Les investisseurs en quête de réponses dans les trimestriels de Credit Suisse et UBS

Un signe du géant bancaire suisse UBS Bank est vu à côté d'un signe de la cuisson du Crédit Suisse à Bâle, le 4 avril 2023 (Photo, AFP).
Un signe du géant bancaire suisse UBS Bank est vu à côté d'un signe de la cuisson du Crédit Suisse à Bâle, le 4 avril 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 22 avril 2023

Les investisseurs en quête de réponses dans les trimestriels de Credit Suisse et UBS

  • Credit Suisse a avancé de quatre jours la publication de ses résultats du premier trimestre, qui seront finalement dévoilés la veille de ceux d'UBS
  • Credit Suisse était confrontée à une situation difficile depuis deux ans, suite à une série de scandales qui ont terni sa réputation

ZURICH: La banque Credit Suisse va publier lundi des résultats trimestriels qui seront examinés de près pour comprendre l'ampleur des défis qui attendent sa concurrente UBS, forcée de la racheter dans l'urgence sous la pression des autorités suisses.

Credit Suisse a avancé de quatre jours la publication de ses résultats du premier trimestre, qui seront finalement dévoilés la veille de ceux d'UBS, le numéro un du secteur bancaire helvétique. Credit Suisse n'organisera cette fois ni conférence de presse, ni discussions avec les analystes financiers, se contentant d'un simple communiqué.

Absorber le Credit Suisse va être une tâche complexe et "nous n'avons pas encore toutes les réponses dont nous avons besoin", a confié à l'AFP Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, qui souligne qu'UBS elle-même n'a pas eu "le temps de plonger" dans les comptes de Credit Suisse, vu la vitesse à laquelle son sauvetage a été bouclé.

Les réponses concernant la crise qui couvait chez Credit Suisse "arriveront graduellement", juge l'analyste, qui s'attend à ce qu'UBS "prenne le contrôle de la situation" au fur et à mesure.

Credit Suisse était confrontée à une situation difficile depuis deux ans, suite à une série de scandales qui ont terni sa réputation.

Mais un mouvement de panique s'est emparé des marchés dans le sillage de la faillite de la banque américaine SVB, ce qui a forcé les autorités suisses à organiser son sauvetage à la hâte. Au terme d'un week-end de négociations avec le ministère des finances, la banque centrale et l'autorité de surveillance des marchés, UBS a accepté de racheter sa rivale pour 3 milliards de francs suisses le 19 mars.

Ces résultats trimestriels qui "seront probablement les derniers", observe Andreas Venditti, analyste chez Vontobel, fourniront cependant des premiers éléments de réponses.

"Le marché se concentrera sur l'amplitude des sorties de fonds à travers ses activités", présage l'analyste dans une note de marché.

Des chiffres circulent déjà pour la gestion d'actifs. Selon des données compilées par Morningstar, Credit Suisse a enregistré quelque 4,6 milliards d'euros de retraits dans la gestion de fonds durant le mois de mars, soit les plus grosses sorties mensuelles jamais enregistrées.

Des chiffres au second plan 

Pour le premier trimestre, M. Venditti s'attend à des résultats "très faibles". Selon ses estimations, Credit Suisse devrait publier une perte nette de l'ordre de 700 millions de francs, dans la mesure où un gain de 800 millions de francs sur la cession des produits titrisés devrait aider à limiter la casse.

L'an passé, la banque avait essuyé une perte de 7,3 milliards de francs, contrastant avec les 7,6 milliards de dollars (6,9 milliards d'euros à taux actuels) de bénéfices dégagés par UBS. Les sorties d'argent chez Credit Suisse s'étaient chiffrées à 110,5 milliards de francs au quatrième trimestre seul.

Pour UBS, M. Venditti s'attend par contre à un bénéfice trimestriel de près de 1,7 milliard de dollars, sur fond de baisse des revenus générés par les commissions, "partiellement compensé par des revenus d'intérêts plus élevés" avec la hausse des taux.

Mardi, les investisseurs seront à l'affût de détails supplémentaires sur le rachat de Credit Suisse. "Mais nous ne nous attendons pas à beaucoup d'informations additionnelles, dans la mesure où la transaction n'est pas encore finalisée", précise-t-il.

Les analystes de la Banque cantonale de Zurich scruteront eux-aussi les effets de la hausse des taux d'intérêt sur les activités d'UBS. Ils s'attendent néanmoins à un trimestre "plus faible" pour la banque d'affaires.

Toutefois les chiffres eux-mêmes "occuperont une place secondaire" en raison des incertitudes qui entourent la fusion avec Credit Suisse, préviennent-ils dans une note de marché.

Sans ce rachat, Credit Suisse se serait vraisemblablement retrouvé "en cessation de paiement le 20 ou 21 mars", a expliqué récemment le Président de la Confédération Alain Berset lors d'une session extraordinaire au Parlement.


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.