La première journée de la conférence arabo-chinoise a été marquée par la signature de trente accords d'une valeur de dix milliards de dollars

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane et le vice-président de la Conférence consultative politique du peuple chinois, Hu Chunhua, assistent à la 10e Conférence commerciale arabo-chinoise à Riyad, dimanche (Photo, Reuters).
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane et le vice-président de la Conférence consultative politique du peuple chinois, Hu Chunhua, assistent à la 10e Conférence commerciale arabo-chinoise à Riyad, dimanche (Photo, Reuters).
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Publié le Lundi 12 juin 2023

La première journée de la conférence arabo-chinoise a été marquée par la signature de trente accords d'une valeur de dix milliards de dollars

  • Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, a déclaré à cette occasion : « Je ne serais pas surpris que vous entendiez bientôt d'autres annonces sur l'investissement saoudo-chinois »
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères a déclaré: «Le prince héritier a continuellement intensifié les efforts visant à renforcer le partenariat ancien et avancé entre le monde arabe et la Chine»

RIYAD : La première journée de la 10e Conférence commerciale arabo-chinoise a été marquée par la signature de trente accords d'investissement d'une valeur de dix milliards de dollars (1 USD = 0,93 Euro) dans plusieurs secteurs, notamment la technologie, les énergies renouvelables, l'agriculture, l'immobilier, les minerais, les chaînes d'approvisionnement, le tourisme et les soins de santé.

Selon le ministère de l'Investissement, le gouvernement saoudien a signé des accords avec plusieurs entités chinoises pour des projets tels qu'une coentreprise pour la recherche, le développement, la fabrication et la vente d'automobiles, le développement du tourisme et d'autres applications, et la production de wagons de chemin de fer et de roues dans le Royaume.

Plusieurs accords commerciaux ont également été signés lors de l'événement commercial majeur qui a débuté à Riyad dimanche.

Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane, a déclaré à cette occasion : « Je ne serais pas surpris que vous entendiez bientôt d'autres annonces sur l'investissement saoudo-chinois ».

Il a précisé que le Royaume visait la collaboration avec la deuxième économie mondiale plutôt que la concurrence.

En bref

Un accord de 5,6 milliards de dollars entre le ministère de l'Investissement du Royaume et Human Horizons, un développeur chinois de technologies de conduite autonome et fabricant de voitures électriques sous la marque HiPhi, pour établir une coentreprise pour la recherche, le développement, la fabrication et la vente d'automobiles. 

Un accord de 266 millions de dollars signé par l'Arabie saoudite avec Hibobi Technology Ltd., un développeur Android basé à Hong Kong, pour développer des applications touristiques et autres.

Un accord de 250 millions de dollars, facilité par le ministère de l'investissement, entre la compagnie ferroviaire saoudienne SABATCO et le fabricant chinois de matériel roulant CRRC, détenu par l'État et coté en bourse, pour la fabrication de wagons et de roues dans le Royaume.

Un accord de 150 millions de dollars entre le ministère de l'Investissement, le ministère de l'Industrie et des Ressources minérales et le fabricant industriel chinois Sunda pour la fabrication de soude caustique, de chlore et de ses dérivés, de paraffine chlorée, de chlorure de calcium, de polychlorure de vinyle et de produits de conversion connexes dans le Royaume.

Le prince Abdelaziz a déclaré qu'il existait des synergies entre les deux pays, car le Royaume progresse régulièrement dans son plan Vision 2030, tandis que la Chine poursuit son initiative « Belt and Road ».

L'événement de deux jours a été organisé par les ministères saoudiens de l'Investissement et des Affaires étrangères, en collaboration avec le secrétariat général de la Ligue arabe, le Conseil chinois pour la promotion du commerce international et l'Union des chambres arabes.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, qui a inauguré la conférence au nom du prince héritier Mohammed ben Salmane, a déclaré : « Le prince héritier a continuellement intensifié les efforts visant à renforcer le partenariat ancien et avancé entre le monde arabe et la Chine dans tous les secteurs. »

Il a déclaré que la conférence présente des méthodes pour parvenir à une compatibilité mutuelle, échanger des expériences et lancer de nouvelles opportunités qui permettent la croissance et l'investissement, ce qui se traduit par la prospérité et le progrès pour tous.

