La séparation réussie de jumeaux siamois à Riyad: un exploit de la médecine moderne

Le Dr Abdellah al-Rabeeah (à droite) et son équipe avec l'un des jumeaux syriens après avoir réussi à les séparer le 6 juillet 2023, à l'hôpital roi Abdellah, spécialisé pour enfants, à Riyad (Photo, SPA).
Le Dr Abdellah al-Rabeeah (à droite) et son équipe avec l'un des jumeaux syriens après avoir réussi à les séparer le 6 juillet 2023, à l'hôpital roi Abdellah, spécialisé pour enfants, à Riyad (Photo, SPA).
Le Dr Abdellah al-Rabeeah (à droite) et son équipe avec l'un des jumeaux syriens après avoir réussi à les séparer le 6 juillet 2023, à l'hôpital roi Abdellah, spécialisé pour enfants, à Riyad (Photo, SPA).
Le Dr Abdellah al-Rabeeah (à droite) et son équipe avec l'un des jumeaux syriens après avoir réussi à les séparer le 6 juillet 2023, à l'hôpital roi Abdellah, spécialisé pour enfants, à Riyad (Photo, SPA).
Le Dr Abdellah al-Rabeeah (à droite) et son équipe avec l'un des jumeaux syriens après avoir réussi à les séparer le 6 juillet 2023, à l'hôpital roi Abdellah, spécialisé pour enfants, à Riyad (Photo, SPA).
Le Dr Abdellah al-Rabeeah (à droite) et son équipe avec l'un des jumeaux syriens après avoir réussi à les séparer le 6 juillet 2023, à l'hôpital roi Abdellah, spécialisé pour enfants, à Riyad (Photo, SPA).
Le Dr Abdullah Al-Rabeeah retrouve les bénéficiaires du programme des jumeaux conjoints de l'Arabie saoudite. Sur le cadre de gauche, des jumeaux égyptiens, séparés en 2009, et sur la droite, les Jordaniens Mohammed et Amjad, opérés en 2011 (Photos SPA).
Le Dr Abdullah Al-Rabeeah retrouve les bénéficiaires du programme des jumeaux conjoints de l'Arabie saoudite. Sur le cadre de gauche, des jumeaux égyptiens, séparés en 2009, et sur la droite, les Jordaniens Mohammed et Amjad, opérés en 2011 (Photos SPA).
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Publié le Lundi 10 juillet 2023

La séparation réussie de jumeaux siamois à Riyad: un exploit de la médecine moderne

  • Le Dr Abdellah al-Rabeeah, chef de l'agence d'aide saoudienne KSrelief, a dirigé la dernière opération entreprise sur les directives du roi Salmane et du prince héritier, Mohammed ben Salmane
  • Les opérations réalisées dans le cadre du programme de jumeaux siamois parrainé par l'Arabie saoudite offrent aux enfants une chance de jouir d'une vie normale

DJEDDAH: Depuis plus de 30 ans, le travail qualifié des chirurgiens du programme saoudien de jumeaux siamois a permis à des enfants de mener une vie saine, normale et indépendante, faisant de l’Arabie saoudite un leader mondial dans l'une des procédures chirurgicales les plus complexes de la médecine moderne.

Abdellah al-Rabeeah, chirurgien pédiatrique, a été ministre de la Santé de l’Arabie saoudite, conseiller à la Cour royale et superviseur général du Centre d'aide et de secours humanitaires roi Salmane (KSrelief).

Ce jeudi, Al-Rabeeah a réussi à séparer les jumeaux syriens Bassam et Ihsan au cours d'une opération qui a duré sept heures et demie et s'est déroulée en cinq phases avec la participation de 26 médecins saoudiens spécialisés, selon la SPA.

Au cours de sa carrière de chirurgien, Al-Rabeeah a effectué 58 opérations sur des jumeaux siamois nés dans des familles pauvres de 23 pays. Au total, le programme a supervisé quelque 130 cas, totalisant des centaines d'heures d'opération.

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Le Dr Abdullah al-Rabeeah pose avec un groupe multinational de jumeaux siamois qu'il a opérés en 2010 (Photo fournie).

