Au Soudan, des tirs sporadiques au mépris d'une nouvelle trêve

La fumée monte au-dessus des bâtiments du sud de Khartoum le 19 mai 2023, alors que la violence entre deux généraux soudanais rivaux se poursuit (Photo, AFP).
La fumée monte au-dessus des bâtiments du sud de Khartoum le 19 mai 2023, alors que la violence entre deux généraux soudanais rivaux se poursuit (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 24 mai 2023

Au Soudan, des tirs sporadiques au mépris d'une nouvelle trêve

  • Mardi, un calme précaire a régné dans différents quartiers de la capitale ainsi que dans plusieurs villes du Darfour
  • Peu après l'entrée en vigueur de la trêve conclue pour une semaine, des habitants de Khartoum avaient fait état de combats et de frappes aériennes

KHARTOUM : Des tirs sporadiques ont été entendus mardi à Khartoum malgré l'entrée en vigueur d'une nouvelle trêve entre l'armée et les paramilitaires, censée permettre à des civils de fuir et à l'aide humanitaire d'être distribuée au Soudan.

Mardi, un calme précaire a régné dans différents quartiers de la capitale ainsi que dans plusieurs villes du Darfour, la région de l'ouest du pays la plus touchée par la guerre avec Khartoum, selon des habitants.

Un employé humanitaire a cependant déclaré qu'aucun couloir sécurisé permettant le déplacement de civils ou l'acheminement de cargaisons d'aide ne semblait se dessiner.

"Des tirs sporadiques d'artillerie" résonnent dans la capitale de ce pays d'Afrique de l'Est, l'un des plus pauvres du monde, a raconté dans la matinée un habitant à l'AFP.

Peu après l'entrée en vigueur à 19h45 GMT lundi de la trêve conclue pour une semaine, d'autres habitants de Khartoum avaient fait état de combats et de frappes aériennes.

Depuis le 15 avril, la guerre entre l'armée, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), du général Mohamed Hamdane Daglo, a fait un millier de morts et plus d'un million de déplacés et réfugiés.

Les médiateurs américains et saoudiens avaient annoncé avoir obtenu, après deux semaines de négociations en Arabie saoudite, une trêve que les deux camps se sont engagés à respecter. Mais depuis le début de la guerre, une dizaine de trêves ont été aussitôt violées.

Le porte-parole du Département d'État américain, Matthew Miller, a indiqué que le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, composée de membres des États-unis, d'Arabie saoudite et des deux camps adverses, étudiait les informations concernant "des allégations de violations" de la trêve.

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, avait diffusé dans la nuit de mardi à mercredi une vidéo assurant que "si le cessez-le-feu est violé (...), nous ferons rendre des comptes à ceux qui le violent avec nos sanctions et d'autres outils".

Karl Schembri, du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a dénoncé "plus d'un mois de promesses rompues".

«Nous avons tous faim»

"Sept jours, ce n'est pas long au vu de l'ampleur énorme de l'urgence humanitaire", a souligné Patrick Youssef, le directeur régional du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

L'expert de l'ONU pour les droits humains Radhouane Nouicer a lui accusé les belligérants de "prendre en otage un pays tout entier".

À Khartoum, une ville de cinq millions d'habitants, ceux qui n'ont pas fui survivent sous une chaleur écrasante, pour la plupart privés d'eau, d'électricité et de télécommunications.

"Nous avons tous faim, les enfants, les vieux (...) Nous n'avons plus d'eau", raconte à l'AFP Souad al-Fateh, une habitante de Khartoum.

"La guerre a rendu cette ville invivable : tout y a été détruit", témoigne Thouraya Mohammed, qui espère pouvoir s'enfuir et emmener son père chez un médecin.

Un cessez-le-feu permettrait de relancer les services et les hôpitaux et de réapprovisionner les stocks d'aide humanitaire et les marchés pillés ou bombardés, dans ce pays dont 25 des 45 millions d'habitants ont besoin d'assistance, selon l'ONU.

Mardi, le syndicat des médecins a annoncé la fermeture d'un nouvel hôpital, pris entre deux feux dans la grande banlieue de Khartoum.

D'un côté, "plusieurs fois, des combattants des FSR ont agressé des patients et du personnel soignant en tirant dans les couloirs de l'hôpital", selon le syndicat. De l'autre, des haut-gradés de l'armée régulière mènent "une campagne de mensonges et de rumeurs" contre les médecins, qui reçoivent "des menaces".

Hôpitaux hors d'usage

Le ministère de la Santé, loyal au général Burhane, a accusé mardi les FSR d'avoir pris ses quartiers dans ce même hôpital et d'avoir "attaqué des soignants et des malades" dans un autre hôpital, "et ce, à 13 heures", soit bien après l'entrée en vigueur de la trêve. Les FSR ont dénoncé des "mensonges".

Si l'armée contrôle les airs, elle a peu d'hommes dans le centre de la capitale, tandis que les FSR occupent le terrain à Khartoum. De nombreux habitants les accusent d'avoir pillé leurs maisons ou de les occuper.

À Khartoum comme au Darfour, les hôpitaux sont quasiment tous hors d'usage. Ceux qui n'ont pas été bombardés n'ont plus de stocks ou sont occupés par des belligérants.

Si le conflit continue, un million de Soudanais supplémentaires, selon l'ONU, pourraient fuir vers les pays voisins qui redoutent une contagion de la violence.


