Sons de l'été: les festivals de musique les plus sensationnels de cette année, au Moyen-Orient et ailleurs

Les têtes d'affiche de la Glastonbury Pyramid Stage de cette année sont les chouchous anglais Arctic Monkeys. (Photo, AFP)
Les têtes d'affiche de la Glastonbury Pyramid Stage de cette année sont les chouchous anglais Arctic Monkeys. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 15 juin 2023

Sons de l'été: les festivals de musique les plus sensationnels de cette année, au Moyen-Orient et ailleurs

  • Planifiez vos voyages de cet été, qu'ils soient régionaux ou internationaux, en pensant à la musique
  • Guide des festivals de musique les plus sensationnels au monde qui auront lieu cet été

DUBAÏ: Du Liban au Royaume-Uni, voici votre guide des festivals de musique les plus sensationnels au monde qui auront lieu cet été.

Glastonbury

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Les têtes d'affiche de la Glastonbury Pyramid Stage de cette année sont les chouchous anglais Arctic Monkeys. (Photo, AFP)

Où? Pilton, Royaume-Uni.

Quand? Du 21 au 25 juin.

Quoi? Le festival le plus célèbre du Royaume-Uni – sinon du monde – fête cette année ses 52 ans et attire toujours des centaines de milliers de personnes dans la campagne du Somerset pour profiter d’une programmation variée qui comprend généralement des talents futurs inconnus, les nouveaux goûts tendance du mois, et des mégastars conquérantes. Il ne s’agit pas seulement de musique. Glastonbury accueille des comédies stand-up, des shows, des numéros de cirque, des spectacles de théâtre et de danse – et le public est généralement assez divertissant lui aussi. Les têtes d'affiche de Pyramid Stage de cette année sont les chouchous anglais Arctic Monkeys (photo), les rockeurs légendaires Guns N 'Roses, et l'un des artistes qui comptent le plus de ventes au monde, Elton John. Royal Blood, Lizzo et Lil Nas X sont les deuxièmes têtes d’affiche. Une représentation régionale avec l'auteur-compositeur-interprète basé à Dubaï, Yusuf (anciennement connu sous le nom de Cat Stevens), est également au programme. Sur le Other Stage, vous pouvez voir Wizkid, Lana Del Rey et Queens of the Stone Age. Si aucune de ces scènes n'attire votre attention, quelque chose le fera certainement, avec plus de 50 autres scènes (ou salles/lancements) autour du site du festival.

Autres spectacles à voir absolument: Lewis Capaldi, Manic Street Preachers, The War on Drugs, Japanese Breakfast, Chvrches, Rudimental, Phoenix, The Big Moon et Tinariwen.

Roskilde

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Les têtes d'affiche de cette année sont le héros du hip-hop Kendrick Lamar, Lil Nas X, qui s'appuie sur son succès sur TikTok pour devenir l'un des rappeurs les plus en vue du moment. (Photo fournie)

Où? Roskilde, Danemark.

Quand? Du 24 juin au 2 juillet.

Quoi? Si vous êtes fan de Glastonbury, il y a de fortes chances que vous adoriez aussi Roskilde. Les deux événements vénérables (Roskilde a également plus d'un demi-siècle maintenant) partagent une vision curatoriale, une ambiance et une idéologie (et, cette année, un grand nombre d’artistes communs), bien que Roskilde comprenne souvent davantage d'artistes de toute l'Europe. Les organisateurs promettent un mélange de «musique, arts, activités, camps et liberté», ce qui est un résumé assez précis. Si vous voulez rattraper les grands noms, il vous suffit d'être là pendant les quatre derniers jours. Les têtes d'affiche de cette année sont le héros du hip-hop Kendrick Lamar, Lil Nas X, qui s'appuie sur son succès sur TikTok pour devenir l'un des rappeurs les plus en vue du moment, les géants de la Britpop Blur, et l'auteure-compositrice-interprète et rappeure Lizzo.

Autres spectacles à voir absolument: Burna Boy, Queens of the Stone Age, Tove Lo, Rosalia, Christine and the Queens et Caroline Polachek.

Festival de jazz de Montreux

Où? Montreux, Suisse.

Quand? Du 30 juin au 15 juillet.

