Les prix des céréales refluent alors que grandit l'incertitude sur le corridor ukrainien

Les cours mondiaux du blé et du maïs continuaient de refluer dans des marchés plus inquiets de l'inflation que du sort du corridor céréalier maritime ukrainien, qui fermera dans huit jours faute d'accord avec la Russie. (AFP)
Les cours mondiaux du blé et du maïs continuaient de refluer dans des marchés plus inquiets de l'inflation que du sort du corridor céréalier maritime ukrainien, qui fermera dans huit jours faute d'accord avec la Russie. (AFP)
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Publié le Mercredi 10 mai 2023

Les prix des céréales refluent alors que grandit l'incertitude sur le corridor ukrainien

  • «Les prix continuent de se replier parce qu'il y a une offre abondante de blé russe», commente Gautier Le Molgat, analyste au cabinet Agritel
  • «Le marché s'essouffle complètement. C'est traditionnellement une période calme, en attendant les nouvelles récoltes de l'hémisphère nord», a-t-il ajouté

PARIS: Les cours mondiaux du blé et du maïs continuaient de refluer dans des marchés plus inquiets de l'inflation que du sort du corridor céréalier maritime ukrainien, qui fermera dans huit jours faute d'accord avec la Russie.

"Le marché s'essouffle complètement. C'est traditionnellement une période calme, en attendant les nouvelles récoltes de l'hémisphère nord. Les prix continuent de se replier parce qu'il y a une offre abondante de blé russe", commente Gautier Le Molgat, analyste au cabinet Agritel.

Le monde est "moins inquiet" de la guerre, car les conditions de cultures sont actuellement bonnes en Europe et "les marchés sont plus obnubilés par l'inflation (qui pèse sur la consommation, NDLR) et la baisse des taux d'intérêt" que par le devenir du corridor ukrainien, souligne-t-il.

Sur le marché européen, la tonne de blé tendre pour livraison en septembre s'échangeait mercredi autour de 233 euros, à son plus bas niveau depuis janvier 2022. Le maïs s'affichait à 228 euros la tonne pour livraison en juin, son niveau de fin novembre 2021. A la Bourse de Chicago, le repli était aussi sensible, notamment pour le maïs.

Maïs américain à la peine 

"Le marché se fait à l'idée que la récolte (américaine) de maïs et de soja va être abondante. Il n'y a aucun événement défavorable attendu sur le plan météorologique jusque fin juillet au moins", indique Dewey Strickler d'Ag Watch Market Advisors.

Les exportations américaines continuent par ailleurs de souffrir de la concurrence brésilienne. La Chine a annulé mardi une commande 272.000 tonnes de maïs américain, la troisième annulation en trois semaines, pour un total de plus de 800.000 tonnes.

"Les Chinois ont acheté ce maïs américain comme une assurance (en cas de hausse des prix), mais la récolte brésilienne s'annonce abondante et ils annulent", note Dewey Strickler.

Face à des exportations américaines inférieures à la moyenne et une reconstitution des stocks, l'inquiétude quant à une fermeture du corridor ukrainien n'a pas d'impact sur les prix.

L'éventuelle fin de l'accord "apporterait du soutien au maïs et au blé. Mais pour le maïs, le marché est toujours lesté par l'ampleur de la récolte brésilienne", ce qui "empêche tout rebond à court terme", pour Dax Wedemeyer (US Commodities).

A huit jours de la fin de l'actuel accord pour ce corridor maritime, signé en juillet dernier par la Russie et l'Ukraine sous l'égide de la Turquie et de l'ONU, les discussions, qui reprenaient ce mercredi en Turquie, s'annoncent tendues.

L'ouverture de ce couloir maritime, le 1er août, a permis de sortir près de 30 millions de tonnes de produits agricoles d'Ukraine, à destination de la Chine, de la Turquie, de l'Union européenne mais aussi de pays fragiles et très dépendants des importations de la mer Noire, comme l'Egypte, la Tunisie, le Bangladesh ou le Yémen.

Pression russe 

Depuis des semaines, la Russie prévient qu'elle n'acceptera un renouvellement de l'accord que si ses exigences sont satisfaites. Moscou exige notamment la reconnexion de sa banque spécialisée dans l'agriculture Rosselkhozbank au système bancaire international SWIFT, la levée des entraves pour assurer ses navires, le dégel des actifs de sociétés russes liées au secteur agricole et la reprise du fonctionnement du pipeline Togliatti-Odessa pour les livraisons d'ammoniac, un composant chimique essentiel de l'engrais minéral.

Sur le terrain, les inspections de navires dans le Bosphore - supervisées par le Centre de coordination conjoint basé à Istanbul - ont nettement ralenti depuis le mois d'avril, s'arrêtant même pendant deux jours cette semaine en l'absence des inspecteurs russes.

"Il y a une forme de pression liée aux inspections, qui accompagne des discussions difficiles. Mais si la situation est très différente de celle de l'an dernier à la même période parce que l'Ukraine a déjà exporté beaucoup", souligne Damien Vercambre, de la maison de courtage Inter-Courtage.

Plusieurs analystes, européens comme américains, pensent désormais possible un arrêt du corridor, mais estiment que son effet sur les marchés serait atténué par une offre céréalière abondante, et du fait de la capacité de l'Ukraine à exporter via des "corridors de solidarité" européens, en dépit des protestations récentes de pays comme la Pologne ou la Roumanie.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
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  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
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  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.