Une organisation caritative britannique pour les animaux revient à Kaboul, son fondateur qualifiant les talibans de «polis et amicaux»

Une organisation caritative britannique pour les animaux, accusée d'avoir évacué d’Afghanistan des chats et des chiens plutôt que des personnes, est de retour dans le pays (Nowzad/Photo d'archives).
Une organisation caritative britannique pour les animaux, accusée d'avoir évacué d’Afghanistan des chats et des chiens plutôt que des personnes, est de retour dans le pays (Nowzad/Photo d'archives).
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Publié le Samedi 27 mai 2023

Une organisation caritative britannique pour les animaux revient à Kaboul, son fondateur qualifiant les talibans de «polis et amicaux»

  • Le responsable de Nowzad, Pen Farthing, a été accusé de favoriser les animaux plutôt que les personnes lors de l'évacuation d’Afghanistan
  • L'ancien de la Royal Marine est retourné dans la capitale cinq fois depuis 2021, pour la supervision de la clinique et du refuge pour les animaux de compagnie

LONDRES: Une organisation caritative britannique pour les animaux, accusée d'avoir évacué d’Afghanistan des chats et des chiens plutôt que des personnes, est revenue dans le pays, son fondateur Pen Farthing appelant le gouvernement britannique à approuver le régime des talibans.

Le Telegraph a rapporté que Pen Farthing, un ancien de la Royal Marine et fondateur de Nowzad, qui est retourné cinq fois en Afghanistan depuis la prise du pouvoir par les talibans, a qualifié le régime de ce pays d'«ami.»

Nowzad gère aujourd’hui un petit centre de soins pour animaux de compagnie à Kaboul, et mène des campagnes de vaccination et de stérilisation pour les chats et les chiens.

Cette organisation de bienfaisance a également un refuge pour les ânes et les chevaux dans la capitale afghane.

Farthing a affirmé à The Economist que les talibans ont permis à son organisme de bienfaisance de «poursuivre les objectifs de notre mission», décrivant la communication avec le régime comme «toujours polie et amicale.»

Il a exhorté le Royaume-Uni et d'autres pays occidentaux à approuver le régime des talibans, ajoutant: «Ils sont de retour au pouvoir parce que nous les avons remis au pouvoir.»

Nowzad et Farthing étaient au centre d’une controverse lors de l'évacuation occidentale de Kaboul au moment de la prise de contrôle par les talibans.

Nowzad 

L'organisme de bienfaisance a transporté par avion 94 animaux errants hors de la capitale afghane sur l'un des derniers vols en provenance du pays, à la suite d'un appel très médiatisé de Farthing.

Outre les animaux, 67 membres du personnel de Nowzad et de leurs familles ont également quitté le pays pour le Pakistan, avant de se rendre plus tard en Grande-Bretagne.

Les critiques ont accusé le responsable de l'organisme caritatif de favoriser les animaux par rapport aux humains, dans un contexte de scènes dramatiques montrant le peuple afghan se massant à l'aéroport de Kaboul pour tenter d'embarquer sur des vols d'urgence.

À la suite de l'évacuation, des preuves montraient que l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson était interféré dans les mesures du ministère des Affaires étrangères en autorisant la présence de Nowzad sur les vols d'évacuation de dernière minute.

Une enquête a révélé plus tard que l'appel et l'évacuation de l'organisme de bienfaisance avaient «absorbé beaucoup de temps et de ressources du personnel civil et militaire.»

Cependant, Farthing s’est élevé contre les critiques, affirmant que l'évacuation «financée par le secteur privé» devrait être «célébrée à juste titre.»

Dans des observations adressées au Telegraph, le major Andrew Fox, un vétéran de trois opérations en Afghanistan, a accusé Farthing de «prendre le parti de la propagande talibane.»

Il a ajouté: «Cela souligne vraiment son statut de grand hypocrite de notre époque obsédé par lui-même. Cela prouve une fois pour toutes qu'il a délibérément attisé une hystérie inutile pendant l'évacuation, faisant perdre du temps et des efforts pour sauver des vies.

«Les talibans sont critiqués par des Musulmans dans d'autres pays. Ils ont assassiné plus de 400 militaires britanniques. Leur attitude sur les droits des femmes et l'éducation est odieuse. Leurs politiques barbares mettent l'Afghanistan à terre.»

Le site Web de Nowzad indique qu'il s'emploie à rétablir ses activités en Afghanistan, appelant à un engagement occidental avec les dirigeants talibans.

Selon un communiqué: «Jusqu’à ce jour, l'argent de l'aide, qui fait cruellement défaut, est bloqué et n’arrive pas au pays, car les dirigeants occidentaux ne parviennent pas à engager un dialogue constructif avec le gouvernement afghan – à notre humble avis, c'est ce qu'il est.

«Maintenant que nous sommes de retour et que cette nouvelle se répand, nous avons vu de nombreux habitants préoccupés, qui heureusement n'ont jamais détourné les yeux, nous amener des chiens et des chats blessés pour être soignés.

«Nous étions en fait très touchés lorsqu'un sauveteur satisfait est revenu avec des fleurs pour remercier l'équipe d'avoir soigné le chien qu'il nous avait amené.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.