Un boom touristique s’annonce au Liban avec la venue de l’Aïd al-Adha

La saison estivale 2023 s’annonce excellente au Liban, avec 18 000 passagers qui arrivent chaque jour (Photo, Instagram).
La saison estivale 2023 s’annonce excellente au Liban, avec 18 000 passagers qui arrivent chaque jour (Photo, Instagram).
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Publié le Jeudi 29 juin 2023

Un boom touristique s’annonce au Liban avec la venue de l’Aïd al-Adha

  • «Les expatriés libanais et les étrangers qui aiment visiter le Liban se bousculent aux aéroports: c’est sans doute un été prometteur», se félicite le ministre libanais du Tourisme
  • «Le Liban s'attend à accueillir 2,2 millions de passagers et à gagner environ 9 milliards de dollars de revenus touristiques cette année, ce qui est indispensable»

BEYROUTH: Le Liban est-il vraiment le pays le plus triste de la planète? Est-il vrai que le pays du Cèdre a perdu son attrait touristique? Selon certains, il serait devenu terriblement triste. Pourtant, sur les réseaux sociaux, bien des stories suggèrent le contraire. Avec l’Aïd al-Adha (le 28 juin), au tout début de l’été, plus d’un million d’expatriés se sont pressés dans les aéroports du monde entier. Destination Beyrouth!

Avec l’Aïd al-Adha (le 28 juin), au tout début de l’été, plus d’un million d’expatriés se sont pressés dans les aéroports du monde entier (Photo, Twitter).
Avec l’Aïd al-Adha (le 28 juin), au tout début de l’été, plus d’un million d’expatriés se sont pressés dans les aéroports du monde entier (Photo, Twitter).

«J'ai quitté le Liban à cause de la situation politique et des difficultés économiques du pays. Je suis parti en quête d'une vie digne qui réponde à tous mes besoins, un endroit où je puisse dormir à tête reposée en sachant que je ne mourrais pas aux portes des hôpitaux par manque de fonds», affirme Richard, un expatrié qui vit à Boston, aux États-Unis.

«Mais, cette année, je ne pouvais pas imaginer que je ne rendrais pas visite à mes parents et à mes grands-parents, ou même que je ne verrais pas les paysages à couper le souffle – la mer et le coucher du soleil – qui me réunissent avec mes amis», lance Richard.

«Du jamais vu au Liban!»

La saison estivale 2023 s’annonce excellente au Liban, avec 18 000 passagers qui arrivent chaque jour entre le mois de juin et la fin août, selon des chiffres officiels communiqués à Arab News en français par un haut responsable de la Direction générale de l’aviation civile. «À vrai dire, 20 400 voyageurs sont arrivés à Beyrouth le 25 juin, du jamais vu au Liban!», se félicite-t-il.

«En juin, il s’avère que la majorité de ces passagers viennent des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite, du Koweït, du Qatar, de Jordanie, de Turquie, de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni, étant donné que ce mois coïncide avec les jours fériés de l’Aïd al-Adha dans les pays du Golfe», explique le responsable. «Les compagnies aériennes ont dû doubler, voire tripler le nombre de vols effectués par jour», ajoute-t-il.

EN BREF

Selon les statistiques de l'Aviation civile fournies à Arab News en français, «jusqu’au 27 juin 2023, trois jours avant la fin du mois, 357 853 passagers ont atterri à l’aéroport international de Beyrouth, contre 340 446 en juin 2022 et 234 519 en juin 2021».

«Les expatriés libanais et les étrangers qui aiment visiter le Liban se bousculent aux aéroports: c’est sans doute un été prometteur», se félicite pour sa part le ministre libanais du Tourisme, Walid Nassar, à l’issue d’un événement annuel organisé par le ministère.

Beyrouth, cette ville qui a été ravagée par une double explosion en août 2020, semble se redresser trois ans plus tard pour accueillir avec chaleur ses expatriés venus du monde entier.

