Au Soudan, les exactions se multiplient après la rupture des négociations

Déjà avant la guerre, un Soudanais sur trois souffrait de la faim, les longues coupures d'électricité étaient quotidiennes et le système de santé au bord de l'écroulement. (AFP).
Déjà avant la guerre, un Soudanais sur trois souffrait de la faim, les longues coupures d'électricité étaient quotidiennes et le système de santé au bord de l'écroulement. (AFP).
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Publié le Jeudi 01 juin 2023

Au Soudan, les exactions se multiplient après la rupture des négociations

  • Les Etats-Unis qui supervisaient depuis près d'un mois, avec l'Arabie saoudite, des discussions entre les deux camps ont dénoncé jeudi de «graves violations», mais sans activer les «sanctions»
  • «Les Etats-Unis et le royaume d'Arabie saoudite sont prêts à reprendre la facilitation des discussions», a déclaré jeudi un porte-parole du département d'Etat américain

KHARTOUM: Une vingtaine de civils ont été tués dans des bombardements sur un marché de Khartoum, dernier épisode meurtrier d'une guerre qui ne connaît pas de répit jeudi après le retrait de l'armée des négociations en vue d'un cessez-le-feu.

Depuis le début des combats le 15 avril, l'armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo ont accepté une dizaine de trêves avant de les violer aussitôt.

Les Etats-Unis qui supervisaient depuis près d'un mois, avec l'Arabie saoudite, des discussions entre les deux camps ont dénoncé jeudi de "graves violations", mais sans activer les "sanctions" qu'ils brandissaient il y a quelques semaines.

"Les Etats-Unis et le royaume d'Arabie saoudite sont prêts à reprendre la facilitation des discussions", a déclaré jeudi un porte-parole du département d'Etat américain, au lendemain du retrait de ces discussions en Arabie saoudite des émissaires de l'armée.

Mais à une condition: "une fois que les forces auront montré clairement par leurs actions qu'elles veulent sérieusement respecter le cessez-le-feu".

« Situation catastrophique » dans le sud de Khartoum

Sur le terrain, les violences ne connaissent pas de répit. Mercredi, "18 civils ont été tués et 106 autres blessés" par les tirs d'artillerie et les bombardements aériens de l'armée sur un marché dans le sud de Khartoum, rapporte un comité d'avocats des droits humains.

Confirmant ce bilan, le "comité de résistance" du quartier des victimes, qui organise l'entraide entre les habitants, a dénoncé une "situation catastrophique", lançant un appel "urgent" pour "des médecins et des dons de sang".

Au même moment, les FSR tiraient sur des civils "qui voulaient les empêcher de voler la voiture de l'un d'eux", indique le comité d'avocats. "Trois civils sont morts après avoir été touchés par des balles et empêchés par les FSR d'aller à l'hôpital".

L'armée a également bombardé mercredi à l'artillerie lourde les bases des FSR à Khartoum, installées de longue date au coeur de quartiers résidentiels, ont rapporté des habitants à l'AFP.

Au 48e jour de combats ininterrompus, qui ont déjà fait plus de 1.800 morts selon l'ONG ACLED, plus d'un million de personnes, principalement des Soudanais mais aussi des réfugiés au Soudan, sont déplacés dans le pays.

Heba Rachid a fui Khartoum pour Port-Soudan (est), dans l'espoir de trouver un donateur pour lui payer un billet d'avion ou de bateau vers l'étranger.

"Les FSR ont tout détruit chez nous", raconte-t-elle à l'AFP. Et aujourd'hui, à Port-Soudan, "on ne sait pas comment trouver à manger ni soigner nos enfants", ajoute-t-elle.

Selon l'Unicef, plus de 13,6 millions d'enfants ont besoin d'aide humanitaire au Soudan, dont "620.000 en état de malnutrition aiguë qui, pour moitié, pourraient mourir s'ils ne sont pas aidés à temps".

En outre, 350.000 autres personnes ont fui dans les pays voisins: la moitié en Egypte, les autres au Tchad, au Soudan du Sud, en Centrafrique ou en Ethiopie, tous en proie à des violences et qui redoutent une contagion.

