Expo 2030: l’Arabie saoudite envisage un événement reflétant la durabilité et la diversité mondiales

Le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane; le ministre de l’Investissement, Khaled al-Faleh; le directeur général par intérim de la Commission royale pour la ville de Riyad, Ibrahim al-Sultan; et l’ambassadrice saoudienne aux États-Unis, la princesse Reema bent Bandar, ont tous pris la parole lors de la 172e Assemblée générale du Bureau international des expositions (BIE) (Photo fournie).
Le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane; le ministre de l’Investissement, Khaled al-Faleh; le directeur général par intérim de la Commission royale pour la ville de Riyad, Ibrahim al-Sultan; et l’ambassadrice saoudienne aux États-Unis, la princesse Reema bent Bandar, ont tous pris la parole lors de la 172e Assemblée générale du Bureau international des expositions (BIE) (Photo fournie).
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Publié le Mardi 19 septembre 2023

Expo 2030: l’Arabie saoudite envisage un événement reflétant la durabilité et la diversité mondiales

  • Une délégation saoudienne de haut niveau est intervenue lors de l’assemblée générale du Bureau international des expositions à Paris mardi
  • «Une des priorités stratégiques du Royaume est d’organiser une exposition construite par le monde, pour le monde, une exposition prenant en compte la diversité mondiale», a expliqué le prince Faisal ben Farhane

PARIS: La situation de l’Arabie saoudite en tant que «pont reliant le nord, le sud, l’est et l’ouest» signifie qu’elle pourrait organiser une exposition universelle «véritablement inclusive», a affirmé le ministre saoudien des Affaires étrangères lors de la 172e assemblée générale du Bureau international des expositions (BIE), qui s’est déroulée mardi à Paris.

S’exprimant dans le cadre d’une délégation saoudienne de haut niveau déployée dans la capitale française cette semaine pour présenter le plan du Royaume pour l’Expo 2030 de Riyad, le prince Faisal ben Farhane a déclaré que la ville pourrait organiser un forum reflétant la diversité mondiale et l’évolution du monde vers un avenir durable.

«Une des priorités stratégiques du Royaume est d’organiser une exposition construite par le monde, pour le monde, une exposition prenant en compte la diversité mondiale. Nous souhaitons également organiser une exposition qui perpétue l’héritage des expositions internationales à un moment où la communauté internationale cherche à se préparer à une transition vers un avenir durable et plus égalitaire», a-t-il souligné.

L’Arabie saoudite a officiellement présenté sa candidature à l’organisation de l’exposition en octobre 2022. Riyad est en concurrence avec Busan, en Corée du Sud et Rome, la capitale italienne, la sélection finale devant avoir lieu en novembre.

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Riyad prévoit d’accueillir l’exposition universelle du 1er octobre 2030 au 31 mars 2031, dans un complexe spécialement construit à cet effet et couvrant une superficie de 6 millions de m². Le thème de l’événement s’intitulera «L’ère du changement: ensemble pour un avenir prévoyant».

«Notre exposition sera construite par le monde, pour le monde», a lancé le directeur général par intérim de la Commission royale pour la ville de Riyad, Ibrahim al-Sultan, assurant que «le travail avait déjà commencé». Il a garanti que d’ici à février 2028, tous les préparatifs seraient terminés et que Riyad serait prête à accueillir 120 millions de visiteurs en 2030 si elle était sélectionnée.

Il a mentionné que Riyad possédait une grande expérience en matière de construction de projets de classe mondiale avec l’aide d’entreprises internationales et qu’elle était «en passe» de se classer parmi les dix premières économies du monde et de devenir un centre pour la finance, le commerce, le sport et les divertissements.

Une délégation du BIE s’est rendue à Riyad en mars pour examiner les aspects techniques de sa candidature. Au cours de sa visite de cinq jours, Dimitri Kerkentzes, secrétaire général du BIE, a assuré que le Royaume avait «tout ce qu’il faut» pour organiser une exposition réussie.

