L’Égypte s’apprête à accueillir un afflux de réfugiés à la suite des combats qui déchirent le Soudan

Le conflit, l'instabilité et la stagnation économique au Soudan depuis le coup d'État de 2019 qui a renversé l'ancien dirigeant Omar Al-Bashir ont conduit un grand nombre de Soudanais à chercher refuge dans les pays voisins. (AFP)
Le conflit, l'instabilité et la stagnation économique au Soudan depuis le coup d'État de 2019 qui a renversé l'ancien dirigeant Omar Al-Bashir ont conduit un grand nombre de Soudanais à chercher refuge dans les pays voisins. (AFP)
L'Egypte, qui accueille déjà des millions de réfugiés, est confrontée à la menace d'un nouvel afflux de réfugiés fuyant la guerre au Soudan. (Photo d'archive avec la permission du HCR)
L'Egypte, qui accueille déjà des millions de réfugiés, est confrontée à la menace d'un nouvel afflux de réfugiés fuyant la guerre au Soudan. (Photo d'archive avec la permission du HCR)
Des personnes se rassemblent pour obtenir du pain lors d'affrontements entre les forces paramilitaires de soutien rapide et l'armée à Khartoum, au Soudan, le 22 avril 2023. (REUTERS)
Des personnes se rassemblent pour obtenir du pain lors d'affrontements entre les forces paramilitaires de soutien rapide et l'armée à Khartoum, au Soudan, le 22 avril 2023. (REUTERS)
Une clinique médicale et une pharmacie fermées sont photographiées dans le sud de Khartoum le 24 avril 2023 alors que les combats font rage dans la capitale soudanaise entre l'armée et les paramilitaires. (AFP)
Une clinique médicale et une pharmacie fermées sont photographiées dans le sud de Khartoum le 24 avril 2023 alors que les combats font rage dans la capitale soudanaise entre l'armée et les paramilitaires. (AFP)
Des personnes fuyant les combats de rue entre les forces de deux généraux soudanais rivaux sont transportées à l'arrière d'un camion dans la partie sud de Khartoum, le 21 avril 2023. (AFP)
Des personnes fuyant les combats de rue entre les forces de deux généraux soudanais rivaux sont transportées à l'arrière d'un camion dans la partie sud de Khartoum, le 21 avril 2023. (AFP)
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Publié le Mardi 25 avril 2023

L’Égypte s’apprête à accueillir un afflux de réfugiés à la suite des combats qui déchirent le Soudan

  • Le nombre des Soudanais qui cherchent à se réfugier en Égypte ne cesse d’augmenter en raison des conflits successifs, de l’instabilité politique chronique et de la stagnation économique
  • Les Égyptiens craignent d’accueillir un nouvel afflux de personnes déplacées sur leur territoire, qui abrite déjà 4 millions de Soudanais

LE CAIRE: Les réfugiés fuyant les conflits, les persécutions et les difficultés économiques qui sévissent dans les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique de l’Est choisissent de se réfugier en Égypte ou de s’y faire étape avant de rejoindre l’Europe. Cette tendance se vérifie depuis longtemps.  

Dans le contexte de violence et de chaos qui secoue le Soudan, voisin méridional de l’Égypte, les autorités du Caire s’apprêtent à composer avec une nouvelle vague de réfugiés en quête de sécurité, d’emploi et de soins médicaux performants. Plus de quinze mille Soudanais se sont ainsi réfugiés au Tchad voisin après avoir fui le Darfour, indique un article paru dans The New York Times. 

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Des personnes s’apprêtent à monter à bord d’un bus en partance de Khartoum, le 24 avril 2023, alors que l’armée et les paramilitaires s’affrontent dans la ville. (AFP) 

Quatre cent trente-six Égyptiens ont été évacués dimanche du Soudan par voie terrestre. Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Abou Zeid, a assuré que les opérations d’évacuation se poursuivraient jusqu’à ce que tous les citoyens égyptiens rentrent sains et saufs dans leur pays natal. 

La communauté soudanaise qui vit en Égypte est estimée à 4 millions de personnes. En effet, ce pays apparaît comme une destination accessible et plus accueillante aux migrants soudanais. Elle leur offre toutefois très peu d’emplois lucratifs comme ceux qu’ils recherchent habituellement dans la région du Golfe. 

