénéré.

De son côté, Timothée Adolphe, sprinter paralympique, a dénoncé le refus d'EasyJet de lui réserver une place à bord d'un vol Paris-Toulouse avec son chien guide. Contactée par l'AFP, la compagnie aérienne a expliqué que son service client avait commis une "erreur d'appréciation". Elle prévoit "des séances de travail spécifiques" pour sensibiliser ses équipes.

Méconnaissance de la loi, mais aussi des chiens, expliquent ces incidents, selon les acteurs du secteur.

"Les gens ne se rendent pas comptent du rôle du chien, ils ne voient que les problèmes potentiels, de comportement ou d'hygiène", habituellement associés aux animaux, pointe Yasmine Debarge, déléguée générale de Canidea, confédération qui regroupe des associations de chiens d'aide aux personnes.

Outre les canidés qui guident les personnes aveugles, il existe des chiens qui alertent leur maître lorsqu'ils entendent certains sons ou anticipent une crise d'épilepsie. Ces animaux sont "éduqués spécifiquement en fonction du handicap" de leur futur maître, "dans des écoles labellisées", souligne Mme Debarge.

Avant les JO 

Environ 2 500 chiens guide et d'assistance sont en service actuellement en France.

Pour lutter contre les refus d'accès aux lieux ouverts au public, la sensibilisation reste clé. Canidea mène notamment un projet de vidéos pédagogiques autour de ces chiens guides, destinées aux salariés dans le secteur des services.

"Les entreprises se sont concentrées sur les adaptations de postes aux personnes en situation de handicap, les aides techniques et humaines", perdant de vue le rôle potentiel d'un animal, explique Dominique du Paty, vice-présidente de la Confédération des PME (petites et moyennes entreprises).

Pour Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée des Personnes handicapées, "il est totalement anormal que des personnes ne soient pas acceptées avec leur chien guide ou d'assistance".

La ministre a ainsi demandé à Uber de "travailler à un cahier des charges", à la suite de la mauvaise expérience d'Anthony Martins-Misse. De façon plus générale, il faut mener une "action au niveau des branches professionnelles de tout l'écosystème touristique", notamment en amont des Jeux Olympiques de Paris en 2024 et de l'arrivée attendue de milliers de spectateurs en situation de handicap, dit-elle.


Municipales à Paris: Dati incarne «un risque de retour en arrière spectaculaire», accuse Grégoire

Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a estimé mercredi que sa rivale de droite Rachida Dati, sa "seule adversaire dans cette élection", incarnait "un risque de retour en arrière spectaculaire". (AFP)
Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a estimé mercredi que sa rivale de droite Rachida Dati, sa "seule adversaire dans cette élection", incarnait "un risque de retour en arrière spectaculaire". (AFP)
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  • "Rachida Dati incarne un risque de retour en arrière spectaculaire (...), un peu à l'image de ce que fait Trump aux États-Unis: c'est mettre l'écologie de côté au risque d'exposer les plus vulnérables, les plus fragiles"
  • "Notre seul adversaire dans cette élection, c'est Rachida Dati (...) Moi, je n'ai pas d'adversaire à gauche. Mes relations avec LFI sont notoirement dégradées"

PARIS: Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI à la mairie de Paris, a estimé mercredi que sa rivale de droite Rachida Dati, sa "seule adversaire dans cette élection", incarnait "un risque de retour en arrière spectaculaire".

"Rachida Dati incarne un risque de retour en arrière spectaculaire (...), un peu à l'image de ce que fait Trump aux États-Unis: c'est mettre l'écologie de côté au risque d'exposer les plus vulnérables, les plus fragiles, ceux qui sont exposés à la pollution, ceux qui sont exposés aux risques de la vie et à la précarité économique", a-t-il déclaré au micro de Sud Radio.

"Notre seul adversaire dans cette élection, c'est Rachida Dati (...) Moi, je n'ai pas d'adversaire à gauche. Mes relations avec LFI sont notoirement dégradées", a-t-il ajouté, réitérant son choix de ne pas faire alliance avec la candidate LFI Sophia Chikirou au second tour.

"Elle ne le souhaite pas et je ne le souhaite pas", a-t-il balayé, alors qu'à Lyon, le maire écologiste sortant s'est dit prêt mardi à une alliance.

L'ex-Premier adjoint de la maire PS Anne Hidalgo a également dit vouloir "incarner la probité, la droiture".

