Gaz: Le Qatar signe un nouveau gros contrat avec la Chine

Lors de la cérémonie de signature à Doha, Saad Sherida Al-Kaabi a salué "les excellentes relations entre la Chine et le Qatar"  (Photo, AFP).
Lors de la cérémonie de signature à Doha, Saad Sherida Al-Kaabi a salué "les excellentes relations entre la Chine et le Qatar" (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 21 juin 2023

Gaz: Le Qatar signe un nouveau gros contrat avec la Chine

  • QatarEnergy va ainsi transférer à CNPC une participation de 5% au NFE
  • La Chine est déjà le premier client du gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar et l'un des plus grands importateurs au monde

DOHA: Le Qatar a conclu un accord d'approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) avec la China National Petroleum Corporation (CNPC) sur 27 ans, le deuxième contrat de longue durée avec Pékin en moins d'un an, a annoncé mardi le ministre qatari de l'Energie.

Le richissime émirat du Golfe, qui est l'un des principaux producteurs de GNL au monde avec les Etats-Unis et l'Australie, compte déjà parmi ses principaux clients la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Mais il espère aussi sceller des contrats avec les pays européens, ces derniers se refusant eux à signer des accords de longue durée.

"Dans le cadre de cet accord, le Qatar fournira quatre millions de tonnes de GNL par an à la Chine sur 27 ans", a déclaré mardi le ministre Saad Sherida Al-Kaabi, par ailleurs PDG de QatarEnergy, l'entreprise d'Etat.

"Il s'agit du deuxième accord d'approvisionnement avec la Chine", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse à Doha.

Saad Sherida Al-Kaabi a par ailleurs annoncé que China National Petroleum allait "rejoindre la famille" du gaz qatari en participant au North Field East (NFE), projet d'extension du champ offshore North Field, le plus grand gisement de gaz naturel au monde que le Qatar partage avec l'Iran.

QatarEnergy va ainsi transférer à CNPC une participation de 5% au NFE, l'équivalent d'un train de liquéfaction d'une capacité de 8 millions de tonnes par an, a-t-il précisé.

En novembre 2022, QatarEnergy et Sinopec, autre société publique chinoise, avaient signé un contrat d'approvisionnement identique de quatre millions de tonnes annuels sur 27 ans, présenté à l'époque comme le contrat de la plus longue durée jamais conclu dans l'industrie.

En avril, ce géant pétrolier chinois était également devenu le premier actionnaire asiatique dans le projet du NFE.

NFE, estimé à 28,75 milliards de dollars, fait partie des projets d'extension de North Field qui visent à permettre au pays du Golfe de passer de 77 millions de tonnes par an à 126 millions d'ici 2027.

«Partenariat stable»

Lors de la cérémonie de signature à Doha, Saad Sherida Al-Kaabi a salué "les excellentes relations entre la Chine et le Qatar".

L'implication de CNPC dans le projet NFE s'inscrit dans le "consensus stratégique" entre les deux pays, a assuré le patron de l'entreprise, Dai Houliang.

Cité dans un communiqué de QatarEnergy, il a promis une "un partenariat stratégique stable, à long terme et multidimensionnel" avec Doha dans "l'industrie des hydrocarbures et d'autres domaines tels que les énergies vertes et à faible émission de CO2".

La Chine est déjà le premier client du gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar et l'un des plus grands importateurs au monde de cette énergie.

"Ce type d'accords à long terme, sur des volumes importants, est exactement ce que recherche QatarEnergy", a commenté Ben Cahill, spécialiste de la sécurité énergétique au Center for Security and International Studies à Washington.

Mais avec une capacité encore disponible "de plus de 60 millions de tonnes par an" de GNL, le pays "a besoin d'en accumuler un grand nombre", a-t-il ajouté.

Des contrats visant à approvisionner "plusieurs" pays européens seront signés "après l'été", a récemment assuré le Qatar, alors que certains d'entre eux rechignent à signer des accords de longue durée, malgré leur quête effrénée d'alternatives au gaz russe depuis l'invasion de l'Ukraine.

En novembre, le Qatar avait annoncé un premier accord permettant de fournir du GNL à l'Allemagne pendant 15 ans.

En pleine offensive de charme commerciale, Saad Sherida Al-Kaabi avait averti en mai que "le pire" était à venir pour les pénuries de pétrole et de gaz en Europe, affirmant qu'un hiver chaud avait permis d'éviter des difficultés plus importantes au cours des derniers mois.

Pour Justin Alexander, directeur de Khalij Economics, un cabinet de conseil dans le Golfe, la demande asiatique "pourrait inciter les acheteurs européens à faire avancer les négociations afin de garantir la sécurité de l'approvisionnement".

"Il y aura probablement des concessions de part et d'autre, le Qatar acceptant peut-être des contrats à plus court terme et une plus grande flexibilité dans les livraisons", a-t-il affirmé à l'AFP.

La Chine est devenue en 2020 le premier partenaire commercial des six pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) incluant notamment l'Arabie saoudite, le Qatar et les Emirats arabes unis, avec des échanges dominés par les énergies fossiles.

Le nouveau contrat gazier avec le Qatar intervient le jour où Pékin a annoncé des importations de pétrole russe ayant atteint en mai un niveau record depuis l'invasion de l'Ukraine par Moscou.


Flambée des prix de l'énergie: en France, "baisse des taxes pas envisagée" à ce stade

La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
Short Url
  • Le gouvernement français, via sa porte-parole Maud Bregeon, n’envisage pas de baisser les taxes sur les carburants malgré la hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron appelle à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et insiste sur la nécessité de maîtriser le déficit public

PARIS: Le gouvernement français n'envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les prix des carburants, a indiqué jeudi sa porte-parole, alors que les prix du gaz et du pétrole ont grimpé de nouveau après des attaques par l'Iran d'installations énergétiques au Qatar.

"Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie" de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon qui est également chargée du portefeuille de l'Energie.

Elle a expliqué que le gouvernement n'avait "plus les moyens du quoi qu'il en coûte" comme pendant l'épidémie de Covid et devait tenir le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), en rappelant avoir fait "le choix" dans le budget 2026 de "ne pas augmenter l'impôt des Français".

Maud Bregeon a souligné aussi que la situation n'avait "rien à voir" avec 2022, quand les prix de l'énergie avaient augmenté après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Evoquant une réunion prévue sur l'énergie, jeudi en fin de matinée autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, la porte-parole a indiqué que ce rendez-vous visait à faire "le point sur la situation pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques".

"Toutes les options sont sur la table", a-t-elle dit.

"J'entends ceux qui voudraient qu'on débourse d'ores et déjà des milliards pour aider des gens dont j'entends les difficultés (...) mais il faut aussi porter ce discours de vérité" sur la "nécessité" de réduire le déficit, a-t-elle insisté.

La représentante du gouvernement a aussi rappelé les initiatives d'Emmanuel Macron en faveur du déblocage du détroit d'Ormuz.

Le président a en outre appelé jeudi à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, et a dit avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.