Turquie: Antakya, ville en ruines, se prépare à voter

Une excavatrice charge des gravats sur un camion dans une rue d'Antakya, le 13 mai 2023, à l'approche des élections présidentielles et législatives (Photo, AFP).
Une excavatrice charge des gravats sur un camion dans une rue d'Antakya, le 13 mai 2023, à l'approche des élections présidentielles et législatives (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 14 mai 2023

Turquie: Antakya, ville en ruines, se prépare à voter

  • Pour le double scrutin de dimanche, 167 conteneurs ont été acheminés ces derniers jours dans la ville et à sa périphérie
  • Ils serviront dimanche de bureaux de vote à des dizaines de milliers d'électeurs

ANTAKYA: La famille Simsek se serre depuis trois mois dans deux tentes blanches dressées au pied de son ancien immeuble, éventré par le séisme du 6 février qui a transformé Antakya, dans le sud de la Turquie, en un champ de ruines.

Suphi Simsek, le grand-père, Dilber, sa belle-fille, et Özlem, sa petite-fille, iront tous voter dimanche pour élire leur président et le parlement, des élections qui pourraient mettre un terme à 20 années de pouvoir sans partage du président Recep Tayyip Erdogan.

"Ce n'est pas joyeux de voter au milieu des décombres, mais on veut que le gouvernement change. Regardez, ça fait trois mois que rien n'a bougé !", se lamente Dilber Simsek, 48 ans, en pleine vaisselle devant la tente qui l'héberge avec les siens.

La mère de famille, manches retroussées, peste contre l'Etat en récurant sa marmite: "Ils veulent nous faire payer des impôts pour notre immeuble dans lequel on ne peut plus vivre", assure-t-elle, laissant entendre qu'elle votera pour le principal adervsaire du président Erdogan, Kemal Kiliçdaroglu, donné en bonne posture dans les sondages.

Partout autour d'eux, la ville a été rendue méconnaissable par le tremblement de terre, qui a fait au moins 50.000 morts recensés dans le sud de la Turquie et plus de 3 millions de déplacés.

Aucun des deux candidats n'est venue faire campagne dans la province blessée, où un million d'électeurs sont inscrits.

Des immeubles aux façades déchiquetées se font face, vidés de leurs habitants, donnant à Antakya - l'antique Antioche - des airs de ville fantôme.

Vote dans des conteneurs 

Des centaines d'autres, qui se sont écroulés en quelques secondes la nuit du séisme, ont fait place nette, déblayés, ne laissant comme témoignage du passé que quelques parpaings, des fers à béton tordus et du plastique broyé.

Pour le double scrutin de dimanche, 167 conteneurs ont été acheminés ces derniers jours dans la ville et à sa périphérie. Ils serviront dimanche de bureaux de vote à des dizaines de milliers d'électeurs, nombre d'écoles utilisées habituellement les jours d'élections ayant été endommagées par le séisme.

Devant sa tente, chemise à carreaux rentrée dans son pantalon de survêtement noir, Suphi Simsek dit ne pas savoir si le président Erdogan ou Kemal Kiliçdaroglu "pourront tout reconstruire comme ils le disent".

"Mais il faut y croire", dit-il. "Peu importe qui gagne, tout ce qu'on veut c'est qu'on reconstruise nos immeubles et notre ville", pratiquement victime d'un séisme d'ampleur une fois par siècle.

Sa petite-fille Özlem, 27 ans, fume une cigarette sur une chaise. "La Turquie a reçu plein de dons de l'étranger, pourquoi malgré tout ça je vais devoir m'endetter pour mon nouveau logement ?" fulmine-t-elle.

«Jeux olympiques»

Dans la ville, où les cars affluent pour acheminer les habitants qui ont fui la province dévastée mais restent inscrits sur ses listes électorales, des affiches de Kemal Kiliçdaroglu, candidat d'une alliance de six partis de l'opposition, ont été accrochées aux arrêts de bus et près des ronds-points.