"Moi, je veux que les Parisiens soient fiers de moi comme maire. Je ne veux pas qu'ils aient un maire qui soit convoqué au tribunal pour corruption (...). Je serai un maire indépendant, libre de toute influence d'argent, de toute influence étrangère", a-t-il attaqué, faisant notamment référence au renvoi de Rachida Dati en procès pour corruption en septembre.

Le député de Paris a encore critiqué Mme Dati sur "les chiffres cités" qui seraient selon lui "fantasques", notamment le coût de la préemption d'immeubles par la Ville pour faire du logement social.

"C'est un peu le problème qu'on a avec Mme Dati. Elle ne connaît rien de nos dossiers. Elle refuse le débat. Et elle refuse le débat précisément parce qu'elle n'y connaît rien", a-t-il déclaré alors que Rachida Dati a jusqu'à présent exclu de participer à un débat télévisé avant le premier tour de l'élection.

"Rachida Dati, elle est planquée dans son ministère. (...). Elle aurait dû être +démissionnée+ depuis des mois. Aujourd'hui, on est à deux semaines du premier tour, elle est encore en train d'utiliser le ministère dans une confusion des rôles (...). Sur le plan démocratique, c'est extrêmement choquant", a-t-il ajouté, accusant le président Emmanuel Macron d'avoir "une responsabilité morale et politique immense".


Pas-de-Calais: trois morts, dont deux mineurs, dans un accident de la route

Une collision frontale entre deux véhicules légers a fait trois morts, dont deux adolescents de 15 ans, et deux blessés graves dans la nuit de mardi à mercredi à Libercourt (Pas-de-Calais). (AFP)
Une collision frontale entre deux véhicules légers a fait trois morts, dont deux adolescents de 15 ans, et deux blessés graves dans la nuit de mardi à mercredi à Libercourt (Pas-de-Calais). (AFP)
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  • L'accident, survenu sur une route départementale mercredi vers 02H45 du matin, a mobilisé 25 pompiers et le bilan fait état de cinq personnes impliquées
  • Dans le premier véhicule, deux adolescents de 15 ans ont été déclarés décédés. Deux autres, du même âge, ont été grièvement blessés et transportés médicalisés au CHR de Lille. Le pronostic vital de l'un d'eux est engagé

LILLE: Une collision frontale entre deux véhicules légers a fait trois morts, dont deux adolescents de 15 ans, et deux blessés graves dans la nuit de mardi à mercredi à Libercourt (Pas-de-Calais), a-t-on appris auprès des sapeurs-pompiers.

L'accident, survenu sur une route départementale mercredi vers 02H45 du matin, a mobilisé 25 pompiers et le bilan fait état de cinq personnes impliquées.

Dans le premier véhicule, deux adolescents de 15 ans ont été déclarés décédés. Deux autres, du même âge, ont été grièvement blessés et transportés médicalisés au CHR de Lille. Le pronostic vital de l'un d'eux est engagé.

Dans le second véhicule, un homme de 39 ans, désincarcéré par les secours, a été déclaré décédé, ont précisé les pompiers.

 

 


Fête de la fondation: l’ambassadeur saoudien à Paris souligne trois siècles de continuité

À l’occasion de la célébration du Jour de la Fondation, l’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France, Fahd Alruwaily, a rappelé avec solennité la profondeur historique et la dynamique contemporaine d’un État dont les racines remontent à près de trois siècles. (Arlette Khouri)
À l’occasion de la célébration du Jour de la Fondation, l’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France, Fahd Alruwaily, a rappelé avec solennité la profondeur historique et la dynamique contemporaine d’un État dont les racines remontent à près de trois siècles. (Arlette Khouri)
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  • Le Jour de la Fondation, célébré chaque 22 février, marque la naissance du premier État saoudien en 1727, une date qui renvoie à l’accession au pouvoir de l’imam Mohammed ben Saoud et à l’établissement de son autorité dans la ville historique de Diriyah
  • Le premier État saoudien s’est imposé comme une entité stable et prospère, décrite par de nombreux voyageurs et observateurs européens de l’époque

PARIS: À l’occasion de la célébration du Jour de la Fondation, l’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France, Fahd Alruwaily, a rappelé avec solennité la profondeur historique et la dynamique contemporaine d’un État dont les racines remontent à près de trois siècles.

Accueillant ses invités à sa résidence à Paris, il a présenté cette journée comme non seulement une commémoration, mais aussi une affirmation de continuité, d’identité et de projection vers l’avenir.

