Dans le Tarn, ces médecins retraités qui remettent la blouse

La municipalité avait songé à créer un centre de santé, mais elle a été freinée par le coût, «autour de 300 000 euros par an», déplore Gilbert Hangard, adjoint au maire en charge de la santé. (Photo, AFP)
La municipalité avait songé à créer un centre de santé, mais elle a été freinée par le coût, «autour de 300 000 euros par an», déplore Gilbert Hangard, adjoint au maire en charge de la santé. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 18 juin 2023

Dans le Tarn, ces médecins retraités qui remettent la blouse

  • Dans le Tarn, plus de 40 000 habitants assurés au régime général n'ont pas de médecin traitant, selon la Caisse primaire d'assurance maladie. La densité médicale y est inférieure de plus de 15% à la moyenne nationale
  • A Albi, principale ville du département qui comptait une soixantaine de médecins généralistes, «à peu près un tiers sont partis à la retraite depuis l'an dernier ou vont le faire cette année», précise M. Hangard, adjoint au maire en charge de la santé

ALBI: "Les patients me manquaient", confie le docteur Le Tinnier. A 70 ans, ce généraliste et plusieurs confrères sont sortis de la retraite pour créer un cabinet à Albi et ainsi éviter un désert médical dans la préfecture du Tarn.

Deux matinées par semaine, il enchaîne les consultations: une toux par ci, des béquilles par là... "C'est ma femme qui n'est pas contente", s'amuse Pierre Le Tinnier. Il avait toutefois déjà repris une activité de prévention dans un service de protection infantile en 2020, deux ans après son départ en retraite.

Dans la salle d'attente, Andrée Belieres, 83 ans, patiente. "Je suis venue la voir et je l'ai trouvée en détresse. Ca faisait trois semaines qu'elle avait mal au dos et qu'elle ne trouvait pas de docteur", explique sa fille Anne, infirmière libérale de 52 ans, qui l'accompagne.

"Moi j'ai réussi à en trouver un à Gaillac, mais il faut se taper la route (près de 30 km, ndlr). Et encore, j'ai dû supplier parce que j'avais mal", ajoute Khaled Takerboucht, plombier de 48 ans, qui attend son fils adolescent alors en consultation.

40 000 habitants sans médecin

Dans le Tarn, plus de 40 000 habitants assurés au régime général n'ont pas de médecin traitant, selon la Caisse primaire d'assurance maladie. La densité médicale y est inférieure de plus de 15% à la moyenne nationale.

A Albi, principale ville du département qui comptait une soixantaine de médecins généralistes, "à peu près un tiers sont partis à la retraite depuis l'an dernier ou vont le faire cette année", précise à l'AFP Gilbert Hangard, adjoint au maire en charge de la santé.

La municipalité avait songé à créer un centre de santé, mais elle a été freinée par le coût, "autour de 300 000 euros par an", déplore-t-il.

Cet ancien directeur d'hôpital a alors sollicité des médecins retraités pour trouver une solution.

Neuf d'entre eux se sont réunis au sein d'une association et ont créé une structure inédite qui leur permet d'être salariés, tout en organisant le planning à leur guise. Mais ils ne peuvent pas redevenir médecins traitants.

L'hôpital d'Albi se charge des facturations et l'Agence régionale de santé (ARS) s'est portée garante de tout éventuel déficit pour deux ans.

"C'est malheureux qu'ils doivent revenir travailler, mais ça dépanne", souligne Ludivine Chavanne, assistante de direction de 39 ans, également en salle d'attente.

«Pas de paperasse»

A l'accueil, Sylvie Lopes enregistre les patients: elle a été détachée de l'hôpital pour épargner le plus possible de travail administratif aux médecins.

"Ils ont encore du mal avec l'informatique, ils ne sont pas forcément habitués à ça", confie la secrétaire médicale de 49 ans.

"On n'a pas de paperasse, que du temps médical. C'est beaucoup plus cool", assure Yves Carcaillet, président de l'association. Agé de 74 ans, il avait arrêté de travailler en juillet 2022, avant de reprendre en ce mois de juin pour l'ouverture du centre.

Amusé, il se souvient qu'à ses débuts, il n'y "avait pas d'échographie, pas de scanner". "Mais on se tient au courant, on se forme, on l'a fait toute notre carrière", ajoute-t-il.

