Ukraine: 5 drones abattus près de Moscou, échange d'accusations au sujet de Zaporijjia

Mikhail, un habitant du village de Novaya Tavolzhanka, près de la frontière avec l'Ukraine dans la région de Belgorod, est vu à l'intérieur de sa maison détruite par les frappes ukrainiennes, le 4 juillet 2023 (Photo, AFP).
Mikhail, un habitant du village de Novaya Tavolzhanka, près de la frontière avec l'Ukraine dans la région de Belgorod, est vu à l'intérieur de sa maison détruite par les frappes ukrainiennes, le 4 juillet 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 05 juillet 2023

Ukraine: 5 drones abattus près de Moscou, échange d'accusations au sujet de Zaporijjia

  • La Russie a annoncé mardi avoir abattu cinq drones au-dessus de la région de sa capitale, attaque attribuée à l'Ukraine
  • Sur le terrain, l'Ukraine a rapporté plusieurs frappes russes, dont une particulièrement sanglante dans la région de Kharkiv

MOSCOU: La Russie a annoncé mardi avoir abattu cinq drones au-dessus de la région de sa capitale, attaque attribuée à l'Ukraine, tandis que Kiev et Moscou s'accusent de planifier respectivement une "provocation" et une "attaque" de la centrale nucléaire de Zaporijjia.

Sur le terrain, l'Ukraine a rapporté plusieurs frappes russes, dont une particulièrement sanglante dans la région de Kharkiv (nord-est), qui a fait au moins 40 blessés, dont 12 enfants.

L'attaque en Russie visait des sites dans la région de Moscou et à la lisière de la capitale, des zones qui n'ont été ciblées qu'à quelques reprises depuis le début de l'offensive en Ukraine même si ce type de frappes s'est multiplié ailleurs en Russie.

Selon le ministère russe de la Défense, quatre drones ont été détruits par la défense antiaérienne près de la capitale et le cinquième a été neutralisé par des "moyens de guerre électronique", avant de s'écraser dans la région de Moscou.

L'attaque n'a fait ni victimes ni de dégâts, a souligné le ministère.

"Toutes les attaques ont été repoussées par la défense antiaérienne, tous les drones détectés ont été neutralisés", s'est félicité sur Telegram le maire de Moscou, Sergueï Sobianine.

L'attaque a toutefois perturbé pendant trois heures le fonctionnement de l'aéroport Vnoukovo, l'un des trois grands aéroports internationaux de Moscou.

"Ces attaques ne seraient pas possibles sans l'aide fournie au régime de Kiev par les Etats-Unis et ses alliés de l'Otan", a accusé le ministère russe des Affaires étrangères.

Les Occidentaux "forment des opérateurs de drones et fournissent les renseignements nécessaires pour commettre de tels crimes", a-t-il ajouté.

Après l'attaque, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova avait dénoncé sur Telegram un "acte terroriste".

Menaces sur Zaporijjia?

En Ukraine, la centrale nucléaire de Zaporijjia (sud), la plus grande d'Europe, aux mains des Russes depuis mars 2022, était au coeur d'accusations croisées entre Kiev et Moscou mardi en fin de journée.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué avoir averti son homologue français Emmanuel Macron, lors d'une conversation téléphonique, que les Russes "préparaient des provocations dangereuses" dans la centrale.

"Nous sommes convenus de contrôler au maximum la situation, avec l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique)", a-t-il ajouté.

Le président français a rappelé de son côté son "plein soutien" au directeur de l’AIEA concernant la sécurité de la centrale .

Plus tôt, l'armée ukrainienne avait affirmé que des "objets similaires à des engins explosifs ont été placés sur le toit extérieur des réacteurs 3 et 4".

"Leur dénotation ne devrait pas endommager les générateurs, mais donner l'impression de bombardements depuis le côté ukrainien", a poursuivi l'armée, avertissant que Moscou "fera de la désinformation à ce sujet".

Dans le même temps, à Moscou, un conseiller du géant russe du nucléaire Rosatom, Renat Karchaa, accusait Kiev de préparer une "attaque" de la centrale.

"Aujourd'hui, nous avons reçu une information que je suis autorisé à révéler. Le 5 juillet, durant la nuit, en pleine obscurité, l'armée ukrainienne va essayer d'attaquer la centrale nucléaire de Zaporijjia", a déclaré M. Karchaa à la télévision russe.

Il assure que Kiev a prévu de faire usage "d'armes de précision à longue portée" et de drones.

Enfants blessés

Sur le terrain, les attaques se poursuivent.

Deux personnes ont été tuées dans la région de Kherson (sud), par des bombardements d'artillerie russes, a annoncé le gouverneur Oleksandre Prokoudine sur Telegram.

Dans la région de Kharkiv, une frappe russe à l'aide d'un missile Iskander a fait au moins 40 blessés, dont 12 enfants, selon un nouveau bilan annoncé par M. Zelensky. Un nourrisson de trois mois a dû recevoir une assistance médicale sur place.

Le bilan de la frappe russe au drone ayant touché lundi un immeuble d'habitation à Soumy, dans le nord-est, s'est lui alourdi à trois morts et 21 blessés.

Les combats se poursuivent également sur le front, près d'un mois après la contre-offensive lancée par les forces ukrainiennes qui n'a donné jusque-là que des gains territoriaux modérés pour Kiev.

A quelques jours d'un sommet de l'Otan à Vilnius qui devrait accueillir la première réunion du conseil Otan-Ukraine, M. Zelensky a félicité mardi le chef de l'Alliance Jens Stoltenberg, dont le mandat a été reconduit pour un an, saluant ses "efforts personnels" en faveur de l'Ukraine.

"J'ai bon espoir que notre coopération continuera de porter ses fruits", a-t-il dit


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.