Tirs de missiles nord-coréens: Washington, Tokyo et Séoul partageront des informations

La Corée du Nord, dotée de l'arme nucléaire, a tiré un nombre sans précédent de missiles l'année dernière, dont des missiles balistiques intercontinentaux capables de frapper n'importe où aux États-Unis. (AP)
La Corée du Nord, dotée de l'arme nucléaire, a tiré un nombre sans précédent de missiles l'année dernière, dont des missiles balistiques intercontinentaux capables de frapper n'importe où aux États-Unis. (AP)
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Publié le Samedi 03 juin 2023

Tirs de missiles nord-coréens: Washington, Tokyo et Séoul partageront des informations

  • Le secrétaire américain de la Défense, Lloyd Austin, et ses homologues japonais et sud-coréens, Yasukazu Hamada et Lee Jong-sup, se sont rencontrés en marge de la conférence Shangri-La de dialogue sur la défense
  • Les trois parties ont ainsi «reconnu les efforts trilatéraux visant à activer un mécanisme de partage d'informations pour échanger en temps réel des données»

SINGAPOUR: Les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont annoncé samedi qu'ils partageraient des informations sur des tirs de missiles nord-coréens d'ici la fin de l'année, selon un communiqué publié à l'issue d'une réunion de leurs ministres de la Défense à Singapour.

Cet accord survient au terme d'une année 2022 marquée par un nombre record de tirs de missiles balistiques nord-coréens. Il fait suite, également, au lancement avorté d'un satellite militaire mercredi par Pyongyang, le dernier d'une série d'essais pourtant interdits menés par la Corée du Nord.

Le secrétaire américain de la Défense, Lloyd Austin, et ses homologues japonais et sud-coréens, Yasukazu Hamada et Lee Jong-sup, se sont rencontrés en marge de la conférence Shangri-La de dialogue sur la défense.

A Singapour, les trois parties ont ainsi "reconnu les efforts trilatéraux visant à activer un mécanisme de partage d'informations pour échanger en temps réel des données" afin "d'améliorer la capacité de chaque pays à détecter et à évaluer les missiles lancés" par la Corée du Nord, selon le communiqué.

Menace nord-coréenne

Ils ont ensemble "discuté des menaces nucléaires et de missiles croissantes provenant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ainsi que des efforts visant à renforcer les exercices de sécurité trilatéraux et pour relever des défis communs en matière de sécurité dans la région Indo-Pacifique", selon le communiqué.

De son côté, le ministère sud-coréen de la Défense, Lee Jong-sup, a déclaré dans un communiqué séparé qu'ils "se sont engagés à faire de nouveaux progrès dans les mois à venir en vue de l'activation d'un mécanisme de partage en temps réel d'informations relatives aux alertes de missiles".

Séoul, Tokyo et Washington ont rapidement réagi à la tentative de lancement par Pyongyang d'un "satellite de reconnaissance militaire" qui s'est finalement "abîmé en mer", selon l'agence de presse d'Etat nord-coréenne KCNA.

Avec la France, les trois pays ont condamné le lancement de mercredi, affirmant qu'il viole les résolutions de l'ONU qui interdisent à Pyongyang tout essai recourant à la technologie des missiles balistiques, sensiblement la même que celle permettant de lancer des satellites.

Série de lancements

Selon des spécialistes, la Corée du Nord ne dispose d'aucun satellite en fonctionnement, bien qu'elle en ait envoyé cinq vers l'espace.

Sur les cinq lancements, trois ont échoué. Quant aux deux autres appareils, qui ont vraisemblablement été mis en orbite, aucun organisme indépendant n'a jamais capté leurs signaux, laissant penser à un dysfonctionnement.

Depuis une escalade des tensions en 2019 avec sa voisine, la Corée du Nord a accéléré son développement militaire et s'est déclarée, en 2022, puissance nucléaire "irréversible".

La Corée du Nord brave depuis des années des salves de sanctions internationales pour continuer son développement de programmes nucléaires et de missiles, et n'a montré aucun signe d'être prête à abandonner son arsenal qu'elle voit comme une assurance contre toute tentative de renversement du régime.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.