Trois autres retraités en blouse blanche sont attendus au cabinet d'ici septembre et l'association doit même refuser des candidats. Comme Thierry Moudenc, dentiste à la retraite depuis six ans, venu proposer son aide.

"J'ai du temps libre et vu le marasme, même si c'était bénévole, je m'en fous", explique-t-il au Dr Carcaillet, qui décline toutefois son offre "pour des questions juridiques", la structure ne pouvant employer que des généralistes.

Le recours à des retraités "est une solution de court terme", insiste l'adjoint au maire M. Hangard, qui estime qu'il faudra "entre 10 et 15 ans" pour que suffisamment de médecins s'installent et comblent le manque.


Macron se rendra au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer Léon XIV

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les discussions porteront sur les défis liés à l’actualité internationale, en présence de Brigitte Macron

PARIS: Emmanuel Macron se rendra les 9 et 10 avril au Vatican où il rencontrera pour la première fois le pape Léon XIV, a annoncé mercredi la présidence française.

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte, abordera notamment "les défis soulevés par l'actualité internationale", a souligné la présidence française.


Carburants: Lecornu veut utiliser le "surplus" de recettes fiscales pour décarboner l'économie

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu réagit lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 31 mars 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu réagit lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Le gouvernement français privilégie une stratégie à long terme : utiliser les surplus fiscaux liés à la hausse des carburants pour accélérer l’électrification, plutôt que baisser immédiatement les taxes
  • La flambée des prix de l’énergie alimente un fort débat politique : l’opposition réclame baisses de taxes, plafonnement ou aides ciblées, tandis que l’exécutif maintient une ligne de rigueur budgétaire et d’aides limitées

PARIS: Les carburants sont le gros morceau d'une réunion mercredi du gouvernement de Sébastien Lecornu, qui promet d'utiliser certaines des recettes fiscales supplémentaires liées à la flambée des prix pour électrifier l'économie et maintient sa prudence sur des mesures massives d'allègement à court terme de la facture des usagers.

L'envolée des prix de l'énergie devient un thème politique de plus en plus brûlant après plus d'un mois de guerre au Moyen-Orient et dans un climat de pré-campagne présidentielle.

Avant cette réunion au parfum de Conseil des ministres qui a débuté à Matignon à 10H30, le chef du gouvernement a donné "instruction" à ses ministres d'identifier les actions prioritaires pour électrifier l'économie et moins dépendre des hydrocarbures importés. Il a suggéré de les financer par les "surplus" des recettes fiscales générées par la hausse des prix des carburants.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure est ainsi chargé de mettre en place, dans les prochaines semaines, une offre de location de véhicules électriques "dédiée à certaines professions" qui utilisent beaucoup leur voiture pour aller travailler, comme les infirmiers libéraux ou les aides-soignants.

De son côté, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'Energie Maud Bregeon s'est défendue de l'idée d'un Etat "profiteur" de crise, ce dont l'accuse le Rassemblement national.

"L'Etat ne s'enrichit jamais sur le dos d'une crise, parce qu'entre la perte de croissance, la perte de consommation, les aides que vous déployez (...), vous n'êtes jamais gagnant" mais s'il existe des surplus ponctuels, "ils doivent aller sur ces réponses structurelles", a-t-elle expliqué sur TF1.

- "Long terme" -

Il s'agit d'une réponse de "long terme", a-t-elle assumé, en indiquant que "moins de 10%" des stations-service rencontraient actuellement des problèmes d'approvisionnement.

Le gouvernement peine à répondre à la flambée des prix à la pompe qui grimpent au fur et à mesure que la guerre au Moyen-Orient se prolonge.

Il a jusqu'ici refusé de réduire la fiscalité sur les carburants, mesure demandée par le RN.

A droite, le chef des députés LR Laurent Wauquiez a réclamé sur France 2 que le surplus de recettes fiscales, qu'il évalue "entre deux et trois milliards" d'euros depuis le début de la crise soit "redonné aux automobilistes sous forme de baisse de taxes".

Marine Le Pen pour le RN a manié l'ironie sur X. "Je croyais qu’il n’y avait pas de +surplus+ fiscal ?" et "qu’il n’existait aucun risque de pénurie ?".

A gauche, La France insoumise réclame le blocage des prix, comme le Parti communiste. "On doit plafonner les prix à 1,60 euros le temps que la crise passe", a plaidé sur France Inter son secrétaire national Fabien Roussel.

