Le CICR appelle au respect d'un cessez-le-feu au Soudan pour des raisons humanitaires

De la fumée s'échappe lors des combats dans la capitale soudanaise Khartoum, le 3 mai 2023. (AFP)
De la fumée s'échappe lors des combats dans la capitale soudanaise Khartoum, le 3 mai 2023. (AFP)
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Publié le Jeudi 04 mai 2023

Le CICR appelle au respect d'un cessez-le-feu au Soudan pour des raisons humanitaires

  • «La situation sur le terrain est grave; dans la mesure où les affrontements continuent, les hôpitaux et les établissements de santé ont déjà usé leurs stocks»
  • «Il est vital et impératif pour les acteurs humanitaires tels que la Croix-Rouge de pouvoir se déplacer au plus tôt»

BEYROUTH: Face à la quasi-paralysie du secteur de la santé au Soudan, le CICR a lancé un appel «pour qu'un cessez-le-feu pour raisons humanitaires soit respecté pleinement et que les différentes parties au conflit prennent leurs responsabilités par rapport aux garanties sécuritaires pour les humanitaires, dans l'intérêt de la population», a déclaré Imene Trabelsi, porte-parole du CICR pour le Proche et le Moyen-Orient à Arab News en français.

Les affrontements en cours qui font rage autour de la capitale soudanaise menacent le pays de sombrer totalement, alors que les infrastructures d’eau et d’électricité sont dévastées par les combats. Le secteur de la santé est lui aussi durement touché et les pénuries de médicaments se font ressentir dans tout le pays et la plupart des hôpitaux de la capitale ne fonctionnent plus. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), présent dans le pays depuis 1978, a réorganisé et déplacé ses équipes sur le terrain qui ont du mal à travailler dans des conditions «normales».

Ainsi, un chargement de huit tonnes de secours humanitaire qui comprend du matériel médical destiné à aider les hôpitaux locaux et les volontaires du Croissant-Rouge soudanais à soigner les personnes blessées lors des combats, est arrivé dimanche à Port-Soudan depuis Amman, en Jordanie, et pourtant, il est impossible de débloquer et de distribuer la cargaison.

«Jusqu'à aujourd'hui, nous ne sommes toujours pas en position de continuer l'opération, soit de distribuer, de canaliser et d’envoyer ces ressources additionnelles vers les cités et les localisations les plus affectées. Pour le moment, nous n’avons pas la capacité de donner des informations au sujet des transferts de ces équipements, notamment à cause de la situation sécuritaire qui reste imprévisible», affirme MmeTrabelsi. 

Et c’est sans compter les moyens de communication entre les équipes présentes sur le terrain et les bureaux régionaux ou le quartier général qui sont aléatoires. «La situation sur le terrain est grave. Dans la mesure où les affrontements continuent, les hôpitaux et les établissements de santé ont déjà usé leurs stocks, d’une part. Les professionnels de santé tels que les docteurs et les infirmières ne peuvent pas accéder aux hôpitaux ou dans leurs établissements parce que la situation sécuritaire ne le permet pas, d’autre part.»

«Actuellement, il n'y a pas de professionnels de santé pour soigner les gens qui en ont besoin. Sans oublier le quasi-blocage dans l’approvisionnement en eau et en électricité, ce qui rend la tâche presque impossible pour les hôpitaux», précise la porte-parole.

Même s’il n'y a pas de chiffres exacts, l’Organisation mondiale de la santé a évoqué le chiffre de 16 % seulement des infrastructures de santé à Khartoum qui sont toujours opérationnelles.

«Dans les zones les plus touchées, nous avons pu soutenir le Croissant-Rouge soudanais, notre principal partenaire au Soudan. Ces deux dernières semaines, nous avons délivré des kits pour les blessures de guerre issus des hôpitaux du Darfour. Nous avons essayé de fournir ces kits dans un certain nombre d’hôpitaux; les besoins sont importants et leur situation désastreuse, mais nous n’avons pas toujours pu le faire au vu des conditions sécuritaires qui ne permettent pas qu'une opération humanitaire soit assurée correctement», précise Mme Trabelsi

Concernant les infrastructures de santé à Khartoum qui sont toujours opérationnelles les chiffres restent particulièrement inquiétants selon le CICR.  «Même s’il n'y a pas de chiffres exacts, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a évoqué le chiffre de 16 % seulement des infrastructures de santé à Khartoum qui sont toujours opérationnelles», souligne Imene Trabelsi.

«Il est vital et impératif pour les acteurs humanitaires tels que la Croix-Rouge de pouvoir se déplacer au plus tôt. Pour que nous puissions bouger et soutenir le secteur, nous avons besoin que les parties au conflit comprennent leurs obligations légales dans ce genre de situation. Ces obligations consistent à prendre toutes les précautions possibles pour protéger la vie des civils, mais aussi l'infrastructure vitale pour la survie des civils et le travail humanitaire et fournir les garanties de sécurité nécessaires afin que les acteurs humanitaires puissent faire leur travail en sécurité», explique la porte-parole.

