A 75 ans, la société israélienne face au défi de la fragmentation

Une vue aérienne prise le 13 avril 2023 montre le kibboutz de Yiron, au nord d'Israël, créé en 1949 à moins de deux kilomètres de la frontière libanaise, sur les ruines d'un village palestinien détruit par les forces juives pendant la guerre israélo-arabe de 1948-1949. (Photo de MENAHEM KAHANA / AFP)
Une vue aérienne prise le 13 avril 2023 montre le kibboutz de Yiron, au nord d'Israël, créé en 1949 à moins de deux kilomètres de la frontière libanaise, sur les ruines d'un village palestinien détruit par les forces juives pendant la guerre israélo-arabe de 1948-1949. (Photo de MENAHEM KAHANA / AFP)
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Publié le Mardi 02 mai 2023

A 75 ans, la société israélienne face au défi de la fragmentation

  • Le kibboutz Yiron, dans le nord, illustre en partie les mutations qui se sont opérées depuis la proclamation de l'Etat, le 14 mai 1948
  • Yiron a été fondé en 1949, à quelques kilomètres de la ligne de démarcation avec le Liban, sur les ruines d'un village palestinien détruit par les forces juives

YIRON: En 75 ans d'existence, la société israélienne a connu des transformations majeures liées à l'histoire mouvementée du pays et fait face aujourd'hui au défi d'une fragmentation croissante.

Le kibboutz Yiron, dans le nord, illustre en partie les mutations qui se sont opérées depuis la proclamation de l'Etat, le 14 mai 1948, et notamment le passage d'une société socialiste idéale voulue par certains des pères fondateurs à une société plus libérale et multiculturelle.

Villages collectivistes, les kibboutz sont indissociables de l'image d'Israël et ils "ont joué un rôle essentiel dans la construction du pays", même s'ils n'ont représenté au plus fort que 7,5% de la population juive en Israël, selon le sociologue Youval Achouch, enseignant- chercheur au Western Galilee Academic College à Acre (nord).

Yiron a été fondé en 1949, à quelques kilomètres de la ligne de démarcation avec le Liban, sur les ruines d'un village palestinien détruit par les forces juives pendant la première guerre israélo-arabe (1948-1949).

Sa création procède de la volonté des autorités de défendre les frontières du jeune Etat sorti vainqueur de ce conflit qui l'a opposé aux armées de cinq pays arabes l'ayant envahi dès le 15 mai 1948.

75 ans d'Israël: dix dates-clés

Voici dix dates-clés de l'Etat d'Israël, depuis la proclamation de son indépendance il y a 75 ans.

1948 : indépendance

L'ONU vote le 29 novembre 1947 le partage de la Palestine en deux Etats, juif et arabe.

Ce plan, rejeté par les Etats arabes, provoque une éruption de violences entre Arabes et Juifs.

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l'indépendance de l'Etat d'Israël, après 28 ans de mandat britannique.

Le lendemain, cinq pays arabes entrent en guerre contre le nouvel Etat. Cette première guerre israélo-arabe finit en 1949 et permet à Israël d'étendre le territoire qui lui avait été imparti par les Nations unies.

Plus de 760.000 Palestiniens sont poussés à l'exode ou fuient, quelque 160.000 restent dans le nouvel Etat.

La Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, revient à la Jordanie, et la bande de Gaza à l'Egypte. Les rescapés de la Shoah immigrent massivement en Israël.
1967 : Guerre des Six-jours

En 1967, Israël déclenche les hostilités. Lors de cette troisième guerre israélo-arabe contre l'Egypte, la Syrie et la Jordanie, Israël s'empare en six jours de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie, de Gaza, d'une partie du plateau syrien du Golan et de la péninsule égyptienne du Sinaï.

La colonisation commence dans ces territoires.

1973 : Guerre du Kippour

Six ans plus tard, pendant la fête juive du Kippour, l'Egypte et la Syrie attaquent Israël qui repousse l'assaut, au prix de pertes importantes.

1978 : paix avec l'Egypte

En 1978, le Premier ministre israélien Menahem Begin et le président égyptien Anouar al- Sadate signent à Washington les accords de Camp David, qui préfigurent la signature, le 26 mars 1979, du premier traité de paix entre un pays arabe et Israël.

