Le Mali ne veut plus des Casques bleus, rendant leur mission «presque impossible»

Un casque bleu sénégalais, membre des forces de maintien de la paix de l'ONU, se tient à côté d'un véhicule blindé des Nations Unies dans le village d'Ogossagou, dans la région de Mopti, le 5 novembre 2021. (Photo, AFP)
Un casque bleu sénégalais, membre des forces de maintien de la paix de l'ONU, se tient à côté d'un véhicule blindé des Nations Unies dans le village d'Ogossagou, dans la région de Mopti, le 5 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 16 juin 2023

Le Mali ne veut plus des Casques bleus, rendant leur mission «presque impossible»

  • Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, soulignant qu'un statu quo n'était pas viable, avait en janvier mis sur la table trois options, d'une augmentation des effectifs à un retrait total des troupes si des conditions clés n'étaient pas remplies
  • La réunion de vendredi a montré une nouvelle fois les divisions au sein du Conseil de sécurité sur l'avenir de la Minusma

NATIONS UNIES: Le Mali a réclamé vendredi devant le Conseil de sécurité de l'ONU le "retrait sans délai" de la mission des Nations unies sur son territoire (Minusma), qui selon son chef devient ainsi "presque impossible".

"Le réalisme impose le constat de l'échec de la Minusma dont le mandat ne répond pas au défi sécuritaire", a déclaré le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop devant les membres du Conseil qui doivent se prononcer le 29 juin sur un renouvellement du mandat de la mission de maintien de la paix qui expire à la fin du mois.

"La Minusma semble devenir partie du problème en alimentant les tensions communautaires", et cela engendre un sentiment de méfiance des populations à l'égard de la Minusma et une crise de confiance entre les autorités maliennes et la Minusma", a-t-il insisté, à deux jours du référendum organisé par la junte sur une nouvelle constitution.

Alors "le gouvernement du Mali demande le retrait sans délai de la Minusma. Cependant le gouvernement est disposé à coopérer avec les Nations unies dans cette perspective", a déclaré le ministre, rejetant toutes les options d'évolution du mandat de la mission proposées par le secrétaire général de l'ONU.

Ces déclarations posent des questions sérieuses sur l'avenir de la mission et de ses plus de 12.000 militaires et policiers.

La renouveler ou non "est une décision qui doit être prise par le Conseil" de sécurité, a noté le chef de la Minusma, El Ghassim Wane.

Mais "le maintien de la paix est basé sur le principe du consentement du pays hôte, et sans ce consentement, les opérations sont presque impossibles" a-t-il déclaré à la presse.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, soulignant qu'un statu quo n'était pas viable, avait en janvier mis sur la table trois options, d'une augmentation des effectifs à un retrait total des troupes si des conditions clés n'étaient pas remplies, notamment la circulation sans entrave des Casques bleus et l'avancée de la transition politique.

En début de semaine, il a finalement recommandé au Conseil la solution intermédiaire: une "reconfiguration" de la mission pour la concentrer, à effectifs constants, sur un nombre limité de priorités.

Wagner, "pas la réponse" 

La réunion de vendredi a montré une nouvelle fois les divisions au sein du Conseil de sécurité sur l'avenir de la Minusma, créée en 2013 pour aider à stabiliser un Etat menacé d'effondrement sous la poussée jihadiste, protéger les civils, contribuer à l'effort de paix, défendre les droits humains...

Plusieurs pays (France, Etats-Unis, Royaume-Uni...) ont apporté leur soutien à la Minusma.

"C'est un enjeu important pour le Mali mais aussi pour la stabilité de toute la région", a souligné l'ambassadeur français Nicolas de Rivière.

Selon le dernier rapport d'Antonio Guterres, les pays de la région sont également "favorables" à son maintien.

Et les trois pays africains membres du Conseil de sécurité (Mozambique, Ghana et Gabon) ont eux estimé vendredi que sa poursuite, "en coopération étroite avec les autorités maliennes, est essentielle pour consolider les avancées vers une paix durable".

Mais la Russie, qui dispose d'un droit de veto au Conseil, a elle apporté son soutien à la junte malienne, qui s'est tournée militairement et politiquement vers Moscou.

