Ukraine: le patron de Wagner annonce la capture complète de Bakhmout par les Russes

Un écran d'information situé dans un passage souterrain fait la promotion du groupe mercenaire privé Wagner à Moscou, le 11 mai 2023. (Photo, AFP)
Un écran d'information situé dans un passage souterrain fait la promotion du groupe mercenaire privé Wagner à Moscou, le 11 mai 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 21 mai 2023

Ukraine: le patron de Wagner annonce la capture complète de Bakhmout par les Russes

  • «Le 20 mai 2023, aujourd'hui, à midi, Bakhmout a été prise dans sa totalité», a annoncé M. Prigojine dans une vidéo diffusée par son service de presse sur Telegram, où il se tient aux côtés d'hommes armés devant des bâtiments en ruines
  • La bataille pour Bakhmout, ville dévastée dont l'importance stratégique est contestée, est la plus longue et la plus meurtrière du conflit. Les deux camps y ont subi de lourdes pertes alors que l'essentiel des combats s'y concentrent depuis des mois

MOSCOU: Le patron du groupe paramilitaire russe Wagner, Evguéni Prigojine, a revendiqué samedi la capture de la ville de Bakhmout dans l'est de l'Ukraine, épicentre des combats, où Kiev a dit encore se battre tout en jugeant la situation "critique".

Si elle était confirmée, la prise de Bakhmout permettrait à Moscou d'afficher une victoire après une série de revers humiliants. Elle interviendrait aussi avant une contre-offensive d'ampleur que Kiev dit préparer depuis des mois.

L'annonce de M. Prigojine intervient aussi alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky se trouve au sommet du G7 à Hiroshima au Japon, où il enchaîne les rencontres pour accentuer la pression internationale sur Moscou.

"Le 20 mai 2023, aujourd'hui, à midi, Bakhmout a été prise dans sa totalité", a annoncé M. Prigojine dans une vidéo diffusée par son service de presse sur Telegram, où il se tient aux côtés d'hommes armés devant des bâtiments en ruines.

"L'opération pour la prise de Bakhmout a durée 224 jours (...) Il n'y avait que Wagner ici" mais aucune troupe régulière de l'armée russe, a ajouté M. Prigojine, qui est en conflit ouvert avec la hiérarchie militaire à Moscou.

La vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar, a affirmé sur Telegram que les défenseurs ukrainiens contrôlaient toujours "certaines installations industrielles et infrastructures" et immeubles d'habitations, bien que "la situation est critique".

Le conseiller de la présidence ukrainienne Mykhaïlo Podoliak a pour sa part assuré à la télévision que "Bakhmout sera libérée, comme tous les autres territoires de l'Ukraine".

Selon M. Prigojine, Wagner retirera ses hommes de la ville à partir du 25 mai et en laissera la défense à l'armée russe régulière, se tenant à disposition après rotation et entraînement pour des opérations futures de Moscou.

"D'ici au 25 mai, nous allons fouiller complètement la ville, créer des positions défensives et la transférerons aux militaires pour qu'ils s'en occupent. De notre côté, nous retournerons dans les bases", a déclaré M. Prigojine.

Menaces envers l'état-major 

Les deux camps ont subi d'importantes pertes à Bakhmout, ville de quelque 70.000 habitants avant l'offensive russe, aujourd'hui en grande partie dévastée par les combats.

Les forces russes y ont progressé lentement tout en prenant des localités avoisinantes telles que Soledar plus au nord. Elles contrôlaient ces dernières semaines Bakhmout à plus de 90%, ne luttant plus au sein de la cité que contre une dernière poche de résistance ukrainienne dans l'ouest.

L'Ukraine a cependant revendiqué cette semaine la prise de plus de vingt kilomètres carrés aux forces russes au nord et au sud de la ville, mettant en danger les flancs de Wagner, qui sont tenus par des troupes régulières de l'armée russe.

M. Prigojine a accusé les soldats de l'armée russe de fuir leurs positions près de Bakhmout, tout en affirmant que l'état-major ne fournissait pas assez de munitions à ses hommes à dessein pour affaiblir son groupe.

"Nous ne nous sommes pas uniquement battus avec l'armée ukrainienne à Bakhmout, mais aussi avec la bureaucratie russe qui nous a mis des bâtons dans les roues", a lancé M. Prigojine samedi.

Critiquant une nouvelle fois violemment le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et le chef d'état-major Valéri Guérassimov, il a estimé que cinq fois plus d'hommes étaient morts à Bakhmout "à cause de leurs caprices".

"Ils répondront de leurs actes", a encore dit le patron de Wagner.

La Russie, qui a lancé ses troupes à l'assaut de l'Ukraine le 24 février 2022, a subi de sérieux revers sur le front, étant forcée tour-à-tour de se retirer des environs de Kiev, puis de la région de Kharkiv dans le nord-est et de la ville de Kherson dans le sud.

Le front était essentiellement fixe tout au long de l'hiver, l'essentiel des combats se déroulant à Bakhmout.

Les deux camps sont désormais dans l'attente d'une contre-offensive d'ampleur annoncée par les autorités ukrainiennes, fortes des livraisons d'armes occidentales.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré récemment que son armée avait "besoin de plus de temps" pour préparer cet assaut.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.