Car la situation devient chaque jour plus critique: le Soudan est au bord de la famine selon l'ONU et la saison des pluies approche avec le risque d'épidémies.

Darfour coupé du monde

Toujours aucun couloir n'a été dégagé pour permettre le passage de l'aide humanitaire, dont ont désormais besoin 25 des 45 millions de Soudanais selon l'ONU. Les rares cargaisons qui ont pu être acheminées ne couvrent qu'une infime partie des immenses besoins.

Déjà avant la guerre, un Soudanais sur trois souffrait de la faim, les longues coupures d'électricité étaient quotidiennes et le système de santé au bord de l'écroulement.

Les combats sont les plus violents au Darfour, frontalier du Tchad, dont certaines zones sont totalement coupées du monde, sans électricité ni téléphone.

Là, de nouveaux appels à armer les civils font redouter une "guerre civile totale", selon le bloc civil évincé du pouvoir par le du putsch de 2021 des deux généraux alors alliés.

Depuis le début de la guerre, le syndicat des médecins dénonce l'occupation de plusieurs hôpitaux par des belligérants. Les trois-quarts des hôpitaux dans les zones de combat sont hors d'usage, les autres doivent composer avec des réserves quasiment vides et des générateurs à l'arrêt faute de carburant.


Pourparlers entre les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie autour de l'escalade militaire dans la région

Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi des répercussions de l'escalade militaire dans la région. (SPA)
Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi des répercussions de l'escalade militaire dans la région. (SPA)
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  • L'impact de l'escalade militaire dans la région sur l'économie mondiale et la coordination des efforts conjoints pour renforcer la sécurité régionale ont été discutés
  • Les dirigeants ont souligné que la poursuite des attaques iraniennes contre les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, visant des infrastructures vitales et civiles, constitue une escalade dangereuse qui menace la sécurité et la stabilité

DJEDDAH : Les dirigeants de l'Arabie saoudite, du Qatar et de la Jordanie ont discuté lundi à Djeddah des répercussions de l'escalade militaire dans la région et des risques qu'elle fait peser sur la liberté de navigation internationale et la sécurité des approvisionnements énergétiques, a rapporté l'Agence de presse saoudienne.

L'impact de l'escalade sur l'économie mondiale et la coordination des efforts conjoints pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales ont également été discutés lors de la réunion organisée par le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et à laquelle ont participé l'émir du Qatar Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani et le roi Abdallah II de Jordanie.

Les dirigeants ont souligné que la poursuite des attaques iraniennes contre les pays du Conseil de coopération du Golfe et la Jordanie, visant des infrastructures vitales et civiles, constitue une escalade dangereuse qui menace la sécurité et la stabilité de la région.

Cette réunion intervient alors que l'Iran continue de cibler le Royaume, le Qatar et la Jordanie avec des drones et des missiles.


L'armée israélienne dit frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars. (AFP)
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  • Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV
  • Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi mener des frappes à Beyrouth contre des infrastructures du mouvement islamiste libanais Hezbollah, un allié de Téhéran, plus d'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'armée "a commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah terroriste à Beyrouth", indique un court communiqué militaire.

Une frappe a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement lancé par l'armée israélienne aux habitants de sept quartiers, selon des images de l'AFPTV.

Les images retransmises en direct montrent un épais panache de fumée s'élever du site touché par la frappe sur cette vaste zone, bastion du Hezbollah pro-iranien pilonné par Israël et vidé d'une grande partie de ses habitants depuis le 2 mars.

 

 

 


L'Iran confirme la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution

L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière. (AFP)
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  • L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière
  • Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News

TEHERAN: L'Iran a confirmé lundi la mort du commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, Alireza Tangsiri, qu'Israël avait dit avoir tué la semaine dernière.

Tangsiri, l'un des visages des forces armées les plus connus du grand public, "a succombé à des blessures graves", ont indiqué les Gardiens, l'armée idéologique iranienne, sur leur site Sepah News.