Le ralentissement des fusions et acquisitions secoue les banques d'affaires

Lazard a annoncé en parallèle de ses résultats du premier trimestre un plan de départ portant sur 10% des 3 400 employés qu'elle employait à fin 2022. (AFP)
Lazard a annoncé en parallèle de ses résultats du premier trimestre un plan de départ portant sur 10% des 3 400 employés qu'elle employait à fin 2022. (AFP)
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Publié le Vendredi 07 juillet 2023

Le ralentissement des fusions et acquisitions secoue les banques d'affaires

  • Le marché des fusions et acquisitions traverse «un semestre calme, le plus calme depuis très longtemps», notait le directeur général France de Morgan Stanley
  • Les opérations de rachat d'entreprises incluant des acteurs français ont connu leur pire début d'année depuis quatre ans en 2023, selon le spécialiste des données financières Refinitiv

PARIS: Quand le marché des fusions et acquisitions est en chute libre, les banques d'affaires, qui conseillent les sociétés qui vendent et celles qui achètent, font grise mine.

C'est le cas au sein de Lazard, fleuron franco-américain du secteur qui a, fait exceptionnel, annoncé fin avril une perte nette lors du premier trimestre.

La situation est à peine plus favorable chez son concurrent de toujours Rothschild, qui a publié le 19 juin un avertissement sur résultats pour le premier semestre, attendus le 3 août. Son communiqué évoque "un environnement de marché plus difficile pour les métiers du conseil financier".

Le marché des fusions et acquisitions traverse "un semestre calme, le plus calme depuis très longtemps", notait lors d'un déjeuner de presse le directeur général France de Morgan Stanley Emmanuel Goldstein, notamment pour les plus gros "deals", ceux à plus d'un milliard d'euros.

Les opérations de rachat d'entreprises incluant des acteurs français ont connu leur pire début d'année depuis quatre ans en 2023, selon le spécialiste des données financières Refinitiv.

Vaches maigres 

Pourquoi un tel blocage ? Car dans le monde des entreprises aussi, une vente ne se réalise que si vendeurs et acheteurs sont d'accord sur un prix.

Mais l'exercice de valorisation d'une société n'est pas chose aisée, tant elle peut dépendre de ses perspectives de croissance à moyen et long terme.

Depuis la guerre en Ukraine et le retour de politiques moins arrangeantes des banques centrales pour lutter contre une inflation qui peine à ralentir, les perspectives économiques sont moroses.

"Les vendeurs attendent le prix d'hier, les acheteurs veulent le prix demain, et on travaille dans l’entre-deux", résume un banquier d'affaires.

Les acheteurs ne se pressent pas pour se saisir du "couteau qui tombe", une métaphore employée en Bourse quand le cours d'un titre chute fortement.

Les fonds d'investissement, moteurs historiques de l'activité des banques d'affaires en qualité d'acheteurs et vendeurs compulsifs de sociétés, ont mis particulièrement le hola sur leurs opérations.

Leurs perspectives à moyen-terme sont mitigées puisqu'ils sont confrontés au premier chef par la difficulté à trouver de l'argent frais auprès de leurs investisseurs habituels.

Déserter la Bourse 

Les banques d'affaires, plus attentives sur les coûts après des années fastes, ont commencé à tailler dans leurs effectifs.

L'hécatombe est particulièrement visible aux Etats-Unis: une source financière faisait état début janvier de 3.200 postes supprimés chez Goldman Sachs; plusieurs américains dont la chaîne CNN évoquaient eux début mai 3.000 suppressions de poste chez son concurrent Morgan Stanley.

Dans une moindre mesure, Lazard, dont le directeur général au niveau monde Ken Jacobs laissera sa place le 1er octobre au dauphin désigné Peter Orzsag pour devenir président du conseil d'administration, a annoncé en parallèle de ses résultats du premier trimestre un plan de départ portant sur 10% des 3.400 employés qu'elle employait à fin 2022.

Le modèle plus généraliste des banques françaises, à l'image de BNP Paribas, leur permet de mieux s'en sortir en s'appuyant sur d'autres activités d'investissement et de financement qui tournent à plein régime, comme les produits de couverture par exemple.

Autre mouvement à noter dans le secteur: le projet de sortie de cote du champion français Rothschild, mené par la holding de la famille Rothschild, Concordia, avec le concours de grands noms du capitalisme français, présents dans ce pacte d'actionnaires, dont les familles Peugeot et Wertheimer (Chanel).

Le secteur de la banque d'affaires, soumise aux aléas des cycles économiques, peut s'avérer difficilement lisible pour les boursicoteurs.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.