"Nous pensons que toute proposition ici devrait être basée sur l'opinion du pays hôte", a déclaré l'ambassadeur russe Vassili Nebenzia.

"Le vrai problème n'est pas le nombre de Casques bleus mais leur fonction. L'une des tâches clé du gouvernement malien est la lutte contre le terrorisme, ce qui n'est pas dans le mandat des Casques bleus", a-t-il une nouvelle fois regretté.

Comme le Mali, il a également jugé "ouvertement biaisé" le rapport du haut commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU sur l'opération antijihadiste à Moura en 2022.

Ce rapport accuse l'armée malienne et des combattants "étrangers" d'y avoir exécuté au moins 500 personnes. Si l'ONU n'identifie pas ces "étrangers", les Occidentaux accusent directement la société privée de sécurité russe Wagner.

"C'est aux autorités maliennes de transition de choisir ses partenaires mais soyons clairs, le groupe Wagner, qu'il opère indépendamment ou sous le contrôle direct de Moscou, n'est pas la réponse. Ni au Mali ni ailleurs", a déclaré vendredi l'ambassadeur britannique adjoint James Kariuki.


Le roi Charles à New York pour célébrer les liens entre Royaume-Uni et Etats-Unis

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche. (AFP)
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  • Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis
  • Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans

NEW YORK: Charles III se rend mercredi à New York pour assister à une cérémonie au mémorial du 11-Septembre et célébrer les liens culturels et économiques entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis à un moment de tensions entre les deux alliés historiques.

Ce troisième jour de la visite d'Etat du roi intervient au lendemain d'un discours devant le Congrès américain, le premier pour un souverain britannique depuis 1991, et d'un banquet à la Maison Blanche.

Mercredi, Charles III et la reine Camilla commenceront leur visite à New York par une cérémonie de dépôt de gerbe au mémorial des attentats du 11 septembre 2001, qui ont tué près de 3.000 personnes il y a 25 ans. Le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, sera présent.

"Cette tragédie a été un moment fondateur pour l'Amérique, et votre douleur, votre choc a été ressenti de par le monde", a déclaré mardi le souverain devant les parlementaires américains.

"Nous nous sommes alors tenus à vos côtés. Et nous sommes aujourd'hui a vos côtés pour se souvenir de ce jour qui ne devra jamais être oublié", a ajouté Charles III à la tribune du Congrès, avant d'appeler Washington à rester fidèle à ses alliés occidentaux et lancé quelques critiques voilés à l'attention de Donald Trump.

Winnie l'ourson 

Il rencontrera ensuite des secouristes du 11-Septembre et des familles de victimes, avant d'aller visiter un projet de ferme urbaine.

Pendant ce temps, Camilla va célébrer le 100e anniversaire de Winnie l'ourson à la bibliothèque municipale de New York en offrant un jouet à l'effigie de Petit Gourou, un autre personnage de cet univers.

Le roi doit ensuite participer à un événement économique centré sur la coopération entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en présence d'investisseurs et de patrons d'entreprises.

Donald Trump a laissé planer mi-avril la menace d'un retrait des Etats-Unis de l'accord conclut avec Londres sur les droits de douane, arme économique favorite d'un président américain résolument protectionniste.

Le milliardaire républicain est agacé par la réticence du gouvernement britannique à aider Washington dans sa guerre contre l'Iran menée avec Israël.

En fin de journée, Charles III se rendra à une réception pour son association d'aide à la jeunesse, The King's Trust. Le couple royal reviendra à Washington jeudi avant de se rendre sur le territoire britannique des Bermudes.

Cette visite d'Etat de plusieurs jours devait aider à recoller les morceaux d'une "relation spéciale" fissurée par les désaccords politique entre Donald Trump et le Premier ministre travailliste Keir Starmer à propos de la guerre en Iran.

En cette année qui marque le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance, par laquelle des colonies britanniques sont devenues les Etats-Unis d'Amérique, le président républicain a affiché sa fascination pour la monarchie en recevant le chef d'Etat britannique avec tous les honneurs: militaires en tenue d'apparat, fanfare, 21 coups de canon et survol de la Maison Blanche par des avions de combat.