La candidature saoudienne s’inscrit dans le cadre de Vision 2030, le programme de réforme sociale et de diversification économique dévoilé par le prince héritier en 2016, qui vise à éloigner l’économie du pays des hydrocarbures pour développer d’autres secteurs à forte valeur ajoutée, notamment le tourisme et le divertissement.

Le ministre saoudien de l’Investissement, Khaled al-Faleh, a indiqué que l’Expo 2030 créerait une possibilité d’investissement «conforme à l’environnement d’investissement en Arabie saoudite, qui ne connaît pas de limites».

À gauche, l’architecte Lamia al-Muhanna, directrice de l’architecture du paysage, Commission royale pour la ville de Riyad. (Capture d’écran, BIE Paris)
À gauche, l’architecte Lamia al-Muhanna, directrice de l’architecture du paysage, Commission royale pour la ville de Riyad. (Capture d’écran, BIE Paris)

Sous la direction du prince héritier Mohammed ben Salmane et dans le cadre de la Vision 2030, l’Arabie saoudite vise à réaliser des investissements de 3 300 milliards de dollars (1 dollar = 0,92 euro) d’ici à la fin de la décennie, dont 30% dans la ville de Riyad, a-t-il précisé.

«Le budget de l’Expo 2030, qui s’élève à 7,8 milliards de dollars, est un catalyseur pour notre plan d’investissement plus large à Riyad», a poursuivi M. Al-Faleh. Il a affirmé que le secteur privé jouerait un rôle important dans l’organisation de l’événement et a ajouté que le site de l’exposition serait un «forum mondial pour les entreprises à la recherche d’opportunités dans le Royaume».

Le tourisme est un pilier essentiel de la Vision 2030 et constituerait un élément important de la réussite de l’Expo de Riyad, a déclaré l’ambassadrice saoudienne aux États-Unis, la princesse Reema bent Bandar, lors de l’assemblée générale. Dans cette optique, elle a annoncé qu’un visa spécial serait accordé aux personnes participant à l’Expo 2030 à Riyad.

Le directeur général par intérim de la Commission royale pour la ville de Riyad, Ibrahim al-Sultan. (Capture d’écran, BIE Paris)
Le directeur général par intérim de la Commission royale pour la ville de Riyad, Ibrahim al-Sultan. (Capture d’écran, BIE Paris)

L’Arabie saoudite est habituée à accueillir des millions de visiteurs, puisqu’elle abrite les Deux Saintes Mosquées, qui attirent chaque année des millions de pèlerins pour le Hajj à La Mecque, l’un des plus grands rassemblements de masse au monde.

La princesse Reema a qualifié le Royaume de «joyau caché attendant d’être découvert par le monde» et comme engagé à fond dans l’organisation de la «plus grande exposition de l’Histoire». Elle a ensuite noté que Riyad était une destination touristique mondiale «exceptionnelle».

Lundi, le prince héritier a assisté à la réception officielle de l’Arabie saoudite à Paris, organisée par la Commission royale pour la ville de Riyad pour les délégués des 179 États membres du BIE. Cette réception constitue une étape importante de la procédure de nomination.

Cet événement a été organisé pour montrer que Riyad est prête à accueillir l’exposition et pour que le Royaume présente ses projets avant la prochaine assemblée générale du BIE en novembre, au cours de laquelle se tiendra un vote pour choisir la ville hôte de l’Expo 2030.

Plus de 60 pays et organisations, dont la Chine, la France, la Turquie, la Grèce, le Maroc, le Nigeria, Djibouti, l’Arménie, Cuba, le Costa Rica, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et le Conseil de coopération du Golfe (CCG), soutiennent la candidature saoudienne.

L’Arabie saoudite a participé pour la première fois à une exposition universelle en 1958 dans la capitale belge, Bruxelles. Depuis, elle participe à des expositions universelles et spécialisées. Les expositions universelles se déroulent tous les cinq ans, tandis que les expositions spécialisées ont lieu entre deux expositions universelles.