«Ahla bhal tallé»

Tout au long de l’autoroute, à la sortie de l’aéroport, les expatriés sont accueillis par des banderoles sur lesquelles est inscrite l’expression arabe «Ahla bhal tallé», qui signifie: «Vous êtes les bienvenus!»

Le président du syndicat des propriétaires des agences de voyages, Jean Abboud, qui a révélé que «l'année 2023 connaît un important flux d’expatriés et de touristes qui arrivent au Liban», est convaincu que 2023 «écrasera les années précédentes en matière de tourisme».

Au sujet des billets d’avion et du nombre d’arrivées par jour, M. Abboud déclare que «les billets d’avion et les réservations dans les hôtels sont presque tous vendus. 55 compagnies aériennes opèrent à l’aéroport, un nombre qui s’élèvera bientôt à 66». Il évoque également «l'ouverture de la ligne Beyrouth-Madrid par la compagnie aérienne libanaise Middle East Airlines», expliquant: «C’est le trajet que prendront les Libanais qui viennent du Brésil, d'Amérique et du Canada, en plus des Libanais qui travaillent en Afrique et dans le Golfe.»

«Je vous assure, un été prometteur est à l’horizon!», lance M. Abboud.

À la mi-juin, des manifestations ont été organisées par les Libanais à l’étranger contre la compagnie aérienne Middle East Airlines (MEA), qui ont actualisé les prix des tickets de vol à Beyrouth et les ont augmentés de façon déraisonnable et «illogique».

«J’achetais le ticket à 350 et 500 euros durant les hautes saisons. Aujourd’hui, le ticket se vend à 1 000 euros. En tant qu’étudiant, comment suis-je censé payer tel prix?», regrette Fouad, étudiant libanais à Paris.

Un Aïd de festivités!

Avec plus de 80 événements prévus cet été, la saison s’ouvre avec les préparations des festivals pour l’Aïd. Des réjouissances qui s’étendent du sud au nord du Liban.

À Baalbek, les festivals débutent le 1er juillet, une date qui coïncide avec l’arrivée des expatriés.

À Batroun, poumon touristique du Liban, dès le 30 juin, des dizaines de milliers de festivaliers se presseront aux concerts qui se tiendront dans cette ville côtière.

«Le Liban propose des événements touristiques spectaculaires. Malgré la crise économique, le pays est riche en attractions touristiques», confie le ministre du Tourisme.

Climat méditerranéen idéal

Sur les côtes libanaises de Byblos et de Batroun, les complexes balnéaires et touristiques s’apprêtent à recevoir des milliers de visiteurs qui viennent profiter de la mer Méditerranée. Ces destinations combinent bonnes ondes, jus colorés, énergie communicative et musique.

Perchés juste au-dessus de la mer, les restaurants du littoral libanais séduisent grâce à leurs décors aux couleurs terreuses. Les touristes viennent y déguster les spécialités de la cuisine libanaise en admirant le coucher du soleil.

«Je ne vois personnellement aucun obstacle qui m’empêche de venir au Liban: la vie est retournée à la normale après la Covid-19 et le pays est loin d’être en état de guerre», raconte Elie, un Libanais qui vit à Londres, à Arab News en français.

Sur l'île aux Lapins, au large de Tripoli, dans le nord du Liban, le thermomètre affiche plus d'une trentaine de degrés et les expatriés s’offrent un bain de mer.

«L'écotourisme, le tourisme religieux et les escapades dans les montagnes attirent également un flot de voyageurs», se réjouit le ministre du Tourisme.

 

Où passer les vacances au Liban?

Presque toutes les régions libanaises peuvent être parcourues en deux heures et demie en voiture à partir de Beyrouth.

Baalbek et Anjar

Si vous êtes passionné par la Rome antique, vous devez y visiter ces ruines exceptionnelles. Elles figurent sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Le temple de Jupiter, à Baalbek, est l'un des plus grands temples romains de la planète.

