Pour Zemmour, une tournée littéraire et des interrogations politiques

Eric Zemmour, président de Reconquête!  (AFP)
Eric Zemmour, président de Reconquête! (AFP)
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Publié le Jeudi 27 avril 2023

Pour Zemmour, une tournée littéraire et des interrogations politiques

  • Eric Zemmour sillonne la France pour dédicacer son nouveau livre, une manière pour le patron de Reconquête! d'entretenir une flamme à l'incandescence contrariée
  • Un indice pourrait survenir dès l'année prochaine avec les élections européennes, lors desquelles Marion Maréchal sera vraisemblablement à la tête d'une liste Reconquête!«»

NANCY: Une signature, une photo, "Merci pour tout ce que vous avez fait!", et ainsi de suite: Eric Zemmour sillonne la France pour dédicacer son nouveau livre, une manière pour le patron de Reconquête! d'entretenir une flamme à l'incandescence contrariée.

Un an après la présidentielle, le candidat aux 7,07% de suffrages savoure: l'interminable file d'attente, le succès des ventes de "Je n'ai pas dit mon dernier mot" (éd. Rubempré), un retour sous les projecteurs médiatiques, sa nouvelle récente paternité, "et puis du temps pour lire à nouveau, en ce moment Max Weber et Georges Simenon".

Mercredi, le polémiste d'extrême droite était à Nancy. "Il ose dire les choses que les autres n'osent pas dire", s'enthousiasme Cécile, une aide-soignante de 52 ans jadis fidèle à "Sarkozy et Fillon", contemptrice de Marine Le Pen ("trop lisse, avec un programme de gauche"), et qui a fait une trentaine de kilomètres pour obtenir le paraphe de son champion.

Derrière elle, des dizaines d'inconditionnels font la queue pour entrer dans la librairie du centre-ville autoproclamée "enracinée" - en fait, identitaire et monarchiste -, séparés d'un cortège de manifestants "antifas" par un cordon de forces de l'ordre. Au milieu d'un nuage de fumée lacrymogène, une poignée de jeunes zemmouristes provoque en entonnant "Maréchal, nous voilà".

«Devant Wauquiez»

Reste que les passions suscitées par Eric Zemmour tranchent avec l'atonie du parti qu'il préside, Reconquête!, toujours à la recherche d'un avenir après ses déroutes électorales.

"Cet espace politique existe", veut convaincre la numéro deux du mouvement, Marion Maréchal, qui entend "reconstruire un vrai parti de droite" et être "à court ou moyen terme une alternative à LR", en faisant observer que les sondages d'intentions de vote à une future présidentielle placent Zemmour "devant Laurent Wauquiez" - dans un étiage toutefois comparable à son score de l'année dernière, entre 7% et 9%.

A l'automne, la formation avait d'abord cru trouver sa martingale dans l'agit-prop: tentative de récupération du meurtre de la jeune Lola, manifestations musclées dans des villages où des migrants doivent être accueillis ou mise en place d'un réseau de "parents vigilants" pour dénoncer les supposées dérives "wokes" de l'Education nationale.

Même s'ils s'en défendent, les zemmouristes semblent désormais mettre la pédale douce sur ces coups d'éclat, parfois jugés extrême-droitiers. "Les gens nous disent qu'on ne s'exprime pas assez sur tous les sujets", note une historique du parti, selon qui "on a fait peur à l'électorat LR parce qu'il ont eu l'impression qu'on proposait de trop gros changements".

«Espoir durable?»

"Notre démarche et notre offre politique ne sont réductibles ni au Rassemblement national, ni à LR, mais il y a des gens chez eux qui ne sont plus en phase avec la ligne de leur parti, donc je leur dis: +Venez chez nous!+", a exhorté pour sa part Eric Zemmour à Nancy. L'un de ses élus locaux à Marseille a toutefois fait le chemin inverse la semaine dernière en retournant au RN, quitté l'année passée.

L'épisode de la réforme des retraites a également laissé des traces: "Je la voterai", avait lancé Zemmour, quand Marion Maréchal avait dit "comprendre l'exaspération" des manifestants.

En creux, c'est l'espace politique d'une ligne libérale qui est interrogé, alors que la séquence a semblé profiter à la Nupes comme au RN, défenseurs d'un interventionnisme.

"Mais l'électorat de droite va à la clarté et à la constance", note Olivier Ubéda, conseiller en stratégie politique, qui rappelle "l'espoir" qu'avait suscité la campagne Zemmour dont il était le directeur des évènements. "Est-ce que cet espoir est durable ? Personne ne peut répondre à cette question".