L’enthousiasme et l’engagement du Royaume dans ces événements ne sont pas passés inaperçus. Lors de l’exposition spécialisée de 2008 dans la ville espagnole de Saragosse, l’Arabie saoudite s’est vu décerner un prix d’argent pour la conception de son pavillon. Deux ans plus tard, l’Arabie saoudite a remporté un prix d’or lors de l’exposition universelle de 2010 à Shanghai, en Chine.

La tradition des expositions universelles a débuté à Londres en 1851 avec la Grande exposition. Il s’agissait non seulement d’une célébration des progrès scientifiques et technologiques, mais aussi d’un fascinant étalage de curiosités du monde entier, reflet d’une époque où les transports et les communications s’accéléraient et où le potentiel semblait illimité.

Depuis lors, les expositions universelles permettent de partager et de célébrer les innovations et les découvertes de l’époque. Elles emmènent les visiteurs dans des voyages immersifs articulés autour d’un thème commun. Accueillant des dizaines de millions de visiteurs, elles donnent aux pays participants la possibilité de construire des pavillons extraordinaires, transformant les villes hôtes pour les années à venir.

La dernière exposition universelle s’est tenue à Dubaï du 1er octobre 2021 jusqu’au 31 mars 2022, et la prochaine devrait avoir lieu à Osaka, au Japon, en 2025.

À la suite du succès de son pavillon qui a remporté plusieurs prix lors de l’exposition universelle de Dubaï, l'Arabie saoudite est désormais réputée pour son architecture à couper le souffle et ses expositions présentant des innovations de haute technologie. Elle semble donc très bien placée pour organiser l’Expo 2030.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


En Egypte, «la fille du bus» qui a filmé son harceleur insultée et menacée en ligne

Depuis qu'elle a publié le visage de son harceleur sur les réseaux sociaux, Mariam Shawky essuie une vague de menaces de mort, reflet d'une société égyptienne où les victimes de harcèlement de rue se heurtent souvent à l'hostilité collective. (AFP)
Depuis qu'elle a publié le visage de son harceleur sur les réseaux sociaux, Mariam Shawky essuie une vague de menaces de mort, reflet d'une société égyptienne où les victimes de harcèlement de rue se heurtent souvent à l'hostilité collective. (AFP)
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  • Mariam Shawky crie, mais personne n'intervient. Un passager, chapelet à la main, lui ordonne même de s'asseoir et de se taire. Un autre finit par enlacer l'homme pour le faire asseoir
  • Les images devenues virales ont, au delà de quelques mots de soutien, surtout engendré une avalanche de commentaires vindicatifs encouragés par certaines personnalités publiques

LE CAIRE: Depuis qu'elle a publié le visage de son harceleur sur les réseaux sociaux, Mariam Shawky essuie une vague de menaces de mort, reflet d'une société égyptienne où les victimes de harcèlement de rue se heurtent souvent à l'hostilité collective.

Lundi, la comédienne âgée d'une vingtaine d'années diffuse une vidéo tournée dans un bus bondé du Caire, pour dénoncer un homme qu'elle accuse de l'avoir traquée et harcelée plusieurs fois près de son lieu de travail.

"Cette fois, il est monté derrière moi dans le bus (...) et s'est permis des propos déplacés", dit sur son compte Tiktok celle que les médias ont surnommée "la fille du bus" - et qui n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

Elle espère un instant être soutenue par les passagers... "mais les gens se sont rangés de son côté".

Ses images montrent des hommes au fond du bus la toiser tandis qu'elle interpelle son harceleur. Lui, sourire en coin, la traite de "poubelle" et raille sa tenue : "c'est quoi ces vêtements que tu portes?", avant de s'approcher et d'esquisser un geste violent.

