UE: l'Espagne prend la présidence tournante, la tête ailleurs

Dans cette image publiée par La Moncloa le 15 juin 2023, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez prononce un discours pour dévoiler les priorités de l'Espagne pour sa présidence de l'UE, qui commence le 1er juillet, au palais de La Moncloa à Madrid (Photo, AFP).
Dans cette image publiée par La Moncloa le 15 juin 2023, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez prononce un discours pour dévoiler les priorités de l'Espagne pour sa présidence de l'UE, qui commence le 1er juillet, au palais de La Moncloa à Madrid (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 29 juin 2023

UE: l'Espagne prend la présidence tournante, la tête ailleurs

  • L'Espagne assume à partir de samedi la présidence tournante du Conseil de l'UE, un évènement important pour ce pays pro-européen
  • Le pays assurant la présidence du Conseil de l'UE n'a certes pas plus de voix au chapitre que ses partenaires, mais il lui revient de donner l'impulsion politique pour tenter de faire avancer les grands dossiers

MADRID: L'Espagne assume à partir de samedi la présidence tournante du Conseil de l'UE, un évènement important pour ce pays pro-européen, qui a toutefois la tête ailleurs à trois semaines d'élections législatives pouvant se traduire par un changement de gouvernement.

"Hola Europa!", avait tweeté le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez le 15 juin, juste avant de présenter avec entrain ses priorités pour la présidence espagnole, puis de repartir en campagne, enchaînant depuis déplacements et interviews.

Dirigeant au profil international et à l'ambition affichée d'accroître l'influence de l'Espagne à Bruxelles, M. Sánchez a pris ses compatriotes et ses partenaires européens de court le 29 mai, au lendemain d'une déroute de la gauche aux élections locales, en annonçant la convocation de législatives anticipées le 23 juillet.

Le pays assurant la présidence du Conseil de l'UE n'a certes pas plus de voix au chapitre que ses partenaires, mais il lui revient de donner l'impulsion politique pour tenter de faire avancer les grands dossiers en cours durant son semestre.

"Le risque, c’est une présidence qui a la tête ailleurs", même si "sur le fond, (il n'y a) pas de risque réel de déraillement", car "l'Espagne est un pays foncièrement pro-européen", souligne dans un entretien avec l'AFP Sébastien Maillard, directeur de l'Institut Jacques Delors.

"Inévitablement, ça complique la donne. On va avoir des ministres en campagne ou en train de se demander quel sera leur prochain poste. Il auront moins de temps et d’énergie à consacrer à leurs homologues européens pour chercher des compromis", ajoute-t-il.

L'exemple de la France

M. Sánchez s'est voulu rassurant à plusieurs reprises ces dernières semaines, écartant tout risque "que les objectifs que nous nous sommes fixés pour cette présidence (...) ne soient pas remplis".

Pour se défendre des critiques, il a notamment cité l'exemple de la France, où s'est tenue une élection présidentielle en avril 2022, alors que Paris exerçait la présidence du Conseil européen.

Pedro Sánchez a, dans le détail, affiché sa volonté de boucler d'ici à fin décembre la réforme de la politique migratoire européenne et de faire "des pas importants" vers une ratification de l'accord commercial avec le Mercosur, dont il est un partisan enthousiaste, mais qui suscite de vives réticences de la France.

Il a même affirmé que cette présidence avait été préparée "depuis un an" en collaboration avec "tous les acteurs institutionnels, sociaux et politiques", sous-entendant ainsi qu'elle pourrait être assumée sans problème par un gouvernement d'une autre couleur politique.

Des propos balayés d'un revers de main par son rival conservateur, Alberto Núñez Feijóo, leader du Parti populaire (PP), la principale formation d'opposition, qui a assuré avoir eu "plus d'informations de la présidence suédoise" de l'UE, qui s'achève cette semaine, "que de l'espagnole".

La grande question qui agite les partenaires européens de M. Sánchez est de savoir s'il sera en mesure de se maintenir au pouvoir, alors que les sondages indiquent le contraire depuis des mois.

"Si Sánchez s’en sort, ils auront perdu plusieurs semaines, mais ce n’est pas si grave. Mais s'il perd et si ça traîne – négociations, tractations, coalition… - " avant l'entrée en fonctions d'un autre Premier ministre, "alors ça risque d’être compliqué", confie un diplomate européen.

Des complications qui pourraient potentiellement s'accentuer si le Parti Populaire de M. Feijóo, un modéré pro-européen, a besoin, comme le prédisent toutes les enquêtes d'opinion, de l'appui du parti d'extrême droite Vox pour gouverner.

Cette formation aux positions ultraconservatrices et ultranationalistes, très proche du Premier ministre hongrois Viktor Orban ou du parti populiste nationaliste au pouvoir en Pologne, a montré depuis les élections municipales et régionales du 28 mai qu'elle monnayait cher son soutien. Ce qui risque de rendre très difficiles d'éventuelles négociations avec les conservateurs.