L'Egypte récupère le Sinaï (ce qui sera effectif en 1982).

Le traité est dénoncé par les pays arabes et Sadate, très critiqué, est assassiné en 1981 par des islamistes.

1982 : invasion du Liban

Les Israéliens envahissent le Liban et assiègent Beyrouth en juin 1982. L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat doit quitter ce pays.

Les troupes israéliennes occupent le sud jusqu'en 2000.

Après l'enlèvement de soldats israéliens par le mouvement Hezbollah en 2006, Israël déclenche une offensive dévastatrice au Liban.

1993 : Accords d'Oslo

En décembre 1987, les Palestiniens déclenchent le premier soulèvement contre l'occupation israélienne, l'Intifada.

En 1993, Israël et l'OLP signent à Washington les accords d'Oslo sur l'autonomie palestinienne, scellée par une poignée de main entre Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin.

Arafat revient triomphalement en 1994 dans les territoires palestiniens occupés après 27 ans d'exil et y établit l'Autorité palestinienne.

1995 : assassinat de Rabin

Yitzhak Rabin est assassiné à Tel-Aviv en 1995 par un extrémiste juif opposé au processus de paix.

2000 : Deuxième Intifada

Après la visite controversée en septembre 2000 sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem d'Ariel Sharon, qui était alors le chef de l'opposition de droite israélienne, la Deuxième intifada est déclenchée et va durer jusqu'en 2005.

2005 : retrait de la bande de Gaza

Israël se retire en 2005 de la bande de Gaza, sur laquelle il impose à partir de 2007 un blocus, après la prise de contrôle du mouvement islamiste armé Hamas.

Israël et le Hamas se livrent ensuite quatre guerres dans ce territoire, en 2008, 2012, 2014 et 2021.

2009 : retour de Netanyahu

Fin mars 2009, le chef du Likoud (droite) Benjamin Netanyahu - déjà à la tête du gouvernement entre 1996 et 1999 - redevient Premier ministre.

Il est inculpé de corruption dans une série d'affaires en 2019.

Chassé du pouvoir en 2021, il revient à la fin de l'année suivante à la tête du gouvernement, un des plus à droite de l'histoire d'Israël. Son projet de réforme du système judiciaire provoque à partir de janvier une mobilisation populaire inédite, les détracteurs du texte affirmant que celui-ci menace la démocratie israélienne.

Agée de 69 ans, Efrat Pieterse, née à Yiron, se souvient avec nostalgie de la "vie en collectif avec les autres enfants de (son) groupe".

Confiés à des éducateurs, les enfants "voyaient leurs parents en fin d'après-midi et regagnaient les maisons d'enfants", pour la nuit, dit-elle. "Nous étions neuf, tout le temps ensemble comme une famille".

Aujourd'hui, Yiron a bien changé: l'ancienne étable abrite une société agro-technologique, les habitations modestes et identiques ont laissé place à des pavillons bourgeois séparés par des clôtures, et les enfants y vivent avec leurs parents.

Explosion démographique

La crise économique des années 1980 et la chute du communisme en URSS ont contribué à remettre en cause le modèle coopératif des kibboutz avant que l'apparition de nouvelles valeurs individualistes et familiales n'achève de faire prendre à la majorité de ces villages un virage libéral au début du XXIe siècle, explique M. Achouch.

En 75 ans, la population d'Israël a crû plus rapidement que celle de la planète. Elle a été multipliée par 12 et compte aujourd'hui plus de 9,7 millions d'habitants, dont 7,1 millions de Juifs (soit 73,5% de l'ensemble), 2 millions d'Arabes (21%), le solde étant constitué principalement d'immigrés non juifs, selon le Bureau central des statistiques israélien.

Cette explosion démographique due à l'immigration de Juifs venus de différentes régions du monde - avec un apport massif de l'ex-Union soviétique au tournant de la décennie 1990 - et à un taux de fécondité élevé, explique aussi les profondes mutations de la société israélienne.

Passage obligé pour la jeunesse, l'armée est un facteur d'intégration et de construction de l'identité nationale, mais une grande part de la population y échappe (la quasi-totalité des juifs ultra-orthodoxes - soit 12% de la population, et de la minorité arabe).

Dans un discours ayant fait date, l'ancien président israélien, Reuven Rivlin, avait identifié en 2015 quatre "tribus" composant selon lui la société israélienne, sans jamais vraiment se mélanger.

