Malgré la fin de l'obligation, nombre de soignants non vaccinés n'ont pas repris leur poste

« Contre le carnet de santé» lors d'une manifestation contre la vaccination et le carnet de santé obligatoire demandés par le gouvernement français, à Paris, le 24 juillet 2021 (Photo, AFP).
« Contre le carnet de santé» lors d'une manifestation contre la vaccination et le carnet de santé obligatoire demandés par le gouvernement français, à Paris, le 24 juillet 2021 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 28 mai 2023

Malgré la fin de l'obligation, nombre de soignants non vaccinés n'ont pas repris leur poste

  • Eloignés de leur emploi depuis 20 mois, sans revenus, tous ont dû se réorienter, au moins temporairement, et au final peu d'entre eux ont repris leurs anciennes fonctions
  • «L'obligation vaccinale n'a pas été abrogée, donc si je reprends mon activité, rien ne prouve que je ne me retrouve pas dans six ou sept mois de nouveau suspendu»

STRASBOURG: Vendeur sur les marchés, spécialiste en soins de bien-être, cumul de petits boulots... Beaucoup de soignants suspendus pour leur refus de se faire vacciner contre la Covid-19 se sont reconvertis et ne sont pas revenus travailler à l'hôpital comme ils en avaient la possibilité ces dernières semaines.

Eloignés de leur emploi depuis 20 mois, sans revenus, tous ont dû se réorienter, au moins temporairement, et au final peu d'entre eux ont repris leurs anciennes fonctions.

Elodie Schlernitzauer, 36 ans, aide-soignante à Strasbourg, suspendue en septembre 2021, fait partie de ces nombreux reconvertis.

Dans une pièce dédiée de sa maison, elle propose désormais des soins de beauté et de bien-être. Toujours affublée d'une blouse blanche...

"Ce n'est pas exactement la même, elle a des boutons, elle est un peu plus jolie. Ça ressemble un peu moins à un pyjama mais elle est toujours blanche", sourit-elle en massant le visage d'une cliente.

Aujourd’hui, diplômée en maderothérapie, soins des cils ou encore drainage lymphatique et massage pour bébé, elle "prend soin des gens" comme elle l'entend.

«Dévastée»

La trentenaire, suspendue en septembre 2021, assure "ne pas être contre le vaccin" mais elle ne voulait pas se faire vacciner à cette période.

"Avec mon conjoint, on a un projet bébé depuis quelques années mais on n'y arrive pas. On allait commencer une batterie de tests fin 2021 et ma gynécologue m'a déconseillé le vaccin à ce moment-là", explique la jeune femme, toujours pas vaccinée.

Elle a bien tenté de convaincre sa hiérarchie, mais "il n'y a pas eu d'exception, j'étais dévastée. On voulait vraiment attendre que ce projet fonctionne pour ensuite se faire vacciner", confie larme à l'oeil la jeune femme, toujours dans l'espoir de procréer.

Infectée par le virus en mars 2022, elle n'a pas souhaité revenir malgré son certificat de rétablissement. Très vite, Elodie Schlernitzauer, aide-soignante durant 12 ans, a compris qu'elle ne retournerait pas travailler à l'hôpital.

"Financièrement j'ai le même salaire qu'avant, avec les frais d'essence en moins et la possibilité de faire mon planning. J'ai de la chance, ça marche très bien et j'en suis très fière", souligne la jeune femme.

Stéphane Escafit, 46 ans, a quant à lui hésité jusqu'au dernier moment à reprendre son poste de brancardier. Reconverti sur les marchés de Strasbourg, où il vend saucissons et charcuterie du sud-ouest, il était l'un des rares non-vaccinés de son équipe.

"C'est un vaccin qui était en phase expérimentale, qui est venu très vite, je n'avais pas confiance", justifie ce père de deux enfants.

Sa suspension lui a laissé un goût amer: "Ce qui m'a énervé c'est que quand tout le monde était confiné, on était soi-disant des héros et du jour au lendemain on s'est retrouvé comme des pestiférés".

«Pincement au coeur»

Mi-mai, il a remis sa blouse et est retourné à l'hôpital... où il a finalement demandé le jour-même sa mise en disponibilité afin de poursuivre dans sa nouvelle activité sur les marchés, même si le salaire est un peu moins attractif. Stéphane Escafit craint en effet d'être de nouveau suspendu en cas de retour de la Covid-19.

"L'obligation vaccinale n'a pas été abrogée, donc si je reprends mon activité, rien ne prouve que je ne me retrouve pas dans six ou sept mois de nouveau suspendu", redoute-t-il. Le gouvernement garde en effet la possibilité de suspendre à nouveau, par un nouveau décret, les non-vaccinés si la pandémie repart.

C'est donc avec un "petit pincement au coeur" qu'il s'éloigne de cette profession, exercée pendant 17 ans, pour se consacrer pleinement à sa nouvelle activité de commerçant: "Retour sur les marchés samedi matin, j'ai plein de patients... euh, plein de clients qui m'attendent".

Eric Mercier, 52 ans, infirmier dans un établissement privé des Pays de la Loire, est l'un des rares à avoir repris son travail. Depuis l'obligation vaccinale imposée aux soignants fin 2021, il a dû cumuler les emplois pour joindre les deux bouts. Il a ainsi travaillé dans l'industrie alimentaire, le BTP, ou a encore été cariste, "avec la peur des huissiers et de ne pas avoir de travail pour le lendemain".

Le quinquagénaire assure qu'il n'y a pas eu de regards de travers de la part de ses collègues pour son retour, même s'"il y en aura certainement". "Mais je reviens la tête haute, j'ai toujours voulu soigner, on m'avait volé mon job de rêve".


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.