Des journalistes français révèlent l’étendue de l’influence qatarie en Allemagne

La chancelière allemande Angela Merkel et l'émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani assistent au Forum Allemagne-Qatar sur les affaires et l'investissement à Berlin, le 7 septembre 2018. (Tobias SCHWARZ/AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel et l'émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani assistent au Forum Allemagne-Qatar sur les affaires et l'investissement à Berlin, le 7 septembre 2018. (Tobias SCHWARZ/AFP)
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Publié le Mardi 28 juillet 2020

Des journalistes français révèlent l’étendue de l’influence qatarie en Allemagne

  • Les journalistes français Chesnot et Malbrunot ont affirmé qu’en échange du soutien allemand, l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a promis des milliards d’euros d’investissements dans le pays
  • Au cœur de la stratégie de Doha se trouve le Qatar Charity, l’une des organisations caritatives les plus importantes au monde, et accusée depuis des années de financer l’extrémisme et l’antisémitisme

LONDRES: Un nouveau reportage publié dans les médias allemands a révélé comment le Qatar utilisait ses importantes richesses et son réseau caritatif pour financer et infiltrer des mosquées, développer les réseaux des Frères Musulmans et acheter des soutiens en Allemagne. L’information récemment publiée fait partie d’une série de documents confidentiels remis à un journaliste français en 2016.

Au cœur de la stratégie de Doha se trouve le Qatar Charity, l’une des organisations caritatives les plus importantes au monde, accusée depuis des années de financer l’extrémisme et l’antisémitisme.

D’après les documents publiés dans la presse allemande, on apprend que cet organisme a largement puisé dans ses caisses pour financer pas moins de 140 mosquées et centres islamiques à travers l’Allemagne – pour un coût estimé à 72 millions d’euros. Pour la seule année 2016, l’organisme caritatif a dépensé près de 5 millions d’euros pour divers projets de constructions dans de grandes villes allemandes, notamment Berlin et Munich.

La relation entre ces mosquées et l’organisme caritatif du Qatar est devenue inextricable, a révélé l’enquête, au point que les responsables des mosquées allemandes ont écrit directement au président de Qatar Charity pour lui réclamer des versements en espèces pour financer leurs projets. Un exemple illustre bien la situation, celui de l’Association arabo-allemande d’Ulm, que les experts suspectent d’être en lien avec les Frères Musulmans.

Une lettre du directeur de l’association adressée directement à l’organisme caritatif qatari commence par ses mots : « Pour qui construit une mosquée, Allah construit une maison au paradis. » Elle se poursuit par une demande de financement pour un terrain et la construction d’une mosquée, avec le détail des coûts du projet et des transferts bancaires nécessaires pour sa réalisation.

Christian Chesnot et Georges Malbrunot, les journalistes français qui ont dévoilé l’étendue de la pénétration qatarie en Allemagne et qui sont les auteurs de l’ouvrage Qatar Papers, sont formels: de tels agissements font partie d’une vaste stratégie de politique étrangère de Doha, qui mobilise les réseaux des Frères musulmans pour agir sur le terrain, tout en utilisant les énormes réserves d’argent en espèces du Qatar pour influencer le gouvernement allemand et les hautes sphères du pouvoir.

Les deux journalistes d’investigation précisent que le Qatar se trouvait de plus en plus isolé dans le Golfe – en raison de son financement terroriste et extrémiste – et qu’il cherchait à présent à étendre son influence à une plus grande échelle.

Chesnot et Malbrunot affirment qu’en échange du soutien allemand, l’émir qatari Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a promis des milliards d’euros d’investissements, considérant ce pays européen comme un puissant allié potentiel. « Cela, assurent-ils, fait partie d’une double stratégie qui a déjà été appliquée en France: une influence religieuse du Qatar, associée à un renforcement des relations économiques et politiques. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur ArabNews.com


Emirats: deux morts et trois blessés à Abou Dhabi après l'interception d'un missile 

Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi
  • "L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures", ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X

ABOU DHABI: Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient.

"L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures", ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X.

 

 


Expulsion de l'ambassadeur d'Iran: le Hezbollah boycotte une réunion du gouvernement 

Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth. (AFP)
Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth. (AFP)
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  • Un cinquième ministre chiite indépendant a pour sa part annoncé dans un communiqué avoir choisi d'y participer
  • Devant l'ambassade d'Iran, des dizaines de partisans du Hezbollah ont manifesté jeudi après-midi, brandissant des drapeaux iraniens et de la formation chiite, scandant "Mort à l'Amérique, Mort à Israël!"

