Vers l'hôpital, covoiturage israélo-palestinien pour une «petite paix d'une heure»

Adam Abu al-Rob, un Palestinien de six ans atteint d'un cancer des yeux, est porté par son père Mamoun alors qu'ils rencontrent la volontaire d'une ONG israélienne Yael Noy au poste de contrôle de Rehan entre Israël et la Cisjordanie occupée (Photo, AFP).
Adam Abu al-Rob, un Palestinien de six ans atteint d'un cancer des yeux, est porté par son père Mamoun alors qu'ils rencontrent la volontaire d'une ONG israélienne Yael Noy au poste de contrôle de Rehan entre Israël et la Cisjordanie occupée (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 28 juin 2023

Vers l'hôpital, covoiturage israélo-palestinien pour une «petite paix d'une heure»

  • Ces traitements sont payés par les autorités palestiniennes
  • La voiture file sur l'autoroute longeant le mur qui sépare Israël de la Cisjordanie

REHAN: Dans l'aube qui pointe sur le point de passage de Rehan entre le nord de la Cisjordanie occupée et Israël, une longue file de travailleurs palestiniens émergent d'un corridor aux néons blafards.

Surgissant de la file des détenteurs de permis médicaux, Mamoune Abou al-Roub se dirige à grandes enjambées vers la voiture de Yaël Noy, son fils de 6 ans, Adam, somnolant dans ses bras. Direction: un hôpital près de Tel-Aviv où le garçon est suivi après avoir été soigné pour un cancer de l'oeil.

Yaël Noy fait partie des bénévoles israéliens de l'association Road to Recovery ("Chemin vers le rétablissement") qui conduisent chaque jour des dizaines de Palestiniens, en majorité des enfants, depuis les points de passage de Cisjordanie et de la bande de Gaza vers des hôpitaux israéliens afin qu'ils bénéficient de traitements non disponibles dans les Territoires palestiniens.

Ces traitements sont payés par les autorités palestiniennes, ce qui n'est pas le cas du transport vers et depuis les hôpitaux. Or son coût est rédhibitoire pour de nombreuses familles.

L'association est née des demandes d'aide de Palestiniens faisant partie d'un collectif de familles palestiniennes et israéliennes endeuillées par le conflit.

Elle compte aujourd'hui selon ses dires un millier de membres actifs venant annuellement en aide à près de 3.000 malades.

«Langage du coeur»

"Elle est formidable Yaël (...) Elle est toujours contente, ça me remplit le coeur", dit M. Abou al-Roub, 40 ans, dans un hébreu sommaire appris sur les chantiers de construction sur lesquels il travaille en Israël.

A l'arrière de la voiture, le jeune Adam s'est endormi, blotti contre son père. Dans le rétroviseur, la conductrice sourit à son passager et échange quelques mots avec lui.

"D'habitude c'est la mère d'Adam, Sabah, qui l'accompagne. Elle ne parle pas l'hébreu, et moi je ne parle pas l'arabe. Alors on parle le langage du coeur", raconte-t-elle.

"Ces voyages sont une occasion pour tous les bénévoles de rencontrer des Palestiniens", ajoute Mme Noy, récemment devenue directrice de Road to Recovery.

"Nous ne les connaissons pas, nous ne les rencontrons jamais. Il y a un peuple entier qui vit à côté de nous, ce sont nos voisins."

En 2022, plus de 110.000 permis de passage en Israël pour traitement médical ont été délivrés à des Palestiniens de Cisjordanie, qui compte près de trois millions de Palestiniens, et plus de 17.000 permis à des habitants de Gaza, territoire de plus de deux millions d'habitants contrôlé par le mouvement islamiste Hamas et soumis à un blocus israélien, selon le Cogat, l'organe du ministère israélien de la Défense supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens.

Nombre de malades palestiniens ne parviennent cependant pas à se faire soigner en Israël, à la suite de refus des autorités israéliennes de leur délivrer un permis de passage, ou du refus des autorités palestiniennes de prendre en charge des traitements souvent onéreux.

La voiture file sur l'autoroute longeant le mur qui sépare Israël de la Cisjordanie. "Je ne pourrai pas vivre ici si je ne faisais pas quelque chose dans cette réalité tellement dure et compliquée créé par l'occupation, dit Mme Noy.

"C'est le minimum pour rester un être humain respectable."

