Nupes: pour ou contre une liste commune, sondage contre sondage

La secrétaire nationale d'Europe-Ecologie-Les Verts (EELV), Marine Tondelier, assiste à la conférence de presse des maires et présidents de métropoles d'EELV à Lyon, dans le centre de la France, le 5 avril 2023. (Photo, AFP)
La secrétaire nationale d'Europe-Ecologie-Les Verts (EELV), Marine Tondelier, assiste à la conférence de presse des maires et présidents de métropoles d'EELV à Lyon, dans le centre de la France, le 5 avril 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 14 mai 2023

Nupes: pour ou contre une liste commune, sondage contre sondage

  • La secrétaire nationale en est certaine: plusieurs listes de gauche indépendantes enverront davantage d'eurodéputés au Parlement européen qu'un front commun des quatre partis de l'alliance Nupes (EELV, LFI, PS, PCF)
  • Problème, ce sondage aussi promet plus de voix en cumulé (35%) si les partis de gauche se présentent séparés, et donc davantage d'eurodéputés, même si chacune des listes prendrait le risque d'arriver loin derrière le RN et le camp présidentiel

PARIS: Contester ensemble la première place au RN ? Ou obtenir séparément davantage d'élus ? Chacun voit midi à sa porte au sein de la Nupes pour les européennes, écologistes et insoumis interprétant les sondages à la lumière de leurs stratégies, pour ou contre une liste commune.

"Je ne vais pas passer six mois à me défendre de faire ce qu'on a le droit de faire", prévient la patronne d'EELV Marine Tondelier, en réponse aux débats sur la meilleure stratégie pour ce scrutin qui se tiendra dans tout juste un an.

La secrétaire nationale en est certaine: plusieurs listes de gauche indépendantes enverront davantage d'eurodéputés au Parlement européen qu'un front commun des quatre partis de l'alliance Nupes (EELV, LFI, PS, PCF).

Et l'élue d'Hénin-Beaumont ne vient pas les mains vides : le parti a commandé à Harris Interactive un sondage qui pointe que des listes de gauche séparées cumuleraient 33% d'intention de vote (11% pour EELV, 10% pour le PS, 9% pour LFI et 3% pour le PCF), quand une liste commune plafonnerait à 19%.

"Des déperditions d'électorats se produisent", estime le directeur délégué d'Harris Interactive Jean-Daniel Lévy dans son analyse, selon laquelle certains électeurs des quatre partis préféreraient se reporter sur des listes dissidentes plutôt que de soutenir une liste unique.

Côté insoumis, on continue toutefois à prêcher l'alliance. "Nous pouvons finir en tête des européennes, battre l’extrême-droite et faire de la Nupes l’alternative au macronisme finissant", veut croire le coordinateur Manuel Bompard.

Car eux-aussi ont leur grille de lecture des sondages. Une enquête de l'Ifop pour le JDD place une liste unie de la Nupes en tête, à égalité avec le RN (26%), devant le camp présidentiel (22%).

"Une liste commune aux européennes arriverait en tête devant la Macronie et au niveau du RN (...) Nous devons être à la hauteur des attentes immenses du peuple de gauche qui veut l'alternative", a insisté dimanche sur Twitter l'eurodéputée Manon Aubry.

«Chacun cultive son jardin»

Problème, ce sondage aussi promet plus de voix en cumulé (35%) si les partis de gauche se présentent séparés, et donc davantage d'eurodéputés, même si chacune des listes prendrait le risque d'arriver loin derrière le RN et le camp présidentiel.

"35% séparés, c’est beaucoup mieux que 19, 23 ou 26% ensemble", a résumé Mélanie Vogel, co-présidente du Parti vert européen.

Par ailleurs l'argument d'une première place ne tient pas pour Marine Tondelier, qui considère que la projection qui donne une liste estampillée Nupes devant le RN ne prend pas suffisamment en compte les candidatures dissidentes à gauche.

"La nature a horreur du vide. Si je ne fais pas de liste écologiste et qu’on fait une liste Nupes il y aura une liste écologiste autonome", a-t-elle jugé.

Au-delà de la question stratégique bien réelle, le débat pour ou contre une liste commune est aussi un rapport de force au sein de la Nupes. La France insoumise, de très loin la première force de gauche à la présidentielle, et le groupe le plus important de l'alliance à l'Assemblée, fait nettement moins d'ombre à ses alliés aux européennes.

"C'est un moment où on se recompte. LFI craint de se prendre une tôle", estime un cadre socialiste.

Coté écologiste le débat ne semble toutefois pas totalement tranché. Sandrine Rousseau, plutôt favorable à une liste unique, estime qu'empêcher le RN d'arriver en tête permettrait d'installer "le récit" que l'extrême droite "n'a pas gagné toute l'Europe".

"Elle l'a proposé (une liste unique, NDLR) au Congrès (EELV), elle a fait 13%. Nous avons proposé autre chose, et nous avons fait plus", a déclaré Marine Tondelier.

Et la cheffe du parti ne veut pas entendre parler d'une union indispensable aux européennes afin de préparer le terrain de la prochaine présidentielle, pour laquelle elle prône cette fois une candidature commune de la gauche.

"L'avenir de l’Europe, on en parle une fois tous les 5 ans (...) Pour que nous soyons plus forts ensemble, en 2027 notamment, mais pas que, il faut que chacun cultive son jardin", conclut-elle.


Les fortes chaleurs s'étendent, la sécheresse au cœur des préoccupations

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
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  • Canicule : 78 départements en vigilance orange, avec jusqu’à 39 °C. La chaleur devrait durer jusqu’au week-end
  • Sécheresse : 94 % de la population est concernée par des restrictions d’eau, avec des sols et cours d’eau à des niveaux critiques

PARIS: Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions à la sécheresse dramatique qui frappe le pays.

Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont placés en vigilance orange canicule.

"Les maximales sont de l'ordre de 36°C à 39°C sur les départements placés en vigilance orange", indique Météo-France dans son bulletin de 06H00. Seule une portion du nord-est et quelques zones en altitude seront épargnées.

Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.

Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.

Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.

Jeudi, le nombre de départements français en vigilance orange canicule passera à 80 et l'intégralité des départements restants du territoire métropolitain sera en vigilance jaune canicule.

- "Fenêtres fermées" -

Dans la journée, les conditions seront encore rudes, notamment pour certains travailleurs.

"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.

Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.

"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...)  éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet, qui avait d'abord principalement concerné le sud du pays.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.

Le répit n'est pas attendu avant le weekend.

- Restrictions d'eau -

Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.

Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP, alors que près des deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d'eau du pays, présentent des niveaux sous les normales.

Face à cette crise, le gouvernement réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi missionné mercredi quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt, favorisés par le réchauffement climatique et la sécheresse.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.