Crise au Liban: mission difficile de l'envoyé spécial français

Le patriarche chrétien maronite du Liban Bechara al-Rai (à droite) rencontre le nouvel envoyé spécial de la France pour le Liban Jean-Yves Le Drian, à Bkerké le 22 juin 2023. (Photo Joseph EID / AFP)
Le patriarche chrétien maronite du Liban Bechara al-Rai (à droite) rencontre le nouvel envoyé spécial de la France pour le Liban Jean-Yves Le Drian, à Bkerké le 22 juin 2023. (Photo Joseph EID / AFP)
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Publié le Jeudi 22 juin 2023

Crise au Liban: mission difficile de l'envoyé spécial français

  • Depuis 2020, la France s'est impliquée sans succès dans la recherche d'une solution au Liban et le président Macron s'y est rendu à deux reprises
  • La France, ancienne puissance mandataire, est le pays s'impliquant le plus au Liban

BEYROUTH: L'envoyé spécial du président français Emmanuel Macron, Jean-Yves Le Drian, mène jeudi une mission particulièrement difficile visant à convaincre les responsables libanais de surmonter leurs divergences pour élire un président.

"C'est une mission de concertation, une mission d'écoute (..) pour faire en sorte que ce pays sorte de l'impasse politique", a déclaré à la presse jeudi matin l'émissaire français.

Jean-Yves Le Drian, qui rencontre les représentants des différents partis politiques, a assuré qu'il venait "mener des consultations nécessaires avec tous les acteurs pour sortir immédiatement du blocage politique".

Le Liban, en plein effondrement politique, est sans président depuis près de huit mois, le puissant Hezbollah et ses adversaires tentant chacun d'imposer un candidat au parlement où aucun des deux camps ne dispose d'une claire majorité. Le Parlement s'est déjà réuni à douze reprises sans succès.

"Je ne viens porteur d'aucune option. Je veux écouter tout le monde", a ajouté M. Le Drian, martelant que "la solution vient d'abord des Libanais".

"Le plus important est de commencer un processus de négociation", estime l'analyste Michael Young, rédacteur en chef au centre Carnegie pour le Moyen-Orient, selon lequel "la mission de Le Drian pourrait être de mettre en marche un mécanisme" pour une négociation.

«Mission impossible»

Depuis 2020, la France s'est impliquée sans succès dans la recherche d'une solution au Liban et le président Macron s'y est rendu à deux reprises.

"A Beyrouth, Le Drian face à une mission (presque) impossible", titre jeudi le quotidien indépendant L'Orient-Le Jour.

"Pas de grands espoirs fondés sur la visite de Le Drian", écrit pour sa part le quotidien Al-Akhbar, proche du Hezbollah, s'attendant à une vacance présidentielle prolongée.

"On a des espérances infondées", estime une source familière du dossier à Paris. "Ce n'est pas Le Drian qui va changer un système politique sclérosé, des politiques corrompus qui ne voient que leurs intérêts propres".

Pour cette source, une solution n'est pas possible "tant qu'il n'y a pas de pression sur le Hezbollah".

L'émissaire français a rencontré mercredi soir dès son arrivée le chef du Parlement Nabih Berri, allié du Hezbollah, qui joue un rôle pivotal.

Jeudi, il s'est réuni avec le Premier ministre Najib Mikati, qui dirige de facto le pays, avant de se rendre auprès du patriarche maronite Béchara Raï, chef spirituel de la communauté chrétienne la plus influente, dont doit être issu le président de la République.

Des responsables du camp chrétien ont reproché à la France d'avoir proposé dans un premier temps de soutenir le candidat du Hezbollah à la présidence, l'ancien ministre Sleiman Frangié, à condition qu'il soit flanqué d'un Premier ministre sunnite réformateur, conformément au partage communautaire du pouvoir.

Compromis régional?

M. Le Drian n'a pas par le passé mâché ses mots à l'adresse de la classe politique libanaise, restée solidement en place malgré un soulèvement populaire à l'automne 2019 qui n'avait pas abouti.

Lors d'une visite en mai 2021 au Liban, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères, il avait accusé les responsables politiques d'organiser un "suicide collectif".

Quelques mois plus tôt, il avait comparé le Liban au naufrage du "Titanic, sans l'orchestre".

La France, ancienne puissance mandataire, est le pays s'impliquant le plus au Liban. Or il a fallu une intervention régionale ou internationale pour régler les précédentes crises ayant secoué le pays.

Pour Michael Young, la solution doit se jouer à deux niveaux, local et régional.

D'après l'analyste, "un package deal" régional comprendrait non seulement l'élection d'un président, mais aussi la nomination "d'un Premier ministre, d'un gouverneur de la Banque centrale" dont le mandat expire en juillet et d'un commandant en chef de l'armée, qui achève également sa mission à la fin de l'année.


Le prince héritier saoudien et le Premier ministre britannique discutent des développements régionaux

Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz. (SPA)
À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz. (SPA)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre britannique Keir Starmer pour renforcer la coopération stratégique entre leurs deux pays
  • Les discussions ont porté sur les enjeux régionaux, avec un soutien commun à la stabilité et à un cessez-le-feu durable, notamment concernant l’Iran et le détroit d’Ormuz

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu mercredi à Djeddah le Premier ministre britannique Keir Starmer.

Au cours de la rencontre, ils ont passé en revue les relations entre leurs deux pays et examiné les moyens de renforcer davantage leur partenariat stratégique dans divers domaines.

Ils ont également abordé les derniers développements régionaux et internationaux, notamment les évolutions dans la région ainsi que leurs implications en matière de sécurité et d’économie.