En revanche, aucun portrait du président Erdogan, qui promet pourtant de reconstruire au plus vite 200.000 logements dans la province d'Hatay, celle d'Antakya, n'est visible à l'horizon.

Le chef de l'Etat, réélu dès le premier tour en 2018, n'avait recueilli que 48,5% des voix à Hatay - quatre points de moins que la moyenne nationale.

"C'est peut-être une stratégie pour qu'Erdogan ne soit pas associé au séisme", avance Mehmet, qui vit avec son épouse dans une tente voisine de celles des Simsek.

Le trentenaire, qui refuse de donner son nom de famille car "n'importe quel commentaire d'ordre politique peut créer des ennuis en Turquie", trouve un bon côté aux élections.

"Les gens sont focalisés sur la campagne, ils ne pensent plus au reste", affirme-t-il. "Les élections sont comme les Jeux olympiques ici, l'excitation est plus forte que la tragédie."


BBC World Questions au Maroc : la jeunesse féminine au cœur du changement

Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
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  • Une édition spéciale de BBC World Questions réunira à Marrakech des jeunes femmes engagées pour débattre des évolutions sociales, des droits des femmes et de la réforme du droit de la famille au Maroc
  • Au cœur des échanges : des questions de société telles que le mariage des mineures et les libertés individuelles

DUBAI: La BBC World Service organisera le 10 juin à Marrakech une édition spéciale de son émission de débat international BBC World Questions, centrée sur la place des femmes dans une société en pleine évolution.

À l’heure où une nouvelle génération porte des revendications en faveur du changement, les questions liées aux droits des femmes, à la foi et à la réforme du droit de la famille occupent une place croissante dans le débat public. Cette émission entend donner la parole aux jeunes Marocaines et mettre en lumière leurs aspirations, leurs préoccupations et leur vision de l’avenir.

Animée par le journaliste Jonny Dymond, l’émission réunira un panel de personnalités engagées dans les questions d’égalité et de participation des femmes à la vie publique. Parmi les intervenantes figurent la rappeuse et chanteuse Frizzy, connue pour son implication dans la campagne pour l’égalité des femmes « The Time Has Come », Meryem Redouane, responsable de la section féminine de la Fédération islamique internationale des organisations étudiantes (IIFSO), Kaoutar Rias, étudiante à l’École nationale d’architecture de Tétouan et membre du Conseil national du renouveau étudiant (OREMA), ainsi que Yousra Salhi, créatrice de contenu numérique féministe et militante pour les droits des femmes.

Les discussions porteront notamment sur le mariage des mineures, la polygamie, les règles d’héritage, le harcèlement sexuel, ainsi que les questions de liberté individuelle et de pudeur. Fidèle au format de BBC World Questions, le public présent jouera un rôle central en posant directement ses questions aux intervenantes.

Gwenan Roberts, responsable des commandes éditoriales au BBC World Service, s’est félicitée de la tenue de cette édition à Marrakech. « Nous sommes ravis de venir à Marrakech et impatients d’entendre directement notre panel et notre public sur la manière dont les femmes marocaines perçoivent leur place dans la société et les évolutions culturelles en cours », a-t-elle déclaré.

L’événement se tiendra au centre Les Étoiles de Jemaa el-Fna à Marrakech et est organisé en partenariat avec BBC News Arabic et la Fondation Ali Zaoua. L’enregistrement sera diffusé à l’échelle mondiale à la radio, à la télévision et sur les plateformes numériques de la BBC.

Pour Gwenan Roberts, rédactrice en chef des commandes à BBC World Service, cette édition représente une occasion unique d’entendre directement les jeunes Marocaines sur leur place dans la société et sur les transformations culturelles qui traversent actuellement le pays.

L’émission sera diffusée pour la première fois sur BBC World Service Radio le 13 juin avant d’être mise à disposition en ligne, sur BBC Sounds et sur les principales plateformes de podcasts. Une version télévisée sera également proposée à partir du 20 juin sur les chaînes et plateformes numériques de la BBC.

 


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com