Les trois tribus juives - laïcs, religieux nationalistes et ultra-orthodoxes - et la tribu arabe ne se fréquentent pas, n'habitent pas dans les mêmes villes, ne lisent pas les mêmes journaux, ne vont pas dans les mêmes écoles, avait-il déclaré.

«Visions différentes»

M. Rivlin ajoutait que ces différentes tribus partageaient "des visions différentes" de ce que doit être l'Etat d'Israël et que "l'ignorance mutuelle et l'absence de langage commun ne fait qu'accroître la tension, la peur, l'hostilité et la compétition" entre elles.

"La société est très fragmentée sur le plan ethnique mais aussi sur celui des classes sociales", déclare à l'AFP Sylvaine Bulle, sociologue au CNRS, spécialiste d’Israël.

Au sein mêmes des "tribus" identifiées par M. Rivlin se dessinent des clivages subtils, entre juifs séfarades et ashkénazes, nouveaux immigrants et "sabra" (nés en Israël), et, côté arabe, entre musulmans, chrétiens et druzes.

Pendant longtemps, les ashkénazes, juifs des pays d'Europe centrale et de l'Est dont sont issus les fondateurs du mouvement sioniste, "ont tenu les manettes politiques, judiciaires et économiques" du pays.

Au cours des décennies 1950 et 1960, des juifs d'Irak, du Yémen, du Maghreb, (nommés "Mizrahim" en hébreu), gagnent Israël, où ils s'installent dans des villes nouvelles.

Ils vont être "largement défavorisés par l'Etat", note Mme Bulle en faisant référence à la politique du Parti travailliste, maître incontesté de la politique israélienne jusqu'en 1977, année de la première victoire de la droite, dont ils constituent la base électorale.

"En 75 ans ce qui a changé c’est que l'élite ashkénaze est démographiquement vieillissante, elle n'est plus représentative de l'électorat et n'est plus ressentie comme légitime par les Mizrahim qui sont en quête d'ascension sociale", dit Mme Bulle.

"Ces dernières années, on observe un glissement à droite de l'opinion publique", note M. Achouch, pour qui les attentats suicide à répétition de la Seconde Intifada (le soulèvement palestinien de 2000-2005 contre l'occupation israélienne), l'échec du processus de paix, mais aussi le "noyautage du ministère de l'Education par la droite religieuse depuis des dizaines d'années" ont forgé l'identité politique des jeunes générations.

Depuis janvier, le pays est profondément divisé sur la question du projet de réforme de la justice voulu par le gouvernement, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël.

Ce projet que la majorité politique juge nécessaire pour rééquilibrer les pouvoirs en diminuant les prérogatives de la Cour suprême, est au contraire perçu comme une menace pour la démocratie israélienne par ses détracteurs et a suscité un des plus grands mouvements de contestation populaire qu'ait connu le pays.

«Identité israélienne»

Pour Mme Bulle, la crise actuelle autour de la réforme judiciaire reflète la fragmentation sociale du pays, mais dans le même temps, remarque-t-elle, la "mobilisation populaire", va d'une certaine façon "à l'encontre de la fragmentation extrême de la société israélienne".

En effet, juge-t-elle, ce mouvement "montre que les Israéliens dans leur ensemble restent attachés aux valeurs démocratiques, au sens de la justice, de l'éthique et de l'égalité", et en ce sens, "les gens qui se mobilisent aujourd'hui expriment une certaine nostalgie des racines socialistes d'Israël".

Mme Bulle note cependant que la minorité arabe reste en retrait de ce débat qui agite la société.

"Pour eux, la démocratie a toujours été défaillante", dit-elle, en résumant l'état d'esprit de ceux qu'elle appelle les "Palestiniens d'Israël", communément appelés "Arabes israéliens" en Israël.

Certaines "lois ont fragilisé la notion de démocratie et d'égalité entre les citoyens", relève Mme Bulle en citant celle adoptée en 2018 définissant Israël comme l'"Etat nation du peuple juif", qui a notamment fait de l'hébreu la seule langue officielle du pays, ne conférant plus à l'arabe qu'un statut "spécial".