Bassam et Ihsan, qui ont été transportés par avion de Turquie en mai, ont tout juste fêté leur troisième anniversaire. Réunis au niveau de la poitrine, de l'abdomen, du foie et des intestins, ils pesaient ensemble 19 kg. Si l'état de Bassam est stable, celui d'Ihsan ne devrait malheureusement pas dépasser quelques jours.

«Ihsan est considéré comme un intrus par rapport à son frère Bassam parce qu'il n'a pas de système urinaire et reproducteur au niveau des reins, des uretères, de la vessie et des organes génitaux masculins», a précisé Al-Rabeeah à la suite de l'opération, selon la SPA.

«Il souffre également de malformations congénitales importantes au niveau du cœur qui entravent sa vie avec une atrophie du développement neurologique, et il présente des déficiences et des malformations congénitales au niveau de l'intestin», a-t-il ajouté.

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Avant l'opération de séparation du 6 juillet, Bassam et Ihsan étaient unis au niveau du bas de la poitrine, de l'abdomen, du foie et des intestins (Photo, Huda Bashatah/Arab News).

Pour sauver la vie de Bassam, l'équipe médicale a décidé de poursuivre l'opération très complexe de séparation des jumeaux. «Cette opération est une opération de sauvetage pour Bassam, dont l'état de santé est normal et stable», a déclaré l'équipe médicale à l'agence SPA.

Les opérations chirurgicales réalisées dans le cadre du programme pour jumeaux siamois sont entièrement financées par le gouvernement saoudien. Elles offrent aux enfants une chance de jouir d'une vie longue et saine, sans devoir être soignés 24 heures sur 24, et en étant soulagés des contraintes mentales et physiques liées à leur état.

Les jumeaux conjoints, souvent appelés siamois, sont un phénomène reproductif rare, qui ne se produit qu'une fois toutes les 50 000 à 60 000 naissances. D'autres estimations indiquent qu'ils ne se produisent qu'une fois toutes les 200 000 naissances vivantes.

 

EN CHIFFRES

130 cas supervisés par le personnel médical.

58 opérations de séparation réalisées.

28 pays de provenance des patients.

Selon des études médicales, environ 60% des jumeaux conjoints sont mort-nés, tandis qu'environ 40% de ceux qui survivent à la naissance meurent dans les jours qui suivent. Environ 70% des jumeaux siamois sont de sexe féminin.

La fréquence des cas tend à varier en fonction de divers facteurs tels que la situation géographique — avec une incidence légèrement plus élevée en Asie du Sud-Ouest et en Afrique — la prédisposition génétique et les influences environnementales.

En mai dernier, des médecins ont pratiqué une opération compliquée de 15 heures sur des jumeaux yéménites, Youssef et Yassine. Soulignant les difficultés rencontrées, l'un des jumeaux est également décédé le deuxième jour de l'opération à la suite d'une insuffisance cardiaque.

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Les jumeaux yéménites Yousef et Yassin après une opération chirurgicale «compliquée» qui a duré 15 heures en mai 2022 (Photo, SPA/Archives).

Le jumeau survivant s'en est sorti et reste en observation dans un état stable à l'hôpital spécialisé pour enfants roi Abdellah, dans la cité médicale roi Abdelaziz à Riyad, selon l'agence de presse saoudienne.

L'hôpital joue un rôle crucial dans le programme de jumeaux siamois de l’Arabie saoudite. Doté d'installations médicales de pointe et d'une technologie avancée, l'hôpital dispose d'une équipe médicale hautement qualifiée, spécialisée dans les soins pédiatriques complexes.

«Avec la grâce d'Allah, puis la présence d'une équipe et d'un centre spécialisés, le Royaume d’Arabie saoudite, sous la direction du Gardien des deux saintes mosquées et de son prince héritier digne de confiance, a investi dans deux choses: l'infrastructure et, ce qui est plus important encore, les personnes», a souligné Al-Rabeeah à Arab News, jeudi.

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Le Dr Abdullah al-Rabeeah et son équipe ont réalisé 58 opérations de séparation dans le cadre du programme saoudien de jumeaux siamois (Photo, SPA/Archives).