Quoi? Si vous souhaitez que votre aventure du festival soit plus ‘glamping’ que camping, alors Montreux est l'endroit qu'il vous faut. Le festival, qui se tient sur les rives du lac Léman, a été fondé en 1967 et immortalisé dans le classique rock de Deep Purple Smoke on the Water – preuve que le «jazz» dans le titre est quelque peu trompeur, bien que ce genre musical reste une partie importante de cet événement. Il y a deux scènes principales, la plus petite, Montreux Jazz Café, et divers spectacles se déroulant sur des bateaux, des trains et de petites scènes en extérieur. Les têtes d'affiche de cette année comprennent sans doute le plus grand auteur-compositeur-interprète de tous les temps, Bob Dylan (photo), l'icône pop des années 80 Lionel Richie, Lil Nas X (de nouveau), la pop star britannique Sam Smith, le vétéran punk américain Iggy Pop, l'auteur-compositeur-interprète américain Jon Batiste, la légende du R&B de 83 ans Mavis Staples, Buddy Guy, le grand Buddy Guy du blues de Chicago, âgé de 86 ans, et les superstars du disco Nile Rodgers & Chic. Le chanteur belgo-égyptien Tamino se produit au Montreux Jazz Lab le 8 juillet.

Autres spectacles à voir absolument: Idles, Janelle Monae, Morcheeba, Wet Leg, Norah Jones et Chilly Gonzales

Festival international de Baalbeck

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L'un des seuls festivals de musique régionaux organisés pendant les mois d'été, Baalbeck existe depuis près de soixante ans. (Photo fournie)

Où? Baalbeck, Liban.

Quand? Les week-ends, du 1er au 16 juillet.

Quoi? L'un des seuls festivals de musique régionaux organisés pendant les mois d'été, Baalbeck existe depuis près de soixante ans. Il se déroule dans la magnifique Acropole romaine antique de la vallée de la Békaa au Liban, et les organisateurs offrent toujours une programmation variée qui peut comprendre du théâtre, de l'opéra, du jazz, de la musique du monde, de la pop arabe, des récitals classiques, des spectacles de danse et plus encore. Les têtes d'affiche de cette année incluent Al-Kindi Ensemble, avec Sheikh Hamed Daoud et les derviches tourneurs de Damas, la pop star libanaise Melhem Zein (se produisant dans sa ville natale) et le danseur italien Roberto Bolle (et ses amis).

Autres spectacles à voir absolument: Roots in our Hands, Imany (interprétant son album Voodoo Cello).

Mad Cool

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Parmi les têtes d'affiche de cette année, Angel Olsen. (Photo fournie)

Où? Madrid, Espagne.

Quand? Du 6 au 8 juillet.

Quoi? L'un des festivals européens les plus fiables en termes de présentation, Mad Cool porte bien son nom. L'accent est mis principalement sur le rock et l'electronica. Les têtes d'affiche de cette année comprennent l'excellente Angel Olsen (photo), The Black Keys, Red Hot Chilli Peppers, Franz Ferdinand et l'Espagnol Cupido.

Autres spectacles à voir absolument: Lil Nas X, The 1975, Sigur Ròs, Jamie XX, Rina Sawayama, Queens of the Stone Age, et The Prodigy.

Pitchfork

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Parmi les têtes d'affiche de cette année, Bon Iver. (Photo fournie)

Où? Chicago, États-Unis.

Quand? Du 21 au 23 juillet.

Quoi? Pitchfork, qui s'est imposé comme l'un des meilleurs festivals pour découvrir de nouveaux talents américains, attire également des artistes de renom à l'Union Park de Chicago. Les têtes d'affiche de cette année sont The Smile (Thom Yorke et Jonny Greenwood de Radiohead avec le batteur Tom Skinner), le trio folk-rock Big Thief, et Bon Iver (photo).

Autres spectacles à voir absolument: Alvvays, Perfume Genius, Rachika Nayar, Yaya Bey, Soul Glo, et Killer Mike.

Womad

Où? Malmesbury, Royaume-Uni.

Quand? Du 27 au 30 juillet.