Constatant lui aussi la fragmentation de la société, Avner Ben-Zaken, historien et président de l'Institute for Israeli Thought (IIT), centre de recherche à Tel-Aviv, estime que le système électoral, fondé sur la proportionnelle intégrale, en est en partie responsable car il favorise le clientélisme et la compétition entre les différents groupes de la société qui en viennent à se "haïr".

Pour autant, estime-t-il, "ce n'est pas la présence de ces différents groupes qui pose problème, mais la structure même de l'Etat".

En l'absence de Constitution, "on ne sait pas ce qu'est cet Etat", dit-il à l'AFP, jugeant impératif de "définir l'identité du pays comme israélienne" (et non pas seulement juive et démocratique), dans le cadre d'une Constitution, car c'est "le point commun" entre tous ces groupes.


L'Arabie saoudite abat 4 missiles balistiques visant Riyad

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
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  • Le quartier des ambassades à Riyad est la cible d'un drone, des débris de missiles balistiques tombent près de la base aérienne Prince Sultan.
  • Les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït interceptent également les attaques de drones

RIYAD: Les systèmes de défense aérienne de l'Arabie saoudite ont intercepté des vagues de drones et de missiles balistiques tirés sur le Royaume mercredi.

Un drone a été intercepté et détruit alors qu'il s'approchait du quartier diplomatique de Riyad, a déclaré un porte-parole du ministère de la défense vers midi.

Vers 19h30, le ministère a déclaré que les défenses aériennes traitaient une menace balistique à Riyad.

Plus tôt, un missile balistique lancé vers le gouvernorat d'Al-Kharj a été abattu et les débris de l'interception sont tombés près de la base aérienne Prince Sultan "sans causer de dommages", a déclaré un porte-parole.

Deux autres missiles balistiques lancés vers la province orientale ont été interceptés et détruits dans la soirée.

Le ministère a fait état de neuf drones ciblant la même région depuis minuit heure locale.

Les attaques contre l'Arabie saoudite s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle journée de tentatives iraniennes de frapper les pays du Golfe.

Aux Émirats arabes unis, le ministère de la défense a déclaré avoir abattu 13 missiles balistiques et 27 drones lancés depuis l'Iran mercredi.

De fortes détonations ont été entendues au-dessus de Dubaï dans la matinée.

Les Émirats ont également cité les six victimes civiles des attaques iraniennes depuis le début du conflit, le 28 février.

Il s'agit notamment de la Palestinienne Alaa Mushtaha, qui a été tuée lundi à Abou Dhabi lorsqu'un missile est tombé sur sa voiture. Ses funérailles ont eu lieu mardi soir, ont rapporté les médias locaux.

Le ministre des affaires étrangères, Sheikh Abdullah, a exprimé mercredi ses "sincères condoléances et sa profonde sympathie aux familles des victimes des attaques terroristes non provoquées de l'Iran contre les Émirats arabes unis".

Il a condamné les attaques de missiles et de drones iraniens visant des infrastructures civiles essentielles, des aéroports, des zones résidentielles et des sites civils dans l'ensemble des Émirats arabes unis.

Le Qatar et le Koweït ont également signalé avoir intercepté des attaques de drones mercredi.


Liban: effroi et destructions au coeur de Beyrouth, pilonné par Israël avec et sans avertissement

Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir. (AFP)
Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
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  • Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • "Il était quatre heures du matin (02H00 GMT), on dormait" lorsque l'armée israélienne a lancé son avertissement, raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, qui dit avoir entendu des tirs alertant les habitants du danger

BEYROUTH: Sarah Saleh et sa famille ont fui en pyjama mercredi, après que l'armée israélienne a averti d'une frappe sur un immeuble du coeur de Beyrouth, proche de l'école reconvertie en centre d'accueil qui les abrite.

Mais plusieurs autres bombardements contre deux quartiers populaires voisins, sans avertissement, ont violemment pris par surprise les habitants, en pleine nuit et au petit matin.

Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

"Il était quatre heures du matin (02H00 GMT), on dormait" lorsque l'armée israélienne a lancé son avertissement, raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, qui dit avoir entendu des tirs alertant les habitants du danger.

Avec ses parents, son frère, ses soeurs et leurs enfants, "nous avons fui en pyjama", vers une place du centre-ville, ajoute-t-elle.

