Obus, céréales et adhésion: Zelensky avance ses demandes à l'UE

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite) serre la main de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à gauche) après leur conférence de presse à Kiev le 9 mai 2023. (Photo, AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite) serre la main de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à gauche) après leur conférence de presse à Kiev le 9 mai 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 09 mai 2023

Obus, céréales et adhésion: Zelensky avance ses demandes à l'UE

  • L'Ukraine réclame depuis des années une adhésion à l'UE et à l'Otan et a multiplié les demandes auprès de Bruxelles depuis l'invasion russe, y voyant la seule réelle garantie de sa sécurité face à Moscou
  • L'UE a accordé à Kiev le statut de candidat officiel en juin 2022 mais réclame la poursuite des réformes. L'ouverture de négociations d'adhésion doit être décidée par les Etats membres à l'unanimité après proposition de la Commission

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réclamé mardi de l'UE qu'elle accélère les livraisons de munitions, lève les restrictions "inacceptables" sur les exportations céréalières et lance les négociations d'adhésion, en recevant à Kiev la présidente de la Commission européenne.

Ursula von der Leyen est arrivée dans la capitale ukrainienne par le train dans la matinée pour y marquer la Journée de l'Europe et afficher une nouvelle fois le soutien de l'UE face à l'invasion russe. Elle est reçue à Kiev le jour où la Russie célèbre en grande pompe la victoire sur l'Allemagne nazie.

"Le moment est venu depuis longtemps de lever cette incertitude politique artificielle dans les relations entre l'Ukraine et l'UE", a lancé Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse conjointe.

"Le moment est venu de prendre une décision positive concernant l'ouverture des négociations sur l'adhésion" de l'Ukraine à l'Union européenne, a-t-il ajouté.

L'Ukraine réclame depuis des années une adhésion à l'UE et à l'Otan et a multiplié les demandes auprès de Bruxelles depuis l'invasion russe, y voyant la seule réelle garantie de sa sécurité face à Moscou.

L'UE a accordé à Kiev le statut de candidat officiel en juin 2022 mais réclame la poursuite des réformes, notamment anticorruption. L'ouverture de négociations d'adhésion doit être décidée par les Etats membres à l'unanimité après proposition de la Commission.

Dans les semaines à venir, la Commission européenne doit rendre un avis provisoire sur les progrès de Kiev en vue de l'ouverture des négociations d'adhésion, avant un rapport officiel en octobre.

Détermination ukrainienne 

A l'issue des pourparlers avec M. Zelensky mardi, Mme Von der Leyen n'a pas donné d'indications sur l'avis qu'elle émettra mais s'est dite "plus impressionnée que jamais par la détermination des Ukrainiens, malgré les énormes défis auxquels ils sont confrontés".

"L'Ukraine se bat pour les idéaux de l'Europe que nous célébrons aujourd'hui. En Russie, Poutine et son régime ont détruit ces valeurs. Et maintenant, ils tentent de les détruire ici en Ukraine", a-t-elle déclaré aux côtés de M. Zelensky.

"L'agresseur a déjà spectaculairement échoué. L'Ukraine a résisté à l'attaque et riposté avec succès", s'est-elle félicitée, alors que Kiev prépare une nouvelle contre-offensive.

Dans le contexte de cette opération militaire, dont les premiers actes pourraient être déjà en cours, M. Zelensky a remercié Mme Von der Leyen pour la décision européenne de fournir "un million d'obus" à l'Ukraine, mais a insisté sur la nécessité de les livrer plus vite.

"On en a déjà besoin sur le champ de bataille", a-t-il insisté avant de remettre sur la table le sujet des restrictions européennes sur les exportations agricoles ukrainiennes, qui a suscité des tensions entre l'Ukraine et ses voisins.

"Toute restriction sur nos exportations est absolument inacceptable maintenant parce qu'elle renforce les capacités de l'agresseur" russe, a fustigé M. Zelensky face aux journalistes.

Dénonçant des "mesures protectionnistes strictes, voire cruelles", le président ukrainien s'est dit "déçu" et a réclamé la "suppression de toutes les restrictions le plus vite possible".

Des années de négociations 

Cinq pays - Pologne, Slovaquie, Hongrie, Bulgarie, Roumanie - ont adopté des mesures pour protéger leurs propres marchés face à l'afflux de grain ukrainien, qui a provoqué une chute des prix qui menace les agriculteurs locaux.

Bruxelles, qui avait suspendu en mai 2022, pour un an, les droits de douane sur les denrées ukrainiennes, a jugé ces restrictions "inacceptables" en pleine guerre.