Le Parti socialiste demande de son côté "des mesures ciblées sur les ménages les plus vulnérables".

Le prix du litre de gazole a battu un record absolu la semaine dernière. Et le SP95-110, l'essence la plus consommée, a atteint mercredi la barre symbolique des 2 euros le litre.

- "Sur-profits" -

Contraint à la discipline budgétaire pour maintenir le déficit à 5% du Produit intérieur brut cette année, l'exécutif refuse de baisser les taxes sur les carburants, une mesure réclamée par le RN jugée trop onéreuse.

Afin de pallier les difficultés de trésorerie des secteurs les plus touchés - pêche, agriculture, transports -, il a seulement concédé des aides "ciblées", éventuellement reconductibles, représentant au total près de 70 millions d'euros mensuels.

Sans pour autant calmer les transporteurs, décidés à se mobiliser toute la semaine, ni les agriculteurs dont le premier syndicat, la FNSEA, a été reçu lundi par Sébastien Lecornu, qui a promis de nouvelles aides si le conflit s'éternisait.

Malgré une baisse plus forte qu'attendue du déficit en 2025, à 5,1% au lieu de 5,4%, Sébastien Lecornu a prévenu qu'il voulait tenir l'effort de maîtrise des finances publiques en 2026 "quoi qu'il arrive", laissant peu d'espoir à ceux qui réclament davantage de soutien, à l'instar des syndicats qui ont remis de la pression mardi.

L'ONG Greepeace a accusé dans une étude publiée mercredi, les compagnies pétrolières de réaliser plus de 80 millions d'euros de "sur-profits" par jour, dans les pays de l'UE depuis le début de la guerre, grâce à une augmentation de leurs marges.

Outre les carburants, les ministres discuteront du calendrier parlementaire, très restreint pour cause d'élections sénatoriales en septembre, et de mesures de simplification visant à rendre l'Etat plus efficace.

Avant d'être rattrapé par l'énergie, le chef du gouvernement avait prévu, à la sortie des municipales, d'axer son discours sur le régalien: l'effort militaire, la sécurité et la justice.


Immigration clandestine: Londres et Paris prolongent un accord, le temps de finaliser leurs négociations

Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat. (AFP)
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  • "Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises en matière de maintien de l'ordre"
  • Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros)

LONDRES: Londres et Paris vont prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles de traversées de migrants par la Manche vers le Royaume-Uni, a annoncé mardi le Home Office britannique, en attendant de finaliser des négociations difficiles sur un nouveau partenariat.

Le traité de Sandhurst, signé en 2018 entre Londres et Paris, prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour sécuriser la frontière, car c'est sur le sol français que se déroulent les contrôles des personnes en partance pour le Royaume-Uni.

Il avait été prolongé de trois ans en 2023, et devait expirer ce mardi à minuit.

Depuis des mois, les deux gouvernements négocient âprement une nouvelle prolongation, mais sont en désaccord sur les objectifs la future contribution financière du Royaume-Uni.

"Alors que les négociations en vue de la finalisation d'un accord franco-britannique amélioré se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés de deux mois afin de fournir des capacités françaises essentielles en matière de maintien de l'ordre et de surveillance", a indiqué mardi le ministère britannique de l'Intérieur dans un communiqué.

Pour cela, Londres va fournir un financement de 16,2 millions de livres (18,5 millions d'euros), a-t-il précisé.

Depuis 2023, le Royaume-Uni a versé 540 millions d'euros à la France dans le cadre du traité, selon Paris.

L'an passé, 41.472 migrants ont entrepris la traversée périlleuse de la Manche depuis la France, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les données du Home Office. Au moins 29 migrants ont péri en mer en 2025, selon un comptage effectué par l'AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques.

Le gouvernement travailliste de Keir Starmer est sous pression pour réduire ces traversées, dans un contexte de montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage.

"Notre collaboration avec la France a permis d'empêcher 42.000 tentatives de traversées de la Manche par des migrants illégaux", a rappelé mardi la ministre britannique de l'Intérieur Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.

Selon plusieurs médias britanniques, Londres souhaiterait conditionner le versement d'une contribution financière à l'atteinte d'un objectif d'interception d'embarcations supérieur à celui constaté actuellement.

La France s'y oppose, mettant en avant le droit international de la mer qui donne la priorité à la sécurité des embarcations et de leurs passagers.