La BCE promet pour ses 25 ans de vaincre l'inflation

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, accueille la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne (Photo, AFP).
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, accueille la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 25 mai 2023

La BCE promet pour ses 25 ans de vaincre l'inflation

  • Christine Lagarde présidente de la BCE a promis mercredi de vaincre la très forte inflation en zone euro
  • L'inflation a encore atteint 7% en avril, toujours poussée par l'énergie et les biens importés, alors que la BCE a pour objectif 2%

FRANCFORT: La présidente de la Banque centrale européenne a promis mercredi de vaincre la très forte inflation en zone euro, lors d'une manifestation marquant le premier quart de siècle d'existence de l'institution, scandé par les crises.

"Notre priorité immédiate et absolue est d'assurer un retour au plus tôt de l'inflation vers notre objectif", et "nous y parviendrons", a assuré Christine Lagarde au siège de la BCE à Francfort, en présence de nombreux dirigeants européens.

"L'an dernier nous avons connu les taux d'inflation les plus élevés depuis la création de l'euro, avec des conséquences que ressentent tous les citoyens européens", ajouté le chancelier allemand Olaf Scholz, "il est bon de savoir que la BCE lutte activement contre l'inflation".

Près de 200 invités ont foulé le tapis bleu déployé pour l'occasion au sein de la tour d'acier et de verre de la BCE bordant le Main, devant une rangée de drapeaux européens.

Au programme des réjouissances, Claude Debussy au piano pour les oreilles, et côté bouche risotto au safran, turbot, vins allemands et français. Un gâteau parfum mangue a été coupé par Christine Lagarde et deux de ses prédécesseurs, Jean-Claude Trichet et Mario Draghi.

Inflation record dans le cadre de la zone euro
Mais grosse ombre dans ce tableau : la fête a lieu au moment où l'inflation en zone euro navigue à un niveau record, alors que l'institut créé le 1er juin 1998 a pour mission principale de la maîtriser.

La hausse des prix a encore atteint 7% en avril, toujours poussée par l'énergie et les biens importés, alors que la BCE a pour objectif 2%.

Malgré tout, "la promesse de l'euro a été tenue" et "c'est en grande partie grâce à notre union monétaire que nous avons pu résister à tous ces chocs, et en ressortir à chaque fois un peu plus forts", a affirmé Mme Lagarde.

"La zone euro est capable de défendre sa monnaie contre tous les défis" et "l'euro est irréversible", a renchéri Olaf Scholz.

De fait l'inflation moyenne sur les 25 années passées a représenté 2,05%, et durant cette période neuf nouveaux pays ont rejoint la zone euro, qui est ainsi passée de 11 au départ à 20 membres.

En outre, la BCE assume désormais la supervision des grandes banques européennes et l'euro est la deuxième monnaie au monde après le dollar.

Mais en 25 ans, la BCE en a vu de toutes les couleurs.

Elle a dû s'accommoder des imperfections de l'Union monétaire menant à des crises existentielles, comme la menace de voir l'euro imploser dans les années 2010, lors de la crise des dettes publiques.

Une longue phase d'inflation atone a suivi, à laquelle a succédé l'envolée des prix subie depuis plus d'un an, suite à la guerre en Ukraine.

La BCE a maintenant remonté dans une ampleur inédite ses taux directeurs, de 3,75 points de pourcentage depuis juillet. Au risque de peser sur une croissance déjà faible.

Arsenal renforcé 
L'arsenal monétaire de la BCE s'est lui élargi au fil des crises : programmes de rachats de dettes publiques et privées et vagues de prêts géants aux banques.

L'institut a aussi commis des erreurs. En 2011, Jean-Claude Trichet relève les taux alors qu'une crise est en gestation. Son successeur Mario Draghi corrigera le tir dès son arrivée, gagnant plus tard des lauriers de "Super Mario".

Mais la gestion solitaire de l'Italien a fini par créer la zizanie au sein du conseil des gouverneurs, où siègent les patrons des banques centrales nationales.

Christine Lagarde a contribué à atténuer les voix discordantes.

La BCE emploie aujourd'hui 4.200 personnes (en équivalent temps plein), soit dix fois plus qu'en 1999, et son mandat continue d'évoluer, en voulant "verdir" sa politique monétaire face à l'impératif de lutte contre le changement climatique.

L'euro, utilisé dans la poche de près de 350 millions d'Européens, va aussi se transformer : un euro numérique, en réponse à la multiplication des cryptomonnaies, pourrait être lancé "dans trois ou quatre ans", selon Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, dans une interview aux Échos.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.