Quoi? Le prestigieux festival de musique du monde offre au public la chance de découvrir quelques talents exceptionnels en dehors des Occidentaux traditionnels. L'événement de trois jours de cette année comprend des talents régionaux comme l'icône algérienne Souad Massi et l'excellent trio palestinien 47Soul. Les têtes d'affiche sont Femi Kuti and the Positive Force, Bombay Bicycle Club, The Cinematic Orchestra, Emicida, Soul II Soul, Mariza et Kate Rusby.

Autres spectacles à voir absolument: Tank and the Bangas, et le Ukulele Death Squad d'Australie, avec un nom qu’il porte à merveille, et qui se présente comme «le groupe d’ukulélé le plus dangereux au monde».

Sziget

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Parmi les têtes d'affiche de cette année, Lorde. (Photo fournie)

Où? Budapest, Hongrie.

Quand? Du 10 au 16 août.

Quoi? Il y a peu de décors plus magnifiques pour un festival que celui-ci: l'ancienne île de Buda sur le Danube. Avec plus de 1 000 représentations chaque année, Sziget, qui est l'un des plus grands festivals de musique d'Europe, est souvent surnommé «Europe's Burning Man», grâce à ses nombreuses et curieuses caractéristiques, dont un parc d'attractions très étrange. Les têtes d'affiche cette année sont Florence and the Machine, Imagine Dragons, David Guetta, Mumford and Sons, Lorde (photo), et Billie Eilish.

Autres spectacles à voir absolument: Sleaford Mods, Arlo Parks, M83, Yungblud, Sam Fender, Foals, et Bonobo.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Plus de 300 candidatures, sept finalistes : JD Malat Gallery met à l’honneur la scène artistique des Émirats

Les œuvres des sept artistes retenus dans le cadre de l’initiative « Made in the UAE » seront présentées à la JD Malat Gallery Dubai à partir du 11 juin 2026. (fournie)
Les œuvres des sept artistes retenus dans le cadre de l’initiative « Made in the UAE » seront présentées à la JD Malat Gallery Dubai à partir du 11 juin 2026. (fournie)
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  • JD Malat Gallery Dubai a sélectionné sept artistes résidant aux Émirats arabes unis parmi plus de 300 candidatures reçues dans le cadre de l’appel à projets « Made in the UAE »
  • Leurs œuvres seront présentées lors d’une exposition collective qui ouvrira le 11 juin 2026 à Downtown Dubai, mettant en lumière la diversité de la scène artistique contemporaine du pays

DUBAÏ: JD Malat Gallery Dubai a annoncé les sept artistes retenus dans le cadre de « Made in the UAE », une initiative curatoriale destinée à mettre en lumière des talents qui contribuent à façonner le paysage culturel contemporain des Émirats arabes unis.

Lancé en octobre 2025, l’appel à candidatures a suscité un vif intérêt à travers le pays, avec plus de 300 candidatures reçues de la part d’artistes résidant dans les différents émirats. À l’issue du processus de sélection, sept finalistes ont été retenus pour participer à une exposition collective qui ouvrira ses portes le 11 juin 2026 au sein de la galerie, située à Downtown Dubai.

Les artistes sélectionnés sont Ahmed Emad (EAU/Égypte), Anila Ashraf (Pakistan), Camelia Mohebi (EAU), Elizaveta Pugacheva (Russie), Samo Shalaby (Égypte/Palestine), Sasan Nasernia (Iran) et Yousif Albadi (Soudan).

De la peinture à la sculpture en passant par des techniques mixtes, leurs travaux explorent des thèmes tels que l’identité, la mémoire, la matérialité et les échanges culturels. Ensemble, ils offrent un aperçu de la richesse et de l’évolution de la scène artistique contemporaine des Émirats.

La sélection a été effectuée par un jury réunissant des figures du monde de l’art et de la culture dans la région, dont Zina Khair, cofondatrice de la Khair Art Collection, Roxane Zand, fondatrice de Zand Fine Arts et ancienne vice-présidente de Sotheby’s pour le Moyen-Orient, Ali Mohammadioun, collectionneur, curateur et fondateur d’E Plus A Atelier, ainsi que Jean-David Malat, fondateur de JD Malat Gallery.

Face à la qualité des candidatures reçues, le jury a décidé d’élargir la sélection initialement envisagée afin d’inclure sept artistes.