Tyr et Byblos

Les ruines de Tyr et de Byblos, qui surplombent la Méditerranée, sont également admirables. Ces deux sites sont également classés au patrimoine mondial de l'Unesco. Décidément, si vous aimez l’histoire, vous passerez un bon moment au Liban!

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Jbeil

C’est le coin européen du Liban. Avec ses bateaux chics, ses restaurants luxueux et ses femm en robe d'été aux longs cheveux flottants, vous vous sentirez comme à Trogir, en Croatie, ou à Budva, au Monténégro. Seul le souk vous rappellera que vous êtes bien au Moyen-Orient.

Les Cèdres/Bécharré

La forêt des «Cèdres de Dieu» fait la fierté du Liban. Elle figure également sur la liste du patrimoine de l’Unesco et ses arbres comptent parmi les plus célèbres au monde. Dans les temps anciens, des forêts illimitées poussaient sur les montagnes du Liban. Sans oublier la vallée de Qannoubine (Wadi Qannoubine ou Wadi Qadisha), l'une des zones touristiques les plus charmantes et les plus mystiques du nord du Liban.

Sidon et Maghdouche

Sidon est célèbre pour ses souks et son château (appelé «château de la Mer»), et Maghdouche offre de superbes vues.

Batroun

Batroun est une ville côtière du nord du Liban et l'une des plus anciennes cités du monde. Située au nord du Liban, elle est une destination touristique importante. La ville est dotée d’églises historiques, d’une citadelle, de vieilles rues et d’un mur phénicien. C’est également une station balnéaire majeure du pays.

La Grotte de Jeita et Harissa

Harissa offre une vue exceptionnelle sur la côte méditerranéenne et la grotte de Jeita abrite de magnifiques galeries de grottes souterraines.

Redressement économique garanti?

Le pays du Cèdre est en quête de nouveaux moyens pour redresser son économie. Les revenus du tourisme sont estimés à 9 milliards de dollars (1 dollar = 0,91 euro) selon le site d’informations The National News.

«Le Liban s'attend à accueillir 2,2 millions de passagers et à gagner environ 9 milliards de dollars de revenus touristiques cette année, ce qui est indispensable alors qu'il est actuellement confronté à une impasse politique et traverse sa pire crise économique depuis l'indépendance du pays», lit-on sur le site.

«Le tourisme est la colonne vertébrale de l'économie nationale», conclut M. Nassar.

Dans tous les domaines, des crises frappent le Liban de plein fouet depuis 2020. La livre libanaise connaît aujourd’hui une dépréciation record d'environ 98% selon des rapports publiés par le Fonds International monétaire (FMI).


L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

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  • Ibrahim Olabi affirme que l’accord de cessez-le-feu et d’intégration progressive montre que le « meilleur scénario de réussite » des FDS se situe au sein de l’État syrien
  • Il salue le « rôle diplomatique constant » de l’Arabie saoudite dans l’encouragement à la désescalade et le soutien à la réintégration de la Syrie dans les systèmes régional et international

NEW YORK : Un accord historique de cessez-le-feu et d’intégration progressive entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, a été annoncé vendredi. Des responsables syriens de haut rang ont qualifié cet accord d’étape majeure vers l’unité nationale et la stabilité, après des années de conflit et de négociations au point mort.

S’exprimant auprès d’Arab News à New York, Ibrahim Olabi, représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies, a décrit l’accord non seulement comme une réussite militaire et administrative, mais aussi comme une victoire symbolique pour tous les Syriens, reflétant les aspirations collectives du pays à la paix, à la reconstruction et à la coopération internationale.

Il a souligné que la stabilité, une répartition équitable des ressources et la sécurité intérieure constituent le socle de l’importance de cet accord. Il a également mis en avant le large soutien international, ainsi que l’implication spécifique de pays tels que l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Selon lui, l’Arabie saoudite a joué un rôle diplomatique constant pour encourager la désescalade et soutenir la réintégration de la Syrie dans le système régional et international, notamment par des appels à la levée des sanctions et au soutien des institutions étatiques.

