Climat, pauvreté: la France prône une réforme du système financier mondial

Des manifestants se rassemblent lors d'une manifestation pour le climat organisée par deux organisations de jeunes, "Youth for climate" et "Les Jeunes Ecologistes", à Bordeaux (France), le 23 septembre 2022. (AFP).
Des manifestants se rassemblent lors d'une manifestation pour le climat organisée par deux organisations de jeunes, "Youth for climate" et "Les Jeunes Ecologistes", à Bordeaux (France), le 23 septembre 2022. (AFP).
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Publié le Vendredi 16 juin 2023

Climat, pauvreté: la France prône une réforme du système financier mondial

  • Restructuration de la dette, droits de tirage spéciaux, fonds souverains et banques multilatérales: les discussions les 22 et 23 juin à Paris entre une centaine de pays s'annoncent techniques et arides
  • Pour l'instant, l'attention se concentre sur une mesure qui pourrait sortir revigorée du rendez-vous parisien: une taxe internationale sur les émissions de carbone de l'industrie du transport maritime

PARIS : La France a présenté vendredi les objectifs ambitieux du Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, qu'elle organise la semaine prochaine dans l'espoir de contribuer à une "véritable transformation du système" afin de lutter "en même temps" contre le changement climatique et la pauvreté.

Restructuration de la dette, droits de tirage spéciaux, fonds souverains et banques multilatérales: les discussions les 22 et 23 juin à Paris entre une centaine de pays, dont une cinquantaine représentés par leur chef d'Etat ou de gouvernement, s'annoncent techniques et arides.

D'autant plus que, de l'aveu même de la présidence française, la France seule "n'a pas la capacité de décider" et veut davantage servir de "plateforme" pour avancer sur tous ces sujets, qui devraient déboucher sur une "feuille de route".

Du coup, le président français Emmanuel Macron, à l'origine de cette initiative lancée en novembre avec la Première ministre de la Barbade Mia Mottley lors de la COP27 en Egypte, devrait mettre l'accent sur la nécessité d'un "choc de financement" pour démontrer que "personne" n'aura "à choisir entre lutter contre la pauvreté et les inégalités et investir pour protéger la planète".

A défaut de décision formelle à Paris, la priorité française est de donner un "impetus", "une dynamique, un élan politique" à des solutions qui sont parfois embourbées dans des tractations très techniques.

Taxation sur le maritime

Pour l'instant, l'attention se concentre sur une mesure qui pourrait sortir revigorée du rendez-vous parisien: une taxe internationale sur les émissions de carbone de l'industrie du transport maritime "qui est aujourd'hui complètement exempte de taxation que ce soit sur ses revenus ou ses émissions", relève-t-on côté français.

"Les besoins sont tellement énormes", qu'on "a besoin de ressources nouvelles", a souligné une conseillère d'Emmanuel Macron. "On espère qu'à Paris on aura donné un vrai élan politique" à cette taxe "portée depuis dix ans par les îles Marshall et les îles Salomon", a-t-elle ajouté.

Deux semaines avant une réunion cruciale de l'Organisation maritime internationale (OMI), l'espoir est de lui donner "un écho nouveau" pour "déboucher sur une décision ambitieuse".

Au-delà, en présence de nombreux représentants de la société civile, il s'agira donc de phosphorer à une "refondation" des institutions financières nées à Bretton Woods, aux Etats-Unis, à l'issue de la Seconde Guerre mondiale.

Le nouveau président de la Banque mondiale Ajay Banga et la directrice générale du Fonds monétaire international Kristalina Georgieva seront présents au sommet qu'ils pourront utiliser pour "réaccorder leurs violons sur leurs mandats respectifs" et "clarifier" leur "feuille de route", espère-t-on à l'Elysée. Là aussi, l'objectif est de parvenir, avec la même mise de départ en argent public, à mobiliser beaucoup plus de ressources.

Au centre du jeu également, le rôle de prêteurs des banques multilatérales de développement, bailleurs de fonds des pays les plus vulnérables, de l'Afrique sub-saharienne à l'Amérique latine.

Plusieurs dirigeants de pays du "Sud global", non alignés sur les positions occidentales, seront aussi présents.

Le président brésilien Lula, qui "incarne" selon Paris "cette conjugaison de la lutte contre la pauvreté et pour la protection de la planète", le prince héritier Mohammed Ben Salmane d'Arabie saoudite ou encore le Premier ministre chinois Li Qiang, qui participera à la clôture du sommet et est très attendu sur le dossier de la restructuration de la dette de certains pays africains comme la Zambie, ont tous confirmé leur présence.