Mariam Shawky crie, mais personne n'intervient. Un passager, chapelet à la main, lui ordonne même de s'asseoir et de se taire. Un autre finit par enlacer l'homme pour le faire asseoir.

"Le premier à te tuer" 

Les images devenues virales ont, au delà de quelques mots de soutien, surtout engendré une avalanche de commentaires vindicatifs encouragés par certaines personnalités publiques.

"Elle porte un piercing (...) c'est évident ce qu'elle cherche", lance le chanteur Hassan Shakosh.

"Je serai le premier à te tuer", promet un internaute. "Si on t'éliminait, personne ne te pleurerait", assène un autre.

La séquence ravive une question qui tourmente la société égyptienne depuis des années.

En 2010, le film de Mohamed Diab "Les femmes du bus 678", consacré au harcèlement en Egypte, avait fait le tour du monde. Dans une étude de l'ONU en 2013, 99,3 % des Egyptiennes disaient avoir enduré au moins une forme de harcèlement, plus de 80 % être régulièrement importunées dans les transports.

La même année, de vastes manifestations contre les violences sexuelles avaient secoué la capitale égyptienne. En 2014, une loi punissant le harcèlement de rue a été adoptée.

Mais depuis, les changements sont peu visibles. L'application de la loi de 2014 reste opaque - les autorités n'ont jamais donné de chiffres de condamnations.

En 2022, l'affaire de l'assassinat filmé de Nayera Achraf, une étudiante tuée par un homme dont elle avait repoussé les avances, avait révolté, et là aussi saturé les réseaux sociaux. Le coupable avait été condamné à mort et exécuté.

A l'époque, "certains exigeaient sa libération", rappelle Nadeen Ashraf, activiste égyptienne pour les droits des femmes.

"Réputation de l'Egypte" 

Dans le cas de "la fille du bus", les autorités ont réagi - même si la société d'autobus a nié tout incident dans un communiqué rediffusé par le ministère des Transports.

Au lendemain de la publication de Mariam Shawky, "l'individu apparaissant dans les vidéos a pu être identifié et interpellé", a annoncé le ministère de l'Intérieur.

"Confronté aux faits", il "a nié avoir commis l'infraction ou avoir rencontré auparavant la victime".

Selon la presse locale, il a été relâché sous caution de 1.000 livres égyptiennes (environ 17 euros), avant d'être détenu à nouveau pour une affaire antérieure de détournement de fonds.

Son avocat a demandé une expertise psychiatrique de la jeune femme. "La réputation de l'Egypte a été salie", a accusé Me Ali Fayez sur Facebook. Ces images disent "au monde entier qu'il y a des harceleurs en Égypte, et que les hommes égyptiens encouragent le harcèlement, le défendent et se taisent".

L'affaire révèle surtout "un problème systémique et structurel" ; un délit "comme celui-ci n'est jamais pris au sérieux", note Nadeen Ashraf pour l'AFP.

Et sa "première justification est toujours liée à l'apparence des femmes".

Elle porte le voile ? "On dira que ses vêtements sont trop serrés". Elle n'en porte pas ? "On parlera de ses cheveux". Et "même si elle est en niqab", on critiquera "son maquillage" aux yeux, énumère-t-elle. "Il y aura toujours quelque chose".


Soudan : le ministre de la Défense qualifie de faux un « document des services de renseignement » après l’attaque d’un convoi

Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
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  • Le général Hassan Kabroun affirme à Arab News que les accusations selon lesquelles l’armée aurait dissimulé des armes dans un convoi d’aide sont « totalement fausses »

RIYAD : Le ministre soudanais de la Défense a fermement démenti des informations attribuées aux services de renseignement soudanais, selon lesquelles un convoi ciblé au Kordofan du Nord transportait secrètement des armes sous couvert d’aide humanitaire.

Le général Hassan Kabroun a qualifié ces accusations de « fausses » et a estimé qu’il s’agissait d’une tentative de détourner l’attention de ce qu’il a décrit comme un crime commis par une milice.