Malgré ces tensions, la Commission européenne est parvenue fin avril à un accord entre les parties concernées pour garantir le transit des céréales ukrainiennes, notamment à destination des pays tiers, un point crucial pour Kiev.

Aux côtés de M. Zelensky, Ursula Von der Leyen a jugé mardi la situation "difficile". "La priorité immédiate est aujourd'hui que le transit des céréales se déroule de manière transparente et au prix le plus bas possible", a-t-elle déclaré.

"Cela nécessite une coopération très étroite des différentes parties", a poursuivi Mme Von der Leyen, annonçant la mise en place d'une "plateforme de coordination".

Si les Occidentaux promettent à l'Ukraine l'adhésion à terme à l'UE comme à l'Otan, Bruxelles estime que les pourparlers prendront six à dix ans après leur ouverture, alors que Kiev souhaite une intégration beaucoup plus rapide.


Trump menace de cibler les champs gaziers iraniens après des attaques contre le Qatar

Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
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  • Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar
  • Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump

DOHA: Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi.

Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", alors "les Etats-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar. Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump.

En représailles, l'Iran s'en est pris mercredi au complexe gazier qatari de Ras Laffan, plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cela a de nouveau été le cas jeudi.

La compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, a fait état de "dommages considérables" causés à l'aube sur ce site.

Les incendies provoqués par l'attaque ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune victime n'a été signalée.

Pétrole à plus de 112 dollars 

Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) derrière les Etats-Unis et Ras Laffan son premier site de production de GNL.

Déjà mercredi, ce site avait subi des dommages "considérables" dans une attaque attribuée à l'Iran.

Aux Emirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région "ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales".

Ce nouvel épisode dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran a de nouveau fait grimper le prix pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars.

Les craintes d'une régionalisation du conflit à tout le Moyen-Orient s'accentue, l'Arabie saoudite ayant souligné jeudi se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran, qui cible régulièrement le pays avec des drones et des missiles.

Un couloir sécurisé pour Ormuz ? 

Le blocage par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, reste au coeur de l'attention.

C'est au sud de ce passage, dans le golfe d'Oman, qu'un navire a de nouveau été touché jeudi par un "projectile inconnu", selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un incendie s'est déclenché à bord du bateau. Un autre navire a été touché au large de Ras Laffan, selon l'UKMTO.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) doit demander jeudi la mise en place d'un couloir maritime sécurisé pour évacuer les bateaux bloqués dans le Golfe persique.

L'organe onusien chargé de la sécurité en mer estime que 20.000 marins patientent actuellement à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz.

Après la réserve fédérale américaine mercredi (Fed), la flambée des prix de l'énergie due à la guerre dominera jeudi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui redoute des conséquences sur l'inflation et la croissance.

Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à un moratoire concernant "les infrastructures civiles", notamment énergétiques, après un échange avec Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l'escalade militaire", a-t-il souligné.

En presque trois semaines, la guerre a fait plus de 2.200 morts, selon les autorités, essentiellement en Iran et au Liban, deuxième principal front de guerre, où s'affrontent le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et Israël.

 


Trump s'en prend aux pays de l'Otan qui ont rejeté sa demande d'aide

Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
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  • "Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé
  • "Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud

WASHINGTON: Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis.

"Je pense que l'Otan fait une erreur vraiment stupide", a-t-il déclaré à la presse depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu'il n'avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l'économie mondiale.

"J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci est, ceci était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux mais ils auraient dû être là", a-t-il insisté.

"L'autre chose, qui est, je pense, très importante, c'est que nous n'avions pas à être là pour l'Ukraine", a ajouté le président américain, qui recevait le Premier ministre irlandais Micheal Martin à l'occasion de la Saint-Patrick.

"Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé.

"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud, autres alliés ayant rejeté ses demandes d'assistance.

Dans le Bureau ovale, il a toutefois déclaré que les Etats-Unis "aimeraient avoir un peu d'aide" pour détecter des mines dans le détroit d'Ormuz.

Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance de défense transatlantique, dont les Etats-Unis sont le pilier, le républicain est resté vague.

"Je n'ai rien de précis en tête", a-t-il déclaré, tout en lançant, après avoir parlé des dépenses que les Etats-Unis font pour l'Otan: "C'est certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir".

Il a jugé que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait fait une "grosse erreur" en rejetant sa demande d'aide, et a balayé l'opposition du président français Emmanuel Macron en déclarant que ce dernier quitterait bientôt ses fonctions.

 


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.