Ce sera l'occasion pour Emmanuel Macron, qui multipliera les apartés et recevra tous les invités jeudi soir pour un dîner à l'Elysée, d'afficher ses efforts afin d'arrimer les pays émergents aux discussions globales. Et aussi pour continuer de tenter de les convaincre de faire pression sur la Russie afin qu'elle cesse sa guerre en Ukraine.


Ormuz: la France va prendre «une initiative» à l'ONU sur sa proposition de mission «neutre», dit Macron

La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. (AFP)
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  • La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique"
  • "On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran"

NAIROBI: La France va "prendre une initiative aux Nations unies" pour proposer un "cadre" en vue d'une mission "totalement neutre et pacifique" pour une future sécurisation du détroit d'Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale.

"On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d'Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d'exigence à l'égard de l'Iran", a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d'un sommet franco-africain. Il a déploré "une escalade dans les déclarations" côtés américain et iranien.

 


Après un premier cas positif à l'hantavirus, les règles d'isolement durcies en France

La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, arrive à l’Hôtel Matignon pour évaluer la situation concernant l’hantavirus lors d’une réunion avec le Premier ministre français, à Paris, le 11 mai 2026. (AFP)
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  • La France a renforcé les mesures d’isolement après qu’une passagère rapatriée d’une croisière a été testée positive à l’hantavirus Ande
  • Tous les cas contacts identifiés seront désormais placés en quarantaine hospitalière renforcée pendant 42 jours, tandis que l’OMS estime que le risque épidémique reste faible

PARIS: Les règles d'isolement ont été durcies en France avec l'annonce d'une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier" pour tous les cas contacts, après le test positif à l'hantavirus d'une passagère d'un bateau de croisière, hospitalisée "dans un état stable" à Paris selon le gouvernement.

Sur les cinq passagers français rapatriés dimanche et placés à l'isolement à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé" dans la nuit de dimanche à lundi et les "tests sont revenus positifs", a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist lundi matin sur France Inter.

Le Premier ministre a précisé lundi soir sur le réseau social X qu'elle se trouvait "toujours en réanimation dans un état stable". Son état de santé est "très critique", a indiqué de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence de presse lundi.

Les quatre autres passagers sont "toujours testés négatifs" et font l'objet "d'un processus d'isolement renforcé en milieu hospitalier", a ajouté Sébastien Lecornu.

Par ailleurs, aucun des huit "cas contacts à haut risque", des Français qui ont partagé le vol d’une personne malade il y a 15 jours, "ne présente de symptômes", selon le chef du gouvernement.

Toutefois, il annonce "pour tous les cas contacts, sans exception", une "quarantaine renforcée en milieu hospitalier", dans son message posté à l'issue d'une réunion interministérielle à Matignon.

- 22 cas contacts -

La ministre de la Santé faisait état lundi matin d'un total de 22 cas contacts identifiés: les huit passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg et 14 autres à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam du même jour. Une croisiériste néerlandaise, infectée et depuis décédée, avait voyagé à bord du premier vol et était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé.

Cette annonce du Premier ministre durcit pour ces cas contacts les règles fixées dans un décret publié dans la nuit de dimanche à lundi au Journal officiel: il leur était jusqu'ici d'abord demandé de se signaler "sans délai" et d'observer une "mesure de quarantaine à domicile dans l'attente d'une évaluation de leur risque d'infection".

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont décédées: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

La variante du virus détectée à bord du MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu et son taux de létalité peut dépasser les 40% selon les spécialistes.

- "Agir tout au début" -

L'OMS se veut rassurante devant le "faible" niveau de risque épidémique, le virus étant moins contagieux que le Covid-19.

"Ce qui est important, c'est d'agir tout au début", a insisté la ministre de la Santé, "c'est-à-dire de briser les chaînes de transmission du virus".

Deux réunions interministérielles sur l'hantavirus auront d'ailleurs lieu chaque jour à Matignon, a indiqué le Premier ministre qui a aussi reçu lundi soir des spécialistes de l'épidémiologie.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon sur BFMTV, appelant à "ne pas créer de panique".

La ministre de la Santé a une nouvelle fois assuré que la France disposait des stocks nécessaires de masques et de tests.

"J'ai évidemment demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez" mais "l'organisation depuis le Covid a permis de faire en sorte que nous avons assez de stocks de masques, de stocks de tests", a-t-elle dit.

Selon l'OMS, tous les occupants du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque" et devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.