Iran: Trump maintient que le cessez-le-feu est en vigueur malgré des échanges de frappes

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre. (AFP)
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  • Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz
  • "Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur

WASHINGTON: Donald Trump a maintenu jeudi que le cessez-le-feu tenait toujours, alors que Téhéran accuse Washington de l'avoir violé et que les hostilités reprennent dans le Golfe.

Les Etats-Unis ont dit avoir "ciblé des installations militaires iraniennes" jeudi après que plusieurs de leurs navires ont été attaqués dans le détroit d'Ormuz.

"Ils ont joué avec nous aujourd'hui. Nous les avons balayés. Ils ont joué. J'appelle ça une broutille", a déclaré le président américain à des journalistes, ajoutant que, selon lui le cessez-le-feu était toujours en vigueur.

Ces tirs échangés fragilisent la trêve en place depuis le 8 avril, soit près d'un mois, au moment où Washington attend toujours une réponse de Téhéran à sa dernière proposition pour mettre fin durablement à la guerre.

Et vendredi matin, la défense aérienne des Emirats arabes unis est en action face à des drones et missiles tirés, selon leur ministère de la Défense, depuis l'Iran.

Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat à cette information. Il avait démenti "catégoriquement" plus tôt cette semaine tout rôle dans des attaques ces derniers jours rapportées par le pays du Golfe.

Donald Trump a appelé l'Iran à signer un accord "RAPIDEMENT" dans un message posté sur sa plateforme Truth Social, sous peine d'être frappé "bien plus violemment à l'avenir".

"Les forces américaines ont intercepté des attaques iraniennes non provoquées et riposté avec des frappes défensives" après que trois de leurs destroyers lance-missiles ont été attaqués en traversant le détroit d'Ormuz vers le golfe d'Oman par des "missiles, drones et petits bateaux" iraniens, a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient sur X.

Elles ont "neutralisé les menaces et ciblé les installations militaires iraniennes responsables des attaques contre les forces américaines, dont des sites de lancement de missiles et de drones, des centres de commandement et de contrôle, et des bases de renseignement, de surveillance et de reconnaissance", a-t-il ajouté.

"Aucun navire américain n'a été touché", a précisé l'armée américaine.

"Cessez-le-feu durable" 

Le commandement militaire iranien a accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu en prenant pour "cible un pétrolier iranien quittant les côtes iraniennes, ainsi qu'un autre bateau", dans un communiqué cité par la télévision d'Etat.

Il a ajouté avoir "immédiatement riposté en attaquant des navires militaires américains, leur infligeant des dommages importants".

La télévision iranienne avait rapporté un peu plus tôt des explosions entendues dans un port de l'île de Qeshm, située dans le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

"Je crois fermement que ce cessez-le-feu deviendra un cessez-le-feu durable", a déclaré jeudi dans un discours télévisé le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, dont le pays œuvre comme médiateur et est "resté en contact permanent avec l'Iran et les Etats-Unis, jour et nuit".

En l'absence de percée dans les tractations, les cours du pétrole ont modérément baissé jeudi et remontent légèrement vendredi matin. Le baril de Brent, la référence mondiale, s'échangeait au-dessus de 101 dollars vers 03H20 GMT.

Donald Trump avait jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec la République islamique en évoquant de "très bonnes discussions dans les dernières 24 heures", même s'il avait de nouveau agité en parallèle la menace d'une reprise des bombardements.

Négociations 

Mardi, le président américain avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord", la suspension de l'opération américaine lancée seulement la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Si l'Iran a estimé que les Etats-Unis cherchaient à forcer sa "reddition", il s'est gardé de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant mercredi que son pays "examinait toujours le plan et la proposition américaine" et "communiquera(it) sa position à la partie pakistanaise, une fois arrêtée".

Jusque-là, la seule session de négociations, qui s'est tenue il y a bientôt un mois à Islamabad, n'a pas abouti.

Dans le stratégique détroit d'Ormuz, quelque 1.500 navires et environ 20.000 membres d'équipage restent "piégés", selon le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), une agence de l'ONU.

Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril.

Rencontre Israël-Liban 

Sur le front libanais du conflit, de nouvelles discussions entre Israël et le Liban vont se tenir à Washington les 14 et 15 mai, en dépit d'un cessez-le-feu fragilisé par la poursuite des hostilités entre le Hezbollah et l'armée israélienne, a indiqué jeudi la diplomatie américaine.

Deux premières séances de négociations directes dans la capitale américaine entre ambassadeurs israélien et libanais avaient eu lieu les 14 et 23 avril.

Les deux pays sont officiellement en état de guerre depuis 1948 et les sessions d'avril étaient les premières du genre en 33 ans.

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre éventuelle avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Malgré la trêve, des combats se poursuivent au Liban. Des frappes israéliennes ont fait au moins 12 morts, dont deux enfants, jeudi dans le sud du pays, selon le ministère de la Santé.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en soutien à Téhéran, revendique lui des attaques contre les forces israéliennes qui occupent des zones du sud du pays.


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.