Le chef du Pentagone va s'expliquer sur la guerre en Iran devant les députés américains

 Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit. (AFP)
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  • Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains soient régulièrement informés
  • Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début d'un conflit qui s'enlise, malgré un cessez-le-feu prolongé par Donald Trump.

Le chef du Pentagone, très critiqué par l'opposition démocrate, fera face aux questions des membres de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants aux côtés de Dan Caine, le chef d'état-major américain.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, des parlementaires des deux bords ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fourni, alors qu'ils est d'usage que certains d'entre-eux soient régulièrement informés avec des renseignements classés secret défense.

Pete Hegseth, figure particulièrement clivante du gouvernement de Donald Trump, risque ainsi de faire face à des questions appuyées de l'opposition démocrate, alors que les conséquences économiques de la guerre se font sentir dans le monde entier et jusque dans l'opinion américaine avec une hausse des prix à la pompe.

"Le ministre Hegseth va enfin se présenter devant la Commission des forces armées de la Chambre cette semaine, a salué la députée démocrate Maggie Goodlander. Il est temps qu'il réponde d'une guerre lancée par choix".

Donald Trump et son gouvernement ont multiplié les déclarations contradictoires sur les buts de guerre de Washington et sur les manières de mettre fin au conflit.

Demande d'enquête 

Les négociations pour y mettre fin piétinent, alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis trois semaines. En attendant, Téhéran exerce un quasi-blocage de la navigation au détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que Washington a mis en place un blocus des ports iraniens.

La marine américaine a déployé trois de ses porte-avions dans la région, une première depuis plus de vingt ans.

La conduite de la guerre par Pete Hegseth irrite depuis le début les élus de l'opposition démocrate, qui ont lancé six procédures visant à le démettre de ses fonctions, sans réel espoir d'y parvenir.

Nombre de parlementaires, y compris des républicains, regrettent aussi que l'exécutif américain n'ait pas consulté davantage le Congrès avant de déclencher ce conflit, alors que la Constitution exige son accord pour formellement "déclarer" la guerre.

Les démocrates ont plusieurs fois échoué à faire passer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump en Iran.

Plus d'une dizaine d'entre eux ont aussi demandé la semaine dernière l'ouverture d'une "enquête formelle et immédiate" sur la mort de six soldats américains au Koweït dans les premiers jours du conflit, estimant que le ministre a "induit le public en erreur sur les circonstances de l'attaque".

Au total, 13 militaires américains ont été tués depuis le 28 février, et 400 ont été blessés.

Explosion du budget 

Les parlementaires pourraient aussi interroger Pete Hegseth sur le coût de la guerre, tant d'un point de vue strictement budgétaire que sur l'utilisation à grande échelle de missiles aux stocks limités, certains craignant un épuisement critique d'armements stratégiques.

L'audition porte officiellement sur la demande de l'exécutif américain d'augmenter de 42% le budget américain de la défense, déjà faramineux, pour le porter à 1.500 milliards de dollars en 2027, l'équivalent du produit intérieur brut (PIB) de l'Indonésie ou des Pays-Bas.

L'audition de mercredi pourrait aussi porter sur la vague de départ dans les plus hauts postes du Pentagone, ou sur l'utilisation de l’intelligence artificielle au sein des forces armées.

L'entreprise Anthropic est en conflit avec le ministère de la Défense pour avoir refusé que ses outils d'IA soient utilisés pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour rendre des armes totalement autonomes.


Grèce: un homme de 89 ans recherché après deux fusillades

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque. (AFP)
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  • L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source
  • Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque

ATHENES: La police grecque recherche mardi un homme de 89 ans, en fuite et soupçonné d'être l'auteur de deux fusillades dans des bâtiments publics à Athènes qui ont fait quatre blessés légers, selon l'agence de presse grecque ANA.

L'homme âgé, présenté comme souffrant de troubles psychologiques, a abandonné son arme en s'enfuyant du tribunal, dans le centre d'Athènes, où il venait de blesser légèrement trois personnes, selon la même source.

Un peu plus tôt, il avait blessé légèrement à la jambe un employé dans une antenne de la Sécurité sociale grecque.