«On ne parle pas d'un choix, on parle d'une obligation légale selon le droit humanitaire international qui est applicable dans les zones de conflit, ce qui est le cas du Soudan», conclut Mme Trabelsi.


Israël va «intensifier» ses opérations au Liban, après avoir détruit un pont reliant Tyr au reste du pays

Israël va «intensifier» ses opérations au Liban, après avoir détruit un pont reliant Tyr au reste du pays
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  • Des images de l'AFP ont montré de la fumée s'élever après l'attaque contre le pont de Qasmiyeh, situé sur la principale route côtière reliant la région de Tyr au reste du pays
  • Le président libanais Joseph Aoun a aussitôt "condamné le ciblage et la destruction par Israël d'infrastructures et d'installations vitales"

BEYROUTH: Israël a annoncé dimanche qu'il allait "intensifier" ses opérations terrestres au Liban et étendre son "contrôle" sur le terrain, après avoir détruit un pont stratégique dans le sud du pays, utilisé selon lui par le Hezbollah pro-iranien.

Des images de l'AFP ont montré de la fumée s'élever après l'attaque contre le pont de Qasmiyeh, situé sur la principale route côtière reliant la région de Tyr au reste du pays.

Le président libanais Joseph Aoun a aussitôt "condamné le ciblage et la destruction par Israël d'infrastructures et d'installations vitales".

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une violation flagrante de la souveraineté du Liban, et sont considérées comme un prélude à une invasion terrestre", a-t-il estimé dans un communiqué.

Peu de temps après ces déclarations, l'armée israélienne a annoncé intensifier ses "opérations terrestres ciblées" et ses frappes.

"L'opération contre l'organisation terroriste Hezbollah ne fait que commencer (...) Il s'agit d'une opération de longue haleine et nous y sommes préparés", a affirmé le chef d'état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir.

"Nous n'arrêterons pas avant que la menace ne soit repoussée loin de la frontière et qu'une sécurité à long terme soit assurée aux habitants du nord d'Israël", a-t-il ajouté.

Dans un autre communiqué, le porte-parole de l'armée israélienne Effie Defrin a précisé que ces opérations terrestres débuteraient "dans la semaine".

"Nous commencerons à consolider notre emprise", a-t-il déclaré. "Nous allons étendre notre contrôle sur le terrain et nos manœuvres pour empêcher des tirs directs".

Détruire "tous les ponts" 

Le ministre de la Défense, Israël Katz, avait annoncé plus tôt avoir ordonné de "détruire immédiatement tous les ponts au-dessus du fleuve Litani qui servent à des activités terroristes, afin d'empêcher le passage (...) du Hezbollah et d'armes vers le sud".

D'après l'agence nationale d'information libanaise, l'Ani, quatre frappes ont visé le pont de Qasmiyeh, le rendant impraticable. Ces frappes ont également causé des dommages "aux réseaux électriques, ainsi que de graves dégâts aux commerces, aux vergers et aux parcs situés à proximité du pont", précise l'Ani.

L'armée israélienne avait déjà indiqué mercredi avoir détruit deux ponts sur le fleuve, qui traverse le Liban à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël, dans le cadre de son offensive contre le Hezbollah, organisation chiite libanaise.

Plus tôt dimanche, les secours israéliens avaient annoncé la mort d'un civil près de la frontière.

Le Hezbollah a revendiqué avoir ciblé des soldats, mais l'armée israélienne a ouvert une enquête pour déterminer si cette mort était liée à un tir de ses propres soldats.

Il s'agit de la première victime civile sur la frontière nord du pays depuis le début de la guerre entre le mouvement libanais et Israël début mars.

"Deux véhicules se sont entièrement embrasés après un impact direct dans le kibboutz de Misgav Am: les pompiers ont dégagé une victime décédée sur les lieux", ont précisé les services de secours de cette région.

Le 8 mars, deux soldats israéliens avaient été tués par des tirs du Hezbollah dans le sud du Liban, tout près de la frontière.

Destructions de maisons 

Le Hezbollah est entré dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour des frappes israélo-américaines sur Téhéran.

Depuis, Israël mène des représailles massives à travers une vaste campagne de frappes aériennes sur le Liban et des avancées terrestres dans une zone tampon le long de la frontière, qui ont fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.

Selon Israël Katz, l'armée va aussi "accélérer la destruction des maisons libanaises dans les villages de contact" à la frontière, "afin de contrer les menaces qui pèsent sur les communautés israéliennes".

