Le réchauffement climatique toujours plus rapide en Europe

Cette photographie prise le 17 août 2022 montre des pontons d'embarquement sur le lac de Serre-Ponçon dont le niveau est inférieur de 14 mètres au niveau optimal en raison de la sécheresse, à Serre-Ponçon, dans les Alpes françaises. (AFP).
Cette photographie prise le 17 août 2022 montre des pontons d'embarquement sur le lac de Serre-Ponçon dont le niveau est inférieur de 14 mètres au niveau optimal en raison de la sécheresse, à Serre-Ponçon, dans les Alpes françaises. (AFP).
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Publié le Lundi 19 juin 2023

Le réchauffement climatique toujours plus rapide en Europe

  • L'année 2022 a été la plus chaude jamais enregistrée pour la Belgique, la France, l'Allemagne, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, le Portugal, l'Espagne, la Suisse et le Royaume-Uni
  • En novembre, l'OMM avait déjà annoncé que l'Europe s'était réchauffée à un rythme de +0,5 degré par décennie depuis 1990, soit deux fois plus vite que la moyenne des cinq autres régions météorologiques mondiales

PARIS: L'Europe a connu une année 2022 plus chaude de 2,3 degrés que le climat de la fin du XIXe siècle, confirmant la surchauffe du continent à un rythme deux fois plus rapide que la moyenne mondiale, qui alimente canicules et sécheresses exceptionnelles.

"En 2022, l'Europe se situait à environ 2,3°C au-dessus de la moyenne pré-industrielle (1850-1900) utilisée comme référence pour l'Accord de Paris sur le changement climatique", ont annoncé lundi l'Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations Unies et le réseau européen Copernicus dans leur bilan annuel.

En novembre, l'OMM avait déjà annoncé que l'Europe s'était réchauffée à un rythme de +0,5 degré par décennie depuis 1990, soit deux fois plus vite que la moyenne des cinq autres régions météorologiques mondiales.

L'accord de Paris, signé en 2015 par presque tous les pays de la planète, vise à limiter le réchauffement bien en dessous de 2°C en moyenne mondiale, et si possible 1,5°C, alors que le monde en est déjà à environ 1,2°C. Pour l'Europe, selon divers scénarios fondés sur les travaux du Giec, le réchauffement pourrait atteindre ou dépasser 4°C d'ici la fin du siècle.

L'année 2022 a été la plus chaude jamais enregistrée pour la Belgique, la France, l'Allemagne, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, le Portugal, l'Espagne, la Suisse et le Royaume-Uni.

Sur l'ensemble de la région météorologique européenne, 2022 a été la deuxième année la plus chaude, ou la quatrième si l'on inclut le Groenland et certains territoires plus à l'est.

Mais la quasi-totalité de la région a connu des températures supérieures de plus de 0,5 degré par rapport aux normales (1991-2020).

Surmortalité

"L'Europe est la région du monde qui se réchauffe le plus rapidement", a rappelé le professeur Petteri Taalas, secrétaire général de l'OMM.

Ces "températures élevées ont exacerbé les sécheresses intenses et généralisées, alimenté de violents incendies de forêt responsables de la deuxième plus grande surface brûlée jamais enregistrée et fait des milliers de victimes", a-t-il souligné.

D'après la base de données sur les situations d'urgence (EM-DAT), les aléas météorologiques, hydrologiques et climatiques survenus en Europe en 2022 ont affecté directement 156 000 personnes et causé 16 365 décès, quasi exclusivement en raison des vagues de chaleur.

Les dommages économiques, en majorité liés à des inondations et des tempêtes, sont estimés au total à environ 2 milliards de dollars pour l'année 2022, loin toutefois des 50 milliards de l'année 2021 après des inondations exceptionnelles.

Pendant que le thermomètre grimpait, les précipitations ont été inférieures aux normales dans une grande partie de l'Europe.

"Il s'agit de la quatrième année sèche consécutive dans la péninsule ibérique et de la troisième dans les régions montagneuses des Alpes et des Pyrénées", indique le bilan.

La France a connu la période de janvier à septembre 2022 la plus sèche depuis 1976, de même que le Royaume-Uni pour la période de janvier à août, causant "des répercussions considérables sur l'agriculture et la production d'énergie".

Les glaciers des Alpes européennes ont connu "une perte de masse record en une seule année, causée par de très faibles quantités de neige en hiver, un été très chaud et des dépôts de poussière saharienne". Depuis 1997, l'ensemble des glaciers européens ont perdu environ 880 km3 de glace.

Espoir des renouvelables

Les températures moyennes à la surface de l'Atlantique nord ont été les plus chaudes jamais enregistrées, chaque vague de chaleur entraînant migrations et extinctions d'espèces et la perturbation de l'ensemble des écosystèmes marins.

2022 n'est "malheureusement pas un cas unique ou une bizarrerie du climat", a commenté Carlo Buontempo, directeur de l'observatoire du changement climatique Copernicus (C3S) de l'Union européenne.

L'année "s'inscrit dans une tendance qui va rendre les épisodes extrêmes de stress thermique plus fréquents et plus intenses dans toute la région".

Rare lueur d'espoir du rapport: l'an dernier en Europe, les énergies solaires et éoliennes ont ensemble, pour la première fois, produit davantage d'électricité (22,3%) que le gaz d'origine fossile (20%) et le charbon (16%).


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.