L'ONU veut mettre au pas l'IA, pour servir l'humanité

Des lettres IA (intelligence artificielle) sont placées sur cette illustration prise le 23 juin 2023 (Reuters).
Des lettres IA (intelligence artificielle) sont placées sur cette illustration prise le 23 juin 2023 (Reuters).
Short Url
Publié le Mardi 04 juillet 2023

L'ONU veut mettre au pas l'IA, pour servir l'humanité

  • Les Nations unies appellent la communauté internationale à créer des règles et des garde-fous pour que ces technologies profitent à l'humanité sans la mettre en danger
  • Les Nations unies espèrent ainsi utiliser l'IA pour faire progresser ses objectifs sur des questions telles que la santé, le climat et la pauvreté

GENEVE: L'intelligence artificielle (IA) n'est pas un secteur qui puisse s'autoréguler, a plaidé la patronne de l'institution de l'ONU spécialisée pour les technologies, avant l'ouverture d'un sommet à Genève réunissant experts, diplomates et robots humanoïdes.

Alors que la recherche en matière d'IA, en particulier générative, est en pleine expansion, les Nations unies appellent la communauté internationale à créer des règles et des garde-fous pour que ces technologies profitent à l'humanité sans la mettre en danger.

"J'espère que nous aboutirons à un projet clair sur la voie à suivre" à l'issue du sommet, a indiqué la secrétaire générale de l'Union internationale des télécommunications, l'Américaine Doreen Bogdan-Martin, aux journalistes.

Ce "sommet mondial sur l'IA au service du bien social", organisé jeudi et vendredi par l'UIT, doit réunir quelque 3 000 participants, dont des dirigeants de l'industrie, des universitaires et des décideurs.

Mme Bogdan-Martin a appelé à trouver un "équilibre" afin de "réglementer l'innovation sans l'étouffer". Mais "ne rien faire n'est pas une option. L'humanité en dépend".

Parmi les participants au sommet figurent le directeur technique d'Amazon Werner Vogels, la directrice des opérations de Google DeepMind, Lila Ibrahim, ou encore le légendaire gardien de football du Real Madrid et de l'équipe d'Espagne, Iker Casillas.

Ils seront rejoints par de nombreux de robots spécialisés, dont neuf robots humanoïdes, qui montreront toute l'étendue de leurs capacités, allant de la lutte contre les incendies à l'acheminement de l'aide humanitaire, en passant par la fourniture de soins de santé et l'appui à une agriculture durable.

Les Nations unies espèrent ainsi utiliser l'IA pour faire progresser ses objectifs sur des questions telles que la santé, le climat et la pauvreté. Pour son secrétaire général, Antonio Guterres, "ce sommet peut aider à faire en sorte que l'intelligence artificielle soit bénéfique pour l'humanité".

«Moment critique de l'Histoire»

D'une grande complexité technique, les systèmes d'IA fascinent autant qu'ils inquiètent. S'ils peuvent sauver des vies en permettant un bond en avant des diagnostics médicaux, ils sont aussi exploités par des régimes autoritaires pour exercer une surveillance de masse des citoyens.

La diffusion sur les réseaux sociaux de fausses images, plus vraies que nature, a alerté sur les risques de manipulation de l'opinion et les dangers pour la démocratie.

Il n'existe pas de règles internationales sur l'IA, mais l'Unesco a produit une recommandation sur l'éthique en 2021. Et fin mars, des centaines d'universitaires, patrons et personnalités, ont demandé un moratoire de six mois sur le développement des systèmes d'IA les plus puissants, en évoquant "des risques majeurs pour l'humanité".

Pour le spécialiste de l'IA Gary Marcus, "cette nouvelle technologie puissante se répand très largement et s'impose dans nos vies, alors que nous ne sommes vraiment pas préparés".

"Nous sommes à un moment critique de l'Histoire où nous pouvons soit réussir et mettre en place la gouvernance mondiale dont nous avons besoin, soit échouer et nous retrouver dans la situation où quelques entreprises vont contrôler le destin d'un très grand nombre de personnes", a-t-il dit lors de la présentation du sommet de l'UIT.