Le programme des séances plénières, des ateliers, des réunions spéciales et des événements parallèles consacrés à des sujets tels que l'environnement, le social, la gouvernance et la résilience de la chaîne d'approvisionnement a attiré plus de 3 500 chefs d'entreprise, innovateurs et décideurs politiques de 26 pays.

Afin de renforcer les liens commerciaux avec la Chine, l'Arabie saoudite a annoncé la réactivation de la Route de la soie en marge de l'événement.

Le ministre saoudien de l'Investissement, Khalid Al-Falih, a déclaré que le Royaume pouvait servir de porte d'entrée de la Chine dans le monde arabe, la deuxième économie mondiale cherchant à renforcer ses liens commerciaux avec la région.

Le Royaume représente 25 % des 432 milliards de dollars d'échanges commerciaux entre la Chine et les pays arabes en 2022.

Le ministre a par ailleurs déclaré que la renaissance de la Route de la soie s'inscrivait dans la vision d'avenir de l'Arabie saoudite, qui cherche à diversifier son économie et à utiliser les technologies modernes pour améliorer les compétences de sa jeunesse.

Le volume des échanges commerciaux entre l'Arabie saoudite et la Chine a atteint 106 milliards de dollars en 2022, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2021.

Le deuxième jour du programme comprendra un discours de clôture de Dilma Rousseff, ancienne présidente du Brésil et actuelle présidente de la New Development Bank, une banque multilatérale de développement créée par le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud afin de mobiliser des ressources pour des projets d'infrastructure et de développement durable dans les marchés émergents et les économies en développement.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Talc et cancer : Johnson & Johnson propose 5,5 milliards de dollars pour clore la bataille judiciaire

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  • J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020
  • J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers

NEW YORK: Johnson & Johnson (J&J) est prêt à payer 5,5 milliards de dollars pour régler des dizaines de milliers de procédures judiciaires liées à des produits à base de talc accusés de provoquer des cancers ovariens, a annoncé le géant pharmaceutique américain lundi.

La proposition d'accord vise à mettre un terme à des années de bataille judiciaire en couvrant 76.000 plaintes, soit presque tous les recours liés à ces produits qui pèsent encore sur le groupe basé dans le New Jersey, selon la même source.

J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020.

Pour Erik Haas, vice-président du groupe chargé du contentieux, les plaintes "manquent de fondement scientifique".

La proposition sur la table "permet à l’entreprise de tourner la page de cette affaire et de rester concentrée sur sa mission: développer des médicaments et des dispositifs qui sauvent des vies", a-t-il déclaré dans un communiqué.

J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers.

Le géant américain est également visé par une plainte au Royaume-Uni, déposée en 2025 sur la base d'accusations similaires.

Le cabinet qui a engagé cette procédure devant la Haute Cour de Londres dit représenter plus de 3.000 plaignants et estime que le montant du dédommagement réclamé pourrait s'élever "à plus d'un milliard de livres" (1,3 milliard d'euros).

Les plaignants affirment qu’eux-mêmes ou un membre de leur famille ont développé différents types de cancer de la plèvre, du péritoine ou des ovaires après avoir utilisé la poudre pour bébé de J&J.