Les deux parties ont affirmé leur soutien à tous les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité de la région. Plusieurs questions d’intérêt commun ont également été discutées.

Keir Starmer est arrivé dans le Royaume plus tôt dans la journée, où il a été accueilli à l’aéroport de Djeddah par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz, selon des photos diffusées par l’Agence de presse saoudienne.

Lors de sa visite, Starmer a salué le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, tout en soulignant qu’il restait « beaucoup de travail à faire » pour garantir sa pérennité.

« Il reste également beaucoup à faire concernant le détroit d’Ormuz, qui a un impact à l’échelle mondiale », a-t-il ajouté. 

À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz, a rapporté l’Agence de presse saoudienne. Les ambassadeurs respectifs des deux pays étaient également présents.

*Avec SPA, Reuters 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: Israël dit avoir mené mercredi sa "plus grande frappe coordonnée" contre le Hezbollah depuis le 28 février

« De la fumée s’élève du site d’une frappe israélienne ayant visé une zone à Beyrouth le 8 avril 2026. Israël a lancé une série de frappes sur Beyrouth le 8 avril, l’attaque la plus violente contre la capitale libanaise depuis le début de la guerre. (AFP)
« De la fumée s’élève du site d’une frappe israélienne ayant visé une zone à Beyrouth le 8 avril 2026. Israël a lancé une série de frappes sur Beyrouth le 8 avril, l’attaque la plus violente contre la capitale libanaise depuis le début de la guerre. (AFP)
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  • L’armée israélienne a mené la plus vaste frappe coordonnée contre le Hezbollah depuis le début du conflit, visant une centaine de cibles à Beyrouth, dans la Bekaa et le sud du Liban
  • Malgré le cessez-le-feu avec l’Iran, Israël confirme que le Liban n’est pas concerné et que les opérations contre le Hezbollah vont se poursuivre

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé mercredi une centaine d'objectifs du Hezbollah à travers le Liban, affirmant qu'il s'agissait de "la plus grande frappe coordonnée" contre le mouvement pro-iranien depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, le 28 février.

"En l'espace de 10 minutes et simultanément dans plusieurs zones, [les forces israéliennes ont attaqué] une centaine de postes de commandement et d'infrastructures militaires" du mouvement islamiste libanais à travers le pays voisin, indique un communiqué militaire israélien.

Les frappes ont visé des objectifs à Beyrouth, dans la plaine de la Bekaa (est du Liban) ainsi que dans le sud du pays, selon l'armée israélienne.

Les frappes israéliennes sur Beyrouth, les plus violentes depuis le début de la guerre, ont provoqué des scènes de panique dans la capitale à une heure de grande affluence, selon des journalistes de l'AFP.

Ennemi d'Israël et allié de Téhéran, le Hezbollah s'était joint le 2 mars à la guerre régionale.

Le cessez-le-feu de 15 jours avec l'Iran décrété dans la nuit par le président américain Donald Trump "n'inclut pas le Liban", a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "La bataille continue au Liban, a ensuite déclaré l'armée israélienne

"Nous continuerons de frapper l'organisation terroriste Hezbollah et exploiterons chaque occasion qui se présente sur le plan opérationnel", a dit le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée, cité dans un communiqué militaire.

"Nous ne transigerons pas sur la sécurité des habitants du nord d'Israël [et] nous continuerons de frapper avec détermination", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne avait annoncé mardi avoir achevé dans le sud du Liban le déploiement de ses troupes au sol jusqu'à une "ligne de défense avancée" destinée à maintenir le nord d'Israël à l'abri des tirs de roquettes antichars du Hezbollah, dont la portée est évaluée à une dizaine de kilomètres.


Le Liban fait état de huit morts dans une frappe israélienne à Saïda

Des secouristes se rassemblent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé un véhicule à Saïda, au Liban, le 8 avril 2026. (AFP)
Des secouristes se rassemblent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé un véhicule à Saïda, au Liban, le 8 avril 2026. (AFP)
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  • Une frappe israélienne à Saïda, au Liban, a fait au moins 8 morts et 22 blessés parmi les civils, causant d’importants dégâts sur le front de mer
  • L’attaque survient malgré l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis, l’Iran et leurs alliés, dont l’application au Liban reste floue et contestée

BEYROUTH: Une frappe israélienne a fait huit morts dans la ville libanaise de Saïda, a annoncé mercredi le ministère libanais de la Santé, alors que Washington et ses alliés se sont mis d'accord pour un cessez-le-feu avec l'Iran.

"La frappe de l'ennemi israélien sur Saïda, dans le sud du Liban, a fait, selon un bilan provisoire, huit morts parmi la population civile et 22 blessés", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Un photographe de l'AFP présent sur les lieux de l'attaque, qui a touché le front de mer de cette ville côtière, a vu des flammes s'élever d'un café aux vitres brisées qui jonchaient la chaussée.

Les pompiers s'efforçaient d'éteindre l'incendie tandis que l'armée bouclait le secteur. Des voitures stationnées à proximité ont également été endommagées.

"Nous avons été informés d'une frappe sur la route du front de mer à Saïda. Nous avons envoyé deux équipes, mais celles-ci ont demandé des renforts en raison du nombre élevé de victimes", a indiqué à l'AFP Louay Sabeh, secouriste au sein d'une association locale.

Les équipes de secours ont transporté au moins six blessés depuis les lieux de l'attaque, a-t-il précisé.

Cette frappe est survenue peu avant que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme que les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu de deux semaines "partout", y compris au Liban.

Le Pakistan a joué le rôle de médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran dans le but de mettre fin à plus de cinq semaines de guerre au Moyen-Orient.