PARIS: La cour d'appel de Paris a réduit jeudi la peine de sept militants écologistes jugés pour avoir décroché et emporté trois portraits officiels d'Emmanuel Macron en 2019, les condamnant à 500 euros d'amende avec sursis, contre 500 euros ferme en première instance.
Les 21 et 28 février 2019 à Paris, ils avaient dérobé trois portraits présidentiels dans les mairies des IIIe, IVe et Ve arrondissements de la capitale, dans le cadre d'une campagne nationale "Décrochons Macron", menée par le mouvement Action non-violente COP21 (ANV-COP21) pour dénoncer son "inaction climatique".
Comme pour les quelque 150 "réquisitions" symboliques revendiquées entre février 2019 et le printemps 2020 par le mouvement partout en France, ces actions s'étaient effectuées en quelques minutes, "à visage découvert" et "sans dégradation".
Lors de l'audience, l'avocat général avait demandé la confirmation du jugement de premier instance qui, le 16 octobre 2019, les avait condamnés à 500 euros d'amende pour "vol en réunion".
La défense avait plaidé la relaxe, en particulier sur le fondement d'un récent arrêt de la Cour de cassation sur la liberté d'expression.
"La peine est réduite et les revendications sont entendues", a déclaré à l'AFP Michaël Bendavid, avocat des "décrocheurs", tout en soulignant que "le simple fait d'engager des poursuites pénales face à des revendications politiques est déjà disproportionné".
Me Bendavid a annoncé son intention de former un pourvoi en cassation.
"On est obligé d'en arriver à ce type d'actions après avoir tenté les marches et les pétitions", s'est justifiée Cécile Marchand, l'une des prévenues et porte-parole d'ANV-COP21.
Les militants, toujours actifs, se sont dits déterminés à continuer de mener des "mouvements de désobéissance civile sur le climat", face à "l'irresponsabilité des dirigeants".
Le 27 octobre, le tribunal correctionnel d'Auch a relaxé cinq militants écologistes qui avaient décroché le portrait d'Emmanuel Macron de trois mairies du Gers durant l'été 2019, reconnaissant la légitimité de leur action au nom de la liberté d'expression.







