Ukraine: Zelensky ordonne de renforcer la frontière avec le Bélarus après l'arrivée de Wagner

Le président russe Vladimir Poutine salue le président biélorusse Alexandre Loukachenko au Kremlin (Photo, AFP).
Le président russe Vladimir Poutine salue le président biélorusse Alexandre Loukachenko au Kremlin (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 01 juillet 2023

Ukraine: Zelensky ordonne de renforcer la frontière avec le Bélarus après l'arrivée de Wagner

  • Dans un précédent message, M. Zelensky a évoqué des «mesures pour renforcer cette zone», sans les détailler
  • L'Ukraine a dit à plusieurs reprises craindre une attaque depuis le Bélarus

KIEV: Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ordonné vendredi de renforcer la sécurité de la frontière avec le Bélarus face à l'arrivée dans ce pays allié de Moscou de combattants du groupe paramilitaire Wagner après une rébellion avortée en Russie.

"Sur décision de l'état-major, le commandant en chef (Valery) Zaloujny et le général (Serguiï) Naïev ont reçu l'ordre de renforcer la direction nord afin de garantir la paix", a indiqué M. Zelensky dans une vidéo diffusée sur Telegram.

Il a indiqué avoir été informé vendredi de la situation au Bélarus par les services de renseignement ukrainiens et étrangers, ainsi que par les gardes-frontières.

Dans un précédent message, M. Zelensky a évoqué des "mesures pour renforcer cette zone", sans les détailler.

Après sa révolte avortée en Russie il y a une semaine, le patron du groupe paramilitaire russe Wagner a accepté de s'exiler au Bélarus à la faveur d'une médiation menée par le président bélarusse Alexandre Loukachenko, allié de Moscou.

Aux termes de cet accord, les combattants de Wagner ont le choix de partir au Bélarus, de s'engager dans l'armée russe régulière ou de retourner à la vie civile. Le ministère russe de la Défense doit récupérer leurs armes lourdes.

M. Loukachenko a lui estimé que l'armée bélarusse pourra bénéficier de "l'expérience" des commandants de Wagner, bien qu'il a aussi minimisé les activités que le groupe sera autorisé à mener dans le pays.

L'Ukraine a dit à plusieurs reprises craindre une attaque depuis le Bélarus, qui abrite des troupes russes mais dont les propres soldats ne participent pas directement à l'invasion lancée par Moscou.


Soudan: la population traverse un «enfer», alerte le responsable de l'ONU pour les droits humains

Volker Türk a condamné la multiplication des frappes contre des "infrastructures civiles essentielles", notamment les hôpitaux, marchés et écoles, et appelé à cesser les attaques contre les civils. (AFP)
Volker Türk a condamné la multiplication des frappes contre des "infrastructures civiles essentielles", notamment les hôpitaux, marchés et écoles, et appelé à cesser les attaques contre les civils. (AFP)
Short Url
  • "Nous avons un population qui a enduré horreurs et enfer",  a lancé Volker Türk lors d'une conférence de presse à Port-Soudan, dans l'est du pays - sa première depuis le déclenchement du conflit
  • Il s'est alarmé d'une "militarisation croissante de la société par toutes les parties", marquée par "l'armement des civils et le recrutement d’enfants"

PORT-SOUDAN: Près de trois ans de guerre au Soudan ont plongé la population dans "l'enfer", a alerté dimanche le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, dénonçant notamment l'enrôlement des enfants dans le conflit.

Depuis avril 2023, la guerre qui oppose l'armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, et déplacé, dans ses heures les plus sombres, plus de 14 millions personnes dans et à l'extérieur du pays, provoquant ce que l'ONU a qualifié de pire crise humanitaire au monde.

"Nous avons un population qui a enduré horreurs et enfer",  a lancé Volker Türk lors d'une conférence de presse à Port-Soudan, dans l'est du pays - sa première depuis le déclenchement du conflit.

Il s'est alarmé d'une "militarisation croissante de la société par toutes les parties", marquée par "l'armement des civils et le recrutement d’enfants."

"Il est scandaleux", s'est il indigné, "que d'immenses sommes soient dépensées pour acquérir des armes de plus en plus sophistiquées, en particulier des drones" au lieu "de servir à soulager la souffrance des Soudanais.

Les Emirats Arabes Unis nient régulièrement armer et soutenir les FSR, comme l'en accusent des rapports internationaux, tandis que l'armée, appuyée par Le Caire et Ryad, est créditée d'avoir reçu des drones de l'Iran et la Turquie.

Volker Türk a condamné la multiplication des frappes contre des "infrastructures civiles essentielles", notamment les hôpitaux, marchés et écoles, et appelé à cesser les attaques contre les civils.

Il a invoqué des témoignages d'atrocités "insoutenables" - civils frappés, abattus, violés ou enlevés - lors de la prise de contrôle du Darfour par les FSR.

Ces exactions, a-t-il averti, "risquent de se reproduire" dans la région voisine du Kordofan, actuel front des combats.

Les FSR y assiègent depuis plus de 19 mois Kadougli, capitale du Kordofan-Sud, et Dilling, et encerclent depuis près d'un an El-Obeid, chef lieu du Kordofan-Nord.

Invoquant le témoignage d'une jeune déplacée de 20 ans, victime de viol, il a rappelé qu'il s'agissait d'un "crime de guerre" dont toutes les parties doivent répondre: "et nous avons de plus en plus d’indications qu'il est généralisé et systématique".

