La récente «chaleur extrême» en Méditerranée occidentale attribuée au changement climatique

Sur cette photo prise le 26 avril 2023, un couple conduit une moto Vespa devant un thermomètre indiquant 44 degrés Celsius à Séville, en pleine vague de chaleur. La chaleur extrême qui a englouti la péninsule ibérique et certaines parties de l'Afrique du Nord la semaine dernière aurait été "presque impossible sans le changement climatique", selon une étude scientifique internationale publiée le 5 mai 2023. (AFP).
Sur cette photo prise le 26 avril 2023, un couple conduit une moto Vespa devant un thermomètre indiquant 44 degrés Celsius à Séville, en pleine vague de chaleur. La chaleur extrême qui a englouti la péninsule ibérique et certaines parties de l'Afrique du Nord la semaine dernière aurait été "presque impossible sans le changement climatique", selon une étude scientifique internationale publiée le 5 mai 2023. (AFP).
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Publié le Samedi 06 mai 2023

La récente «chaleur extrême» en Méditerranée occidentale attribuée au changement climatique

  • Cette «vague de chaleur exceptionnellement précoce» a entraîné des «températures dépassant parfois de 20 degrés les normales de saison et des records pour le mois d'avril battus de plus de 6 degrés», souligne ce rapport du World Weather Attribution
  • Au Maroc, des records locaux ont été battus et les températures ont dépassé par endroits les 41 degrés tandis qu'en Algérie, elles ont franchi la barre des 40

MADRID : La "chaleur extrême" enregistrée fin avril dans la péninsule ibérique et dans une partie de l'Afrique du nord "aurait été quasi impossible sans le changement climatique", démontre une étude scientifique publiée vendredi.

Cette "vague de chaleur exceptionnellement précoce" a entraîné des "températures dépassant parfois de 20 degrés les normales de saison et des records pour le mois d'avril battus de plus de 6 degrés", souligne ce rapport du World Weather Attribution (WWA), réseau mondial de scientifiques évaluant le lien entre les événements météorologiques extrêmes et le dérèglement climatique.

Une masse d'air chaud et sec venue d'Afrique du nord a entraîné la semaine dernière des records absolus de températures pour un mois d'avril au Portugal et en Espagne continentale avec respectivement 36,9 et 38,8 degrés. Soit des niveaux dignes du mois de juillet.

Au Maroc, des records locaux ont été battus et les températures ont dépassé par endroits les 41 degrés tandis qu'en Algérie, elles ont franchi la barre des 40.

"Le changement climatique provoqué par l'humanité a multiplié par au moins 100 la probabilité de cette vague de chaleur record en Espagne, au Portugal, au Maroc et en Algérie" par rapport au contexte climatique pré-industriel et elle "aurait été quasi impossible sans le changement climatique", indique ce rapport du WWA.

Cette vague de chaleur a été "tellement extrême" qu'elle reste un "épisode rare dans le contexte climatique actuel", même dans une région du monde déjà habituée à une multiplication de ces phénomènes "ces dernières années", poursuit le WWA.

Selon ce groupe de chercheurs, les températures enregistrées la semaine dernière dans cette zone ont été "supérieures de 3,5 degrés à ce qu'elles auraient dû être sans changement climatique".

En Espagne, 2023 a enregistré son mois d'avril le plus chaud et le plus sec depuis au moins 1961, début de la série statistique qui sert de comparaison à l'agence météorologique nationale (Aemet), qui a publié ce bilan vendredi sur Twitter.

Plus fréquentes et plus intenses

"Nous allons voir dans l'avenir des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses" dans cette partie du monde, a averti Sjoukje Philip, chercheuse à l'Institut météorologique royal des Pays-Bas et membre du WWA, lors d'une présentation du rapport à la presse.

Ces températures anormalement élevées interviennent "après plusieurs années de sécheresse historique, ce qui exacerbe l'impact de la chaleur sur l'agriculture, déjà menacée par des pénuries d'eau croissantes", note par ailleurs le WWA.

En Espagne, pays dont les régions agricoles sont surnommées le "potager de l'Europe", le principal syndicat d'agriculteurs, le Coag, estime que 60% des terres agricoles sont actuellement "asphyxiées" par le manque de précipitations.

Les réservoirs du pays - où est stockée l'eau de pluie afin de pouvoir l'utiliser lors des mois plus secs - sont actuellement à moins de 50% de leur capacité, voire un quart dans certains territoires, comme la Catalogne (nord-est) où la situation est extrêmement préoccupante.

Un manque d'eau qui a poussé nombre d'agriculteurs à renoncer aux semis de printemps, notamment de céréales et d'oléagineux.

"La Méditerranée est l'une des régions les plus exposées au changement climatique en Europe. Alors que la région fait déjà face à une sécheresse durable et très intense, ces températures élevées à une période où il devrait pleuvoir aggrave la situation", met en garde Friederike Otto, de l'Imperial College de Londres, l'une des principales auteurs de l'étude.

'Complotisme' climatique

Dans ce contexte de multiplication des vagues de chaleur en Espagne -- qui a connu l'an dernier son année la plus chaude --, le gouvernement a défendu l'agence météorologique nationale, visée par un flot d'insultes et de menaces, sur fond de "complotisme" climatique.

"Assassins", "criminels", "nous vous surveillons", "vous le paierez": l'Aemet affirme avoir reçu ces dernières semaines quantité de messages critiquant ces prévisions et ces analyses liant les épisodes de chaleurs anormales au changement climatique.

Des attaques dénoncées par la ministre de la Transition écologique Teresa Ribera. "Mentir, alimenter le complotisme et la peur, insulter... Cela appauvrit notre société", a-t-elle dénoncé vendredi sur son compte Twitter, en appelant à "dire stop" à ces pratiques.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.