A Abidjan, des initiatives citoyennes face au fléau de la pollution plastique

Des résidents collectent des bouteilles et des sacs en plastique dans la lagune Ebrié à Abidjan le 31 mai 2023 avant les célébrations de la Journée mondiale de l'environnement. (Photo Issouf SANOGO / AFP)
Des résidents collectent des bouteilles et des sacs en plastique dans la lagune Ebrié à Abidjan le 31 mai 2023 avant les célébrations de la Journée mondiale de l'environnement. (Photo Issouf SANOGO / AFP)
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Publié le Lundi 05 juin 2023

A Abidjan, des initiatives citoyennes face au fléau de la pollution plastique

  • La nécessité d'organiser le ramassage des déchets plastiques est pourtant urgente, dans cette ville qui produit plus de 288 tonnes de déchets par jour selon l'Unicef
  • Pour Charles Goré Bi, la rareté des poubelles en ville est également un problème. Et quand elles sont là, il n'est pas rare de voir des montagnes de déchets à leurs pieds

ABIDJAN: Au bord de la lagune Ebrié, des hommes ramassent les dizaines de bouteilles qui s'accumulent dans l'eau: à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire, quelques initiatives citoyennes tentent de s'attaquer au fléau de la pollution plastique.

Pieds et mains immergés dans les eaux sombres, trois bénévoles collectent les bouteilles dans des sacs. Un autre groupe ramasse celles échouées sur le bord de l'eau et vide les sachets rapidement pleins dans de grands filets.

"On fait ça tous les jours", lance Doco Ange Doworo. Avec un groupe d'amis de son quartier, ils parcourent environ deux kilomètres de la berge lagunaire du Plateau, quartier des affaires d'Abidjan, qui accueille lundi la Journée mondiale de l'environnement.

"C'est ici qu'on vit, on veut rendre notre coin propre", ajoute M. Doworo.

Organiser le ramassage des déchets plastiques

Il y a un an, le projet a été repéré par le maire du Plateau, Jacques Ehouo. Aujourd'hui, la sous-directrice du service de l'environnement de la municipalité, Bénédicte Aka, passe régulièrement voir les jeunes et les met en lien avec des entreprises de recyclage.

Ainsi, au lieu d'envoyer les bouteilles s'empiler dans des décharges à ciel ouvert, les déchets sont désormais vendus par ces jeunes à des sociétés qui les recyclent. Un filet part pour 7.000 francs CFA, une dizaine d'euros qu'ils se partagent entre eux.

"Ca permet à quelqu'un qui n'avait rien d'avoir quelque chose", exprime Charles Goré Bi, à l'origine de l'initiative il y a deux ans. Mais pas de vivre de cette activité. Il espère un accompagnement de la mairie, et "un emploi".

A Abidjan, le ministère de l'Hydraulique, de l'Assainissement et de la Salubrité délègue la gestion des ordures à deux entreprises, mais "leur cahier des charges est flou", estime Bénédicte Aka.
Jointe par l'AFP, la communication du ministère n'a pas souhaité s'exprimer.

La nécessité d'organiser le ramassage des déchets plastiques est pourtant urgente, dans cette ville qui produit plus de 288 tonnes de déchets par jour selon l'Unicef.

Pour Charles Goré Bi, la rareté des poubelles en ville est également un problème. Et quand elles sont là, il n'est pas rare de voir des montagnes de déchets à leurs pieds.

"On n'a pas vraiment l'habitude de jeter les ordures dans les poubelles", explique Mme Aka.

"Parfois, des personnes sont juste à côté des poubelles mais elles préfèrent jeter des choses là où c'est plus facile", par terre, poursuit-elle.

Acheter les déchets plastiques

Pour changer ce réflexe, le chef d'une entreprise de recyclage a trouvé une solution: acheter le plastique aux citoyens qui pratiquent le tri sélectif, 1.000 francs CFA les 20 kilos (1,50 euro).

Nayef Salamé a créé la société Recyplast en 2019. Depuis 2020, il a installé 50 bornes de collecte de déchets plastiques pour les retransformer "en matière première".

Dans son usine, le bourdonnement assourdissant d'une machine de cinquante mètres de long atteste de la transformation en petits morceaux de bouteilles compactées par blocs, qui remplissent le hangar.

"Pour trouver une alternative à la déforestation", ces morceaux sont vendus à des industriels, ou utilisés par Recyplast pour construire du mobilier urbain ou scolaire, destiné à des écoles, déjà fabriquées à base de plastique recyclé, sur une initiative de l'Unicef en 2019.

S'il reconnaît que l'Etat ivoirien "s'est engagé depuis près de 10 ans" pour enrayer la pollution plastique, M. Salamé déplore "un manque de réglementation dans ce secteur d'activités" et estime qu'il y a encore "beaucoup à faire".

400 millions de tonnes de plastique

En 2013, le gouvernement ivoirien avait décidé d'interdire la production, la commercialisation, la détention et l'utilisation des sachets plastiques.

Mais l'entrée en vigueur de cette décision en novembre 2014 avait déclenché une manifestation de commerçants à Abidjan et elle est aujourd'hui très peu appliquée dans le pays, qui produit plus de 200.000 tonnes de sachets plastiques chaque année, selon le ministère de l'Hydraulique.

Le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) estime que 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, dont la moitié est conçue pour un usage unique.

Le chemin reste long: une première version d'un traité international contre la pollution plastique doit être rédigée d'ici novembre. Pour un texte définitif fin 2024.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.