Le Jour de la Fondation, célébré chaque 22 février, marque la naissance du premier État saoudien en 1727, une date qui renvoie à l’accession au pouvoir de l’imam Mohammed ben Saoud et à l’établissement de son autorité dans la ville historique de Diriyah, première capitale de l’État saoudien et aujourd’hui inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

arabie saoudite
L’ambassadeur Fahd Alruwaily et le directeur Afrique du Nord Moyen-Orient au ministère des affaires étrangère Romaric Roignan devant une carte historique de Diriyah. (Arlette Khouri)

Pour l’ambassadeur, cette fondation représente le point de départ d’une trajectoire nationale singulière, caractérisée par la stabilité, la cohésion et la continuité institutionnelle.

Le premier État saoudien s’est imposé comme une entité stable et prospère, décrite par de nombreux voyageurs et observateurs européens de l’époque.

Continuité historique

Parmi eux figure le diplomate et orientaliste français Joseph Rousseau, dont les mémoires et les cartes du début du XIXe siècle témoignent de l’organisation politique et sociale de cette première formation étatique.

Ces documents, dont une carte exposée lors de la réception, sont évoqués dans le discours de l’ambassadeur et rappellent que l’histoire saoudienne s’inscrit aussi dans un regard international ancien.

Pour Alruwaily, la Fondation est avant tout un symbole, « celui d’un engagement durable envers l’unité nationale et le progrès partagé ». Elle incarne des valeurs qui demeurent centrales dans la construction du Royaume contemporain : la cohésion, la justice, la solidarité et la responsabilité collective.

Cette continuité historique trouve aujourd’hui une expression majeure dans le programme de transformation du pays, la Vision 2030, lancée en 2016 par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

arabie saoudite

Structurée autour de trois piliers — une société dynamique, une économie prospère et une nation ambitieuse —, cette stratégie vise à renforcer la diversification économique, investir dans la jeunesse et promouvoir la culture ainsi que l’innovation.

L’ambassadeur a insisté sur le fait que cette vision ne constitue pas une rupture avec le passé, mais l’aboutissement naturel d’une évolution historique engagée depuis la fondation du premier État.

Les réformes engagées dans ce cadre ont touché de nombreux domaines, dont la modernisation des infrastructures, la transformation numérique, le développement culturel, l’adaptation des cadres législatifs et le renforcement des politiques environnementales.

L’accent est également mis sur le développement du capital humain, l’amélioration des systèmes éducatifs, l’autonomisation des femmes et les initiatives environnementales, telles que les programmes « Arabie saoudite verte » et « Moyen-Orient vert », qui illustrent la volonté du Royaume de jouer un rôle actif dans la transition énergétique et la protection de l’environnement.

Sur la scène internationale, le Royaume affirme son rôle dans la promotion de la stabilité. À ce niveau, l’ambassadeur a souligné que la diplomatie saoudienne s’appuie sur la promotion des valeurs de tolérance, de dialogue et de fraternité.

Les relations bilatérales avec la France occupent une place particulière dans cette dynamique. Le partenariat stratégique entre les deux pays s’est intensifié ces dernières années dans les domaines politique, économique et culturel.

La visite d’État du président Emmanuel Macron en Arabie saoudite en décembre 2024 a marqué une étape importante, avec la signature de nombreux accords de coopération, et son déplacement à AlUla, site patrimonial majeur et projet phare de la Vision 2030, a symbolisé la profondeur du partenariat culturel et touristique franco-saoudien.

Les échanges de délégations et les collaborations industrielles se multiplient, témoignant d’un contexte favorable à l’approfondissement des relations, a souligné Alruwaily.

Au-delà du discours diplomatique, la signification du Jour de la Fondation s’enracine dans une démarche mémorielle et identitaire.

Bien que la date du 22 février soit reconnue depuis longtemps dans les sources historiques du Royaume comme celle de la fondation, sa célébration officielle a été instituée par décret royal le 27 janvier 2022, faisant de cette journée un jour férié national.

La commémoration vise à rappeler le rôle des souverains successifs, descendants du roi Abdelaziz ben Abderrahmane Al Saoud, dans l’unification et le développement du pays, et met en valeur la fierté nationale, la stabilité politique et l’unité territoriale qui caractérisent l’histoire saoudienne.

En célébrant le Jour de la Fondation, l’Arabie saoudite affirme ainsi la continuité d’une histoire commencée en 1727 et toujours en mouvement, comme l’a souligné Alruwaily : « il s’agit d’un moment de mémoire, mais aussi d’engagement », qui consiste à préserver un héritage profondément enraciné tout en construisant l’avenir avec confiance, ouverture et coopération internationale.