Le rôle des pères saoudiens évolue à mesure que les femmes arrivent sur le marché du travail

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Publié le Vendredi 16 juin 2023

Le rôle des pères saoudiens évolue à mesure que les femmes arrivent sur le marché du travail

  • À l'approche de la fête des Pères, les Saoudiens saluent l'évolution du rôle des pères dans la société
  • Les rôles traditionnels du père soutien de famille, garant de la discipline, et de la mère femme au foyer sont révolus

RIYAD: Soutien de famille, protecteur, leader, éducateur et assistant: ces rôles sont historiquement perçus comme ceux d'un père. Mais les réformes culturelles et sociales en Arabie saoudite et la participation accrue des femmes à la vie active ont redéfini le rôle du père dans le Royaume.

À l'approche de la fête des Pères, qui a lieu le 18-Juin, les Saoudiens saluent l'évolution du rôle des pères dans la société, alors que le Royaume connaît une période intense de changements sociaux et culturels.

«Aujourd'hui, on voit rarement des pères qui passent la majorité de leur temps au travail et ne voient leurs enfants que le week-end. C’était ce que faisait mon père, qu'Allah le bénisse», confie Hala Al-Subaie, 37 ans, mère de deux enfants et comptable.

«À l'époque, les pères étaient les seuls à avoir la responsabilité de subvenir aux besoins de la famille et ils voulaient s'assurer que leurs enfants avaient tout ce dont ils avaient besoin. Je suppose que c'était leur façon d'aimer, à l'époque», explique-t-elle.

La paternité moderne se présente sous différentes formes. Les rôles traditionnels du père soutien de famille, garant de la discipline, et de la mère femme au foyer sont révolus.

«Il est courant de voir un père au parc avec ses enfants ou en train de pousser une poussette dans la rue», remarque Remaz, mère de famille et pharmacologue, qui habite Dhahran.

Elle ajoute: «Après ma longue garde à l'hôpital, j'emmène ma fille au parc parce que je culpabilise de ne pas l'avoir vue de la journée. Et là, je vois des pères avec leurs enfants, certains qui jouent avec eux, d'autres qui, assis sur un banc, les surveillent.»

Les femmes en Arabie saoudite et la Vision 2030

L'autonomisation des femmes dans le cadre de Vision 2030, qui comprend des mesures visant à développer leur inclusion économique et à promouvoir une égalité cohésive entre les hommes et les femmes dans la société, a modifié le rôle traditionnel d'un père saoudien.

Lors de la 52e session du Conseil des droits de l'homme des nations unies, la présidente de la Commission saoudienne des droits de l'homme, Hala al-Tuwaijri, a révélé que la part des femmes employées dans le Royaume était passée de 21% à 35% en cinq ans grâce aux efforts déployés par le Royaume pour stimuler la participation des femmes au marché du travail.

Les mères étant aujourd'hui des pourvoyeuses essentielles, les pères ont commencé à assumer des rôles très différents de ceux des hommes des générations précédentes.

Aujourd'hui, les pères participent plus activement à l'éducation des enfants, que ce soit en accompagnant leur femme lors de l'accouchement ou en s'impliquant simplement davantage au quotidien.

«Être appelé “père” et être père sont deux choses différentes, ce dont je me suis rendu compte en le devenant moi-même», indique Omar al-Khaldi.

Ce dernier ajoute: «J'aime être impliqué dans tous les volets de la vie de ma fille. Je veux pouvoir créer de bons souvenirs avec elle, je veux qu'elle soit fière de moi. Cela nécessite certainement de l'amour, de la confiance et de l'affection, quelque chose qui va au-delà du simple fait d'être l'un des pourvoyeurs de la famille.»

Les pères d'aujourd'hui se réjouissent des changements intervenus dans le Royaume et attachent beaucoup d’importance au fait d’éduquer leurs enfants différemment de la manière dont ils ont été eux-mêmes élevés.

Un père impliqué est une figure qui s'engage émotionnellement, participe à l'éducation des enfants et exerce une influence sur les différentes décisions que cette tâche implique. Il fait également la cuisine, change les couches et veille à ce que tous les besoins des enfants soient satisfaits.

L’investissement des pères dans la vie de leurs enfants, par exemple dans l'éducation, peut avoir un impact durable et positif sur leurs résultats scolaires.

«Il était important pour moi d'avoir un père impliqué pour mes enfants. En tant que spécialiste du développement de l'enfant et enseignante en deuxième année de maternelle, je parviens à distinguer les enfants qui ont une figure paternelle impliquée de ceux qui n'en ont pas», explique Raghad Saïd, qui vit à Riyad.

«Les effets, positifs ou négatifs, peuvent également avoir des répercussions sur leur vie.»

Lorsqu’un père est impliqué, d’autres effets positifs sont à noter: des niveaux plus élevés de sociabilité, de confiance et d'empathie, des liens familiaux renforcés et une amélioration des capacités cognitives de l'enfant, en particulier dans le développement de la petite enfance.

Le rôle du père est irremplaçable et sa présence aimante est nécessaire dans la vie des enfants.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".

 

 


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.