D'après l'agence Ani, les forces israéliennes ont détruit "un certain nombre de maisons" dans le village de Taybeh. Le Hezbollah a lui annoncé avoir pris pour cible des soldats israéliens dans la ville frontalière de Khiam, où des affrontements ont lieu depuis plusieurs jours, ainsi qu'à Maroun al-Ras, Marwahin et dans d'autres zones frontalières avec Israël.

L'Ani a aussi rapporté plusieurs frappes ailleurs dans le sud, notamment dans la localité stratégique de Khiam et la ville côtière de Naqoura, mais aussi dans la vallée de la Bekaa (est).

 

 


L'Arabie saoudite et ses voisins du Golfe à nouveau attaqués

La région de Ryad en Arabie saoudite a été visée par deux missiles balistiques, a annoncé lundi le ministère de la Défense du royaume au 24e jour de la guerre au Moyen-Orient, d'autres pays du Golfe faisant également état de tirs iraniens vers leurs territoires. (AFP)
La région de Ryad en Arabie saoudite a été visée par deux missiles balistiques, a annoncé lundi le ministère de la Défense du royaume au 24e jour de la guerre au Moyen-Orient, d'autres pays du Golfe faisant également état de tirs iraniens vers leurs territoires. (AFP)
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  • Un des missiles a été intercepté et l'autre est tombé dans une zone inhabitée, a précisé le ministère saoudien
  • Aux Emirats arabes unis, autre pays régulièrement visé par Téhéran depuis le début de la guerre, le ministère de la Défense a annoncé lundi qu'il "réagissait actuellement à des menaces de missiles et de drones en provenance d'Iran"

RYAD: La région de Ryad en Arabie saoudite a été visée par deux missiles balistiques, a annoncé lundi le ministère de la Défense du royaume au 24e jour de la guerre au Moyen-Orient, d'autres pays du Golfe faisant également état de tirs iraniens vers leurs territoires.

Un des missiles a été intercepté et l'autre est tombé dans une zone inhabitée, a précisé le ministère saoudien.

Aux Emirats arabes unis, autre pays régulièrement visé par Téhéran depuis le début de la guerre, le ministère de la Défense a annoncé lundi qu'il "réagissait actuellement à des menaces de missiles et de drones en provenance d'Iran", expliquant que "les bruits entendus sont le résultat de l'interception de missiles et de drones par les systèmes de défense aérienne".

Une alerte a également été déclenchée à Bahreïn. "Les citoyens et les résidents sont invités à rester calmes et à se rendre à l'endroit sûr le plus proche", a indiqué le ministère de l'Intérieur du pays sur les réseaux sociaux.

Les pays du Golfe, qui se sont longtemps présentés comme des oasis de sécurité et de stabilité dans une région en proie aux conflits, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient alors que la République islamique riposte aux frappes américano-israéliennes.

L'Iran a pris pour cible des installations militaires américaines ainsi que des infrastructures civiles, notamment des aéroports, des ports et des installations pétrolières autour du Golfe.

 


Les autorités saoudiennes saluent le succès du plan opérationnel durant le Ramadan

Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
Des fidèles musulmans se rassemblent autour de la Kaaba, le sanctuaire le plus sacré de l’islam, dans l’enceinte de la Grande Mosquée de la ville sainte de La Mecque. (AFP)
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  • L’autorité souligne que ce succès repose sur un système opérationnel intégré fondé sur une planification proactive, une coordination entre les services, la sécurité, les opérations et la santé, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain

LA MECQUE : L’Autorité générale pour la gestion des Deux Saintes Mosquées a salué le succès de son plan opérationnel pour le Ramadan, mettant en avant la capacité du Royaume à gérer l’une des opérations de foule les plus vastes et complexes au monde.

Des millions de pèlerins ont visité les deux saintes mosquées durant le Ramadan, bénéficiant d’un flux de fidèles et de services fluide et minutieusement organisé, reflétant l’engagement du Royaume à leur service.

L’autorité a souligné que ce succès est le fruit d’un système opérationnel intégré reposant sur une planification proactive, une coordination entre les entités de service, de sécurité, opérationnelles et sanitaires, ainsi qu’une exécution efficace sur le terrain.

Cette approche a permis une gestion très efficace des foules et la fourniture de services de haute qualité, améliorant l’expérience spirituelle des fidèles et des visiteurs.

Au cours des dix derniers jours du mois sacré, plus de 18 000 agents et près de 6 000 véhicules ont été mobilisés, alors que les fidèles entamaient l’itikaf dans les deux saintes mosquées.

Durant cette période, divers services leur ont été fournis, notamment orientation, soins de santé, traduction, hospitalité et fournitures essentielles, afin de garantir une expérience confortable et spirituellement enrichissante. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com