Le chef de l’ONU affirme que « le temps des groupes armés est révolu » après sa rencontre avec le président libanais

Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
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  • Antonio Guterres était à Beyrouth « en ami du peuple libanais »
  • Il a appelé à ce que l’intégrité territoriale du pays soit « pleinement rétablie »

NEW YORK : Le secrétaire général de l’ONU a appelé vendredi à un État libanais fort détenant le monopole de l’usage de la force, après une rencontre avec le président Joseph Aoun.

« Ce n’est plus le temps des groupes armés », a déclaré Antonio Guterres. « C’est le temps des États forts. »

S’exprimant après la réunion à Beirut, il a ajouté : « J’appelle fermement les deux parties, le Hezbollah et Israël, à un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre et d’ouvrir la voie à une solution. »

Une telle solution, a-t-il précisé, devrait permettre au Liban d’émerger comme un État souverain doté d’une pleine intégrité territoriale et d’institutions étatiques contrôlant l’usage de la force.

Arrivé plus tôt à Beyrouth pour une visite de solidarité « en ami du peuple libanais », il a déclaré aux journalistes : « C’est dans les moments difficiles que l’amitié et la solidarité sont essentielles. »

Il a déclaré être conscient de la souffrance « énorme » des Libanais alors que le mois sacré musulman du Ramadan coïncide avec la période chrétienne du Carême. « Ce devraient être des moments de paix, ce devraient être des moments de solidarité », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre qui n’est pas une guerre que son peuple aurait souhaitée. »

« J’espère sincèrement que lors de ma prochaine visite au Liban, je pourrai voir un Liban en paix, un Liban où l’État détient le monopole de l’usage de la force et où l’intégrité territoriale est pleinement rétablie », a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis frappent le hub pétrolier de l'Iran dans le Golfe

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
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  • Donald Trump affirme que l’armée américaine a « totalement détruit » des cibles militaires sur l’île iranienne de Kharg Island et menace de viser ses infrastructures pétrolières si l’Iran entrave la navigation dans le dans le détroit d’Ormuz
  • Le conflit régional se poursuit avec des frappes et représailles entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés, tandis que Washington envisage d’escorter des pétroliers dans ce détroit stratégique par où transite environ 20% du pétrole mondial

TEHERAN: Donald Trump a déclaré vendredi soir avoir "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, le hub pétrolier de l'Iran, et menacé de s'en prendre à ses infrastructures pétrolières si Téhéran entrave la libre circulation des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz.

"J'ai choisi de NE PAS détruire les infrastructures pétrolières de l'île. Cependant si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a annoncé que l'armée américaine "a mené l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient, et a totalement détruit toutes les cibles militaires" sur Kharg.

La veille, le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, avait déclaré que Téhéran "abandonnera toute retenue" si les Etats-Unis et Israël attaquent ses îles du Golfe.

Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran.

Après deux semaines de guerre qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, l'intransigeance de l'ensemble des belligérants, qui poursuivent samedi matin leurs frappes, ne laisse présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial faisant flamber les prix du pétrole.

L'Iran continue ainsi ses représailles aériennes contre les Etats du Golfe. Des explosions ont été entendues tôt samedi à Doha, la capitale du Qatar, par des journalistes de l'AFP, après que le ministère de l'Intérieur a ordonné l'évacuation de certaines zones clefs.

Donald Trump a également déclaré que la marine américaine allait commencer "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.

- Frapper "très fort" -

Selon la presse américaine, les Etats-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus.

Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.

Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les Etats-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.

Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".

Les Etats-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu'il était "probablement défiguré".

Téhéran a été visée vendredi par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.

- "Trump ne comprend pas" -

Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

- "Longue confrontation" -

L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.

Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du Liban a tué au moins 12 membres du personnel médical, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait part de frappes israéliennes ayant touché vendredi un quartier général des casques bleus dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.

Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.


Liban: le chef de l'ONU exhorte Israël et le Hezbollah à "arrêter la guerre"

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation au Moyen-Orient au siège de l’ONU à New York, le 28 février 2026.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation au Moyen-Orient au siège de l’ONU à New York, le 28 février 2026.
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  • Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé Israël et le Hezbollah à conclure un cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre au Liban
  • Le conflit, déclenché après des tirs de missiles du Hezbollah contre Israël le 2 mars, a fait plus de 687 morts et déplacé plus de 800.000 personnes selon les autorités libanaises

BEYROUTH: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres,  a exhorté vendredi Israël et le Hezbollah pro-iranien à "arrêter la guerre" au Liban, où l'armée israélienne intensifie ses frappes.

"J'appelle avec force les deux parties, le Hezbollah et Israël, à (conclure) un cessez-le-feu afin d'arrêter la guerre", a-t-il déclaré lors d'une visite à Beyrouth, avant d'ajouter: "l'heure n'est pas aux groupes armés, l'heure est aux Etats forts".

"J'espère sincèrement que lors de ma prochaine visite (...) je pourrai voir un Liban en paix. Je pourrai visiter un Liban où l'État détient le monopole de la force et où l'intégrité territoriale est pleinement rétablie et respectée", a ajouté M. Guterres, juste avant une rencontre avec le président libanais Joseph Aoun.

"Je sais que les Libanais souffrent énormément", a-t-il dit, alors que la guerre au Liban a fait plus de 687 morts et plus de 800.000 déplacés depuis le 2 mars, selon le ministère libanais de la Santé.

"Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre que son peuple n'a jamais voulue", a-t-il déploré.

Le Liban a aspiré dans la conflit lorsque le mouvement chiite libanais a lancé des missiles sur Israël le 2 mars, disant vouloir venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran,  provoquant des représailles israéliennes massives.