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Le drapeau national de la République arabe syrienne. (AFP)

Concernant Washington, Olabi a déclaré que les États-Unis considéraient désormais qu’un État syrien unifié servait leurs intérêts ainsi que ceux de la région, et voyaient l’intégration au sein du gouvernement syrien comme la protection à long terme la plus viable pour les FDS.

« Nous considérons l’étape franchie aujourd’hui comme un succès pour tous les Syriens et pour la Syrie. Tous les Syriens bénéficient de la stabilité, de la présence d’appareils de sécurité dans leurs villes. Tous bénéficient du contrôle des ressources par l’État, car elles peuvent être distribuées équitablement. Il en va de même pour les frontières. Tous les Syriens bénéficient du calme intérieur, qui a aussi des répercussions régionales et sur la reconstruction », a-t-il déclaré.

« Nous le voyons donc comme un succès, comme une victoire pour tous les Syriens. »

Il a ajouté que l’accord s’inscrivait dans une dynamique déjà amorcée par des ententes précédentes et des soutiens internationaux, ainsi que par l’évolution des réalités politiques et militaires, créant des conditions favorables à sa pérennité.

Le cœur de l’accord du 30 janvier repose sur l’intégration progressive des unités militaires et des structures administratives des FDS dans les institutions de l’État syrien, en commençant par les dispositifs de sécurité et en évoluant vers une intégration institutionnelle complète.

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Des soldats montent la garde alors que les forces gouvernementales syriennes se dirigent vers la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 20 janvier 2026. (AFP)

Selon Olabi, ce modèle vise à éviter des changements brusques susceptibles de déstabiliser des équilibres locaux fragiles.

« L’approche d’intégration progressive s’inscrit dans la logique plus large d’un gouvernement syrien qui a toujours été ouvert aux propositions, aux idées et au débat, pourvu que cela serve une Syrie unie, forte et stable », a-t-il expliqué.

« On commence par la sécurité, puis l’administration, puis les institutions de l’État. Nous avons estimé qu’un mois constituait un délai raisonnable. L’objectif n’est pas de précipiter les choses, mais pas non plus de les faire durer indéfiniment. Tous les Syriens souhaitent avancer vers l’avenir et tourner la page de quatorze années de conflit et de divisions. »

Conformément à l’accord, les combattants des FDS commenceront à rejoindre des unités et brigades de sécurité nationales, tandis que les forces du ministère de l’Intérieur seront déployées dans des villes clés sous contrôle kurde, notamment Hassaké et Qamichli, où la présence de l’État syrien était limitée depuis des années.

Une nouvelle formation militaire, comprenant trois brigades issues des FDS, sera intégrée à la structure globale de l’armée syrienne, tandis que les institutions civiles kurdes seront intégrées au cadre administratif de l’État.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes font la queue pour régulariser leur statut auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a insisté sur le fait que l’accord prévoit un délai pour une intégration ordonnée, et non une absorption immédiate, délai convenu avec les FDS afin de renforcer la confiance et de réduire les tensions.

Répondant aux inquiétudes concernant la sincérité des garanties accordées aux membres des FDS contre les représailles ou la perte de leur statut, Olabi a souligné les ouvertures de longue date du gouvernement et ses interactions précédentes avec les dirigeants kurdes, ainsi que la conduite du gouvernement tout au long des négociations comme preuves de son approche.

« Mazloum Abdi a été accueilli à Damas comme un héros, et non comme un ennemi. Les FDS ont toujours été les bienvenues à Damas. Nous n’avons aucun intérêt aux représailles ni à la détérioration de la situation. Nous voulons avancer », a-t-il déclaré, ajoutant que les partenaires internationaux avaient également constaté l’absence de volonté d’escalade de la part du gouvernement syrien.


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com