En pleines discussions sur son avenir, Casino baisse ses prix pour tenter de se relancer

Le groupe de distribution Casino, objet de nombreuses convoitises et d'une offre de reprise par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, a annoncé jeudi une baisse de ses prix pour attirer les clients et relancer des ventes en berne. (AFP)
Le groupe de distribution Casino, objet de nombreuses convoitises et d'une offre de reprise par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, a annoncé jeudi une baisse de ses prix pour attirer les clients et relancer des ventes en berne. (AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 04 mai 2023

En pleines discussions sur son avenir, Casino baisse ses prix pour tenter de se relancer

  • Casino, qui emploie 200 000 personnes dans le monde dont un gros quart en France, a réalisé 5,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires au premier trimestre, soit une baisse de 1,8% au total
  • Il s'agit d'une mauvaise performance dans un contexte de forte inflation des prix de l'alimentaire, mesurée à près de 16% sur un an en mars

PARIS: Le groupe de distribution Casino, objet de nombreuses convoitises et d'une offre de reprise par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, a annoncé jeudi une baisse de ses prix pour attirer les clients et relancer des ventes en berne.

Casino, qui emploie 200 000 personnes dans le monde dont un gros quart en France, a réalisé 5,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires au premier trimestre, soit une baisse de 1,8% au total.

Pour la France (hors CDiscount), la baisse est légèrement plus marquée, à 2,3%, les ventes totalisant 3,27 milliards d'euros.

Il s'agit d'une mauvaise performance dans un contexte de forte inflation des prix de l'alimentaire, mesurée à près de 16% sur un an en mars. A la Bourse de Paris, l'action de Casino plongeait de 11,84% à 7,38 euros jeudi vers 09H50 dans un marché en baisse de 0,30%.

L'expert en consommation Olivier Dauvers dit sur son blog "le Web Grande Conso" voir dans ces résultats la "conséquence principalement" d'une politique "tarifaire 2022 qui a laissé des traces", en d'autres termes d'un positionnement prix plus élevé que la concurrence, alors que les clients, en période d'inflation, sont d'autant plus attentifs à leur ticket de caisse.

Baisses de prix 

Dans le détail, Monoprix et Franprix, enseignes de proximité et de centre-ville du groupe Casino notamment présentes en Ile-de-France, ont vu leurs ventes progresser sur un an respectivement de 0,6% et 6,3% sur le trimestre, mais les supermarchés et hypermarchés Casino ont eux enregistré "un nouveau trimestre difficile", reconnaît le groupe.

Il explique y avoir répondu en amorçant "dès le mois de décembre une campagne substantielle de baisse de prix", "de l'ordre de 5 à 10%" suivant les magasins, et qui "s'est intensifiée sur la fin du premier trimestre".

Le bénéfice brut d'exploitation (Ebitda), un indicateur de la rentabilité de l'activité du groupe, est toujours orienté à la baisse - 204 millions d'euros au premier trimestre 2023 contre 282 un an plus tôt - notamment en France. L'objectif est "d'arrêter cette baisse dès que possible", a indiqué le directeur financier du groupe David Lubek jeudi lors d'une visioconférence de presse.

Il a précisé que la dette nette du groupe était restée stable à fin mars par rapport à fin 2022, à 4,5 milliards d'euros, malgré la cession d'une participation de 18,8% dans l'enseigne brésilienne Assai - qui n'est plus consolidée dans les activités de Casino depuis mars.

David Lubek n'a en revanche pas commenté les déclarations du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky la veille dans l'hebdomadaire Le Point.

"Nous avons des éléments qui montrent en toute objectivité que la situation financière (du groupe) n'est plus tenable sans une intervention rapide", y a expliqué celui qui est deuxième actionnaire de Casino, derrière les sociétés du PDG Jean-Charles Naouri. "Notre offre n'est pas hostile", a-t-il précisé.

Le 24 avril, Daniel Kretinsky avait proposé à Casino d'injecter 750 millions d'euros via une augmentation de capital réservée de plus d'1 miliard d'euros au total, qui entraînerait, si elle était menée à son terme, la perte de contrôle du groupe par Jean-Charles Naouri.

Offres «pas contradictoires»

Jeudi, Casino a dit en marge de la publication de ses ventes qu'il "analyse la proposition", "et poursuit les discussions avec le groupe Teract et le Groupement Les Mousquetaires.

Car M. Kretinsky n'est pas le seul prétendant: Casino discute avec le groupe Teract (Jardiland, Gamm vert, Boulangeries Louise), dont l'actionnaire majoritaire est le géant de l'agroalimentaire InVivo, d'un possible rapprochement. Fin avril, la 3e chaîne de supermarchés en France, Intermarché, s'est jointe à ces discussions.

"Notre offre n'est pas contradictoire avec le projet" Teract, a encore déclaré dans le Point Daniel Kretinsky. "Mais la nôtre est celle qui traite le premier sujet de Casino: sa dette". Le milliardaire tchèque précise que "Jean-Charles (Naouri) pourrait conserver une place éminente."

L'assemblée générale des actionnaires du groupe est prévue le 10 mai à Paris.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Short Url
  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Short Url
  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Short Url
  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.