Soignants non-vaccinés, Israël... débats sensibles et calculs en vue pour la «niche» communiste à l'Assemblée

Des députés français participent à un vote à main levée lors d'une séance de discussion du plan gouvernemental de réforme des retraites à l'Assemblée nationale, à Paris, le 15 février 2023. (Photo d'illustration Geoffroy Van der Hasselt / AFP)
Des députés français participent à un vote à main levée lors d'une séance de discussion du plan gouvernemental de réforme des retraites à l'Assemblée nationale, à Paris, le 15 février 2023. (Photo d'illustration Geoffroy Van der Hasselt / AFP)
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Publié le Jeudi 04 mai 2023

Soignants non-vaccinés, Israël... débats sensibles et calculs en vue pour la «niche» communiste à l'Assemblée

  • Le groupe a choisi de remettre sur la table le sujet brûlant de la fin de l'obligation vaccinale contre le Covid-19 pour les soignants
  • La question, qui a suscité beaucoup de rancœurs en outre-mer, est sensible pour le groupe communiste, qui compte 10 députés ultramarins sur 22 membres

PARIS: Les députés du groupe communiste dictent jeudi un programme de l'Assemblée éclectique et potentiellement tendu, en proposant de condamner "le régime d'apartheid" institué par Israël, ou de supprimer définitivement la vaccination obligatoire des soignants contre le Covid.

André Chassaigne, le président du groupe, vante une "niche parlementaire" qui va "de l'international au local". Mais sans éviter les sujets qui fâchent.

Le groupe a choisi de remettre sur la table le sujet brûlant de la fin de l'obligation vaccinale contre le Covid-19 pour les soignants.

La tension est un peu retombée depuis que le gouvernement a annoncé son intention de les réintégrer. Selon une instruction ministérielle consultée par l'AFP, ils seront considérés comme réintégrés "le lendemain" de la parution d'un décret prévue le 14 mai.

Toutefois, le gouvernement souhaite pouvoir décréter une nouvelle suspension en cas de situation épidémique trop dégradée, quand le député Jean-Victor Castor (Guyane) entend abroger cette possibilité: "nous ne voulons pas laisser au gouvernement la possibilité de remettre en place l'obligation".

La question, qui a suscité beaucoup de rancœurs en outre-mer, est sensible pour le groupe communiste, qui compte 10 députés ultramarins sur 22 membres.

Mais la course contre la montre inhérente aux journées de "niche" (les débats s'interrompent à minuit), pourrait conduire les députés à renoncer à certains textes pour en favoriser d'autres.

A l'instar de celui qui prévoyait initialement de repousser l'ouverture à la concurrence des bus RATP à fin 2028. Largement réécrit par la majorité en commission, il ne proposait plus qu'un report de deux ans maximum. Le groupe l'a retiré.

EDF et les collectivités locales

En revanche, malgré des réactions virulentes jusque chez certains députés de gauche, et une faible chance d'adoption, le groupe tient à sa résolution pour "condamner le régime d'apartheid institué par l'État d'Israël", qui ouvrira la journée à 9h.

"Au nom de quoi nous ne pourrions pas dire ce qui se passe sur ce territoire-là ?", insiste Jean- Paul Lecoq, auteur du texte, qui n'a pas de portée normative. Le Crif a quant à lui appelé les députés à rejeter une "proposition haineuse et mensongère".

Une proposition de loi du député socialiste Philippe Brun, pour protéger EDF d'un démantèlement est également au programme. Adopté en première lecture par une coalition de l'opposition, contre l'avis du gouvernement qui argue qu'il mène déjà une tentative de nationalisation, il prévoit que le capital d'EDF soit détenu à 100% par l'Etat, ou soit ouvert en partie à des "personnes salariées et des anciens salariés".

Philippe Brun, épaulé par le communiste Sébastien Jumel, veut également graver dans la loi les activités d'EDF, pour empêcher tout projet de "démantèlement", soupçonnant l'exécutif de ne pas avoir renoncé à un projet controversé de restructuration. Ce dernier dément fermement.

Le texte, qui sera soutenu par des représentants de boulangers et de l'intersyndicale d'EDF devant l'Assemblée, entend également étendre le bouclier tarifaire sur l'électricité à toutes les TPE, et le périmètre pourrait être encore élargi par des amendements de la gauche et de députés LR, notamment à certaines collectivités.

Les deux rapporteurs espèrent que si le texte est adopté, la mouture conviendra telle quelle au Sénat.

Si le temps le permet, les députés débattront d'une proposition pour prioriser l'emploi dans les Outre-mer de fonctionnaires d'État issus des territoires ultramarins, et encore d'un moratoire pour sanctuariser des lignes du réseau SNCF, largement remanié en commission.


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.