BEYROUTH: Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth.

Le Hezbollah et son allié chiite, le mouvement Amal, ont fustigé la décision inédite des autorités sommant l'ambassadeur de partir d'ici dimanche, et lui ont demandé de demeurer dans le pays.

En signe de mécontentement, les deux ministres représentant le Hezbollah et les deux autres représentant Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berri, ont décidé de ne pas se rendre à la réunion du gouvernement, a indiqué à l'AFP un responsable libanais sous couvert d'anonymat.

Un cinquième ministre chiite indépendant a pour sa part annoncé dans un communiqué avoir choisi d'y participer.

Devant l'ambassade d'Iran, des dizaines de partisans du Hezbollah ont manifesté jeudi après-midi, brandissant des drapeaux iraniens et de la formation chiite, scandant "Mort à l'Amérique, Mort à Israël!", selon une équipe de l'AFP.

"Nous sommes contre cette décision du gouvernement, qui ne passera pas", dit à l'AFP Elham al-Mokdad, une des protestataires, devant le bâtiment situé à la lisière de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah bombardé par Israël.

Le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi a pris la décision d'expulser l'ambassadeur pour "ingérence" dans les affaires intérieures libanaises.

"Nous réclamons que l'ambassadeur américain soit expulsé, ainsi que le ministre des Affaires étrangères", affirme une autre manifestante, Farida Noureddine, 43 ans.

La décision d'expulser l'émissaire iranien intervient dans le cadre des pressions des autorités libanaises sur le Hezbollah et son parrain iranien.

Elles ont interdit les activités militaires du Hezbollah, seul groupe non-étatique armé, ainsi que la présence et l'action des Gardiens de la Révolution iraniens qui, selon le Premier ministre Nawaf Salam, dirigent les opérations du groupe contre Israël.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, après une attaque du Hezbollah contre Israël en solidarité avec l'Iran. L'armée israélienne mène depuis une campagne de frappes aériennes qui a fait plus de 1.000 morts et un million de déplacés.


Le Conseil du Golfe veut participer à toutes les discussions sur la guerre avec l’Iran

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi. (Archive/AFP)
Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi. (Archive/AFP)
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  • Le chef du CCG a appelé à un arrêt immédiat des attaques visant les infrastructures énergétiques dans le Golfe
  • Le Conseil du Golfe a indiqué que ses membres souhaitent être impliqués dans toute discussion sur la guerre avec l’Iran

DUBAÏ : Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi, a accusé jeudi l’Iran d’alimenter l’escalade régionale et a appelé à un arrêt immédiat des attaques visant les infrastructures énergétiques dans le Golfe, tout en exhortant à inclure les États du Golfe dans tout effort diplomatique visant à résoudre la crise.

Dans une série de déclarations, Jasem Mohamed Al-Budaiwi a affirmé que l’Iran était responsable de la récente escalade et a averti que ses actions constituaient une menace directe pour la stabilité régionale.

Il a indiqué que des attaques iraniennes avaient visé des raffineries de pétrole en Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis et au Koweït, qualifiant ces frappes de « systématiques » et dirigées contre des installations énergétiques critiques.

« Nous insistons sur la nécessité d’impliquer les pays du CCG dans toute discussion ou accord visant à résoudre cette crise, de manière à renforcer leur sécurité et leur stabilité », a déclaré Al-Budaiwi dans une allocution télévisée, ajoutant que si les États du Golfe ont le droit de se défendre, ils privilégient la voie diplomatique.

« La communauté internationale doit adresser un message unifié à l’Iran pour qu’il mette fin à ses attaques », a-t-il ajouté, appelant à une pression mondiale coordonnée pour éviter une nouvelle escalade.

Le secrétaire général a également rejeté toute tentative de redessiner la carte de la région après le conflit, mettant en garde contre toute modification des frontières géopolitiques une fois la crise terminée.

Al-Budaiwi a en outre accusé l’Iran d’exiger des paiements de la part des navires transitant par le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle par laquelle transite une part importante du pétrole mondial.

Le chef du CCG est le premier haut responsable régional à formuler publiquement une telle accusation.

Al-Budaiwi, qui dirige le bloc composé de Bahreïn, du Koweït, d’Oman, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, a fait ces déclarations lors d’une conférence de presse à Riyad. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com