À un coût raisonnable, les jeunes Soudanais peuvent se rendre en Égypte à la recherche d’un emploi. Les familles, quant à elles, y reçoivent les soins de santé nécessaires, l’éducation pour leurs enfants et, éventuellement, une vie stable. En effet, l’Égypte jouxte leur pays natal et partage avec lui la même histoire.  

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Vue du point de passage terrestre Eshkeet-Qastal entre l'Égypte et le Soudan. L'Egypte se prépare à un afflux de réfugiés fuyant les combats qui font rage au Soudan entre l'armée et les forces paramilitaires. (AFP)

Les chiffres publics relatifs aux récentes tendances de la migration du Soudan vers l’Égypte font défaut. Toutefois, les autorités signalent une hausse des flux de migrants depuis le soulèvement qui a renversé l’ancien dirigeant soudanais, Omar el-Bechir, en 2019. 

Naela Gabr occupe le poste de présidente du Comité national de coordination pour la lutte et la prévention de la migration illégale et de la traite des êtres humains. Elle estime à trois cent mille le nombre de personnes le nombre de réfugiés enregistrés en Égypte. 

«Outre le nombre de réfugiés enregistrés, près de 9 millions d’étrangers vivent en Égypte. Parmi eux, on compte environ 4 millions de Soudanais et cinq cent mille personnes originaires du Sud-Soudan», indique Naela Gabr au cours d’un entretien avec Arab News. 

«Les personnes qui fuient les conflits politiques, ethniques ou religieux, le dernier en date étant celui du Soudan, se voient accorder le statut de réfugiés en vertu des accords des Nations unies relatifs à cette question. Conformément à ces accords, l’Égypte accueille les réfugiés qui viennent de tous les pays et elle leur accorde le statut légitime d’asile», ajoute-t-elle.  

Cependant, beaucoup se demandent si l’Égypte est en mesure d’accueillir un si grand nombre de réfugiés. Ces inquiétudes s’expliquent par la charge financière et les pressions sociales que ces derniers représentent pour les pays et les communautés d’accueil. 

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Sur cette photo prise le 17 mars 2011, des travailleurs africains bloqués à la frontière entre la Libye et l'Égypte font la queue pour recevoir des vivres du Croissant-Rouge, au milieu d'un exode de réfugiés pendant la révolte libyenne contre Moammar Kadhafi. L'Egypte est à nouveau confrontée à un afflux possible de réfugiés alors que la guerre fait rage au Soudan. (Dossier/AFP) `

«Il est difficile d’évaluer le phénomène d’immigration illégale. L’Égypte peinera à l’assumer en ce moment», explique Mme Gabr. 

On a assisté ces dernières années à une recrudescence accélérée du nombre de Soudanais qui cherchent refuge en Égypte. Ce mouvement est imputable aux conflits successifs, à l’instabilité politique chronique et à la stagnation économique qui déchirent le Soudan comme le Sud-Soudan. 

Par le passé, de nombreux réfugiés venus de tous les pays de la région se rendaient en Égypte et sur la côte méditerranéenne du pays pour entamer un voyage périlleux à destination de l’Europe. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux préfèrent s’y installer pour profiter de la stabilité relative dont jouit le pays. 

«Le nombre d’immigrés clandestins en Égypte est appelé à augmenter. En effet, s’ils se contentaient auparavant d’y passer, ils trouvent aujourd’hui dans ce pays un abri sûr, notamment en raison du contrôle des frontières », affirme Mme Gabr. 

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Cette photo prise le 5 janvier 2014 montre des milliers de migrants africains entrés illégalement en Israël via l'Égypte, manifestant à Tel Aviv pour faire valoir leur demande de statut de réfugié. L'Égypte a été une voie de passage pour les migrants africains, mais beaucoup d'entre eux choisissent maintenant de rester, profitant de la stabilité relative du pays. (Dossier/AFP) 

Les Soudanais déplacés par les combats affluent d’ores et déjà en Égypte. Pour éviter qu’une crise humanitaire ne se produise ou que la sécurité ne s’effondre, les autorités égyptiennes seront sans doute contraintes d’établir des camps d’accueil. 

«Si la crise au Soudan se perpétue et que la situation dégénère en une guerre civile, comme c’est le cas en Syrie, le pourcentage de réfugiés soudanais va grimper en flèche», prévient le commentateur égyptien Mohamed el-Sayed lors d’une interview accordée à Arab News. 