«Mes collègues ont l'expérience et les compétences nécessaires. Par conséquent, la présence de l'expérience et de l'infrastructure contribue à la réussite de ces opérations», a-t-il précisé.

Compte tenu des risques encourus, les médecins ne sont pas toujours convaincus que la séparation est la meilleure solution. Entre 1990 et 2011, 34 des 64 cas présentés à l'équipe saoudienne ont été jugés inopérables en raison de malformations mettant en danger le pronostic vital des enfants.

 

Chirurgies de séparation notables depuis 1990

1990: Première opération de séparation du programme de jumeaux siamois réalisée sur des jumelles saoudiennes siamois au niveau de l'estomac.

1991: Les jumelles soudanaises Samah et Heba, séparées avec succès lors de la deuxième opération du programme.

2002: Les jumeaux malaisiens Ahmed et Mohammed Rahman sont séparés après une opération de 23 heures.

2003: Les jumelles égyptiennes Talia et Taline séparées lors d'une opération retransmise en direct à la télévision.

2005: Les jumelles polonaises Daria et Olga Kolacz ont survécu à une opération de 15 heures.

2012: Les jumelles ischiopage saoudienne Reem et Rana séparées avec succès.

2017: Hanin, fille palestinienne, séparée d'une jumelle parasite qui n'avait ni cœur, ni poumons, ni cerveau.

2021: La fille yéménite Aicha Ahmed séparée avec succès de sa jumelle parasite.

2022: Un jumeau yéménite meurt au cours d'une chirurgie après une grave chute de la circulation sanguine et une défaillance cardiaque.

2023: Les jumelles craniopages égyptiennes Salma et Sarah séparées avec succès après 17 heures d’opération chirurgicale.

 

Les jumeaux siamois sont classés dans différentes catégories en fonction de l'ampleur et de l'emplacement de leur lien physique.

Cette pathologie résulte d'un événement rare survenu au début du développement embryonnaire, lorsqu'un seul œuf fécondé ne parvient pas à se séparer complètement en deux individus. Par conséquent, les jumeaux peuvent partager certains organes, membres ou autres structures corporelles.

En raison de la complexité des grossesses de jumeaux siamois et des problèmes de santé potentiels qu'elles posent, les professionnels médicaux suivent souvent de près ces grossesses et peuvent recommander des soins prénataux spécialisés et une planification de l'accouchement.

La décision finale de tenter ou non une chirurgie de séparation dépend de plusieurs facteurs, notamment de l'état de santé général des jumeaux, de la faisabilité de la séparation et des risques encourus.

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Le Dr Abdullah al-Rabeeah et son équipe opèrent des jumeaux siamois syriens nouvellement séparés, Bassam et Ihsan, le 6 juillet 2023 à l'hôpital spécialisé pour enfants roi Abduelah à Riyad (Photo, Huda Bashatah/Arab News).

«L'existence d'organes conjoints importants et sensibles rend l'opération de séparation des jumeaux difficile. De même, l'existence de malformations congénitales dans certains organes, tels que le cœur, le système urinaire ou le système reproductif et, parfois, le cerveau, rend l'opération complexe», a indiqué Al-Rabeeah à Arab News.

«La difficulté réside donc dans la façon dont les jumeaux sont réunis, et à quel degré exactement, et la malformation congénitale rend généralement l'opération complexe, réalisée dans des centres médicaux spécialisés dans le monde», a-t-il ajouté.

Le type le plus courant de jumeaux siamois, le thoracopage, représente environ 40% des cas. Les jumeaux sont réunis au niveau de la poitrine ou de la partie supérieure de l'abdomen et, dans certains cas, peuvent partager un cœur, un foie ou d'autres organes thoraciques.

BIOGRAPHIE

Abdellah al-Rabeeah, MD, FRCSC

Le Dr Al-Rabeeah dirige l'équipe chirurgicale et multidisciplinaire du programme saoudien de jumeaux. 

Éducation

1979: Licence en médecine et en chirurgie à l'Université du Roi Saoud, Riyad

1986: Bourse de recherche en chirurgie générale à l'hôpital de l'Université de l'Alberta à Edmonton, Canada

1987: Stage de chirurgie pédiatrique à l'hôpital pour enfants IWK, Université Dalhousie, Halifax, Nouvelle-Écosse, Canada.

