Des gangs de colons saccagent un village palestinien, soutenus par l’armée israélienne

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Publié le Jeudi 22 juin 2023

Des gangs de colons saccagent un village palestinien, soutenus par l’armée israélienne

  • Des centaines de colons israéliens ont pris d’assaut un village en Cisjordanie occupée, incendiant des dizaines de voitures et de maisons pour venger la mort de quatre Israéliens
  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a annoncé un plan de construction de mille nouveaux logements dans la colonie d’Eli à la suite du meurtre de quatre colons

RAMALLAH: L’armée israélienne déclare avoir tué trois membres d’une «cellule terroriste» lors d’une rare attaque de drone menée mercredi en Cisjordanie, au moment où la violence s’intensifie avec au moins treize Palestiniens et quatre Israéliens morts cette semaine.

Des centaines de colons israéliens ont pris d’assaut un village en Cisjordanie occupée, incendiant des dizaines de voitures et de maisons pour venger la mort de quatre Israéliens tués par deux hommes armés palestiniens la veille.

Lafi Adeeb, le maire du village, indique que douze Palestiniens ont été blessés dans l’attaque. Il ajoute que trente maisons et plus de soixante véhicules ont été endommagés et les cultures incendiées par des gangs de colons déchaînés.

Des témoins affirment que plusieurs colons ont ouvert le feu sur des Palestiniens en présence de l’armée israélienne, qui a également pris part à l’attaque, et n’a rien fait pour mettre fin à la violence.

Le Croissant-Rouge palestinien soutient que plusieurs colons ont empêché les ambulances d’atteindre le village pour venir en aide aux blessés.

Des responsables médicaux palestiniens rapportent qu’un homme – identifié comme Omar Qatin, 27 ans – a été tué par des tirs de l’armée et que deux autres personnes ont été blessées.

Des habitants indiquent que M. Qatin, père de deux jeunes enfants, travaillait comme électricien pour la municipalité locale.

Khamis Jbara, un voisin, déclare: «Il se tenait innocemment là. C’était un homme si bon. Il n’était pas en possession de projectiles. Il ne portait aucune arme et se trouvait à 800 mètres au moins de l’armée.»

M. Jbara décrit la victime comme un «homme de paix», ajoutant: «Il travaillait de 6 heures à 18 heures.»

Des sources rapportent que les colons ont mené trois cent dix attaques contre des Palestiniens et des biens palestiniens depuis mardi soir.

Le 26 février, des dizaines de colons ont attaqué les villages de Hawara, Burin et Asira al-Qibliya, au sud de Naplouse, avant d’incendier des dizaines de véhicules.

Le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, déclare que «les attaques barbares menées par les colons contre des citoyens pacifiques, ainsi que la destruction de leurs maisons et de leurs biens, reflètent la mentalité meurtrière d’Israël».

Ouvrir la voie aux émeutes de colons sous la protection de l’armée israélienne, précise-t-il, «mène à la destruction qui sera dangereuse pour tous».

Les équipes et les véhicules de la défense civile palestinienne ont œuvré à éteindre les incendies causés par les attaques des colons dans le village.

Plus tôt dans la nuit de mardi, des colons ont attaqué le village d’Al-Laban al-Charkiyeh, incendié des récoltes, attaqué des maisons et une station-service et mis le feu à des véhicules privés.

Le mouvement Fatah du président palestinien, Mahmoud Abbas, a appelé ses cadres et la population palestinienne à se rassembler et à affronter les attaques systématiques des colons.

«Les tentatives de terroriser notre peuple en libérant des milices de colons armés seront contrées par la résistance et la confrontation», déclare-t-il dans un communiqué.

Hussein al-Cheikh, de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), appelle les Palestiniens à former des comités populaires pour protéger les propriétés civiles et lutter contre le terrorisme des colons.

Il exhorte également l’administration américaine et la communauté internationale à forcer le gouvernement et l’armée d’Israël à mettre fin aux attaques des colons.

Mustafa al-Barghouti, secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne (INP), déclare à Arab News que le terrorisme des colons «est une répétition de la criminalité et du terrorisme des gangs sionistes pendant la Nakba (“catastrophe”) en 1948».

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a annoncé un plan de construction de mille nouveaux logements dans la colonie d’Eli à la suite du meurtre de quatre colons. Mercredi, des colons ont commencé à construire de nouvelles maisons dans la colonie de Salayet, dans le nord de la vallée du Jourdain.

L’Égypte a appelé à l’arrêt immédiat des attaques des colons israéliens afin d’éviter que la situation sécuritaire ne devienne incontrôlable.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
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  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

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  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.