« Le niveau des candidatures était exceptionnel et témoigne de la profondeur des talents qui participent aujourd’hui au dynamisme culturel des Émirats arabes unis », a déclaré Jean-David Malat.

« Au-delà de la qualité des œuvres, c’est la diversité des perspectives et des parcours qui a particulièrement retenu notre attention. Ces artistes incarnent l’identité internationale et plurielle qui fait de Dubaï une ville créative unique, » a-t-il ajouté.

 


Un couple saoudien transforme des matériaux du quotidien en œuvres d’art

Hussain Al-Sadah et Sahar Al-Omair transforment des matériaux ordinaires en œuvres d’art complexes qui explorent la mémoire, la culture, les changements environnementaux et les liens humains. (Fourni)
Hussain Al-Sadah et Sahar Al-Omair transforment des matériaux ordinaires en œuvres d’art complexes qui explorent la mémoire, la culture, les changements environnementaux et les liens humains. (Fourni)
Hussain Al-Sadah et Sahar Al-Omair transforment des matériaux ordinaires en œuvres d’art complexes qui explorent la mémoire, la culture, les changements environnementaux et les liens humains. (Fourni)
Hussain Al-Sadah et Sahar Al-Omair transforment des matériaux ordinaires en œuvres d’art complexes qui explorent la mémoire, la culture, les changements environnementaux et les liens humains. (Fourni)
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  • Hussain Al-Sadah et Sahar Al-Omair partagent un langage artistique façonné par la curiosité et la collaboration
  • Sahar Al-Omair : « Notre philosophie artistique repose sur une compréhension profonde du pouvoir de l’ordinaire et du potentiel collectif humain. »

DJEDDAH : Les artistes saoudiens Hussain Al-Sadah et Sahar Al-Omair trouvent de la beauté là où on l’attend le moins.

Depuis leur atelier installé dans leur maison de la province orientale, ce duo mari et femme a développé une pratique artistique fondée sur des milliers d’objets du quotidien que beaucoup ignorent ou jettent : clous, punaises, vis, grains de café et plaques de métal rouillées.

Grâce à des processus minutieux pouvant nécessiter plusieurs mois de travail, ils transforment ces matériaux ordinaires en œuvres complexes qui explorent la mémoire, la culture, les mutations environnementales et les liens humains.

Au cœur de leur démarche se trouve la conviction que la valeur existe souvent dans des éléments que l’on ne remarque pas. « Notre philosophie artistique repose sur une compréhension profonde du pouvoir de l’ordinaire et du potentiel collectif humain », a déclaré Al-Omair à Arab News.

« Chaque punaise, chaque clou ou chaque perle peut sembler insignifiant pris isolément. Pourtant, lorsque des milliers d’entre eux sont assemblés avec soin, ils se transforment en quelque chose de magnifique. 

À travers notre travail, nous montrons comment des éléments négligés ou considérés comme “imparfaits” peuvent s’unir pour composer de remarquables harmonies visuelles, tout comme les actions individuelles, lorsqu’elles sont coordonnées, peuvent accomplir des réalisations extraordinaires. » 

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Hussain Al-Sadah et Sahar Al-Omair transforment des matériaux ordinaires en œuvres d’art complexes qui explorent la mémoire, la culture, les changements environnementaux et les liens humains. (Fourni)

Cette philosophie dépasse largement le choix des matériaux. Nombre de leurs œuvres abordent la mémoire collective, les transformations environnementales, l’identité culturelle et des récits humains oubliés, souvent au travers de processus exigeants qui brouillent les frontières entre démarche artistique, recherche et ingénierie.

L’un de leurs projets les plus ambitieux consistait à réaliser un portrait à partir de 13 000 grains de café usagés. Pour obtenir la gamme de tons nécessaire, les artistes ont passé deux mois à torréfier eux-mêmes les grains, traitant ce processus comme un peintre mélange ses couleurs.

« Nous avons acheté une petite torréfaction et torréfié les grains selon différentes nuances, quelques secondes seulement séparant une teinte d’une autre », explique Al-Omair.

