L'Europe rassemblée en Islande pour se montrer unie face à la Russie

Une photo prise le 15 mai 2023 montre un navire des gardes-côtes islandais en partance pour la côte à côté de la salle de concert Harpa à Reykjavik, en Islande, où se tiendra le 4e sommet des chefs d'État et de gouvernement du Conseil de l'Europe, à la veille de ce sommet de deux jours. (AFP).
Une photo prise le 15 mai 2023 montre un navire des gardes-côtes islandais en partance pour la côte à côté de la salle de concert Harpa à Reykjavik, en Islande, où se tiendra le 4e sommet des chefs d'État et de gouvernement du Conseil de l'Europe, à la veille de ce sommet de deux jours. (AFP).
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Publié le Mardi 16 mai 2023

L'Europe rassemblée en Islande pour se montrer unie face à la Russie

  • Le sommet, le quatrième seulement de l'organisation paneuropéenne en près de 75 ans d'existence, vise à multiplier les moyens de rendre la Russie pénalement responsable des destructions et des crimes causés par son invasion de l'Ukraine
  • Sans le président ukrainien: terminant une tournée européenne qui l'a déjà mené à Rome, Berlin, Paris et Londres, M. Zelensky, longtemps espéré par les organisateurs, interviendra par vidéoconférence

REYKJAVIK: Un an après avoir exclu la Russie, les dirigeants de 46 Etats membres du Conseil de l'Europe se retrouvent mardi après-midi en sommet en Islande pour afficher leur unité contre Moscou.

Le sommet, le quatrième seulement de l'organisation paneuropéenne en près de 75 ans d'existence, vise à multiplier les moyens de rendre la Russie pénalement responsable des destructions et des crimes causés par son invasion de l'Ukraine.

Le chancelier allemand Olaf Scholz, le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Rishi Sunak ou encore son homologue italienne Giorgia Meloni, qui ont tous les quatre reçu Volodymyr Zelensky depuis samedi, mèneront la famille européenne à Reykjavik.

Sans le président ukrainien: terminant une tournée européenne qui l'a déjà mené à Rome, Berlin, Paris et Londres, M. Zelensky, longtemps espéré par les organisateurs, interviendra par vidéoconférence.

Sur Twitter lundi, le chef de l'Etat ukrainien avait annoncé "rentrer à la maison", fort de la promesse "de nouvelles armes puissantes" au moment où son pays prépare sa contre-offensive contre les forces russes.

Quand Moscou signale une guerre longue malgré les lourdes pertes, l'Europe cherche à montrer qu'elle est unie pour rester au côté de Kiev --quelle que soit l'issue de cette attaque qui s'annonce difficile face aux positions russes fortifiées.

"Nous continuerons à soutenir l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra", a réaffirmé lundi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Et "rien ne sera fait sur l'Ukraine sans l'Ukraine", a-t-elle promis, au moment où Kiev s'inquiète de se retrouver poussé par ses alliés à négocier avec Moscou au cas où il n'obtiendrait pas rapidement les succès militaires escomptés.

Tribunal pour l'Ukraine 

Les organisateurs islandais espèrent que le sommet de près de 24 heures, qui a poussé la paisible Reykjavik à faire venir des renforts policiers de l'étranger, débouche sur des "résultats tangibles".

Un "registre des dommages" provoqués par l'invasion par la Russie doit notamment être lancé, deux mois après l'annonce d'un mandat d'arrêt visant le président russe Vladimir Poutine par la Cour Pénale internationale (CPI).

Ce registre serait "un premier pas, et un grand pas, vers des compensations versées par la Russie", selon Mme von der Leyen, qui comme d'autres en Europe défend la création d'un tribunal spécial pour les crimes de guerre en Ukraine, probablement à La Haye.

MM. Macron, Sunak et Scholz, qui prononcent tous trois un discours à Reykjavik mardi en fin de journée, devraient afficher leur soutien à l'initiative, également appuyée par Washington.

Une table ronde puis un dîner des dirigeants européens doivent préciser "comment le Conseil de l'Europe peut aider activement les Ukrainiens, comme membres de cette grande famille démocratique européenne", souligne l'Elysée. Le chef de l'Etat français défendra une Europe "unie autour de (ses) valeurs", selon son entourage.

La Russie était membre jusqu'en mars 2022 du Conseil de l'Europe, rare forum européen ou occidental dont elle faisait partie avec le Conseil de l'Arctique --dont Moscou a été aussi mis à l'écart-- et l'OSCE (Organisation internationale pour la sécurité et la coopération en Europe).

Moscou avait été banni du Conseil de l'Europe en conséquence de l'invasion de l'Ukraine mais s'apprêtait de toute façon à quitter l'organisation.

Outre les 27 membres de l'Union européenne, l'espace juridique du Conseil de l'Europe --675 millions d’habitants au total-- inclut une vingtaine d'autres nations dont la Turquie et le Royaume-Uni. Il est surtout connu pour sa juridiction, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

Malgré son unité affichée, le Conseil de l'Europe n'est pas exempt de lézardes.

Le sommet rassemblera ainsi deux Etats en conflit, l'Azerbaïdjan et l'Arménie.

Quant au Royaume-Uni --la participation de M. Sunak est longtemps restée incertaine-- il tire régulièrement à boulets rouges sur la CEDH, qu'il voit comme un obstacle excessif au durcissement de sa politique d'immigration.

Selon Reykjavik, la réunion doit également se pencher sur le "recul démocratique observé en Europe" ou des sujets d’actualité comme la percée de l’intelligence artificielle.

Le sommet intervient en prélude à celui du G7 débutant vendredi au Japon, où MM. Macron, Sunak, Scholz et Mme Meloni doivent retrouver entre autres le président américain Joe Biden.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.