«La frontière terrestre accueille normalement mille cinq cents Soudanais par jour. Ce chiffre s’élèvera à quinze mille personnes ou presque, ce qui place l’Égypte devant deux scénarios», explique Mohamed el-Sayed. 

«Le premier consiste à autoriser le passage des réfugiés de façon arbitraire. L’État devra dans ce cas les placer dans des camps; il sera incapable d’accueillir un tel nombre de personnes à l’intérieur de son territoire.» 

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L'Égypte pourrait être contrainte d'ouvrir sa frontière aux Soudanais en quête de sécurité si la guerre au Soudan se poursuit et si la situation s'aggrave. ( Dossier/AFP )

La seconde hypothèse est la suivante: «L’Égypte adoptera une approche complètement différente vis-à-vis de la situation des réfugiés; l’asile sera accordé aux personnes concernées conformément aux accords des Nations unies qui régissent cette question.» 

«L’Égypte ne pourra pas intégrer la moitié de la population soudanaise. Les répercussions d’une telle éventualité seraient dramatiques, notamment dans le contexte de la crise économique actuelle.» 

En effet, si les combats entre les factions prennent de l’ampleur au Soudan, un grand nombre de personnes devront fuir le pays. Au moins quatre cents personnes ont été tuées lors d’affrontements entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) au cours des derniers jours. 

Le renversement d’El-Bechir, en 2019, a été suivi d’un coup d’État militaire perpétré en octobre 2021. Cet événement a supprimé les institutions civiles et il a inversé l’accord de partage du pouvoir qui avait été mis en place. 

Dans le sillage d’un vaste mouvement de protestation qui s’est déclenché en décembre 2022, les protagonistes civils et militaires ont signé un protocole d’accord qui vise à remettre le pays sur la voie de la démocratie menée par les civils.  

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Sur cette photo datant du 17 août 2019, Abdel Fattah Al-Burhan (2e-D) et Mohamed Hamdan Daglo "Hemeti" (3e-G) célèbrent la signature de la "déclaration constitutionnelle" qui ouvre la voie à une transition vers un régime civil. Après avoir passé outre l'accord et pris le pouvoir à leurs partenaires civils, les deux généraux sont à couteaux tirés. (AFP) 

Cependant, les deux protagonistes militaires du Soudan ont continué à se disputer le pouvoir en dépit de l’accord-cadre qui prévoit l’intégration des FSR au sein de l’armée soudanaise. 

Le chef des forces armées, le lieutenant-général Fattah al-Burhan, dirige l’armée ainsi que le Conseil de souveraineté de transition. Son ancien adjoint, le lieutenant-général Mohamed Hamdan Dagalo, dit «Hemedti», est à la tête des FSR. 

L’armée d’Al-Burhan réclamait que l’intégration soit réalisée sur une période de deux ans. Les FSR de Hemedti, quant à elles, exigeaient qu’elle s’étende sur dix ans. 

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Combo montrant des soldats des forces armées soudanaises dirigés par le général Fattah Al-Burhan et des membres de l'organisation paramilitaire RSF dirigés par le général Mohamed Hamdan Dagalo. (Archives/AFP) 

Les combats qui déchirent actuellement le Soudan accentuent une situation humanitaire déjà désastreuse dans le pays. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des nations unies (Ocha), près de 15,8 millions de Soudanais dépendent de l’aide humanitaire. Ce chiffre est supérieur de 10 millions à celui qui a été enregistré en 2017. 

Au mois de février dernier, avant que ne survienne la dernière vague de violence, les Nations unies ont lancé l’avertissement suivant: en 2023, plus d’un tiers de la population soudanaise dépendra de l’aide humanitaire en raison de la faim et des déplacements de plus en plus importants que connaît le pays. 

Selon les chiffres de l’Ocha, environ 4 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans ainsi que des femmes enceintes et allaitantes figurent parmi les groupes les plus vulnérables et requièrent une aide alimentaire.  

En 2021, le Soudan figurait parmi les pays les plus défavorisés du monde. Cette année-là, l’aide internationale dont il dépendait a été supprimée après le coup d’État qui a fait échouer la transition vers la démocratie. 

Au-delà des conflits, de la faim et de la malnutrition, le changement climatique fait des ravages au Soudan. Les inondations qui ont envahi le pays l’année dernière ont touché quelque trois cent quarante-neuf mille personnes. Les maladies telles que le paludisme se sont ainsi propagées et les citoyens ont été de plus en plus nombreux à se déplacer. 