« Nous sommes finalement parvenus à obtenir neuf nuances distinctes, puis nous avons classé les grains comme dans une bibliothèque de couleurs. Les torréfactions légères servaient aux tons beige chaud et brun doux, les torréfactions moyennes aux teintes terreuses plus riches, et les plus foncées aux ombres profondes et aux contrastes. Chaque variation comptait, ce qui a rendu le processus extrêmement expérimental et détaillé. »

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(Fourni)

Leurs œuvres monumentales réalisées avec des clous exigent un niveau de précision similaire. Certaines pièces intègrent plus de 100 000 clous, obligeant Al-Sadah à calculer les dimensions, la répartition du poids et les charges structurelles avant même le début de la production.

« Au départ, ce n’était pas facile du tout », a confié Al-Sadah à Arab News. « Nous ne savions pas par où commencer ni à qui demander conseil. Il a fallu énormément de recherches, vraiment énormément.

Je pense que cette difficulté a été une bénédiction, car elle nous a poussés à expérimenter et à faire preuve de créativité avec les connaissances dont nous disposions. Je suis certain qu’il existe des méthodes plus rapides ou plus simples, mais comme nous ne les connaissions pas, nous avons dû inventer nos propres procédés. »

Le langage visuel des artistes est également profondément influencé par leur environnement dans la région de Qatif, un territoire historiquement marqué par ses oasis, ses palmeraies et son héritage agricole.

« Le calme de l’oasis, la densité des palmiers, les paysages désertiques et les vestiges de l’architecture ancienne ont forgé en nous chez nous une mémoire visuelle très forte », explique Al-Omair.

Elle ajoute que voir nombre de ces éléments disparaître progressivement au fil du temps a eu un impact émotionnel profond sur eux et continue d’influencer leur travail.

Leur prochaine exposition, par exemple, utilisera de la rouille récupérée sur des tôles ondulées en zinc qui dissimulent aujourd’hui les vestiges de la source historique de Darosh, une source d’eau vieille de 2 000 ans dont le déclin est devenu un symbole des transformations environnementales de la région.

« Ce n’est pas la première fois que nous travaillons avec des matériaux considérés comme “laids” ou sans valeur pour les présenter comme des œuvres dignes d’attention », souligne Al-Sadah.

« Le matériau porte déjà sa propre beauté, son histoire et sa présence ; nous ne faisons que les révéler. Ce qui nous intéresse, c’est l’authenticité de la surface elle-même : les textures, les taches, l’érosion, les traces du temps et de l’abandon. Même les dégradations acquièrent une signification visuelle et émotionnelle », explique-t-il.

Le couple s’est rencontré lors d’un atelier artistique en 2021 et a rapidement découvert un langage créatif commun malgré des parcours différents. Al-Sadah travaillait le bois et l’art numérique, tandis qu’Al-Omair se consacrait au dessin et à la composition visuelle.

« Lorsque nous avons commencé à travailler ensemble, la collaboration nous a semblé très naturelle ; notre manière de penser était étonnamment similaire », raconte Al-Omair.

« Nous étions tous deux passionnés par la narration et les détails. Alors que nous discutions d’une œuvre à ses débuts, nous nous sommes retrouvés à la réaliser entièrement ensemble. Depuis, nous travaillons comme un duo d’artistes », ajoute-t-elle.

Aucun des deux n’a suivi de formation artistique formelle, une réalité qui, selon eux, a nourri leur esprit d’expérimentation.

« Comme nous n’avions ni mentors ni cadres établis sur lesquels nous appuyer, nous avons été poussés vers une approche beaucoup plus expérimentale », explique Al-Sadah. « Nous avons dû tout apprendre par nous-mêmes, ce qui a façonné une grande partie de notre démarche. D’une certaine manière, nous nous estimons chanceux d’avoir bénéficié de cette indépendance, même si elle s’accompagnait d’incertitudes. »

Depuis leur mariage en 2022, le couple a réalisé entre 20 et 30 œuvres collaboratives, dont beaucoup nécessitent des mois de recherche, de tests de matériaux et de fabrication.

Au fil du temps, ils ont constitué une communauté fidèle de collectionneurs qui découvrent souvent leur travail directement dans leur atelier.