La controverse a éclaté après la publication d’articles affirmant qu’un document attribué au Service général de renseignement du Soudan soutenait que le convoi frappé vendredi à Al-Rahad n’était pas une mission purement humanitaire, mais transportait en réalité « des armes et des munitions de haute qualité » destinées à des unités des Forces armées soudanaises opérant dans l’État.

Le rapport alléguait en outre que le convoi avait été présenté comme humanitaire afin d’obtenir un passage sûr à travers les zones de conflit, et que les Forces de soutien rapide (RSF) l’avaient détruit après avoir recueilli des renseignements sur son itinéraire et sa cargaison.

Kabroun a catégoriquement rejeté cette version des faits.

« Tout d’abord, nous tenons à souligner que cette information est fausse », a-t-il déclaré à Arab News. « Même le titre évoquant la sécurité de régions telles qu’Al-Dabbah n’est pas un titre que l’armée utiliserait. »

Il a qualifié le document de fabrication à motivation politique, affirmant qu’il visait à « couvrir le crime odieux qu’ils ont commis ».

Le ministre a assuré que la zone visée par des drones est entièrement sous le contrôle des Forces armées soudanaises et ne nécessite aucun transport militaire clandestin.

« Deuxièmement, nous confirmons que la région ciblée par les drones est contrôlée par l’armée et parfaitement sûre », a déclaré Kabroun. « Il n’est pas nécessaire d’y transporter du matériel militaire en utilisant des convois humanitaires comme couverture, car il s’agit d’une zone sécurisée sous contrôle de l’armée, qui dispose de capacités importantes pour acheminer l’aide humanitaire. »

Selon lui, l’armée soudanaise possède les capacités logistiques et les itinéraires sécurisés nécessaires pour déplacer du matériel ouvertement lorsque cela est requis.

« L’armée est professionnelle et n’a pas besoin d’acheminer quoi que ce soit à Kadugli ou Dalang à bord de convois d’aide », a-t-il affirmé. « La route entre Dalang et Kadugli est ouverte. Les forces soudanaises ont emprunté cette route pour entrer et prendre le contrôle de la région. La route est ouverte et, chaque fois que des camions militaires doivent livrer du matériel, ils peuvent le faire sans recourir à une quelconque forme de camouflage. »

Kabroun a également rejeté toute suggestion selon laquelle l’armée utiliserait des opérations humanitaires comme couverture.

« L’aide est transportée par des véhicules humanitaires dédiés vers les zones qui en ont besoin », a-t-il précisé. « L’aide n’est pas transportée par l’armée. L’armée et les services de sécurité n’interfèrent pas du tout avec les efforts de secours et n’escortent même pas les convois. »

Il a souligné que les Forces armées soudanaises maintiennent une séparation institutionnelle claire entre les opérations militaires et le travail humanitaire, en particulier dans le contexte de la crise que traverse le pays.

« Ce sont des accusations mensongères », a-t-il déclaré. « Cette fausse information vise à couvrir le crime odieux qu’ils ont commis. »

Le Soudan est en proie au conflit depuis avril 2023, lorsque des combats ont éclaté entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, plongeant le pays dans ce que les Nations unies ont qualifié de l’une des pires catastrophes humanitaires au monde.

La dernière controverse autour du convoi intervient alors que les combats s’intensifient au Kordofan du Sud, région stratégique reliant le centre du Soudan aux zones contestées du Darfour et du Nil Bleu.

Le faux rapport suggérait que la surveillance des services de renseignement avait permis aux RSF de frapper ce qu’elles décrivaient comme un convoi militaire déguisé en aide humanitaire. Mais Kabroun a rejeté catégoriquement cette version.