Le produit incriminé avait été retiré du marché britannique en 2023, trois ans après les Etats-Unis et le Canada

 

 


Devoir de vigilance : TotalEnergies fait appel de la décision lui enjoignant d'intégrer les émissions CO2 de ses clients

TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance. (AFP)
TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance. (AFP)
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  • Le tribunal judiciaire de Paris a estimé le 25 juin que le plan de vigilance actuel du géant pétrogazier était "incomplet", lui accordant six mois pour se mettre en conformité sous peine d'un nouveau contrôle judiciaire prévu début 2027
  • Le devoir de vigilance, introduit dans le droit français en 2017, impose aux grandes entreprises françaises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l'environnement

PARIS: TotalEnergies a annoncé lundi dans un communiqué faire appel du jugement rendu le 25 juin dernier relatif au devoir de vigilance, qui lui ordonnait d'intégrer les émissions de CO2 de ses clients dans son plan de vigilance.

"Imposer à des entreprises du secteur de l'énergie ou de la défense, de l'aéronautique ou de l'automobile… un contrôle des risques résultant de l'utilisation de leurs produits par leurs clients n'apparaît pas conforme aux objectifs de la loi, ni aux principes de sécurité juridique et de liberté d'entreprendre", fait valoir le géant français de l'énergie dans son communiqué.

Le tribunal judiciaire de Paris a estimé le 25 juin que le plan de vigilance actuel du géant pétrogazier était "incomplet", lui accordant six mois pour se mettre en conformité sous peine d'un nouveau contrôle judiciaire prévu début 2027.

Le devoir de vigilance, introduit dans le droit français en 2017, impose aux grandes entreprises françaises de publier un document cartographiant les risques graves pour les droits humains, la santé et l'environnement liés à leurs activités et à celles de leurs partenaires commerciaux, et de mettre en oeuvre des "mesures de vigilance raisonnable" pour les prévenir.

L'injonction du tribunal a été assortie de l'exécution provisoire, ce qui signifie que le groupe doit s'y conformer immédiatement, et que son appel ne suspend pas la décision.

TotalEnergies précise avoir décidé de faire appel "après délibération de son conseil d'administration".

Dans son communiqué, le groupe s'appuie sur la décision du ministère public, qui a "estimé que le changement climatique est un phénomène mondial qui est +l'affaire de tous mais essentiellement une responsabilité de la communauté internationale des Etats+".

TotalEnergies argue également que "la loi sur le devoir de vigilance vise à responsabiliser les entreprises sur les risques d'atteinte résultant de leurs activités, de celles de leurs filiales et de leurs fournisseurs et sous-traitants, mais ne vise pas les activités de leurs clients sur lesquelles l'entreprise ne dispose pas de contrôle".

"Ce n'est pas TotalEnergies qui décide si un automobiliste choisit de rouler à l'essence, au biodiesel ou avec un véhicule électrique", ajoute le géant pétrogazier.

Ce dossier s'inscrit dans une vague mondiale de contentieux climatiques visant les multinationales.

Dans une affaire similaire, la Cour suprême des Pays-Bas doit notamment se prononcer en dernière instance sur le groupe Shell, après l'annulation en appel d'un jugement historique de 2021 qui lui ordonnait de réduire ses émissions de 45% d'ici 2030.

 


TotalEnergies double son bénéfice, porté par les prix élevés liés à la guerre au Moyen-Orient

Le logo de TotalEnergies dans une station-service à Genech, dans le nord de la France, le 5 octobre 2022. (AFP)
Le logo de TotalEnergies dans une station-service à Genech, dans le nord de la France, le 5 octobre 2022. (AFP)
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  • TotalEnergies double son bénéfice net trimestriel à 5,4 milliards de dollars grâce aux prix élevés des hydrocarbures
  • Ces profits relancent le débat sur une taxe des superprofits pétroliers en France

PARIS: Après un début d'année euphorique, le géant français pétro-gazier TotalEnergies est de nouveau dans le viseur des partisans d'une surtaxe des superprofits pétroliers après avoir annoncé jeudi un doublement en un an de son bénéfice net du 2e trimestre, à 5,4 milliards de dollars, dopé par les prix élevés des hydrocarbures liés au conflit au Moyen-Orient.

