La gestion de l'eau, sujet numéro un pour les campings face au risque d'un été sec

Une femme regarde des panneaux avertissant de l'alerte sécheresse à l'entrée du camping "Le Front de mer" à Argeles-sur-Mer, le 8 juin 2023. (Photo, AFP)
Une femme regarde des panneaux avertissant de l'alerte sécheresse à l'entrée du camping "Le Front de mer" à Argeles-sur-Mer, le 8 juin 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 10 juin 2023

La gestion de l'eau, sujet numéro un pour les campings face au risque d'un été sec

  • Le plan sécheresse des Pyrénées-Orientales a mis en lumière la gestion de l'eau dans les campings en France
  • Au-delà des plans sécheresse, la fédération propose un plan global de réduction de consommation d'eau

PARIS: Avec un été qui s'annonce sec et une première alerte sécheresse dans les Pyrénées-Orientales, la question de la gestion de l'eau dans les campings en France, dont plus de la moitié sont équipés d'une piscine, se fait pressante. Mais certains ont déjà pris les devants.

Piscines ouvertes mais réduction de 30% de la consommation d'eau, interdiction d'arrosage, accès aux eaux usées de la piscine pour les pompiers: le plan sécheresse des Pyrénées-Orientales a mis en lumière la gestion de l'eau dans les campings en France, premier parc de campings en Europe et deuxième dans le monde après les Etats-Unis, avec 7 500 campings dont 3 900 avec un espace piscine.

"Ces 3 900 campings avec espace aquatique représentent les quatre-cinquièmes de la fréquentation nationale. Si on ferme les espaces aquatiques, il y a un effondrement de la fréquentation touristique dans ces campings et de l’activité touristique environnante", assure à l'AFP Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air (FNHPA).

"Un camping sans piscine ? Quand vous avez vendu la prestation à un client, c’est comme vendre une place de cinéma sans le film", ajoute-t-il, précisant que le client est alors en droit de demander un remboursement. "C’est pour cela que le préfet des Pyrénées-Orientales a trouvé un équilibre entre préservation de la ressource et préservation de l’activité économique", souligne M. Dayot.

Au-delà des plans sécheresse, la fédération propose un plan global de réduction de consommation d'eau "qui ne date pas de 2023", et axé autour de trois points: les petits travaux (installer des compteurs d'eau, remplacer les pommeaux de douche...), les gros travaux (réfection des réseaux d'eaux pluviales et d’eaux usées) et la sensibilisation du consommateur.

Dans le Morbihan, Patrick Goven s'est attaqué dès 2010 au sujet de l'eau dans son camping de Kerpenhir, certifié écolabel. Il estime qu'"économiser l'eau, c’est ce qu’il a de plus simple à faire, cela ne demande pas d’investissements énormes".

Réutiliser les «eaux grises»

Tous les matins, il vérifie son compteur d'eau. L'année dernière, une fuite dans son réseau a fait passer la consommation moyenne à 113 litres par nuitée contre 90 litres par nuitée sans fuite. L'installation de compteurs individuels sur les 70 mobil-homes pour que les propriétaires "paient ce qu'ils consomment" a fait baisser la consommation de 30%, assure-t-il.

Il a aussi installé des mousseurs et réducteurs de débit sur les robinets les faisant passer de 12 litres d'eau à la minute à 6 litres. "Une douche, c’est 40% du volume d’eau d’une journée. Dans des structures touristiques, c'est davantage car les gens peuvent prendre deux à trois douches par jour", dit-il.

Il propose aussi pour le bloc sanitaire des bracelets connectés qui limitent le temps de douche et des pommeaux de douche "qui permettent d’économiser 65% d’eau". La pluie de cet hiver a été récupérée dans des conteneurs et arrosera les plantes. Une bâche recouvre la piscine la nuit pour éviter l'évaporation de l'eau. Et le lave-linge est économe en eau.

Patrick Goven aimerait aussi utiliser les "eaux grises" de ses douches pour alimenter les chasses d'eau mais il faut une autorisation de l'agence régionale de la santé (ARS).

Un sujet qui préoccupe aussi Franck Gervais, directeur général de Pierre et Vacances-Center Parcs, qui déplore que dans les Center Parcs, "aujourd’hui, on ne peut pas recycler l’eau utilisée dans les parcs aquatiques pour les toilettes des cottages".

"Il y a des choses qui doivent bouger aussi du point de vue réglementaire", ajoute M. Gervais. "Le deuxième cas est celui des obligations de vidange des bassins, qui (en France) sont plus importantes que dans d’autres pays européens".

Patrick Goven doit effectivement préparer sa piscine avant le 15 juin. "J’ai 53 m3 d’eau. Si je ne peux pas la récupérer, ça va aller dans le caniveau. Moi c'est un petit bassin. Il y a des collègues avec des bassins de 500m3, ce sont des pertes d’eau qu'on pourrait éviter", regrette-t-il.


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
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  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.