« Les gens ne viennent pas seulement acheter une œuvre terminée », explique Al-Sadah. « Ils assistent souvent à des fragments du processus, aux expérimentations, aux échecs, aux matériaux et aux histoires qui se cachent derrière chaque réalisation. Cela suscite un lien émotionnel différent avec l’œuvre lorsqu’elle rejoint leur foyer. »

Bien qu’ils soient ouverts à des expositions sur de grandes scènes internationales, ils restent profondément attachés aux paysages, à l’histoire et aux transformations en cours de l’Arabie saoudite.

« Même si nos œuvres voyagent à l’international à l’avenir, nous ne considérons pas cela comme incompatible avec la préservation ou la mise en valeur des récits saoudiens », affirme Al-Sadah.

« D’une certaine manière, plus notre travail est enraciné dans notre environnement et nos expériences, plus il semble toucher un public universel. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, autrice de «Persepolis», est décédée

 L'artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, qui s'est fait mondialement connaître avec la bande dessinée et le film "Persepolis", est décédée à Paris à l'âge de 56 ans, a appris l'AFP jeudi auprès de son entourage. (AFP)
L'artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, qui s'est fait mondialement connaître avec la bande dessinée et le film "Persepolis", est décédée à Paris à l'âge de 56 ans, a appris l'AFP jeudi auprès de son entourage. (AFP)
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  • Adversaire acharnée des autorités de Téhéran, Marjane Satrapi avait refusé la Légion d'honneur française en 2025 pour dénoncer "l'attitude hypocrite de la France vis-à-vis de l'Iran"
  • "Depuis un moment, j'ai réellement du mal à comprendre la politique de la France vis-à-vis de l'Iran", avait-elle expliqué sur Instagram, regrettant que de "jeunes Iraniens épris de liberté, des dissidents, des artistes, se voient refuser des visas"

PARIS: L'artiste franco-iranienne Marjane Satrapi, qui s'est fait mondialement connaître avec la bande dessinée et le film "Persepolis", est décédée à Paris à l'âge de 56 ans, a appris l'AFP jeudi auprès de son entourage.

"Marjane Satrapi morte de tristesse un peu plus d'un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l'amour de sa vie", indique un communiqué de ses proches transmis à l'AFP. Producteur, acteur et scénariste, Mattias Ripa est mort le 8 avril 2025.

Exilée en France depuis 1994, naturalisée française en 2006, Marjane Satrapi avait connu la consécration avec la saga autobiographique "Persepolis" dans laquelle elle racontait son enfance en Iran sous le joug des mollahs, la répression subie par le peuple iranien et son douloureux départ vers l'Europe.

Primé en 2001 au festival de BD d'Angoulême, le premier volet avait été suivi de trois autres et porté à écran par Marjane Satrapi en 2007, avec Vincent Paronnaud à la co-réalisation, décrochant le prix du jury du festival de Cannes en 2007. "Même si ce film est universel, je tiens à le dédier à tous les Iraniens", avait alors déclaré Marjane Satrapi, qui a, ces dernières années encore, dénoncé les agissements de la République islamique d'Iran.

En 2005, un autre de ses albums situé en Iran, "Poulet aux Prunes", avait décroché le prix du meilleur album à Angoulême et Marjane Satrapi avait également co-réalisé son adaptation au cinéma en 2011 avec, au casting Mathieu Amalric, Edouard Baer, Maria de Medeiros.

Adversaire acharnée des autorités de Téhéran, Marjane Satrapi avait refusé la Légion d'honneur française en 2025 pour dénoncer "l'attitude hypocrite de la France vis-à-vis de l'Iran", qui connaissait alors une nouvelle vague de répression.

"Depuis un moment, j'ai réellement du mal à comprendre la politique de la France vis-à-vis de l'Iran", avait-elle expliqué sur Instagram, regrettant que de "jeunes Iraniens épris de liberté, des dissidents, des artistes, se voient refuser des visas".

"Le refus de la Légion d'honneur n'est en aucun cas une action ou une pensée contre la France. Bien au contraire, j'aime profondément ce pays qui est le mien", avait-elle précisé.

Son compte Instagram portait la trace du chagrin causé par la perte de son mari en 2025. Réparti sur plusieurs posts, un message proclamait ainsi: "I Lost the love of my life" (j'ai perdu l'amour de ma vie).