«Haine et vengeance»

Mais tous les bénévoles ne sont pas opposés à l'occupation, souligne-t-elle, précisant qu'il y a parmi eux des "colons, des religieux et des gens de droite."

Comme Noam Ben Zvi, 72 ans, officier de l'armée israélienne en retraite, pour qui, "même si on quitte la Cisjordanie, la guerre avec les Arabes continuera."

Cela ne l'empêche pas, depuis plusieurs années, de transporter régulièrement une adolescente de Jénine (nord de la Cisjordanie) jusqu'à l'hôpital de Jérusalem où elle est soignée, de l'attendre plusieurs heures pour la ramener au point de passage, à près de 150 kilomètres de là.

"Marie et son père je les aime. Je ne veux pas qu'ils attendent des heures à l'hôpital un autre bénévole qui les reconduise", explique-t-il.

Les transports de malades sont coordonnés du côté palestinien par Naëm Abou Youssef qui sert aussi de traducteur aux bénévoles israéliens.

"Quand j'ai appris ce que faisait (l'association), je n'arrivais pas croire que des Juifs puissent faire des trucs comme ça", explique ce quinquagénaire qui vit dans un village proche de Qalqiliya, dans le nord de la Cisjordanie, dans une zone où les heurts avec les soldats israéliens sont fréquents.

Deux de ses fils ont été arrêtés par l'armée israélienne et détenus pendant plusieurs mois sans charges, dit-il.

"Les gens ici ne connaissent souvent d'Israël que les descentes de soldats la nuit dans les maisons, l'occupation, la peur, la haine et la vengeance."

A 07H00 du matin, Mme Noy dépose ses deux passagers devant le pavillon des enfants du Centre Médical Sheba. M. Abou al-Roub se retourne, et lui fait un dernier signe de la main.

"La fin du conflit ne peut venir que d'un accord politique" estime Yuval Roth, le fondateur de l'association, "mais dans cette réalité, chaque voyage de ce genre, c'est une petite paix d'une heure."


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
Short Url
  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël mène des frappes au nord du Litani sur fond d’escalade des tensions avec le Hezbollah

De la fumée s'élève après que des avions de combat israéliens ont pris pour cible les hauteurs de Rihan, dans le district de Jezzine, au sud du Liban, le 2 janvier 2026. (AFP)
De la fumée s'élève après que des avions de combat israéliens ont pris pour cible les hauteurs de Rihan, dans le district de Jezzine, au sud du Liban, le 2 janvier 2026. (AFP)
Short Url
  • Des raids menés au lendemain de signaux envoyés par Tel-Aviv évoquant une possible reprise des frappes, accusant le Liban de « ne pas aller assez vite »
  • Le président américain Donald Trump affirme que le Hezbollah « doit être complètement désarmé »

​​​​​​BEYROUTH : Des frappes aériennes israéliennes ont visé vendredi plusieurs zones situées au nord du fleuve Litani, un jour après qu’Israël a indiqué qu’il pourrait reprendre ses attaques contre le Hezbollah, affirmant que l’armée libanaise « n’avançait pas assez rapidement » et que le groupe soutenu par l’Iran « reconstruisait son système militaire ».

Les raids ont touché plusieurs sites dans la région d’Iqlim Al-Tuffah, les hauteurs de Jabal Al-Rihane, ainsi que les localités de Mlikh et Aaramta dans le district de Jezzine, de même que la zone de Qal’at Meiss entre Ansar et Al-Zrariyah. Des frappes sur la zone de Tabna, à la périphérie d’Al-Baisariyah dans le district de Saïda–Zahrani, ont coupé la route reliant les villages voisins.

D’autres frappes ont visé la vallée entre Kafroue et Aazze dans le district de Nabatieh, les environs de Aïn Al-Tineh et Jabal Machghara dans la Békaa occidentale, tandis que des avions de guerre israéliens survolaient à basse altitude le sud du pays, atteignant l’espace aérien de Baalbek, du nord de la Békaa et des villages environnants.

Le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a affirmé que les forces israéliennes avaient ciblé un « camp d’entraînement » de la force Radwan du Hezbollah, prétendument utilisé pour former ses membres « afin de planifier et d’exécuter des complots terroristes contre les forces militaires et les citoyens de l’État d’Israël ». Selon lui, « les éléments terroristes suivaient des entraînements au tir et des formations à l’utilisation de divers moyens de combat ».