« Les services de renseignement connaissent parfaitement leurs responsabilités », a-t-il affirmé. « L’armée soudanaise dispose de suffisamment d’armes et d’équipements pour ses opérations. Ces accusations sont totalement fausses. »

Il a estimé que le récit diffusé visait à détourner la responsabilité des attaques contre des infrastructures civiles et des mouvements humanitaires.

« Cela montre qu’ils cherchent à dissimuler les atrocités », a-t-il ajouté, en référence à la milice.

Kabroun a soutenu que l’armée a repris l’initiative sur plusieurs fronts et demeure pleinement capable de poursuivre ses opérations sans recourir à la tromperie.

« La région est sécurisée, les routes sont ouvertes et l’armée n’a pas besoin de camouflage », a-t-il conclu. « Nous opérons de manière professionnelle et transparente. »

« Ces accusations sont totalement fausses », a-t-il insisté. « L’armée soudanaise n’utilise pas de convois humanitaires à des fins militaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président somalien à Asharq Al-Awsat: Travailler avec des partenaires de l'Arabie saoudite pour annuler la reconnaissance du Somaliland par Israël

 Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
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  • M. Mohamud a souligné que l'unité de la Somalie est une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio a pris des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale
  • S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique

RIYAD: Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a dévoilé une stratégie politique et juridique à trois volets pour annuler ce qu'il a décrit comme une reconnaissance israélienne de la région sécessionniste du Somaliland, avertissant qu'une telle décision menace la souveraineté de la Somalie et la stabilité régionale.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique de ce qu'il a qualifié d'"escalade irréfléchie".

Sans nommer de pays en particulier, le dirigeant somalien a déclaré que certains États de la région pourraient voir dans la reconnaissance israélienne une occasion de poursuivre "des intérêts étroits et à court terme au détriment de l'unité de la Somalie et de la stabilité régionale".

"Je ne souhaite pas nommer un ou plusieurs pays en particulier", a-t-il déclaré. "Mais il est clair que certains pourraient considérer cette reconnaissance comme une occasion de réaliser des gains limités.

Il a souligné que l'unité de la Somalie était une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio avait adopté des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale. "Nous mettons en garde contre le risque d'être induits en erreur par l'aventurisme israélien imprudent", a-t-il déclaré.

Trois étapes parallèles

M. Mohamud faisait référence à la reconnaissance, annoncée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de la République autoproclamée du Somaliland en tant qu'État indépendant.

"J'affirme avec la plus grande clarté et fermeté que toute reconnaissance du Somaliland en tant qu'État indépendant constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'unité de la République fédérale de Somalie", a-t-il déclaré.

Il a qualifié cette démarche de grave violation du droit international, de la charte des Nations unies et des résolutions de l'Union africaine qui prônent le respect des frontières héritées de l'Afrique.

Sur cette base, la Somalie a adopté et continuera à appliquer trois mesures parallèles, a-t-il révélé.

La première consiste en une action diplomatique immédiate par l'intermédiaire des Nations unies, de l'Union africaine et de l'Organisation de la coopération islamique afin de rejeter et d'invalider juridiquement et politiquement cette reconnaissance.

M. Mohamud a déclaré que la Somalie avait demandé et obtenu une session formelle du Conseil de sécurité des Nations unies pour traiter ce qu'il a qualifié de "violation israélienne flagrante" de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Somalie.

Cette session, a-t-il ajouté, constitue une victoire diplomatique importante pour Mogadiscio, compte tenu notamment du fait que la Somalie est actuellement membre du Conseil.

Il a exprimé sa "profonde gratitude" pour les déclarations de solidarité et de condamnation émises par l'Union africaine, la Ligue arabe, l'OCI, le Conseil de coopération du Golfe, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l'Union européenne, entre autres.

La deuxième étape consiste à coordonner une position arabe, islamique et africaine unifiée. M. Mohamud a félicité l'Arabie saoudite pour avoir été l'une des premières à publier une déclaration claire rejetant toute atteinte à l'unité de la Somalie.