Pour sa part, l'Union européenne espère conclure avant la fin de l'année le premier règlement au monde visant à encadrer l'innovation dans l'IA. Mais plus de 150 grandes entreprises ont averti que ce projet risquait de nuire à la compétitivité de l'UE, notamment par rapport aux Etats-Unis.

Gabriela Ramos, qui a supervisé au sein de l'Unesco le développement et l'adoption du premier instrument mondial visant à promouvoir l'éthique de l'IA, la règlementation est au contraire nécessaire pour attirer les investisseurs.

Elle pense en revanche qu'il n'est pas nécessaire de créer une organisation internationale supervisant l'IA, mais appellent les pays à mettre en place des d'institutions, à l'image des autorités de réglementation des médicaments, qui seraient chargées "au moins d'approuver les développement majeurs avant qu'ils ne soient mis sur le marché".

Il faudrait, a-t-elle dit aux journalistes, que ces technologies soient également soumises à des audits, et s'assurer qu'elles soient "conformes aux droits de l'homme" et ne suivent pas uniquement des considérations commerciales et géopolitiques.


Le pétrole accentue sa flambée après de nouvelles frappes en Iran

L'armée américaine a mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran lundi, tandis que le président américain Donald Trump a rétabli un blocus du transport maritime iranien et proposé d'imposer une redevance de 20 % pour assurer la protection du détroit d'Ormuz. (Shutterstock)
L'armée américaine a mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran lundi, tandis que le président américain Donald Trump a rétabli un blocus du transport maritime iranien et proposé d'imposer une redevance de 20 % pour assurer la protection du détroit d'Ormuz. (Shutterstock)
Short Url
  • Le pétrole bondit après de nouvelles frappes en Iran et l'annonce du retour du blocus des ports iraniens
  • Les tensions autour d'Ormuz renforcent les craintes pour l'approvisionnement mondial

LONDRES: Les cours du pétrole accélèrent mardi leur ascension, après de nouvelles frappes en Iran, à quelques heures du rétablissement du blocus naval des ports iraniens annoncé par Donald Trump, qui a aussi dit vouloir de mettre en place un péage sur le détroit d'Ormuz.

En pleine escalade militaire entre Téhéran et Washington, les autorités locales ont rapporté de nouveaux bombardements américains sur la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire d'Iran, et au sud-ouest du pays, dans une zone pétrolifère proche de l'Irak et du Koweït.

Peu après avoir brièvement pris plus de 5%, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, montait de 4,93% à 87,41 dollars vers 10H55 GMT (12H55 à Paris). Celui de son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août, progressait de 3,75% à 81,07 dollars.

Les deux références du brut ont atteint mardi des prix inédits depuis mi-juin, après s'être envolées jusqu'à plus de 10% la veille.

Le président américain a annoncé lundi sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz, avec la mise en place d'un nouveau blocus des ports iraniens, qui doit entrer en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

"La perte de pétrole brut iranien, qui a représenté en moyenne 2% de la demande mondiale depuis la signature du protocole d'accord" entre Washington et Téhéran le 17 juin - qui s'était traduit par la levée du précédent blocus - "se fera sentir sur les marchés mondiaux", note Vivek Dhar, de CBA.

L'analyste estime qu'environ 40 à 50% du pétrole ayant quitté le détroit d'Ormuz depuis le 18 juin est attribuable à l'Iran, contre une part de 10 à 15% avant la guerre.

"La véritable inconnue est la réaction de l'offre non iranienne" selon lui, car la République islamique "est désormais fortement incitée à rétablir son propre blocus".

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, Donald Trump a aussi dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Pour l'association d'armateurs Bimco, "le surcoût qui en résulterait constituerait un frein supplémentaire au transit" via Ormuz.

"Un tournant extraordinaire des événements est en train de se jouer au Moyen-Orient", résume John Evans, de PVM Energy, qui constate que "cette dégradation de la diplomatie et cette accélération des échanges de tirs ont pris le marché quelque peu de court".

Mais Donald Trump tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible", les consultations avec les médiateurs se poursuivant selon la diplomatie iranienne.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.