Adraee a ajouté que l’armée israélienne avait frappé des « bâtiments et installations militaires servant au stockage d’armes » appartenant au Hezbollah, laissant entendre que les attaques pourraient se poursuivre.

L’écrivain politique Ali Al-Amin a déclaré à Arab News : « Les zones ciblées par les frappes israéliennes vendredi avaient déjà été visées à plusieurs reprises, mais il s’agit de vallées et d’espaces fermés appartenant au parti, s’étendant du sud à la Békaa occidentale, et tout le monde sait qu’elles abritent des bases et des centres d’armement. »

Il a ajouté que le Hezbollah « traverse actuellement un moment de faiblesse sans précédent. L’Iran, de son côté, fait face à une nouvelle impasse, confronté à des protestations internes à un moment de repli extérieur, ce qui signifie que, que le Hezbollah remette ou non ses armes, il se trouve dans une situation d’exposition marquée, dans un contexte de déséquilibre majeur ».

La fin de l’année 2025 constitue la date limite à laquelle le Liban s’est engagé à assurer le monopole de l’État sur les armes au sud du fleuve Litani. Le 8 janvier, lors de sa première session de l’année, le Conseil des ministres devrait entendre le rapport de l’armée libanaise annonçant l’achèvement de sa mission, en amont de la deuxième phase couvrant la zone sud jusqu’au fleuve Awali. Le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé que le pays restait engagé à respecter ce calendrier.

Une source politique officielle a confirmé à Arab News : « Le commandant de l’armée présentera son rapport et l’institution militaire poursuivra sa mission. Il n’y aura aucun report. »

Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a déclaré dans un communiqué : « Le désarmement du Hezbollah est un projet américano-israélien visant le Liban, sa souveraineté et son indépendance, même s’il est présenté sous la bannière du monopole étatique des armes. »

Il a ajouté que réclamer le contrôle des armes dans un contexte de « poursuite des attaques israéliennes signifie que vous n’agissez pas dans l’intérêt du Liban, mais dans celui d’Israël ».

Jeudi, à l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump a déclaré que le Hezbollah « se comportait mal » et « devait être complètement désarmé », ajoutant que « le gouvernement libanais est quelque peu désavantagé » face au groupe.

Interrogé sur la question de savoir si Israël devait frapper le Hezbollah au Liban en raison du refus du groupe de se désarmer, Trump a répondu : « Nous verrons cela. »

Des sirènes ont retenti vendredi matin à Baram, en Galilée occidentale en Israël, et un missile a été lancé en direction d’une cible en Haute-Galilée, explosant au nord près des localités libanaises de Maroun Al-Ras et Yaroun. La radio de l’armée israélienne a indiqué plus tard qu’il s’agissait d’une fausse alerte et que le « suspect était un vol d’oiseaux ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Des milliers de personnes manifestent en faveur de Gaza à Istanbul

Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre. (AFP)
Short Url
  • Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan
  • Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés

ISTANBUL: Des dizaines de milliers de personnes ont participé jeudi à un rassemblement en soutien à Gaza à Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et turcs et appelant à la fin des violences dans ce territoire ravagé par la guerre.

Les manifestants se sont rassemblés sous un ciel bleu et par des températures glaciales pour marcher jusqu'au pont de Galata, où ils ont organisé un rassemblement sous le slogan "Nous ne resterons pas silencieux, nous n'oublierons pas la Palestine", a constaté un journaliste de l'AFP.

Plus de 400 organisations de la société civile étaient présentes lors de cette mobilisation, dont l'un des organisateurs était Bilal Erdogan, le plus jeune fils du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Selon des sources policières et l'agence de presse officielle Anadolou, quelque 500.000 personnes ont pris part à la manifestation, au cours de laquelle plusieurs discours ont été prononcés et le chanteur d'origine libanaise Maher Zain a interprété sa chanson "Free Palestine".

"Nous prions pour que 2026 apporte le bonheur à toute notre Nation et aux Palestiniens opprimés", a déclaré Bilal Erdogan.

La Turquie, l'un des pays les plus critiques de la guerre lancée à Gaza, a joué un rôle actif dans les négociations pour un cessez-le-feu dans l'enclave palestinienne, qui a mis fin à la guerre meurtrière menée par Israël en réponse à l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Mais la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre, demeure précaire, les deux camps s'accusant mutuellement d'en violer les termes, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.