Washington annonce avoir neutralisé un logiciel espion russe très utilisé depuis 20 ans

"Snake" a été mis hors d'état de nuire lors de l'opération "Méduse" menée par le FBI, en coordination avec des partenaires étrangers. (Photo, AFP)
"Snake" a été mis hors d'état de nuire lors de l'opération "Méduse" menée par le FBI, en coordination avec des partenaires étrangers. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 09 mai 2023

Washington annonce avoir neutralisé un logiciel espion russe très utilisé depuis 20 ans

  • Ce logiciel, baptisé « Snake», a permis aux services de sécurité russes (FSB) de « voler des centaines de documents sensibles dans au moins 50 pays»
  • Des victimes ont aussi été identifiées en Belgique, en Ukraine, aux Etats-Unis, en Suisse ou en Géorgie

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mardi avoir neutralisé l'un des logiciels espions russes "les plus sophistiqués", à l'origine de nombreuses attaques contre des pays membres de l'Otan au cours des 20 dernières années.

Ce logiciel, baptisé "Snake", a permis aux services de sécurité russes (FSB) de "voler des centaines de documents sensibles dans au moins 50 pays", en attaquant notamment les services informatiques de gouvernements, de médias ou de centres de recherches, selon un communiqué du ministère américain de la Justice.

"Grâce à une opération de haute technologie, qui a retourné ce logiciel malveillant russe contre lui-même, les forces de l'ordre américaines ont neutralisé l'un des outils de cyber-espionnage russe les plus sophistiqués", s'est félicitée la ministre adjointe de la Justice Lisa Monaco.

D'après les autorités américaines, le logiciel était guidé depuis une unité du FSB baptisée "Turla", située à Riazan, en Russie. Il pouvait identifier et voler des documents et rester non détecté de manière indéfinie. Sa spécificité: les agents de "Turla" exfiltraient ces données en utilisant le réseau mondial des ordinateurs infectés.

En 2018, le ministère allemand des Affaires étrangères avait révélé avoir fait l'objet d'une attaque sans précédent attribuée par les médias au logiciel "Snake", aussi connu sous le nom de "Uroboros".

Des victimes ont aussi été identifiées en Belgique, en Ukraine, aux Etats-Unis, en Suisse ou en Géorgie.

Persée et Méduse 

"Snake" était connu des experts en cybersécurité depuis au moins dix ans. L'agence américaine de cyberdéfense Cisa situe sa date de création autour de 2003 et estime qu'il a fait l'objet de nombreuses mises à jour au cours du temps.

C'est "l'outil de cyber-espionnage le plus sophistiqué dans l'arsenal du FSB", estime aussi Cisa dans un document publié avec ses homologues britanniques, canadiens et australiens, en insistant sur le caractère furtif du logiciel.

"Il a de manière étonnante très peu de bugs informatiques, ce qui est surprenant compte tenu de sa complexité", notent également ces agences.

Après avoir étudié pendant de longues années ce logiciel, la police fédérale américaine a réussi à créer un outil, baptisé "Persée", capable de communiquer avec "Snake" et de lui ordonner de s'éteindre sans mettre en cause l'ordinateur hôte.

Il a été mis hors d'état de nuire lors de l'opération "Méduse" menée par le FBI, en coordination avec des partenaires étrangers, a précisé le ministre américain de la Justice Merrick Garland. "Nous allons continuer à renforcer nos défenses collectives contre les efforts de déstabilisation du régime russe", a-t-il promis.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.