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Le Soudan est déjà rempli de réfugiés du Sud-Soudan et des pays voisins. Si la guerre s'aggrave, l'Égypte risque d'être la destination d'un plus grand nombre de réfugiés. (AFP) 

En outre, les difficultés économiques ont gagné en intensité après la pandémie de Covid-19. 

La situation en Égypte est également préoccupante: l’inflation atteint son niveau le plus élevé depuis près de quatre ans et près d’un quart des jeunes sont au chômage, selon les données de l’Organisation internationale du travail (OIT). 

Les jeunes Soudanais qui vivent en Égypte obtiennent souvent des emplois subalternes dans les usines ou à domicile. Toutefois, ils trouvent dans ce pays une communauté qui les soutient et ils gagnent davantage qu’ils ne le feraient dans leur pays d’origine. 

C’est la raison pour laquelle les Soudanais de l’Égypte apprécient les liens étroits qui les unissent à leurs voisins égyptiens; ils affirment qu’ils sont bien intégrés dans la société.

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Pour de nombreux réfugiés soudanais en Égypte qui finissent par travailler dans des usines ou comme domestiques, l'opportunité d'une vie meilleure quelque part est bien préférable à l'absence totale de vie dans leur pays d'origine. (Getty Images via AFP /Dossier)

Abdallah al-Mahjoub al-Marghani dirige le Comité soudanais supérieur chargé de l’initiative intitulée «Thank You, Egypt» («Merci, Égypte»), fondée par des expatriés soudanais. Il salue le traitement équitable que sa communauté a reçu.  

«L’initiative a été lancée par des Soudanais qui vivent en Égypte. Son objectif est d’exprimer notre reconnaissance et notre fierté vis-à-vis de la population et du gouvernement égyptien pour les efforts qu’ils ont consentis en faveur de la communauté soudanaise en Égypte et pour la façon dont les Égyptiens nous ont traités, sans aucune discrimination», confie-t-il à Arab News. 

«Le peuple soudanais s’est fondu dans le peuple égyptien. Ils ne forment plus qu’un seul tissu. Cette cohésion va se perpétuer à travers l’histoire», conclut-il. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.


Après sa rencontre avec le prince Khalid ben Salmane, Graham salue la trajectoire du Royaume

Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
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  • Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington

DUBAÏ : Le sénateur américain Lindsey Graham estime que l’Arabie saoudite est « sur la voie de la lumière », dans une déclaration publiée après sa rencontre avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington.

« Mes échanges avec l’Arabie saoudite au cours des deux derniers jours m’ont donné un sentiment de confiance : le Royaume — tout en poursuivant ses propres intérêts — est sur une voie qui mène à la lumière, et non à l’obscurité », a déclaré le sénateur.

Il a également indiqué qu’il se réjouissait de se rendre prochainement en Arabie saoudite.

« Au fil des années, j’ai développé une solide relation de travail avec l’Arabie saoudite. Je sais que le président Trump est un fervent admirateur du prince héritier Mohammed ben Salmane. J’ai été témoin des changements que le prince héritier a adoptés et j’en ai été impressionné », a ajouté Lindsey Graham.

Le sénateur américain a également affirmé qu’après avoir rencontré le prince Khalid, ainsi que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, plus tôt, « je suis convaincu que l’Arabie saoudite estime que la meilleure chose pour la région est la croissance économique et la prospérité ».

« L’Arabie saoudite souhaite devenir, à l’avenir, une destination de choix, afin que des personnes du monde entier viennent visiter ce que je considère comme un pays remarquable. Le Royaume veut être l’une des forces dominantes dans le domaine de l’IA, ce qui signifie que les esprits les plus brillants afflueront. Je suis convaincu que tel est toujours l’objectif du prince héritier et du Royaume. »

Lindsey Graham a également salué le rôle que le Royaume cherche à jouer en Syrie.

« Ils ont clairement indiqué être l’ami à la fois du gouvernement syrien et du peuple kurde. Cette attitude visant le compromis plutôt que la destruction finira, espérons-le, par l’emporter », a-t-il déclaré.

Le prince Khalid devrait discuter, lors de sa visite, des relations saoudo-américaines et des moyens de les renforcer. Il a déjà rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et l’envoyé spécial Steve Witkoff.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com