Fabien Roussel, poil à gratter de la Nupes

Le premier secrétaire du parti communiste français Fabien Roussel (G) lors de l'ouverture du 39e congrès du Parti communiste français (PCF) à Marseille, le 7 avril 2023. (Photo, AFP)
Le premier secrétaire du parti communiste français Fabien Roussel (G) lors de l'ouverture du 39e congrès du Parti communiste français (PCF) à Marseille, le 7 avril 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 08 mai 2023

Fabien Roussel, poil à gratter de la Nupes

  • Depuis la création de la Nupes, ce n'est pas la première fois que l'ex-candidat à la présidentielle agace les insoumis, qui le tiennent responsable de la défaite de leur champion, Jean-Luc Mélenchon
  • «En ce moment, il vit sa meilleure vie, il fait réagir à chaque fois qu'il parle, il a l'impression qu'il fait revivre le PCF. Moi, je pense qu'il l'achève»

PARIS: Les insoumis le considèrent comme un "problème" et évoquent ouvertement son départ de la Nupes, mais le patron des communistes Fabien Roussel continue de revendiquer sa singularité tout en assurant ne pas vouloir quitter l'alliance.

C'est une petite musique qui monte du côté insoumis: Fabien Roussel est devenu "un problème national", tacle un cadre du mouvement.

En cause, les récents propos du secrétaire national du PCF qui souhaite "élargir" la Nupes vers le centre gauche et ses commentaires bienveillants sur Gérald Darmanin, un homme "qui sait entendre la colère".

"Quand vous avez quelqu'un qui favorise tous vos adversaires, comme le ministre de l'Intérieur (...) ou l'ex-premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve, c'est un souci", note le cadre. "On ne peut pas construire la Nupes avec quelqu'un qui nous affaiblit".

Fabien Roussel joue aujourd'hui "les diviseurs", abonde le député LFI Paul Vannier.

Depuis la création de la Nupes, ce n'est pas la première fois que l'ex-candidat à la présidentielle agace les insoumis, qui le tiennent responsable de la défaite de leur champion, Jean-Luc Mélenchon.

Mais mardi dernier, lors d'une réunion des dirigeants de la coalition de gauche, la tension est encore montée d'un cran.

En cause, l'insistance de LFI à discuter d'une potentielle liste commune aux Européennes et d'un éventuel candidat unique à la présidentielle de 2027.

Réticent sur ces deux sujets, Fabien Roussel n'a pas mâché ses mots, racontant à l'AFP avoir qualifié la Nupes autant de "perspective d'espoir" que de "boulet (qui) nous enferme dans des constructions politiques incontournables".

"Si on ne peut pas y dire ce que l'on pense, c'est un boulet, une camisole, un carcan", a-t-il martelé.

Des propos qui ont fait bondir Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise: "On a compris que tu veux sortir de la Nupes. Tu peux partir".

"Non", a répliqué Fabien Roussel.

Il affirme vouloir au contraire "l'unité" de l'alliance et fait part de son désir de l'"élargir" à ceux qui se sont battus contre la retraite à 64 ans, citant les élus Liot, les socialistes anti-Nupes Carole Delga ou Anne Hidalgo.

«Irresponsable»

Pour lui, la manière dont Manuel Bompard se comporte avec les écologistes, qu'il tente de convaincre de faire liste commune aux Européennes, et avec les communistes, donne le sentiment que LFI "veut peut-être que l'alliance explose en posant des conditions inacceptables".

Mais le secrétaire national du PCF pense pouvoir dépasser les divergences.

"Il faut accepter les choix de chaque force politique", relève-t-il, demandant que son parti puisse avoir "un avis différent sur des sujets comme le travail, la sécurité, les frontières".

Pas simple pour LFI. "C'est lui qui a ouvert le bal de la séquence migratoire en parlant de frontière passoire. C'est irresponsable", juge Paul Vannier.

Pour un cadre écologiste, qui n'apprécie pas les propos de Fabien Roussel, "cela ne sert à rien de surréagir".

"En ce moment, il vit sa meilleure vie, il fait réagir à chaque fois qu'il parle, il a l'impression qu'il fait revivre le PCF. Moi, je pense qu'il l'achève".

"Fabien Roussel, c'est un peu 'Patrick Chirac'", le héros du film Camping, ironise un socialiste. "C'est un gars sympathique, mais on ne comprend pas ce qu'il fait".

Même dans les rangs du PCF, un responsable, opposé à la ligne du secrétaire national, juge que ce dernier s'est mis "dans un entonnoir" en voulant "jouer une partition singulière".

"C'est un succès médiatique mais qui se paye au prix fort, ça cause le trouble sur ce que défend le PCF, on entame notre capital auprès du peuple de gauche".

En revanche, en interne, "cette attitude de forte tête décalée plait", reconnait-il. "On les a tellement chauffés à blanc pour s'émanciper de LFI".


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.