Un indice pourrait survenir dès l'année prochaine avec les élections européennes, lors desquelles Marion Maréchal sera vraisemblablement à la tête d'une liste Reconquête!.

Avant une nouvelle participation de Zemmour à la course à l'Elysée en 2027? A Nancy, chargé de quatre livres qu'il vient de faire signer, Romain Collé, 34 ans, fait la moue: "Je crois que je préfère le chroniqueur au politicien", souffle cet employé à la Sécurité sociale. "Et puis il faut bien le reconnaître: sa candidature à la présidentielle, ça a été un échec."


L'Elysée a proposé un hommage pour Bardot, la famille n'a pas donné suite

 L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday
  • Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines"

PARIS: L'Elysée a proposé à la famille de Brigitte Bardot d'organiser un hommage pour l'icône du cinéma français décédée dimanche mais ses proches n'ont pas donné suite, a indiqué mardi un proche d'Emmanuel Macron à l'AFP.

"Il y a eu un échange avec la famille avec proposition qu’un hommage ait lieu sans que la famille ne donne suite", a déclaré ce proche, en rappelant qu'une telle démarche correspond à un "usage républicain" et que les hommages sont "systématiquement décidés d'un commun accord avec les proches du défunt".

Eric Ciotti, président de l'UDR, allié au Rassemblement national dont était proche Brigitte Bardot, a demandé lundi à Emmanuel Macron d'organiser un hommage national, à l'image de celui rendu en 2017 au chanteur Johnny Hallyday.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, tout en saluant "une actrice iconique", a en revanche estimé que les hommages nationaux étaient rendus pour "services exceptionnels à la Nation" et que l'artiste avait "tourné le dos aux valeurs républicaines".

Emmanuel Macron ne se rendra pas aux obsèques, qui se tiendront dans l’intimité le 7 janvier à Saint-Tropez, a également indiqué le proche du président.

En 2023, l'actrice avait adressé une lettre incendiaire au chef de l'Etat, lui reprochant son manque d'action contre la souffrance animale. "Je suis en colère face à votre inaction, votre lâcheté, votre mépris des Français, qui vous le rendent bien il est vrai", avait-elle notamment écrit.

Après une cérémonie à l'église retransmise sur grands écrans, l'inhumation privée de l'actrice et chanteuse au cimetière marin sera suivie d'"un hommage ouvert à tous les Tropéziens et à ses admirateurs", a précisé la Fondation de Brigitte Bardot, dédiée à la protection des animaux.

"À ce moment-là, tout le monde l'évoquera et partagera ses plus beaux souvenirs avec elle. Ce sera un grand moment de communion, simple, à son image", a précisé mardi la maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri, dans une inteview au quotidien local Var-Matin.

"Mon rôle, c'est de lui organiser des obsèques dignes. Il faut tout mettre en œuvre pour que les Tropéziens et les admirateurs puissent se recueillir", a ajouté l'édile.

Interrogée sur le souhait exprimé il y a quelques années par Brigitte Bardot d’être enterrée à la Madrague, sa propriété en bord de mer, Sylvie Siri a affirmé avoir "respecté ses dernières volontés". "Seule la défunte avait décidé de son lieu d’enterrement", a souligné l'élue.

 


Agriculteurs: nouveaux rassemblements, bénédiction de tracteurs dans le Nord

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). (AFP)
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  • Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer
  • Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur

CAMBRAI: Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi en soutien aux agriculteurs à Cambrai (Nord), où l'archevêque a béni des tracteurs, tandis que des blocages se poursuivent en Occitanie pour protester contre de la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Mgr Vincent Dollmann et plusieurs prêtres ont célébré une messe sur un autel de paille en périphérie de Cambrai, en soutien aux agriculteurs "qui font face à des épreuves".

Il a salué la "dignité" des agriculteurs qui manifestent depuis plusieurs semaines contre l'accord de libre échange du Mercosur ou contre l'abattage systématique de troupeaux de bovins touchés par la DNC.

Une petite centaine de tracteurs ont été mobilisés, arborant des panneaux comme "Mercosur = mort de l'agriculture".

Jean Camier, 24 ans, jeune agriculteur d'Hermies qui doit reprendre l'exploitation familiale d'engraissement de bovins d'ici deux ans, se réjouit d'avoir fait bénir son tracteur et participé à la célébration qui selon lui "montre que tout le monde est avec [eux]".

Si les Hauts-de-France ne sont pas touchés par la DNC, il se dit "de tout cœur" avec les agriculteurs des régions concernées, soulignant avoir "un peu peur que la maladie remonte" vers le nord.

Les tracteurs ont ensuite quitté Cambrai à la nuit tombante, pour se rendre sur deux ronds points et les bloquer.