"Dans un environnement de prix élevé en lien avec le conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher au deuxième trimestre un résultat net ajusté (indicateur suivi par les analystes) de 6 milliards de dollars", s'est félicité le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, dans un communiqué.

Avec un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars sur l'ensemble du premier semestre, en progression de 73% sur un an, TotalEnergies fait mieux que les 10,6 milliards de dollars enregistrés au premier semestre 2022, année du déclenchement de la guerre en Ukraine.

Son bénéfice net du 2e trimestre, en hausse de 100% (contre 2,7 milliards un an plus tôt), reste cependant en deçà des attentes des investisseurs. Le groupe a connu "une baisse significative" dans son secteur stratégique du gaz naturel liquéfié (GNL), "du fait d’une contreperformance" dans le négoce (achat-vente) dans un marché faible en Europe, a expliqué l'entreprise.

TotalEnergies avait déjà annoncé en avril un bond de 51% son bénéfice net pour les trois premiers mois de l'année, portés par l'envolée et la volatilité des prix du pétrole et du gaz, au début de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.

Cette performance exceptionnelle avait relancé les appels à la taxation des "super-profits" pétroliers, alors que le groupe est souvent critiqué pour la faiblesse, voire l'absence, de son impôt sur les sociétés en France au regard de ses énormes bénéfices mondiaux.

"TotalEnergies n’aura jamais aussi bien +capturé+ les bénéfices de guerre sur le dos des consommateurs", a ironisé jeudi sur X le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, le député de gauche Eric Coquerel (LFI), tandis que la porte-parole du gouvernement français et ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon a répété qu'elle refuserait "toujours de rentrer dans le +Total bashing+".

"C'est une chance d'avoir en France un grand énergéticien mondial capable d'assurer l'approvisionnement des Français" et de "nous aider à tirer les prix vers le bas", a-t-elle dit sur RMC/BFMTV en référence au plafonnement des prix des carburants relancé mercredi par le groupe.

- "Faire payer les pollueurs" -

Au moment où "la France suffoque sous des canicules successives, causées par le changement climatique dont l’industrie du pétrole et du gaz est largement responsable, ces profits apparaissent particulièrement indécents", ont critiqué une coalition d'ONG (Greenpeace France, 350.org, CCFD-Terre Solidaire, Notre Affaire à Tous, Réseau Action Climat, Oxfam France), soulignant "l’urgence de taxer les profits des multinationales du pétrole et du gaz".

"Alors que les gouvernements se réuniront à New York en août pour négocier une Convention fiscale de l’ONU, ils ont une occasion historique de faire payer les pollueurs et de financer la protection dont les populations ont désespérément besoin", a commenté aussi Fanny Petitbon, directrice pays France de 350.org.

Entre avril et juin, la production de pétrole et de gaz de TotalEnergies a progressé de plus de 4% sur un an, grâce à la montée en puissance de projets au Brésil, aux Etats-Unis et en Libye, qui ont "compensé pour partie l’impact des pertes de production au Moyen-Orient" de l’ordre de 210.000 barils équivalent pétrole par jour, "en moyenne sur le trimestre".

Bien qu'une partie de cette production n'ait pas pu être expédiée, "compte tenu des difficultés d’accès au détroit d’Ormuz", la branche reine de l'exploration-production est restée en croissance, selon le groupe.

Son pôle de raffinage, pétrochimie et négoce a lui aussi profité de la hausse des prix des produits raffinés et des activités très rentables de négoce de brut, dans un contexte de forte instabilité des cours. Ce segment "aval" a ainsi dégagé un résultat opérationnel net ajusté à 2,3 milliards de dollars au 2e trimestre (+24%).

Le groupe a confirmé ses "priorités données au dividende et au désendettement de l’entreprise". Il distribuera à ses actionnaires un deuxième acompte sur le dividende de l'année 2026, d’un montant de 0,90 euro par action, en hausse de 5,9% par rapport à 2025.