Les enfants "se sont mis à pleurer et à paniquer, c'était déchirant", dit-elle, portant un masque pour se protéger de la poussière qui se dégage des décombres du bâtiment visé, dans le quartier de Bachoura, proche d'une des principales artères de la capitale.

"Le bruit était terrifiant (...) Tout Beyrouth a été secoué", affirme cette déplacée de la banlieue sud de Beyrouth, réfugiée dans la même école qui l'avait abritée lors de la guerre précédente de 2024.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran en menant une attaque contre Israël en représailles des frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Israël a riposté en lançant une vaste campagne de frappes aériennes, notamment sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en parallèle d'opérations terrestres dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a également bombardé à plusieurs reprises des bâtiments en plein coeur de la capitale, parfois sans avertissement.

"Ce qui est effrayant, c'est qu’ils sont en train de frapper sans prévenir", déclare la jeune femme.

"Heureusement qu'ils ont émis un avertissement ici, parce que dans l’école qui nous accueille il y a des enfants et des bébés", ainsi que des personnes âgées, soupire-t-elle.

"Terrifiant" 

A quelques encablures de là, à Zokak al-Blatt, quartier densément peuplé proche du siège du gouvernement et de plusieurs ambassades, des habitants déblayent les débris et les éclats de verre laissés par la dernière frappe sur les voitures et dans les rues.

Des engins dégagent la route et transportent les décombres, tandis que des commerçants vont et viennent devant des devantures brisées, sous le bourdonnement d'un drone israélien survolant la capitale.

Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir.

"Ma famille et moi avons été terrifiés", raconte Haidar, 68 ans, qui habite à proximité. "Quand il n’y a pas d’avertissement, c’est très difficile", ajoute ce commerçant.

Il explique que sa femme, cédant à l'effroi, tente de trouver refuge ailleurs après que le quartier a été visé plusieurs fois depuis le début de la guerre.

Dans la rue, une femme pleure et une famille avec enfants, portant des sacs et une poupée rose, quitte les lieux.

L'une des frappes, menée sans avertissement, a tué le directeur des programmes politiques de la télévision du Hezbollah, al-Manar, selon la chaîne.

Les bombardements israéliens ont tué au moins 912 personnes, dont 111 enfants, depuis début mars, et jeté sur les routes plus d'un million de personnes - plus du sixième de la population du petit pays.

"Nous pouvons à peine parler (...) Nous sommes épuisés", dit Zainab, 65 ans, qui vit à proximité  et se trouvait chez elle avec des proches lors de la dernière frappe.

Le bombardement "était très fort (..) comme s'il se produisait au-dessus de nos têtes", dit-elle.

"Nous avons peur (..) toutes les heures ou deux heures, ils frappent quelque part", ajoute-t-elle. Mais "où sommes-nous censés partir?".


Iran: les Etats-Unis et Israël frappent l'installation gazière de South Pars 

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  • "Il y a quelques instants, certaines parties des installations gazières" du gisement de South Pars/North Dome, située dans la ville portuaire de Kangan, "ont été frappées par des projectiles de l'ennemi américano-sioniste"
  • L'immense champ gazier de South Pars/North Dome est la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l'Iran partage avec le Qatar. Il fournit environ 70 % du gaz naturel consommé en Iran, qui l'exploite depuis la fin des années 1990

TEHERAN: Une frappe menée mercredi par Israël et les Etats-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'Etat, alors que la guerre est dans sa troisième semaine.

"Il y a quelques instants, certaines parties des installations gazières" du gisement de South Pars/North Dome, située dans la ville portuaire de Kangan, "ont été frappées par des projectiles de l'ennemi américano-sioniste", a déclaré la télévision, citant le gouverneur adjoint de la province méridionale de Bouchehr.

Elle a ajouté que des équipes de pompiers avaient été dépêchées sur les lieux pour maîtriser l'incendie.

L'immense champ gazier de South Pars/North Dome est la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l'Iran partage avec le Qatar. Il fournit environ 70 % du gaz naturel consommé en Iran, qui l'exploite depuis la fin des années 1990.

Israël avait déjà frappé des installations iraniennes de ce site au cours de la guerre des 12 jours de juin 2025.

Le pays a lancé de nouvelles frappes contre l'Iran le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, tuant au premier jour son guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et déclenchant une guerre qui s'est étendue à tout le Moyen-Orient.