Dans le Pas-de-Calais, quelques dizaines d'agriculteurs prévoient de bloquer à partir de lundi soir une base logistique de Leclerc près d'Arras, en réaction aux propos de Michel-Édouard Leclerc appelant à "promulguer le Mercosur", a expliqué à l'AFP Louis Lacheré, des Jeunes Agriculteurs.

En Occitanie, plusieurs barrages emblématiques, à Carbonne Haute-Garonne) sur l'A64, Sévérac (Aveyron) ou Le Buisson (Lozère) sur l'A75, tiennent toujours, tandis que d'autres agriculteurs se remobilisent.

Ainsi, à Foix, une douzaine de tracteurs bloquaient depuis lundi midi l'entrée sud du tunnel de contournement de la ville et commençaient à installer un campement, a constaté un correspondant de l'AFP.

"On veut montrer à l’État qu'on est toujours autant mobilisés", a déclaré sur place Sébastien Durand, président de la Coordination rurale (CR) en Ariège. "Il n'y a pas de Noël, il n'y a pas de Premier de l'An; on sera là".

Depuis le début de l'épidémie de DNC en Savoie cet été, l'État tente de contenir la propagation par un abattage systématique des troupeaux touchés, la vaccination et les restrictions de mouvements.

Cette gestion fortement contestée par certains agriculteurs, notamment de la CR (deuxième syndicat agricole, classé à droite, voire à l’extrême droite) et de la Confédération paysanne (troisième, classé à gauche).

 


Colère agricole en France: Macron reçoit les syndicats, des blocages persistent

Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
Des tracteurs lors d'une manifestation organisée par le syndicat agricole Coordination Rurale près du Mont-Saint-Michel, dans le nord-ouest de la France, le 18 décembre 2025. (AFP)
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  • Emmanuel Macron a reçu les syndicats agricoles, opposés à l’accord UE-Mercosur, dans un contexte de forte colère liée aux crises sanitaires, notamment la dermatose bovine
  • Les blocages routiers se poursuivent dans le Sud-Ouest, alors que de nouveaux cas de la maladie sont confirmés et que la mobilisation agricole se prolonge

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a reçu mardi les syndicats agricoles pour parler de l'accord UE-Mercosur, auquel ils sont opposés, tandis que des axes routiers sont toujours bloqués pour protester contre le traitement par les autorités de l'épizootie de dermatose bovine.

"L'objet du rendez-vous, c'était d'essayer d'éteindre un peu le feu qui est partout dans les campagnes", a souligné Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne - un syndicat classé à gauche -, à la sortie de la rencontre, ajoutant qu'il fallait pour cela "des mesures structurelles fortes".

Les syndicats disent avoir par ailleurs rappelé au chef de l'Etat "l'extrême tension" et la "colère" du monde agricole et que des réponses étaient attendues "dès les premiers jours de janvier" sur le Mercosur mais aussi sur les crises sanitaires, au premier rang desquelles la dermatose bovine et la grippe aviaire.

C'était la première rencontre entre le chef de l'Etat et les syndicats agricoles depuis début décembre et l'amorce de la crise qui secoue l'élevage français, face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

C'était aussi la première depuis l'annonce, jeudi dernier, du report a priori au 12 janvier de la signature du traité décrié entre l'UE et des pays du Mercosur.

Cet accord faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui inquiète les filières concernées, lesquelles affirment que ces produits ne respectent pas les mêmes normes que les produits européens.

L'accord permettrait en revanche aux Européens d'exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud.

Sur le terrain, la mobilisation a connu un léger regain mardi (53 actions mobilisant 1.600 personnes, selon le ministère de l'Intérieur) par rapport à lundi (35 actions mobilisant 1.200 personnes), mais elle reste nettement inférieure à celle de la semaine dernière (110 actions jeudi).

Certains agriculteurs sont mobilisés depuis plus de 10 jours, notamment contre l'abattage total des troupeaux dans lesquels des cas de DNC sont détectés dans le Sud-Ouest.

Mardi, le ministère de l'Agriculture a confirmé un nouveau cas de la maladie en Haute-Garonne, portant le bilan total à 115 foyers enregistrés depuis juin en France. Ce dernier troupeau concerné a été abattu.

Dans le Sud-Ouest, des blocages d'autoroute étaient notamment maintenus sur l'A63 près de Bordeaux ou sur l'A64 au sud de Toulouse ou près de Bayonne.

Au sud de Bordeaux, les manifestants de la branche locale du syndicat Coordination rurale - classé à droite - ont dit vouloir organiser un réveillon et une messe de Noël mercredi soir sur leur barrage, à l'instar des agriculteurs mobilisés près de Toulouse.