 


Trump nomme Tony Blair et Marco Rubio à son Conseil de la paix pour Gaza

L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair. (AFP/Archives)
L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair. (AFP/Archives)
Short Url
  • Donald Trump a dévoilé la composition du Conseil de la paix pour Gaza, qu’il présidera, avec notamment Marco Rubio, Tony Blair et plusieurs figures politiques et économiques américaines
  • Ce Conseil doit superviser la mise en œuvre de la phase 2 du plan Trump pour Gaza, incluant le désarmement du Hamas, le retrait israélien progressif et le déploiement d’une force internationale, dans un contexte de cessez-le-feu fragile

WASHINGTON: Donald Trump a dévoilé vendredi la liste de membres du Conseil de la paix pour Gaza, qu'il présidera et auquel siégeront en particulier le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Cette présentation intervient deux jours après que Steve Witkoff, son émissaire, a annoncé le lancement de la phase 2 du plan Trump visant à mettre fin à la guerre dans le territoire, après trois mois de fragile cessez-le feu obtenu le 10 octobre sous la pression de Washington.

Cette deuxième phase prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes de la bande de Gaza et le déploiement de la Force internationale de stabilisation, selon les termes de ce plan endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre.

Le Conseil de la paix doit superviser ce processus ainsi que le comité palestinien temporaire et technocratique composé de 15 personnalités formées pour administrer temporairement la bande de Gaza.

Outre MM. Blair et Rubio, il compte M. Witkoff ainsi que le gendre du président américain Jared Kushner, homme d'affaires et médiateur officieux du gouvernement Trump, ou encore le président de la Banque mondiale Ajay Banga, a indiqué M. Trump dans un communiqué.

La liste de sept personnalités - dont cinq Américains - composant ce que la Maison Blanche appelle le "founding executive board" comprend aussi Marc Rowan, un milliardaire patron du fonds d'investissement Apollo Global Management, et Robert Gabriel, un conseiller de Donald Trump.

Chacun d'eux va "superviser un secteur défini, nécessaire à la stabilisation et au succès à long terme de Gaza, ce qui inclut la mise en place de structures de gouvernement, les relations régionales, la reconstruction, l'attractivité pour les investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation de capital", selon le communiqué.

- Reconstruction -

M. Trump avait annoncé dès octobre la présence de M. Blair dans son futur Conseil de la paix, mais des doutes avaient émergé quant à la participation effective de l'ex-dirigeant face à la vive opposition de pays arabes en raison de son soutien à l'invasion américaine de l'Irak en 2003.

Donald Trump avait promis, avec son emphase habituelle, le "plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé".

Le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, que l'on savait destiné à un rôle important, sera Haut représentant pour Gaza, a annoncé la Maison Blanche. Et le général américain Jasper Jeffers dirigera la Force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien.

Le déploiement de cette force, prévu par le plan Trump, doit permettre d'aider à sécuriser Gaza et de former des unités de police palestiniennes.

Les travaux de reconstruction "s'appuieront essentiellement" sur le plan égyptien arabo-islamique, a affirmé le président du comité palestinien, Ali Shaath, ingénieur et ancien vice-ministre palestinien, dans un entretien à la chaîne de télévision égyptienne al-Qahera News, réputée proche des services de renseignement égyptiens.

Ce plan avait été adopté en mars 2025, avec le soutien des pays européens, en réponse au projet alors avancé par M. Trump d'une prise de contrôle du territoire palestinien par les Etats-Unis pour en faire la "Riviera du Moyen-Orient" après en avoir expulsé les habitants.

Sur le terrain, l'armée israélienne a affirmé avoir mené jeudi des frappes en riposte à des tirs plus tôt cette semaine contre ses troupes dans le sud du territoire palestinien, qu'elle a qualifiés de "violation flagrante" du cessez-le-feu.

Dans un communiqué, le Hamas a de son côté accusé Israël d'avoir commis une "nouvelle violation" du cessez-le-feu avec ces raids, qui ont fait au moins sept morts selon la Défense civile de Gaza, une organisation de premiers secours opérant sous son autorité.

Le Hamas avait rejeté en octobre la création du Conseil de la paix pour Gaza, un de ses hauts responsables, Osama Hamdan, dénonçant un retour "à l'ère des mandats et du colonialisme".


Washington sanctionne des Iraniens accusés d'orchestrer la répression des manifestants

M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué. (AFP)
M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué. (AFP)
Short Url
  • Est en particulier visé Ali Larijani, à la tête de la plus haute instance de sécurité en Iran en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale
  • M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques"

WASHINGTON: Le gouvernement américain a annoncé jeudi des sanctions économiques à l'encontre de plusieurs responsables sécuritaires iraniens accusés de coordonner la répression des manifestations dans le pays.

"Les dirigeants iraniens ont répondu brutalement aux manifestations pacifiques par des actes de violence, allant de tueries massives dans les rues à des attaques contre des victimes blessées et des hôpitaux", a dénoncé dans un message vidéo le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

En réponse, le Trésor impose une nouvelle série de sanctions économiques contre les intérêts iraniens.

Est en particulier visé Ali Larijani, à la tête de la plus haute instance de sécurité en Iran en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale.

M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué.

Sont aussi sanctionnés quatre responsables sécuritaires opérant à l'échelle régionale en Iran.

"Notre message au peuple iranien est clair: vos revendications sont légitimes. Vous manifestez pour une noble cause", a déclaré le ministre Bessent dans la vidéo.

"Notre message aux dirigeants iraniens est également clair", a-t-il continué.

"Le Trésor américain sait que, tels des rats qui quittent un navire en perdition, vous transférez frénétiquement les fonds volés aux familles iraniennes vers des banques et des institutions financières à travers le monde. Soyez assurés que nous les traquerons, et vous avec."

Les sanctions américaines entraînent le gel de l'ensemble des avoirs détenus aux Etats-Unis par les personnes et entités visées.

Elles interdisent aussi à toute entreprise ou citoyen américain de faire des affaires avec elles, au risque d'être à leur tour frappés par des sanctions.