Postes occupés

Depuis 2015: Superviseur général de l'agence d'aide KSrelief

2009-14: Ministre de la Santé

2009-16: Membre du conseil d'administration de l'Université roi Abdallah pour la science et la technologie

2010-14: Président du conseil d'administration de l'hôpital spécialisé et du centre de recherche roi Faisal

2005-09: Fondateur et président de l'Université des sciences de la santé du roi Saoud ben Abdelaziz à la Cité médicale du roi Abdelaziz

2003-09: Directeur général des affaires sanitaires de la Garde nationale à la Cité médicale du roi Abdelaziz

 

Les jumeaux d’Omphalopagus, quant à eux, sont reliés au niveau de la partie inférieure de l'abdomen            et peuvent partager des parties du tractus gastro-intestinal, du foie ou d'autres organes abdominaux.

Le type le plus rare de jumeaux siamois, craniopagus parasiticus, est celui où l'un des jumeaux n'est pas complètement formé et dépend de l'autre pour sa survie. Le jumeau sous-développé peut être attaché à la tête ou au corps du jumeau plus formé.

Les défis spécifiques associés à chaque type de jumeaux siamois peuvent varier considérablement. La faisabilité de la chirurgie de séparation et les risques potentiels pour la santé dépendent de l'ampleur du lien et des organes vitaux concernés.

Chaque cas nécessite une évaluation médicale individualisée et une prise de décision par une équipe multidisciplinaire d'experts. Une planification chirurgicale très détaillée est nécessaire pour qu'une opération de séparation de jumeaux siamois puisse avoir lieu.

«Pour moi, chaque jumeau est important», a soutenu Al-Rabeeah lors d'une interview accordée à Arab News en mars dernier. «Et je peux vous dire que mes collègues, l’équipe, et moi-même pensons que ces enfants font partie de leur famille.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.


Après sa rencontre avec le prince Khalid ben Salmane, Graham salue la trajectoire du Royaume

Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
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  • Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington

DUBAÏ : Le sénateur américain Lindsey Graham estime que l’Arabie saoudite est « sur la voie de la lumière », dans une déclaration publiée après sa rencontre avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington.

« Mes échanges avec l’Arabie saoudite au cours des deux derniers jours m’ont donné un sentiment de confiance : le Royaume — tout en poursuivant ses propres intérêts — est sur une voie qui mène à la lumière, et non à l’obscurité », a déclaré le sénateur.

Il a également indiqué qu’il se réjouissait de se rendre prochainement en Arabie saoudite.

« Au fil des années, j’ai développé une solide relation de travail avec l’Arabie saoudite. Je sais que le président Trump est un fervent admirateur du prince héritier Mohammed ben Salmane. J’ai été témoin des changements que le prince héritier a adoptés et j’en ai été impressionné », a ajouté Lindsey Graham.

Le sénateur américain a également affirmé qu’après avoir rencontré le prince Khalid, ainsi que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, plus tôt, « je suis convaincu que l’Arabie saoudite estime que la meilleure chose pour la région est la croissance économique et la prospérité ».

« L’Arabie saoudite souhaite devenir, à l’avenir, une destination de choix, afin que des personnes du monde entier viennent visiter ce que je considère comme un pays remarquable. Le Royaume veut être l’une des forces dominantes dans le domaine de l’IA, ce qui signifie que les esprits les plus brillants afflueront. Je suis convaincu que tel est toujours l’objectif du prince héritier et du Royaume. »

Lindsey Graham a également salué le rôle que le Royaume cherche à jouer en Syrie.

« Ils ont clairement indiqué être l’ami à la fois du gouvernement syrien et du peuple kurde. Cette attitude visant le compromis plutôt que la destruction finira, espérons-le, par l’emporter », a-t-il déclaré.

Le prince Khalid devrait discuter, lors de sa visite, des relations saoudo-américaines et des moyens de les renforcer. Il a déjà rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et l’envoyé spécial Steve Witkoff.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com