Il a déclaré que la position saoudienne reflétait l'engagement de longue date du Royaume en faveur de la souveraineté de l'État et de l'intégrité territoriale, renforcé par le soutien "ferme et de principe" du cabinet saoudien à la Somalie dans ce qu'il a décrit comme un moment délicat.

La troisième étape est axée sur le renforcement du dialogue national interne afin d'aborder les questions politiques dans le cadre d'un État somalien unique, à l'abri de toute ingérence ou de tout diktat extérieur.

Sécurité régionale

M. Mohamud a prévenu que si rien n'était fait, la reconnaissance pourrait créer un "dangereux précédent et compromettre la paix et la sécurité régionales et internationales".

Il a ajouté que cela pourrait encourager les mouvements séparatistes non seulement dans la Corne de l'Afrique, mais aussi dans toute l'Afrique et le monde arabe, citant les développements dans des pays tels que le Soudan et le Yémen comme preuve du coût élevé de la fragmentation de l'État.

"Il s'agit d'une artère maritime mondiale vitale et d'un élément essentiel de la sécurité nationale arabe", a-t-il déclaré en faisant référence à la mer Rouge.

"Toute tension politique ou sécuritaire le long de la côte somalienne affectera directement le commerce international et la sécurité énergétique.

Il a ajouté que l'instabilité aurait des répercussions sur les États riverains de la mer Rouge, en particulier l'Arabie saoudite, l'Égypte, le Soudan, l'Érythrée, le Yémen et la Jordanie. "Préserver l'unité de la Somalie est la pierre angulaire de la sécurité collective de la mer Rouge", a-t-il déclaré.

Point d'appui stratégique

M. Mohamud a affirmé que l'objectif d'Israël allait au-delà de la reconnaissance politique.

"Nous pensons que l'objectif va au-delà d'un geste politique", a-t-il déclaré à Asharq Al-Awsat. "Il comprend la recherche d'un point d'appui stratégique dans la Corne de l'Afrique, près de la mer Rouge, permettant d'exercer une influence sur le détroit de Bab al-Mandeb et menaçant la sécurité nationale des États riverains de la mer Rouge.

Il a décrit cette initiative comme un test de la détermination somalienne, arabe et africaine sur les questions de souveraineté et d'unité territoriale, soulignant que l'opposition de la Somalie à la sécession est une position nationale de principe et durable largement soutenue dans les mondes arabe et africain, "en premier lieu par l'Arabie saoudite".

Il a rejeté toute tentative visant à faire de la Somalie un champ de bataille pour les rivalités régionales ou internationales. "Nous ne permettrons pas que la Somalie devienne une arène pour le règlement de conflits qui ne servent pas les intérêts de notre peuple ou la sécurité de notre région", a-t-il déclaré.

Liens avec l'Arabie saoudite

En ce qui concerne les relations entre l'Arabie saoudite et la Somalie, M. Mohamud a décrit le partenariat comme étant "profondément enraciné et stratégique, enraciné dans une histoire et une religion partagées et dans une destinée commune". L'Arabie saoudite, a-t-il déclaré, "reste un partenaire central dans le soutien à la stabilité, à la reconstruction et au développement de la Somalie, ainsi qu'à la sécurité de la mer Rouge".

Il a exprimé son admiration pour la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et les gains économiques et de développement réalisés sous la direction du Gardien des deux saintes mosquées, le roi Salman bin Abdulaziz, et du prince Mohammed bin Salman, prince héritier et Premier ministre.

Interrogé sur la récente décision du Cabinet saoudien rejetant toute tentative de diviser la Somalie, M. Mohamud a déclaré que le gouvernement fédéral l'avait reçue avec "beaucoup d'appréciation et de soulagement."

Selon lui, cette position prolonge le soutien historique du Royaume à l'unité territoriale et à la souveraineté de la Somalie, renforce la stabilité régionale et envoie un message important à la communauté internationale sur la nécessité de respecter la souveraineté des États et de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures.