L'Afrique accuse les pays riches de la «délaisser» au profit de l'Ukraine

Les gens se rassemblent devant un bâtiment commercial, qui a été endommagé après une frappe russe nocturne à Odessa le 14 juin 2023. (AFP)
Les gens se rassemblent devant un bâtiment commercial, qui a été endommagé après une frappe russe nocturne à Odessa le 14 juin 2023. (AFP)
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Publié le Mercredi 21 juin 2023

L'Afrique accuse les pays riches de la «délaisser» au profit de l'Ukraine

  • A la dernière réunion du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale en avril à Washington, « les pays africains ont exprimé des craintes sur un double standard» en matière d'aide internationale
  • La guerre en Ukraine «expose le vrai visage de l'action des grandes puissances en direction du continent», constate aussi un diplomate au Bénin

PARIS: Aider l'Ukraine oui, mais pas au détriment de l'Afrique : certains dirigeants africains haussent le ton contre les pays riches, prompts à verser des milliards à Kiev mais pas toujours au rendez-vous de leurs engagements envers le continent africain.

A la dernière réunion du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale en avril à Washington, "les pays africains ont exprimé des craintes sur un double standard" en matière d'aide internationale, raconte ainsi une source gouvernementale française sous couvert d'anonymat.

La guerre en Ukraine "expose le vrai visage de l'action des grandes puissances en direction du continent", constate aussi un diplomate au Bénin interrogé par l'AFP avant un sommet cette semaine à Paris sur la pauvreté et le financement climatique, regrettant une Afrique "délaissée".

Une bonne partie de l'aide à l'Ukraine concerne des armes mais elle entraîne forcément des comparaisons.

En partie détruite par la Russie et accusant un effondrement de son PIB de 30% l'an dernier, l'Ukraine a vu affluer l'aide de partout en Occident.

Ses alliés lui avaient promis au 24 février un peu plus de 150 milliards d'euros d'aide, selon des données compilées par l'Institut d'économie mondiale de Kiel en Allemagne. Et de nouveaux financements affluent à l'occasion d'une conférence internationale mercredi à Londres sur la reconstruction du pays au coût évalué par la Banque mondiale à 411 milliards de dollars.

Principale région d'arrivée de l'aide au développement, l'Afrique subsaharienne a vu celle-ci reculer l'an dernier à 29 milliards de dollars (-8%) pendant que celle vers l'Ukraine s'est envolée à 16 milliards contre moins d'un milliard un an auparavant, d'après l'OCDE.

"On voit ces flux immenses qu'on pensait impossibles à dégager, et qui sont aujourd'hui dégagés", confie à l'AFP le ministre des Affaires étrangères du Niger, Hassoumi Massoudou. La preuve selon lui "que des ressources et des mécanismes existent" qui pourraient être utilisés aussi pour le continent.

«Soutien sans précédent»

D'autant que certains pays africains font face eux-mêmes à des conflits armés. "Il y a des conflits au nord du Congo, au Soudan et dans d'autres parties de l'Afrique mais le soutien qu'obtient l'Ukraine des pays occidentaux est sans précédent. L'Occident se concentre sur le soutien aux pays occidentaux", regrette une source gouvernementale en Zambie.

Une restructuration de la dette de ce pays, en défaut de paiement depuis 2020, pourrait être proposée très bientôt, a espéré mercredi le Club de Paris qui rassemble des créanciers publics occidentaux.

Les négociations sur le sujet pour ce pays, comme pour le Ghana, sont jusqu'ici bloquées par l'absence de consensus entre les pays occidentaux et la Chine, devenu un prêteur incontournable.

Les pays riches sont aussi critiqués pour ne pas avoir honoré leurs engagements, en premier lieu le versement de 100 milliards de dollars par an promis en 2009 pour lutter contre le changement climatique, et le recyclage de 100 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux, un avoir de réserve du FMI, pas encore abouti.

Adopté lors de la COP27 de Charm-el-Cheikh, un fonds visant pour les pays riches à compenser les "pertes et dommages" des pays du Sud n'a toujours pas été abondé.

"Les seules promesses qui comptent sont les promesses tenues", a estimé mercredi auprès de l'AFP le président de la Banque africaine de développement Akinwumi Adesina, jugeant qu'"on ne change pas le monde avec des promesses" mais "en tenant nos engagements".

"Il y a une crise de confiance entre les pays donateurs et les pays du Sud", constate Elise Dufief, chercheuse à l'Institut du développement durable et des relations internationales à Paris. D'autant que "quand on voit la crise en Ukraine ou bien des banques nord-américaines qui font faillite, là y a une réponse apportée très rapidement".

Le sentiment d'oubli de l'Afrique tient aussi à sa représentation au sein des enceintes qui déterminent les priorités internationales et dans lesquelles le continent réclame de peser plus, comme le G20 et le Conseil de sécurité de l'ONU.

"L'histoire de l'assujettissement et de l'exclusion de l'Afrique exige un réexamen radical de la manière dont elle est représentée dans les institutions mondiales", analyse Howard W. French, professeur de journalisme à l'université américaine de Columbia, dans la revue Foreign Policy, rappelant aussi que sa population, "représentera 40% de l'humanité d'ici la fin du siècle".


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.